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Le Forum des fans de «Captain Future» Index du Forum Fan Fictions [fan fiction] Protection mais à quel prix?
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Ven 29 Déc 2017 - 18:04
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Bonjour,
Voici le début d'une nouvelle petite histoire. Je ne sais pas si elle sera aussi longue que les autres mais j'ai quelques idées alors commençons et nous verrons bien où cela nous mènera. Pour le titre je ne suis pas du tout sure contrairement aux deux autres. On verra peut être que je le changerai.

Voici un petit morceau pour commencer


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Un mardi vers 15 heures Joan sortit de la salle des archives. Elle venait d’y potasser trois gros dossiers sur la disparition de plusieurs jeunes femmes sur Megara. A la demande du Général Anders, elle s’était bien documentée avant de partir sur place. Le départ était prévu pour le lendemain. Elle emprunta le couloir principal pour se rendre aux ascenseurs lorsqu’elle tomba nez à nez avec le Capitaine Flam et toute son équipe.

— Bonjour Capitaine tu viens voir le Président?
— Bonjour Joan. Effectivement je sors à l’instant de son bureau.
— Elle aperçut Ezla qui rejoignait le groupe.
— Ma petite Joan?
— Nous partons finalement tous en mission sur Mégara, Ezla? demanda-t-elle toute contente.
— Non désolée Joan. Nous ne partons pas en mission ensemble cette fois-ci. Le Colonel Kleen t’accompagnera sur Mégara pendant que je me joindrai au Capitaine et son équipage pour une autre mission.
— Je ne comprends pas je suis pourtant ta coéquipière.
— Je suis désolée Johan. C’est moi qui ait explicitement demandé à ne pas t’emmener avec nous.
— Tu vas encore me sortir que c’est trop dangereux pour moi.
— Je vois que tu me connais bien, répondit-il avec un grand sourire.
— Tant mieux pour toi si cela te fait rire. En attendant, de mon côté je ne trouve pas du tout cela drôle et je dirais même que je commence sérieusement à ne plus supporter cette situation. Je vous dis à tous au revoir et amusez-vous bien. Et ne vous inquiétez pas pour moi, il me semble que la mission sur Mégara ne sera pas non plus une partie de plaisir.

Sur ce, elle tourna les talons et repartit dans la direction d’où elle venait et ouvrit la porte des escaliers. Il était hors de question qu’elle attende l’ascenseur à côté de lui. Il ne devait pas voir la larme qui commençait à perler sous son œil. Elle avait tellement été heureuse de l’apercevoir, s’imaginant qu’ils repartaient enfin en mission ensemble que la douche avait été d’autant plus glacée. Il n’était pas question qu’il gagne encore une fois à ce jeu. Cette fois elle en avait assez de l’attendre sans cesse, de penser qu’il reconnaîtrait enfin ses compétences en tant qu’agent ou qu’il la laisserait enfin l’approcher totalement en entamant enfin une véritable relation intime.

— Joan, attends? Demanda le Capitaine en tentant de la rattraper.
— Non c’est bon je jette l’éponge. Je ne supporte plus tout cela.
— Joan je t’en prie? la supplia-t-il.
— Non c’est toujours la même chose. Cela fait maintenant 2 ans que tu m’as fait une promesse sur la Comète de Halley. T’en souviens-tu au moins?

Elle avait claqué la porte des escaliers. Le Capitaine se retourna et annonça à son équipe et Ezla qu’il les retrouverait dans trois heures au cyberlabe. Il s’engouffra à son tour dans les escaliers. Une fois la porte refermée, il s’arrêta pour écouter les bruits de pas afin de déterminer si Johann était montée ou descendue.

Il ne distingua aucun bruit. Il s’avança et l’aperçut. Elle était assise sur les marches, la tête posée sur ses genoux repliés.

— Bien sûr que je me rappelle de la promesse que je t’ai faite le jour où nous avons vaincu les luxoïdes.
— Donc tu peux comprendre que deux ans c’est bien long.
— Je suis désolé Johann.
— Je veux fonder une famille et avoir des enfants et le temps passe mais tu ne réagis pas. Tu devrais savoir que les femmes ont une horloge biologique et que nous ne pouvons pas indéfiniment avoir des enfants.
— Johann.
— Non Curtis, je n’en peux plus.
— Écoute-moi. Si tu peux quitter le QG maintenant nous pouvons passer un peu de temps ensemble avant que je ne parte.
— Oui, c’est bien ce que je dis, c’est quand et comme tu veux. J’ai l’impression d’être un jouet entre tes mains. Tu penses qu’en m’accordant quelques heures par ci par là nous réussirons à construire un jour quelque chose ensemble?
— Je t’en prie Johann accorde-moi la possibilité d’en parler au moins aujourd’hui.
— Entendu. J’ai fait beaucoup d’heures ces derniers jours, il faut bien que je m’occupe. Je peux partir maintenant. Accorde-moi juste le temps d’envoyer un message à Ezla pour le prévenir.
— Entendu.

Ezla était retourné dans son bureau, il avait sorti son sac et commençait à effectuer quelques recherches complémentaires sur la mission lorsque sa montre vibra. Sans surprise il trouva un message de Johann l’informant qu’elle rentrait chez elle et qu’elle lui souhaitait bonne chance pour sa prochaine mission. Il la remercia et la prévint que le colonel Kleen souhaitait faire un point sur leur mission dès 9 heures le lendemain. Il l’avertit qu’elle pouvait s’attendre à partir dans la foulée.

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LudyNewton

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Ven 29 Déc 2017 - 18:04
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Sam 30 Déc 2017 - 03:03
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Frégo 80
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


Voilà un début d'histoire intéressant! Good  Je crois que cette fois ci notre Flam va devoir penser vite s'il veut garder sa dulcinée  Joan ! Je sens vraiment un ras le bol!  Shocked  Bonne chance pour la suite!


A+


Frégo  Cool
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Sam 30 Déc 2017 - 16:38
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello Frégo.

Merci pour ton message. Voici la suite Ashamed flower flower flower

Bises

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De leur côté, Johann et Curtis avait pris la direction de l’appartement de la jeune femme. Ils avaient tous les deux convenu que ce serait l’endroit idéal pour discuter au calme et enfin pouvoir tout se dire. Le quart d’heure à pied qui les séparait de l’appartement fut parcouru sans le moindre mot. Johann essayait de reprendre tranquillement sa respiration et de se calmer. Elle commençait à réfléchir à tout ce qu’elle pourrait lui dire. De son côté cette conversation serait décisive. Quelle que soit son issue, elle mettrait fin à toute une période de sa vie. A la fin de cet échange c’était décidé, soit ils repartiraient chacun de leur côté et le résultat serait terrible, outre le fait d’avoir perdu plus de cinq ans de sa vie à l’attendre, à espérer voir les choses évoluer, elle serait anéantie, détruite et à ramasser à la petite cuillère. Ou bien ils seraient véritablement ensemble suivant la vision du couple telle qu’elle l’envisageait. Ils partageraient bien plus que quelques embrassades par ci par là. Elle attendait un sincère engagement de sa part. Elle voulait pouvoir tout partager avec lui, son quotidien, ses jours, ses nuits. Même ce cap là ils ne l’avaient pas encore franchi. Il fallait bien un jour qu’il comprenne qu’ils n’étaient plus deux adolescent et qu’elle avait besoin de plus.

Arrivés chez elle, ils s’installèrent dans le salon et Johann partit préparer une petite collation. Elle revint quelques minutes plus tard avec un petit plateau avec des fruits, un mélange de petits gâteaux secs et deux tasses du café pour lui et un thé au citron pour elle.

— Combien de temps nous accordes-tu? Lui demanda-t-elle pour rompre ce silence qui devenait de plus en plus pesant.
— Nous disposons d’environ 2h30, Johann, répondit-il avec une voix douce espérant ainsi pouvoir un peu la calmer.
Mais c’était peine perdue, elle enchaîna sur un ton glacial.
— Que comptes-tu faire de ces 2h30, une éternité pour nous deux? reprit-elle.
— Johann ?
— Oui Capitaine?
Il la regarda un peu décontenancé. Elle continuait à prendre de la distance et voulait vraiment qu’il le sache. Ce n’était pas un hasard si elle ne l’avait pas appelé par son prénom et il l’avait bien compris.
— En quoi consiste la mission sur Mégara? Finit-il par lui demander.
— Tu plaisantes j’espère? Tu ne m’as pas fait quitter mon travail plus tôt pour me demander des informations sur une mission à laquelle tu ne participes même pas. Tu veux peut-être également te rendre chez le Président ou bien le Général Anders pour les prévenir que je ne suis pas digne non plus de participer à cette mission?
— Johann, ne sois pas sur la défensive, je ne viens pas en ennemi, comme tu as dit que cette mission ne serait pas évidente, je me demandais si c’était bien raisonnable de prendre Ezla avec nous.
— Oh mais si ce n’est que cela, ne t’inquiète pas. Le Colonel Kleen a toutes les qualités requises pour m’accompagner. Il est intelligent, vif, sportif et très musclé et en plus nous avons le même âge. Il pourra sans problème prendre soin de moi ne t’en fais pas.
— Johann je t’en prie, je….

Il ne finit pas sa phrase et ne put se retenir. Il fit les quelques pas qui le séparait d’elle, lui retira des mains le plateau qu’il posa sur la table basse et l’embrassa passionnément. Elle ne s’attendait pas à ce geste de sa part et malgré la surprise elle ferma les yeux et répondit tout aussi ardemment à son baiser. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’il relâcha son étreinte et décolla délicatement ses lèvres des siennes. Johann volait encore sur un petit nuage. Elle n’osait parler, c’était la première fois qu’il l’embrassait de la sorte.

— Johann, mes sentiments pour toi n’ont pas changé. Je suis éperdument amoureux et je comprends ce que tu attends ainsi que ton impatience. Je pense toujours honorer cette promesse, si tu le souhaites encore et si tu m’y autorises. Dois-je m’inquiéter de ce Colonel?
— En fait je ne le connais pas. Je n’ai pas eu encore l’occasion de travailler avec lui. Par contre j’en ai beaucoup entendu parlé. Il semble avoir un véritable fan club au QG et ce que je t’ai dit ne sont que quelques bribes d’éléments de ce qui se dit à son sujet. Je suis désolée, mon intention n’était pas de te poser un ultimatum ni de te faire du chantage. Je suis consciente de tout ce que tu fais pour les Neuf Mondes et que ma requête de pouvoir enfin être avec toi est ridicule à côté de tout ce que tu accomplis.
— Non tu ne peux pas dire cela. Je me suis laissé entraîner par le quotidien sans me rendre compte à quel point le temps défilait. C’est toi qui a raison. Si nous voulons fonder une famille et être en mesure d’élever nos enfants c’est maintenant que nous devons y songer.
— Nous allons vivre ensemble?
— Oui dès que nous rentrons de mission, je te promets de passer te chercher afin que nous puissions regarder où nous installer.
— Comment on fera pour les missions?
— Je ne sais pas pour l’instant. Il va falloir que nous y réfléchissions tous les deux. Une chose est sûre il ne nous sera pas possible de continuer comme actuellement.
— Qu’entends-tu par-là au juste?
— J’ai comme dans l’idée qu’une fois que nous commencerons à vivre ensemble, l’un comme l’autre aura du mal à supporter les séparations durant les missions. Personnellement je les vivrai d’autant moins bien en sachant que ta vie peut être en danger. Aujourd’hui, j’essaye de ne pas y penser et ne sachant pas toujours quand tu es ou non partie je ne me focalise pas dessus. Demain ce sera différent.
— Je suis en phase mais si cela te convient, j’aimerais pour le moment que nous profitions des derniers instants qui nous sont accordés avant ton départ pour ne plus parler de tout cela. Je voudrais que tu me prennes dans tes bras et que tu me fasses voyager comme tout à l’heure.
— Avec plaisir.

Il l’attrapa par la taille pour la rapprocher de lui, elle se hissa sur la pointe des pieds et il l’embrassa fougueusement. Ses mains se baladèrent le long de ses bras pour finir autour de son visage pour d’avantage resserrer leur étreinte. De son côté, ses mains gratouillaient délicatement son dos puis son cou. Ils s’arrêtèrent quelques instants. Il recula en s’excusant.

— Johann, si nous continuons ainsi je vais avoir du mal à me retenir.
— Je suis d’accord, tu as mon consentement.
— Peut-être mais moi je ne le veux pas.
— Tu ne le veux pas? Demanda-t-elle avec un regard mêlant à la fois de l’interrogation et de la tristesse. Comment cela je ne comprends pas. Tu m’as pourtant dit que tu avais des sentiments pour moi.
— Oui et c’est bien cela qui me retient.
— Désolée mais je ne te comprends pas.
— Je ne veux pas que nous le fassions là comme ça à la va vite, je ne supporterai pas de te laisser toute seule juste après. Je veux que nous prenions le temps pour ne pas bâcler cette première fois.
— Tu es …. Commença-t-elle à dire avec un léger sanglot perceptible dans sa voix et les yeux bien trop brillants.

Elle ne finit pas sa phrase et cette fois c’est elle qui se rapprocha pour l’embrasser puis elle posa sa tête sur son torse. Il la prit dans ses bras et la serra aussi fort qu’il le put. Ils restèrent un petit moment dans cette position sans rien dire. Il rouvrit les yeux et regarda sa montre et constata qu’il était malheureusement déjà l’heure de la quitter.

Elle lui tendit son café qu’il but puis il partit sans oublier d’emporter deux ou trois gâteaux et deux bananes qu’elle lui enveloppa rapidement pour lui et Ezla. Ils s’embrassèrent une dernière fois puis il sortit et disparut dans l’ascenseur après lui avoir envoyé un dernier signe de main.

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LudyNewton

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Lun 1 Jan 2018 - 21:09
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2018. Qu'elle apporte le bonheur, la réussite dans tous les projets et surtout la santé. Wow Hug Secret Hello jump Drink Psychedelic

Voici une petite suite, tout en douceur comme ce début d'année.

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Curtis se pressa de regagner le cyberlabe. Ezla était déjà arrivé quelques minutes auparavant. Ils n’attendaient donc plus que lui pour décoller.

— Comme convenu, nous déposons Mala et le Professeur sur Tycho puis nous partons pour Laguna.
— Vous nous laisser le cosmolem pour nous rendre sur Terre si besoin?
— Bien entendu Mala, répondit Curtis.
— Entendu Capitaine, renchérit Crag. Tu as bien fait de me choisir pour t’accompagner avec le Colonel, plutôt que cette vieille boule de gomme.
— Qu’est-ce que tu as vieux tas de ferraille rouillée? Si le Capitaine te prend avec lui c’est que tu serais bien incapable d’aider le Professeur ici.
— Et toi tu penses être en mesure de piloter le cosmolem? Ajouta Crag.
— Bon ça suffit maintenant vous deux, je n’ai pas du tout le cœur à entendre vos chamailleries.
— Pardon Capitaine. Dis donc tu ne nous as pas dit comment cela s’était passé avec Johann? Demanda Mala.
— Je ne vous ai rien dit tout simplement parce que je n’ai rien à vous dire.
— Oh je crois qu’elle l’a éconduit ajouta Crag.
— Ne dis pas de sottise, répondit Mala, si cela avait été le cas cela fait longtemps qu’il serait revenu au cyberlabe, il n’aurait pas attendu les dernières secondes pour rentrer.
— Qu’est-ce que j’ai dit? Aller en route pour Tycho. Je peux vous laisser cinq minutes avec le Colonel sans que vous vous entretuez verbalement?
— Bien sûr Capitaine, répondirent-ils d’une seule voix.
— Que vas-tu faire?
— J’ai un appel à passer, je vous rejoins de suite.
— Entendu Capitaine. Elle te manque déjà, osa ajouter Mala.
— Arrêtez maintenant, laissez-le tranquille, clôtura le Professeur.
— Merci Professeur.
— De rien mon garçon.

Mala avait vu juste, elle lui manquait déjà. Il y avait tant de choses qu’il aurait voulu lui dire mais il n’en avait pas eu le temps. Il savait pertinemment qu’il aurait tout le loisir de le faire à son retour mais même s’ils avaient l’habitude d’être séparés, il ne ressentit pas la même chose. Il partit s’enfermer dans sa cabine pour l’appeler via son video-transmetteur personnel.

— Johann?
— Curtis?
— Désolé de t’appeler déjà, tu me manques.
— Ne sois pas désolé je suis ravie que tu m’appelles, tu me manques aussi.
— Tes yeux sont tout brillants et rougis.
— Je sais.
— Je suis désolé d’être parti comme un voleur et encore plus de t’infliger cette séparation.
— Si tout se passe bien ce sera une des dernières n’est-ce pas?
— C’est exact Johann.
— Oh Curtis? Peux-tu m’en dire un peu plus sur cette mission, comme au moins le temps que tu penses qu’elle durera et si nous aurons un moyen de nous contacter?
— Je pense que nous devrions bien en avoir pour deux ou trois semaines. Et il me sera difficile de te joindre. D’autant plus que tu pars demain si j’ai bien compris?
— Oui en effet. Après qui allez-vous courir cette fois? demanda-t-elle

Son visage s’était fermé d’un seul coup. Il ferma les yeux et prit tranquillement une grande respiration. A sa réaction elle comprit que le sujet était tendu et elle s’excusa de suite d’avoir posé la question.

— Tu n’as pas à être désolée. Nous partons à la recherche de Kahlon. J’ai besoin d’Ezla à mes côtés car nous sommes obligés de nous séparer.
— Comment cela, je ne comprends pas?
— Le Professeur et Mala doivent rester sur Tycho. Nous soupçonnons Kahlon d’interférer sur le système solaire, nous allons devoir prendre des mesures simultanées sur Tycho ou la Terre et Laguna.
— Je comprends. Tu feras bien attention à toi?
— Comme toujours. Et si tu veux savoir ce n’est pas Kahlon qui me fait peur. Je crains plus ma réaction lorsque je l’aurais en face de moi. Je sens qu’il me sera difficile de me retenir de ne pas faire plus que de le capturer. C’est bien trop rageant d’apprendre qu’il réussit systématiquement à s’évader.
— Je comprends à quel point cela doit être dur pour toi.
— Et toi, maintenant, tu peux m’en dire un peu plus sur ta mission?
— Je vais me rendre probablement dès demain sur Mégara. Plusieurs jeunes femmes ont disparu depuis le début de l’année. L’antenne sur place n’a pas réussi à avancer sur le dossier et la dernière en date est la fille de notre ambassadeur. J’ai étudié tous les dossiers pour trouver des similitudes et j’ai l’impression que c’est un véritable trafic de femmes. Pour l’instant j’ai trouvé qu’elles fréquentaient la même université et sortaient régulièrement en boite.
— Ne me dis pas que tu vas jouer l’appât?
— Je ne sais pas pour l’instant ce que décidera le Colonel Kleen.
— Je t’en prie, Johann, sois prudente.
— Ne t’inquiète pas pour moi, je suis un agent reconnu, je m’en sortirai et comme je te l’ai dit le Colonel est apparemment excellent.
— Je n’en doute pas Johann mais tu ne pourras pas m’empêcher de m’inquiéter. Nous arrivons sur Tycho, je vais devoir te laisser. Je te recontacte dès notre retour. Je t’embrasse mon amour.
— Moi aussi je t’embrasse Curtis. Je t’aime.
— A plus tard Johann. Sois prudente.
— Toi aussi.

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Mar 2 Jan 2018 - 13:19
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Frégo 80
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


Bonne année à toi aussi! Beer  Merci pour le répit supplémentaire pour  Flam et  Joan ! Wink   Pour ce qui est de leurs missions séparées, peut-être ne seront-elles si séparées que cela! Neutral  Les entreprises de Khalon ont toujours de l'envergure et des ramifications! Shocked  Cette division de l'équipe va certainement avoir ses répercutions! Neutral  Ce qui rent cette histoire très intéressante ! Good  Bonne chance pour la suite!


A+


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Mar 2 Jan 2018 - 20:22
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello Frégo

Merci pour tes vœux et ton message qui ouvre effectivement quelques portes.... Doubt

Voici une toute petite suite, avant de rentrer dans le coeur du réacteur.

Bises

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Il mit fin à la communication puis se dirigea vers la sortie lorsqu’il entendit frapper à la porte. C’était le Professeur qui venait l’avertir qu’ils étaient en approche de Tycho.

— Professeur, tu tombes bien, je souhaitais que nous échangions quelques minutes avant de nous séparer.
Il le fit entrer dans sa cabine et s’installa à son bureau tandis que le Professeur Simon, volait juste devant lui.
— Nous devrions, au mieux, arriver après-demain sur Laguna. Nous te contacterons à ce moment-là pour prendre les premières mesures, commença le Capitaine.
— Entendu Curtis. Je préparerai tous les instruments afin de pouvoir les prendre en simultané. Contactes moi juste une petite demi-heure avant et ce sera parfait.
— Entendu Professeur. J’espère que tout se passera au mieux ajouta doucement Curtis.
— Bien sûr on va s’en sortir comme toujours.
— En fait, désolé, je cogitais à voix haute. Je ne pensais pas qu’à nous mais également à Johann qui se retrouve à devoir partir en mission sans Ezla par ma faute.
— Tu devais avoir une très bonne raison de ne pas la faire partir avec nous.
— En effet. Je ne voulais pas me retrouver en face à face avec Kahlon avec Johann à mes côtés. Kahlon aurait perçu de suite les sentiments qui nous unissent. Et je ne supporterais pas qu’il les utilise pour m’atteindre.
— Dans ce cas tu as pris la bonne décision.
— Je l’espère car il semblerait qu’elle soit sur une mission délicate et elle ne pourra pas compter sur Ezla ni sur nous pour l’aider.
— N’y aurait-il pas autre chose que tu ne nous as pas dit?
— Comment cela?
— Je ne vais pas tenter de te tirer les vers du nez comme nos deux loustics mais j’ai l’impression qu’il s’est passé beaucoup de choses cet après-midi.
— En effet, je vois que je ne peux rien te cacher.
— Si tu ne peux pas le cacher à Kahlon pensais-tu pouvoir nous le cacher?
— Non tu as entièrement raison, c’est vous que m’avez élevé, il est normal que vous me connaissiez par cœur. En effet, Johann et moi sommes maintenant ensemble. Je lui ai promis que nous nous installerons tous les deux dès que cette mission ainsi que la sienne seraient finies.
— C’est une excellente idée. Vous avez l’âge idéal pour fonder une famille.
— Oui c’est ce que Johann m’a très justement rappelé.
— Elle a raison.
— En effet. Après il faudra que nous voyons comment nous allons organiser notre nouvelle vie à deux. J’ai comme dans l’idée que l’un ou l’autre ne pourra poursuivre les mêmes activités qu’actuellement. Il faudra probablement que j’accepte qu’elle nous accompagne sur l’ensemble de nos missions.
— Curtis, le mieux est que tu en parles avec elle et dans tous les cas que vous preniez ces décisions ensemble.
— Oui bien entendu. Nous avons d’ailleurs convenu de reparler de tout cela à notre retour de mission.
— Parfait dans ce cas.

Il finit tout juste sa phrase qu’il fut interrompu par des hurlements de plus en plus précis, c’était Mala qui arrivait en courant pour prévenir le Professeur qu’il était temps de quitter le cyberlabe pour les laisser repartir.
Le Capitaine accompagna Mala et le Professeur jusqu’à la sortie et les salua avant de se rendre au poste de pilotage et retrouva sa place aux côtés de Crag et du Colonel.

Pendant ce temps sur Terre, Johann s’était installée à visionner un film dans son salon. Elle n’avait toutefois pas réussi à rentrer dans l’histoire. Il y avait trop d’idées, de sentiments qui se mélangeaient dans sa tête. Elle en arrivait même à se demander si elle n’avait pas rêvé tout ce qui s’était passé. Non elle n’avait pas fantasmé et son appel lui avait rappelé qu’elle avait bien les pieds sur terre, tout était bien vrai. Elle se fit un petit encas puis après un bon bain elle se coucha avec un livre avec dans l’idée de ne pas éteindre tard pour être en forme pour le lendemain. Là encore elle n’arriva pas à se concentrer sur sa lecture. Elle finit par s’endormir après s’être remémoré tous les évènements de l’après-midi depuis leur dispute dans le couloir jusqu’à leurs baisers passionnels avant qu’il ne doive partir.

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Jeu 4 Jan 2018 - 20:18
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Bonsoir

Voici la suite. très Joan .
Bonne lecture.

Bye

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Le lendemain matin, elle se leva et commença son rituel matinal puis au bout d’une trentaine de minutes, elle quitta son appartement, en forme, pour sa nouvelle mission. Elle avait hâte de partir pour en finir et retrouver enfin Curtis. Il lui manquait déjà. Bien sûr elle avait l’habitude de ressentir son absence, leurs séparations étaient son quotidien jusqu’à présent. Mais là quelque chose avait changé. Elle avait l’impression qu’elle n’était plus prête à les tolérer ni même à les accepter. Elle en avait désormais le droit. Non pas qu’elle lui en voulait de ne pas être présent, c’était même le contraire. Elle savait maintenant avec certitude qu’il éprouvait les mêmes sentiments à son égard et que lui aussi désirait être à ses côtés. Elle se mit donc à en vouloir à Kahlon et plus généralement à tous les bandits qui s’étaient mis jusque-là au travers de leur route. Tous à l’exception de l’Empereur de l’Espace. Elle n’oubliait pas que c’était grâce à lui qu’ils s’étaient rencontrés et avait commencé à collaborer ensemble.

Elle arriva à son bureau peu avant 8 heures. Elle peaufina une synthèse écrite des différents dossiers qu’elle avait étudiés la veille. Ainsi elle ne débarquerait pas les mains vides dans le bureau du Colonel Kleen. Même si on lui avait parlé de sa bienveillance, sa gentillesse, et de ses nombreuses qualités, elle avait décidé d’une part de se faire sa propre opinion et d’autre part de commencer leur relation sur le bon pied en lui montrant de suite qu’elle était consciencieuse.

Elle débarqua à 9 heures précises devant son bureau. Après avoir frappé à la porte, elle entra et se présenta timidement. Il l’accueillit chaleureusement avec un grand sourire.

— Bonjour Colonel Kleen. Je suis l’agent Landore. Me voici, comme vous l’aviez convenu avec le Colonel Garnie pour échanger sur la prochaine mission sur Mégara.
— Enchanté, Mademoiselle. Puis-je vous demander si vous acceptez que nous nous tutoyons et je préfère autant que nous nous appelions par nos prénoms si, bien entendu, cela vous convient également.
— Aucun problème pour moi nous travaillons aussi comme cela avec Ezla.
— Parfait dans ce cas nous sommes en phase, moi c’est Matt. Je voulais effectivement que l’on fasse un point sur la mission.
— J’ai préparé une synthèse suite à ma lecture des dossiers, reprit Johann.
— Parfait. Je te propose dans ce cas que tu me briefes durant le trajet. Nous pouvons partir de suite?
— Oui sans problème.
— Petite question complémentaire, Johann, es-tu en couple?
— Euh, pourquoi cette question? demanda-t-elle un peu gênée.
— Simplement pour te dire que, du peu que j’ai vu, cette mission me semble bien plus délicate que ce qu’en pensait le Général Anders initialement. Je m’attends à ce qu’elle dure plusieurs semaines donc si tu veux prendre quelques minutes avant que nous partions pour prévenir un compagnon, sache que tu as mon feu vert.
— Je te remercie Matt mais je n’ai personne à prévenir.
— Entendu alors ne perdons pas de temps dans ce cas, en route.

Elle le suivit en direction de l’astroport où un vaisseau de la police intersidérale leur avait été affecté. Durant le trajet elle se dit que les rumeurs n’étaient pas toutes infondées. Il était effectivement très bel homme, jeune, sportif mais surtout il paraissait de prime à bord fort sympathique et humain. Elle s’imaginait déjà sans problème collaborer avec lui. Elle repensa à sa dernière réponse. Elle n’avait pas menti en disant qu’elle n’avait personne à avertir de son départ mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’elle était libre. D’ailleurs depuis près de six ans elle avait cessé de regarder les hommes. Du moins son cœur était resté focalisé, comme envouté par un seul mais pas des moindres, à savoir Curtis Newton alias le Capitaine Flam. Elle était montée dans le vaisseau et s’y était installée machinalement, perdue dans ses pensées. Matt la sortie de ses rêveries en lançant les commandes de décollage et en lui demandant de bien s’attacher.

Comme convenu, durant les quelques heures du vol, il l’écouta lui exposer les informations qu’elle avait rassemblées. Les quelques questions qu’il lui posa confirmèrent son esprit vif. Elle apprécia les échanges constructifs. Cette mission s’annonçait sous de bons augures.

Ils arrivèrent sur Mégara et s’installèrent directement à l’hôtel. A peine ils eurent posé leurs affaires qu’ils se retrouvèrent dans la salle du restaurant pour prendre une collation et compenser le repas du midi qu’ils n’avaient pas pris. Celui-ci fut convivial, Matt la prévint qu’il ne souhaitait pas parler travail pour différentes raisons. D’une part ils voulaient qu’ils conservent une couverture. Ils voulaient passer pour deux amis partis visiter Mégara. Et d’autre part il aimait connaître les personnes avec qui il travaillait et ce repas permettait de commencer à faire plus ample connaissance.

Une fois le repas terminé, il l’informa qu’ils commenceraient réellement la mission à compter du lendemain. Ils avaient rendez-vous avec Dorothy Lane, agent avec qui il avait collaboré quelques années avant qu’elle demande une mutation pour Mégara. En attendant, il lui proposa de faire un petit tour en ville. En plus d’être agréable, cette promenade leur permettrait de repérer un peu les lieux. Johann accepta sans la moindre hésitation. Il était hors de question qu’elle reste enfermée dans la chambre d’hôtel le reste de l’après-midi. Cette balade était donc la bienvenue.

Ils déambulèrent trois bonnes heures dans la ville et repérèrent ainsi l’antenne de la Police Intersidérale mais également deux boites de nuit. Johann avait vite compris qu’elle allait devoir jouer les proies avec Dorothy en sortant seules dans ces discothèques dans des tenues suffisamment provocantes pour attirer l’attention. Matt ainsi que d’autres collègues de Dorothy seraient en station en sortie pour déjouer toute tentative d’enlèvement. Ezla l’exposait rarement de la sorte mais peut-être était-il trop protecteur vis-à-vis d’elle. Elle était tout jeune lorsqu’elle était entrée dans son service et depuis le nombre d’années qu’ils travaillaient ensemble, les épreuves qu’ils avaient vécues, des liens plus forts qu’entre simples collègues s’étaient créés. Elle représentait pour lui la fille qu’il n’avait jamais eue et pour elle il comblait une petite partie du vide laissé par le père qu’elle avait perdu bien trop jeune. Ezla n’aurait probablement pas été d’accord pour cette stratégie, quant à Curtis il s’y serait formellement opposé. Elle l’imaginait facilement demander à Mala de prendre sa place ce qui la fit sourire. Totalement absorbée par ses pensées, elle ne vit pas que Matt, lui avait rendu son sourire, pensant qu’il lui était adressé.

Ils retournèrent à l’hôtel, contents de leur petite échappée. Ils mangèrent rapidement puis gagnèrent leur chambre respective pour se reposer jusqu’au lendemain. Matt avait prévenu Johann de bien dormir car ils attaqueraient dès le lendemain soir les sorties nocturnes.

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Ven 5 Jan 2018 - 21:31
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


J'ai apprécié cette suite! Good  Notre  Joan  a une judicieuse réflection sur la protection dont l'entourait Ezla  et aussi  Flam . Cette fois-ci, ils ne sont pas là et elle ve devoir faire un effort conscient de veiller sur elle-même. Elle va peut-être se montrer rouillée à ce jeu. "Protection mais à quel prix ?" Indeed! Good


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Sam 6 Jan 2018 - 09:25
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello Frégo.
Merci pour ton message. J'espère que la suite sera aussi intéressante. Toujours du Joan car pas très intéressant de parler du trajet de deux jours de Flam en tout cas pour l'instant. Comme on ne sait pas à l'avance où nous mène ce genre d'histoire je ne serais qu'évasive ....

@+

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Le lendemain matin, ils se présentèrent à l’accueil de l’antenne de la Police Intersidérale et demandèrent un entretien avec l’agent Dorothy Lane. Quelques minutes plus tard, une très jolie jeune femme blonde aux yeux bleus descendit d’un immense escalier en verre et se dirigea vers eux. Son visage se ferma légèrement en apercevant Johann.

— Bonjour Matt, c’est ta nouvelle partenaire je présume, commença-t-elle en insistant étrangement sur le mot partenaire.
— Bonjour, Dorothy. Oui et non. Johann est ma partenaire au même titre que toi sur cette mission, elle a été détachée d’une autre équipe pour que nous t’apportions notre support.
— Enchantée, ajouta Johann, en s’approchant de Dorothy et en lui tendant sa main.
— De même, répondit Dorothy. Je vous propose de me suivre dans mon bureau pour que nous puissions rentrer dans le vive du sujet.
— Entendu, nous te suivons, reprit Matt.

Ils empruntèrent le magnifique escalier. Johann se dit que les secrétaires ne devaient pas venir souvent travailler en jupe ou si c’était le cas elles prenaient tout le temps l’ascenseur. Ils traversèrent un petit couloir, laissant de côté plusieurs petites salles permettant des échanges à deux puis ils arrivèrent devant un open space décoré avec soin par des plantes exotiques, le bureau de Dorothy était juste à côté, une paroi vitrée la séparait du plateau ouvert où travaillaient une bonne cinquantaine d’agents masculins pour la plus grande majorité pour ne pas dire tous. Une fois la porte refermée, Matt commença de suite.

— Dorothy, le Général Anders que tu connais bien, nous a demandé de venir te rejoindre pour enquêter et mettre fin à toutes ces disparitions. Je ne te cache pas qu’il n’a pas beaucoup dissimulé qu’une de nos priorités était de retrouver la fille de l’ambassadeur.
— Oui, en effet, il m’a contactée hier pour m’informer de votre venue. J’avoue que je m’en suis réjouie. Non pas de te revoir, cela je m’en serai bien passé, tu t’en doutes, mais d’avoir enfin un peu de renfort.
— Dans ce cas parlons de l’affaire si tu le veux bien, nous avons ou du moins Johann a pris connaissance de tous les dossiers déjà rédigés. Y a t’il des éléments complémentaires que tu voudrais porter à notre connaissance? As-tu pensé à une stratégie pour mettre fin à ces agissements?
— Nous allons gagner beaucoup de temps alors si vous avez déjà tout lu. Je n’ai pas d’éléments supplémentaires à ajouter, tout est dans les rapports. En ce qui concerne la stratégie à adopter, je m’étais dit que nous pourrions avec l’agent Landore nous rendre dans les différents lieux branchés du soir afin de faire sortir le loup de sa caverne. Nous devrions pouvoir assurer notre protection mutuelle à l’intérieur et vous pourriez nous attendre dehors. Autant deux jolies jeunes femmes inconnues qui arrivent dans ce type d’endroit c’est super sympa mais deux voire même un gars dont ils n’ont jamais vu la tête, cela va de suite éveiller leurs soupçons. D’autant que nous pourrions même nous faire passer pour des sœurs. Je vois que tu l’as bien choisie, c’est pour cela que j’ai cru que…
— Suffit Dorothy, ne soit pas bête s’il te plaît, ce n’est ni le lieu ni le moment, l’interrompit-il.
— Alors, ce plan vous convient-il? demanda Dorothy après s’être retournée vers Johann.
— Pour commencer tu peux me tutoyer et m’appeler Johann si cela te convient?
— OK, tu as raison autant s’habituer de suite.
— Oui je suis d’accord et je trouve très bonne l’idée de se faire passer pour des sœurs.
— Parfait dans ce cas nous pouvons commencer ce soir?
— Je veux bien mais je n’ai pas apporté les vêtements en conséquence, répondit Johann en se tournant vers Matt.
— Pas de souci, Johann, je te propose que nous allions faire les boutiques toutes les deux. Nous pourrons ainsi commencer à travailler notre couverture.
— Excellente idée, s’exclama Johann.
— Dans ce cas nous pouvons nous retrouver à 14 heures devant votre hôtel. Vous êtes bien descendu au Lotus Bleu?
— Oui c’est bien cela et parfait pour 14 heures.
— Bon il ne me reste donc plus qu’à vous raccompagner.

Ils se séparèrent dans le hall, tous avec l’impression d’avoir fait un grand pas sur leur mission. Ils étaient tous d’accord sur la stratégie à adopter. Il faut dire qu’en ayant collaboré près de quatre ans ensemble, Matt et Dorothy avaient les mêmes reflex et il n’était pas étonnant qu’ils soient arrivés à la même stratégie.
Sur le chemin de retour vers l’hôtel, Johann décida de briser le silence qui s’était insinué en quittant l’antenne de la Police Intersidérale.

— Il m’a semblé ressentir une certaine tension entre Dorothy et toi, demanda-t-elle.
— En effet, répondit le jeune homme sur un ton légèrement las.
— Vous avez eu des soucis sur une de vos dernières missions?
— Non pas du tout. Dorothy est un excellent agent et tu pourras lui accorder toute ta confiance. Nous avons comme qui dirait eu un désaccord personnel.
— Ah excuse moi je ne voulais pas être indiscrète.
— Non tu as raison, il est normal que tu te poses des questions. Je n’ai plus rien à cacher d’ailleurs alors autant tout te dire.
— Tu n’y es pas forcé.
— Je le sais mais rien ne m’y empêche non plus. Alors voici toute l’histoire. Avec Dorothy nous avons travaillé en binôme pendant environ quatre ans. Comme tout agent nous avons traversé des missions certaines plus dures que d’autres avec des pertes de collègues très proches, des situations où nous pensions ne pas revenir vivants…. Et au bout de quelques temps nous nous sommes aperçus que nous partagions les mêmes sentiments. Nous avons formé un couple secret et avons continué les missions qui nous étaient confiées.

Johann l’écoutait attentivement, son histoire lui faisait étrangement écho à celle qu’elle allait commencer à vivre avec Curtis. Elle était persuadée que l’intensité de ce qu’ils avaient vécu au cours de certaines missions n’était pas étrangère à l’explosion de leurs sentiments. Le transport des prisonniers sur le Balkan qui avait terminé par un échouage sur une planète proche de la disparition les avait définitivement rapprochés. Le jeune homme poursuivit son histoire.

— Progressivement, Dorothy s’est montré d’une jalousie maladive vis-à-vis de tous les collègues féminins qui pouvaient me côtoyer. De mon côté même si je l’aime, j’ai besoin d’indépendance et je ne l’ai pas accepté. Nous nous sommes séparés et elle a demandé une mutation sur Laguna, espérant ainsi passer plus facilement à autre chose.
— Tu as utilisé le présent pour aimer. Cela signifie-t-il que tu éprouves toujours des sentiments pour elle?
— Je vois que tu es très perspicace Johann. Oui en effet, d’une part c’est à regret que j’ai mis un terme à notre relation car de mon côté je n’ai jamais cessé de l’aimer. Et d’autre part, avec le temps j’ai réussi à comprendre pourquoi elle a réagi de la sorte. La source de sa jalousie provenait du fait que nous avions une liaison secrète. Du coup pour toutes les autres agents féminins j’étais toujours un cœur à prendre et il m’était difficile de leur dire ouvertement de ne pas me draguer, ce qu’elle ne supportait pas, à juste titre. De plus elle commençait à s’imaginer que je pouvais très bien avoir d’autres liaisons secrètes. Dans sa tête si j’étais capable de le faire avec elle, je devrais pouvoir le faire avec une autre sans problème.
— Je comprends, les liaisons secrètes mais également les liaisons à distance ne sont jamais très simples.
— Tu sembles en parler en connaissance de cause, ou bien je me trompe?
— Non en effet, je suis un peu dans le même cas mais je ne pense pas que nous puissions ni ne souhaitions garder bien longtemps notre relation secrète.
— Ne me dis pas que tu as une relation avec Ezla?
— Non, Ezla pourrait être mon père, répondit-elle en rigolant.
— Il y a des couples avec de grandes différences d’âge tu sais? C’est un de nos agents ou bien un colonel du QG?
— Je sais que certains recherchent un père ou une mère dans leur relation mais cela n’est pas notre cas. J’espère que tu ne m’en voudras pas si pour l’instant je ne préfère pas en parler. D’une part c’est tout nouveau et d’autre part j’ai besoin de me concentrer sur cette mission et si je commence à parler de lui cela me sera vraiment difficile.
— Entendu je ne t’ennuie plus avec mes questions et sois assurée de ma discrétion.
— Merci beaucoup Matt.

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Dim 7 Jan 2018 - 15:01
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


Eh bien pour une fois, ce n'est pas Joan  qui est jalouse! Langue Mr. Green Good  Et pour le moment, nous avons la chance de la voir vraiment se concentrer sur une mission au lieu de se laisser distraire ou d'avoir continuellement à prouver sa compétence à quelqu'un,  Flam  par exemple.  Master


Toujours un plaisir de te lire!


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Lun 8 Jan 2018 - 17:28
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello

Merci Frégo pour ton commentaire. Je ferai le parallèle en répondant toujours un plaisir d'écrire et de lire les commentaires. Si d'autres veulent en faire ils seront les bienvenus. J'ai vu qu'il y avait un nouvel inscrit. Bienvenue à lui ou elle.

Voici la suite. Toujours avec Joan pour ne pas changer.

Bonne lecture

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Après s’être séparés une petite demi-heure, Matt et Johann se retrouvèrent dans le restaurant de l’hôtel. En pénétrant dans la salle des déjeuners, ils découvrirent un buffet fort sympathique composé d’une succession de spécialités de différentes planètes pour permettre à chacun de se constituer un repas répondant à son régime alimentaire. Ainsi des allumettes de Laguna, sorte de poissons frits se trouvaient à côté de poireaux en vinaigrette issus de l’agriculture terrestre. En apercevant les allumettes, Johann ne put s’empêcher d’avoir une pensée pour Curtis, Ezra et Crag. Si ces calculs étaient bons ils devraient atteindre Laguna demain soir. Connaissant les talents de pilote de Curtis et du grand robot de fer, elle ne s’inquiétait pas le moins du monde pour le transport. Par contre à compter de demain soir il lui faudrait mettre ses craintes pour lui de côté pour ne pas se laisser déconcentrer.

— Je te trouve bien songeuse tout d’un coup Johann? Quelque chose ne va pas?
— Non tout va bien. Ces allumettes m’ont juste fait penser à Ezla.
— Pourquoi il aime cela? demanda-t-il sur un ton des plus interrogatifs.
— Non, répondit-elle en souriant. Mais comme ils sont partis pour Laguna…
— Ils sont?
— Oui lui, le Capitaine Flam et une partie de son équipage.
— OK, je ne savais pas. En attendant, tu sembles pour ta part parfaitement informée.
— En effet, nous parlons assez librement avec Ezla, le même secret professionnel nous unissant, nous nous confions régulièrement l’un à l’autre.
— C’est très bien, cela aide en effet à mieux supporter les missions et leurs conséquences. Nous partagions beaucoup avec Dorothy et j’avoue que tous ces échanges me manquent.

Johann n’aimait pas mentir, elle le faisait d’ailleurs pour ainsi dire jamais. Il était vrai qu’elle partageait beaucoup avec Ezla. Mais concernant Laguna, tous les éléments sur cette mission lui avaient été confiés par Curtis lui-même. Si elle avait avoué à Matt d’où provenaient les informations, il aurait de suite compris avec qui elle entretenait une relation pour l’instant secrète et cela aurait probablement fait l’effet d’une bombe. Au sein de la Police Intersidérale, le Capitaine Flam était considéré comme un héros vivant. Tous les agents espéraient avoir un jour la chance de le rencontrer. Les femmes n’oseraient jamais imaginer plus que de lui serrer la main.

Après un petit repas aux saveurs variées, Johann rejoignit Dorothy devant l’hôtel alors que Matt préféra retourner dans sa chambre pour consulter plus en détail la carte de la ville et la synthèse rédigée par Johann.
Johann et Dorothy se dirigèrent vers le centre-ville. Dorothy l’entraîna vers une boutique de vêtements dans laquelle Johann n’aurait jamais pensé entrer un jour. Mini-jupe, cuissardes, robes transparentes, corsets en dentelles noires et autres vêtements et accessoires tous plus sexy les uns que les autres trônaient en vitrine.

— Hé bien ne rougis pas comme cela sœurette, intervint Dorothy
— C’est que je n’ai pas du tout l’habitude de mettre des vêtements pareils. Je ne serais jamais à l’aise si nous devons bouger, courir….
— Ne t’inquiète pas pour cela. Ce n’est pas nous qui devrons courir après qui que ce soit. C’est Matt et les autres gars de mon équipe.
— Mais…, tenta d’ajouter Johann.
— Il n’y a pas de « mais ». Nous allons trouver deux tenues chacune et puis nous irons ensuite nous faire une beauté au centre Raphosé. Tu en profiteras pour t’acheter un peu de maquillage. Car même si les esthéticiennes vont bien s’occuper de nous, il faudra rajouter une couche ce soir avant de sortir.
— Entendu Dorothy, je te suis.
Après deux bonnes heures d’essayage et de tergiversation, Dorothy réussit à lui faire prendre deux tenues. Elles peuvent enfin se rendre au centre de beauté où Dorothy demande le maquillage le plus tendance du moment. Elles en ressortent avec chacune un petit paquet contenant les produits pour pouvoir refaire le maquillage.
— Que dirais-tu de ne pas rentrer de suite et de faire un petit tour par le parc, demanda Dorothy.
— Je n’y vois pas d’inconvénient.
— Parfait, je souhaitais que nous profitions de ce moment pour discuter et que nous en apprenions un peu plus l’une sur l’autre pour ne pas être prise au dépourvu ce soir. Quel nom prenons-nous?
— Que penses-tu de Smith?
— Pourquoi pas, cela me va. Tu peux me donner ta date de naissance?
— Je suis née le 4 février 2020.
— Entendu, moi c’est le 15 décembre 2018, je suis donc ton ainée.
— Pas de beaucoup, ajouta Johann en souriant
— Parfait
— Quoi parfait?
— Nous n’aurons qu’à nous chamailler sur le fait que je suis l’aînée que de quelques mois et du coup tu considères que cela n’est pas assez significatif pour exercer une quelconque autorité sur toi.
— Entendu tu as raison c’est pas mal.
Elles poursuivirent leur balade dans le parc. Elles y croisèrent des lapins et des écureuils qui gambadaient aussi bien dans les espaces verts que sur les chemins de terre parmi les promeneurs.

La nuit commença à tomber et Dorothy lui proposa de la raccompagner. Johann accepta l’offre avec plaisir. Même si elle savait que l’hôtel n’était pas bien loin, elle préférait attendre d’être sous la surveillance de Matt avant de risquer d’attirer l’attention en se promenant seule.

Elle rejoignit Matt, dans sa chambre, pensant apprendre quelques éléments complémentaires pour l’intervention du soir. Il lui donna le nom de la boite qu’ils allaient tester. Elle avait toutefois déjà eu cette information dans l’après-midi par Dorothy et aurait préféré avoir davantage d’information sur le déroulement de leur intervention. Combien de temps devraient-elles jouer la comédie, le nombre de personnes fréquentant habituellement cette boite, l’emplacement des différentes sorties, le positionnement des agents assurant leur protection. Bref avec le peu d’information dont elle disposait elle avait l’impression de se jeter sans filet dans la gueule du loup. L’organisation si tant est qu’il y en avait réellement une ne semblait pas aussi poussée que ce qu’elle avait l’habitude de vivre avec Ezla et Curtis. Avec eux, il y avait un véritable point de mise à niveau de l’ensemble des intervenants avant l’entrée en action. Là elle avait l’impression d’être une simple exécutante qui ne ferait que jouer la proie sans savoir à quelle sauce elle serait mangée.

Elle chassa ses idées noires et suivit Matt au restaurant pour le dîner. Après un repas assez léger, ils se séparèrent. Il partit au QG où l’attendait l’équipe de surveillance pour faire une dernière mise au point tandis que Johann retournait à sa chambre pour se préparer en attendant que Dorothy passe la chercher en aircar.
Deux bonnes heures plus tard, Johann, perchée sur de hauts talons, descendait tant bien que mal l’escalier extérieur de l’hôtel. Si Curtis avait été là, il ne l’aurait probablement même pas reconnue, accoutrée d’une mini-jupe bleue, de cuissardes noires, sans oublier ce maquillage qu’elle trouvait d’une vulgarité sans nom. Apparemment, d’autres n’étaient pas aussi négatifs sur sa tenue vestimentaire, elle entendit des sifflements provenant d’un groupe de jeunes qui déambulaient dans la rue.

Dorothy la félicita lorsqu’elle monta en aircar puis elle démarra en trombe pour rejoindre l’un des endroits les plus branchés de la ville. Plusieurs visages se tournèrent vers elles lorsqu’elles pénétrèrent dans la boite de l’Hydre. Elles n’en firent cas et rejoignirent rapidement le centre de la salle pour se déhancher au son des rythmes effrénés. Au bout d’une dizaine de minutes, elles furent accostées par un petit groupe. Les hommes qui semblaient tous célibataires leur montrèrent aisément qu’ils n’étaient pas indifférents à leurs charmes. Elles dansèrent un peu avec eux et finirent par accepter une boisson qu’ils prirent assis autour d’une petite table. Elles en profitèrent pour discuter et tenter d’en apprendre un peu plus sur le lieu. Assez vite elles comprirent que ces habitués ne semblaient pas avoir le moindre rapport avec les enlèvements. Ce n’étaient que de bons vivants. Elles traînèrent quelques heures encore dans la boite jusqu’à la fermeture. Dorothy raccompagna Johann jusqu’à sa chambre d’hôtel où elles attendirent Matt pour faire un petit point.

— Félicitations Mesdemoiselles pour vos tenues, vous étiez parfaites. Tellement parfaites que je suis persuadé que si personne n’a mordu à l’hameçon c’est que nous n’étions pas dans le bon étang pour pêcher.
— Que proposes-tu? demanda Johann.
— Le mieux est que vous vous reposiez et dès ce soir nous repartons à la chasse mais cette fois nous tenterons la Nuit des Sirènes. Nous en avons parlé tout à l’heure avec les gars pendant que nous vous attendions. Cet endroit est également réputé pour attirer les plus belles jeunes femmes, d’où son nom, vous vous noierez donc facilement dans la masse.
— Entendu, répondit Dorothy. Maintenant si nous n’avons rien à ajouter je vais retourner chez moi car je ne sais pas pour vous mais moi je commence à tomber de fatigue.
— Oui tu as raison, moi de même, je n’ai pas l’habitude de porter des talons de cette hauteur alors je vais vite les retirer et reposer mes jambes, ajouta Johann.
— Au revoir Johann, repose-toi bien. Je ne te propose pas de prendre le petit déjeuner ensemble tout à l’heure.
— Non en effet, je ne sais moi-même pas si je ne vais pas y faire impasse.
— Dorothy, permets moi de te raccompagner jusqu’à ta aircar, intervint rapidement Matt en emboitant le pas de la jeune femme.
— Ai-je vraiment le choix? demanda Dorothy sur un ton las.
— Je vais faire comme si je n’avais rien entendu. Allez! je te suis, à tout à l’heure Johann, termina Matt avant de fermer la porte de la chambre.

Après une grande séance de démaquillage, Johann se mit enfin en tenue pour la nuit. Elle se dirigea vers la fenêtre pour tirer les rideaux. Son regard fut attiré par un couple enlacé appuyé contre la aircar de Dorothy. Elle fut contente pour eux deux, à les voir, aussi proches, elle imaginait bien qu’ils commençaient à enterrer la hache de guerre. Elle ferma son rideau non sans avoir levé les yeux au ciel et regardé les étoiles une dernière fois en pensant à Curtis qui devait être en train de piloter.

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Mer 10 Jan 2018 - 20:32
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Bonsoir,

Voici la suite, cela se complique un peu, beaucoup, affreusement pour Joan mais heureusement Ezla et Simon sont là pour veiller sur elle.

Bonne lecture

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Johann se réveilla vers midi. Elle fila dans la salle de bain pour prendre une bonne douche revigorante qui lui fit le plus grand bien. Elle enfila un jean et un tee-shirt pour être à l’aise avant de devoir à nouveau porter une tenue qui ne lui ressemblait en rien. Elle s’assit sur le lit pour attacher ses baskets lorsque son regard fut attiré par un morceau de papier qui avait été glissé sous sa porte. Elle s’approcha et déplia la feuille. C’était un mot de Matt lui proposant de le rejoindre dans sa chambre lorsqu’elle souhaiterait déjeuner. Elle était persuadée de ne pas avoir vu ce mot à son réveil. Matt avait dû émerger peu de temps avant elle et il l’avait déposé pendant qu’elle était sous la douche.

Elle se rendit dans sa chambre et après avoir échangé quelques mots de politesse, ils descendirent manger. L’après-midi fut assez calme. Matt lui proposa de lui montrer la carte de la ville et les différents endroits de la vie nocturne qu’ils allaient devoir tester.

— Tant que nous n’aurons pas d’indice nous allons devoir passer d’un lieu à l’autre.
— Avons-nous d’autres nouvelles? demanda Johann.
— Oui malheureusement. Deux autres jeunes femmes ont disparu avant-hier soir.
— Et nous ne l’apprenons que maintenant?
— Elles étaient étudiantes et ne vivaient plus chez leurs parents. Ils n’ont donc pas su de suite qu’elles n’étaient pas rentrées.
— Pour arrêter l’hémorragie ne pouvons-nous pas faire passer un message pour prévenir toutes les jeunes femmes de sortir accompagnées?
— Malheureusement non. C’est une des premières choses que Dorothy a demandées lorsqu’elle a commencé à avoir un aperçu du nombre de disparition. Le Président s’y est formellement opposé, prétextant qu’il ne voulait pas que sa planète soit classée parmi les sites à risque et que cela fasse fuir les touristes. Et comme la plus grande partie de l’économie de Mégara est basée sur le tourisme.
— Oui je comprends même si je ne cautionne pas.
— Veux-tu te reposer avant l’intervention de ce soir?
— Oui avec plaisir.
— Dans ce cas je te laisse regagner ta chambre, de mon côté je vais faire un petit tour. Je reviendrai pour le dîner.
— Entendu, à tout à l’heure.

Matt sortit de l’hôtel et quelques minutes plus tard, Dorothy passa le prendre pour le conduire chez elle. Ils avaient décidé de profiter du temps libre qui leur était offert pour parler à cœur ouvert de tout ce qu’ils ressentaient. Ils souhaitaient ne rien se cacher et tout se dire.

Quelques heures plus tard, il rentra à l’hôtel, accompagné de Dorothy. Il proposa à Johann de dîner tous les trois. Le repas fut bien agréable. Johann apprécia de voir que la tension entre les deux jeunes gens avait disparu. Pour l’heure elle ne pouvait dire avec certitude si le couple s’était reformé ou non mais elle décida de ne pas s’en occuper. Matt ou Dorothy lui dirait s’ils le souhaitaient.

Après le repas, Johann regagna sa chambre pour se préparer et Dorothy partit s’habiller dans celle de Matt. Elles avaient toutes les deux changé de tenues mais mises à part les couleurs, le reste était du même acabit. Tout comme la veille, Matt était parti devant pour rejoindre l’équipe de son ancienne partenaire et s’installer au poste de surveillance tandis que Dorothy avait pris sa voiture pour les conduire toutes les deux dans leur nouveau lieu de chasse.

Arrivées dans la boite tout comme la dernière fois, les jeunes femmes gagnèrent le centre de la piste de dance. Cette fois c’était Dorothy qui était chargée de contrôler les boissons qui leur seraient proposées. Au bout d’une bonne heure, après avoir été accostées par deux ou trois groupes, elles furent abordées par trois jeunes hommes qui éveillèrent les sens de Johann. Elle fit d’ailleurs un signe à Dorothy pour lui signifier qu’elle avait un pressentiment. Au bout d’une petite demi-heure à se déhancher, l’un d’eux leur proposa une boisson et il se dirigea vers le bar. Dorothy feignit d’aller aux toilettes pour surveiller le dénommer Elvinio. Alors qu’il commandait les boissons, Dorothy fut bousculée par une jeune femme rousse qui lui barra la vue d’Elvinio.

— Dorothy? Comme je suis contente de te voir
— Angela? Que fais-tu là?
— Je suis venue me détendre une petite semaine en vacances et toi, wouah quelle tenue j’avoue avoir hésité avant de t’approcher je n’étais pas bien sûre de t’avoir reconnue.
— Si c’est bien moi je suis venue également me détendre mais j’habite sur Mégara maintenant
— Oh incroyable, quel changement de vie. Tu as suivi un homme jusqu’ici?
— Non je dirai plutôt que je l’ai fui pour être plus juste.
— Ah pas cool. Je suis descendue au complexe de Venizzia si tu veux passer me voir demain après ton boulot?
— Avec plaisir Angela. Je vais te laisser je dois retrouver mes amis.
— Pas de problème, à demain.
— A demain.

Dorothy chercha du regard Elvinio. Elle le vit se dirigeant vers le petit groupe avec les boissons. Elle lui emboita le pas et arriva en même temps que lui. Johann la chercha du regard et elle lui répondit par un grand sourire. Après tout, ce n’était pas les quelques secondes où avait surgit Angela dans son champ de vision qui lui aurait permis de faire quoi que ce soit dans une salle bondée.

Elvinio tendit à Johann un cocktail de jus de fruits et à Dorothy un jus de tomate. Les hommes eurent tous le droit à un petit verre d’une sorte de liqueur obtenue à partir de graziel, une baie que l’on trouvait uniquement sur Mégara.

Dorothy commença à déguster son jus de tomate tandis que Johann, assoiffée à cause de la chaleur de la salle, le but d’une traite. Quelques minutes plus tard, Johann laissa échapper son verre puis s’effondra sur le sol. Son corps fut secoué par de violents spasmes. Leur fréquence et intensité étaient très inquiétante. Dorothy quant à elle commençait à avoir la tête qui tournait et ne réagit même pas au malaise de Johann. Les trois hommes dont celui qui leur avait donné les verres profitèrent de l’agitation provoquée par la tombée de Johann pour s’éloigner rapidement. L’un deux cria même qu’elle faisait une overdose. Dorothy, incapable de réagir, fut entraînée par Elvinio en direction d’une sortie secondaire.

Dehors, un van les attendait et démarra au quart de tour une fois tous à l’intérieur. Dorothy s’endormit rapidement, totalement étrangère et imperméable à tout ce qu’il se passait. L’équipe en charge de la surveillance ne prêta pas attention au van gris qui leur passa devant à vive allure. Ils étaient tous attirés par l’ambulance qui venait de s’arrêter en urgence devant la boite. Matt sortie d’une des voitures et s’approcha avec un des gars de l’équipe de Dorothy afin de savoir quel était l’objet de leur intervention. Quelques minutes plus tard, ils virent Johann transportée sur un brancard. Il monta dans l’ambulance et accompagna sa coéquipière à l’hôpital après avoir demandé à l’autre agent de retrouver Dorothy.

Dans le van, les questions fusaient dans tous les sens. Elvinio était sollicité de toute part.

— Que s’est-il passé avec la seconde fille?
— Elle est morte?
— Je devais verser deux gouttes dans chaque verre. Mais lorsque je lui ai filé sa dose, j’ai été bousculé et j’ai plus de la moitié de ma fiole qui est tombée dans son verre.
— Elle va s’en sortir?
— Franchement je n’en sais rien du tout.
— Imbécile, cette drogue est censée être indétectable mais avec la quantité qu’elle vient d’ingurgiter ils ne vont pas tarder à comprendre avec quoi elle a été droguée.
— Je viens de fouiller celle que l’on a capturée et vous savez quoi? C’est un agent de la Police Intersidérale.
— Quoi, il ne manquait plus que cela.
— Si la seconde ne s’en sort pas on va avoir tous les agents sur le dos.
— Que va dire le patron, il va nous passer un savon.
— Ne vous inquiétez pas, connaissant le patron je pense au contraire qu’il va apprécier. Il n’aime pas la Police Intersidérale. Il verra cela comme une belle revanche.
— Si tu le dis.
— Dans ce cas on ne change pas nos plans et on l’emmène au repaire avec les autres. Elle partira avec le prochain convoi.
— Parfait.

A bord du cyberlabe, tout le monde se réjouissait d’arriver à proximité de Laguna. La montre du Colonel Garnie vibra.
— Il faut que je contacte Anders, dit-il à la cantonade.
— Trop fort, il a calculé le temps qu’il nous fallait pour arriver et il veut faire un point dès le début de la mission, ajouta Crag.
— Tu peux utiliser le video-transmetteur dans ma chambre, tu y seras plus tranquille pour l’appeler, lui répondit Curtis.
— Merci Capitaine.
— Puis-je en profiter pour te demander un service? demanda Curtis
— Bien sûr, je t’écoute?
— Lorsque tu auras fini avec Anders, peux-tu appeler Tycho et prévenir le Professeur de notre arrivée imminente?
— Entendu, à tout à l’heure, répondit le Colonel en se dirigeant vers la cabine de Curtis.
Il lança l’appel vers le QG et en quelques secondes, le visage déconfit du Général apparu à l’écran.
— Bonjour Général. Il est arrivé quelque chose de grave? demanda inquiet le Colonel.
— Ezla, je ne sais pas comment vous dire cela.
— Que se passe-t-il? Questionna de nouveau Ezla, inquiet par le ton employé par le Général et le fait qu’il l’avait appelé par son prénom, ce qu’il n’avait pas l’habitude de faire.
— Johann est en cours de rapatriement. Elle a reçu un surdosage de drogue. A l’heure actuelle elle est plongée dans un coma et nous ne savons pas encore si elle pourra s’en sortir.
— Que dites-vous? répondit-il horrifié.
— Je suis désolé Ezla.
— Où est-elle?
— Elle est pour l’instant en chemin entre Mégara et la Terre.
— Puis-je vous demander une faveur?
— Oui bien sûr tout ce que vous voulez Colonel.
— Pourriez-vous la déposer sur Tycho. Si quelqu’un peut la sauver cela ne peut être que le Professeur Wright.
— Entendu, Ezla, je préviens de suite les hommes chargés de son rapatriement.
— Merci Général. De mon côté j’appelle de suite le Professeur pour l’avertir.
— Je suis désolé de vous avoir annoncer cela alors que vous vous apprêtez à commencer une mission à l’autre bout des Neuf Mondes.
— Ce n’est pas de votre faute. Merci de m’avoir prévenu.

Ezla mit fin à la conversation. Il se leva, respira un grand coup et alla dans la salle de douche de Curtis pour passer un peu d’eau sur son visage et tenter de faire cesser le flot soudain de larmes.

Il retourna s’assoir et lança l’appel vers Tycho. A peine trente secondes plus tard, il vit le Professeur Simon.

— Bonjour Curtis. Ah pardon, bonjour Colonel. C’est toi qui est chargé de nous prévenir que vous arrivez?
— En effet, répondit le Colonel sur un ton si bas que même le Professeur avec sa sensibilité sonore eu du mal à l’entendre.
— Ezla que se passe-t-il? Il est arrivé quelque chose à Curtis?
— Non Curtis va très bien.
— Mais alors?
— C’est Johann.
— Comment cela Johann? Je ne comprends pas, elle n’est pas avec vous pourtant?
— En effet. Il s’est passé quelque chose sur Mégara, dit-il, s’interrompant, incapable d’ajouter un mot de plus.
— Où est-elle?
— Ils sont en train de la rapatrier, elle est dans le coma. Ils ne sont pas optimistes sur sa survie. Je leur ai demandé de la déposer sur Tycho.
— Tu as bien fait.
— Comment vais-je annoncer cela à Curtis?
— Ezla?
— Oui, Professeur?
— Je vais te demander quelque chose de très difficile?
— Je crois que j’ai compris.
— Je pense qu’il ne faut surtout pas que tu lui en parles. Ce n’est pas le moment. Et en plus cela ne changera rien du tout. Il est capable de tout plaquer pour rentrer. Et en faisant cela il risquerait de la mettre encore plus en danger pour plus tard si ceux qui ont fait cela apprennent qu’il interrompt une mission pour se rendre à son chevet, cela leur montrera qu’il ne faut pas hésiter à s’en prendre à Johann pour le mettre hors d’état de nuire.
— Entendu Professeur, mais cela ne sera pas facile de jouer la comédie.
— Je m’en doute. Surtout si besoin tu peux te confier à Crag. Il est capable de conserver un secret de ce type.
— Quoi le tas de ferraille conserver un secret, tu déraillerais par un peu Professeur, railla Mala qui venait d’entrer dans la pièce et n’avait entendu que la dernière phrase.
— Tais-toi Mala, le temps n’est pas à la plaisanterie, je t’expliquerai après.
— Pardon Professeur, pardon Colonel.
— Merci Professeur, repris Ezla. Je vais raccrocher maintenant et me mettre en condition en essayant de faire le vide avant de rejoindre les autres.
— Bon courage Ezla et sois assuré que nous ferons le maximum pour la sauver.
— Je sais qu’elle ne pourrait pas être mieux ailleurs.

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Jeu 11 Jan 2018 - 03:52
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


Eh bien, c'est ce qu'on appelle un tournant aussi tragique que soudain dans ce récit! horified  Tu as magistralement bien organisé l'action de tes méchants!  Good  L'interférence de l'ancienne amie de Dorothy ne me semble pas dû au hasard non plus. Serait-elle une complice? Neutral  Et ce pauvre  Ezla qui est forcé de garder le sort de  Joan  secret! Crying  Il ne va pas être en super forme pour aider  Flam . Je conserve l'espoir que  Simon  la remette sur pied! Idea  À bientôt pour la suite! jump jump jump jump jump


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Lun 15 Jan 2018 - 18:00
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LudyNewton
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Hello Frégo,

Merci Frégo pour ton message. Effectivement il y aurait pu y avoir une porte vers l'interruption de Dorothy mais pour l'instant je ne pense pas la franchir. Mais sait-on jamais peut-être plus tard. En attendant,accroches-toi, nous continuons encore dans le tragique. jump jump jump
Voici le début de la suite. Après nous retrouverons biensûr Flam Joan flower flower flower mais cela doit se mériter alors pour le moment c'est plutôt noir. Youpi Youpi horified horified
Bonne lecture
Bye

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Le Colonel prit plusieurs grandes inspirations espérant ainsi chasser au plus loin possible ses pensées concernant Johann. Au bout de quelques minutes, il sortit de la cabine, tranquillement, en direction du poste de pilotage. Sans le vouloir, lorsqu’il franchit la porte, son regard se tourna instinctivement vers Curtis. Fort heureusement celui-ci ne s’en aperçut pas, il était pleinement absorbé, tout comme Crag, par la navigation. Ils étaient en plein franchissement d’un champ d’astéroïdes. Il reprit sa place sur le fauteuil de Mala. Il n’aurait pas su résister au regard inquisiteur de Curtis si celui-ci avait senti son inquiétude et avait commencé à lui poser des questions.

Curtis souffla, non mécontent d’avoir enfin posé le cyberlabe sur Laguna. L’astroport n’était pas habitué à recevoir des vaisseaux de sa taille et il leur avait fallu encore jouer de finesse pour réussir les dernières manœuvres. Il avait hâte d’affronter Kahlon mais pour le moment il devait se coordonner avec le Professeur Simon pour prendre les mesures. Il lança l’appel depuis le vidéo-transmetteur depuis le poste de pilotage. Très rapidement le Professeur apparut à l’écran et lui demanda tout à fait normalement s’ils avaient fait bon voyage. Curtis lui raconta les quelques difficultés rencontrées à la fin puis il lui proposa de lancer toutes les mesures suivant le protocole qu’ils avaient établi tous les deux quelques jours auparavant. Ils convinrent de transmettre réciproquement les résultats une fois toutes les mesures prises.

Dans le cyberlabe, Crag aidait le Capitaine tandis que sur Tycho, Mala faisait de même avec le Professeur. Celui-ci avait profité des quelques minutes qui avaient précédé l’appel de Curtis pour expliquer à l’androïde la situation concernant Johann et pourquoi il ne fallait strictement rien dire à Curtis. Le Professeur tenta de le convaincre en annonçant dès le départ qu’il prendrait l’entière responsabilité de ce choix face à Curtis le moment venu. Il savait pertinemment que la première réaction du jeune homme serait violente mais que si la jeune femme s’en sortait il arriverait à la même conclusion à savoir que c’était la meilleure solution. De toute façon il ne pouvait pas en être autrement, elle devait impérativement s’en sortir.

Toutes les mesures étaient prises et avaient été envoyées à l’autre équipe. Le Professeur appela Curtis pour commencer à étudier les différences. Comme l’avait annoncé leur contact, un scientifique installé sur Laguna, il y avait bien des données étranges. En effet, Laguna et Tycho se trouvaient à une distance comparable du soleil. Les mesures auraient donc dû être similaires hors il y avait sans conteste une anomalie dans la composition de l’air. La quantité de gaz rares comme le krypton, le néon et l’argon était bien plus élevée que sur Tycho. Là où sur Tycho et la Terre il y en avait moins de 1%, sur Laguna il y en avait environ 5%.

— C’est vraiment étrange, commença le Professeur, à la lecture des résultats que venaient de lui faire parvenir Crag.
— Oui en effet, répondit Curtis. Lorsque nous avons rétabli l’air respirable à l’aide du créateur universel, j’étais revenu faire des analyses l’année suivante et nous n’avions pas le moins du monde noté une pareille particularité.
— En effet.
— Nous allons nous reposer et dès demain matin nous irons rendre une petite visite à notre interlocuteur sur place, le Professeur Zven.
— Tu ne m’as pas dit pourquoi tu pensais que Kahlon était mêlé à tout cela?
— Le Professeur Zven a parlé d’un scientifique qui est venu lui poser un grand nombre de questions sur Laguna il y a quelques semaines. Il lui a laissé un certain malaise qu’il avait du mal à exprimer. Par contre la description qu’il en a faite a de suite fait penser à Kahlon.
— Il pensait probablement ne pas avoir besoin de se déguiser là-bas, il n’imaginait pas pouvoir être reconnu.
— En effet bon je vais déconnecter pour nous reposer.
— Entendu, reposez-vous bien.
— Merci Professeur. Et vous n’en profitez par pour faire la fête, ajouta Curtis en rigolant.
— Non rassure-toi, répondit le Professeur sur un ton qui n’aurait pu être plus sérieux.
— Je sais que je peux vous faire confiance. Vous n’allez pas faire les fous pendant que nous ne sommes pas là.
— Je dois te laisser Curtis.
— Entendu, termina Curtis, assez surpris du ton plus grave employé par le Professeur en prononçant les dernières phrases.

Mala venait de l’avertir qu’un vaisseau de la police intersidérale était en approche de Tycho. Ils échangèrent tous les deux un regard sombre qui en disait long sur leur état d’esprit et l’inquiétude qu’ils pouvaient ressentir en pensant à Johann.

Ils ouvrirent l’accès à la piste d’alunissage et s’installèrent près à sortir dès que le vaisseau serait stationné. Le vaisseau arriva rapidement. Deux hommes en sortirent, le regard grave. Ils allèrent au-devant du Professeur et de Mala qui approchaient avec un lit médicalisé sur roulettes.

— Bonjour, Messieurs
— Bonjour, Professeur Wright je présume et vous êtes? ajouta le premier homme en se retournant vers Mala.
— Je suis Mala.
— Le Général Anders nous a expressément demandé de vous remettre notre blessée. Elle est toujours dans le coma.
— Savez-vous ce qui a provoqué son état? S’enquit le Professeur
— Oui, apparemment il semblerait qu’elle est ingérée une bien trop importante quantité d’Acide Gamma-Hydroxybutyrique, autrement appelé GHB.
— Merci, je sais en effet ce qu’est le GHB. A-t-elle subit des violences physiques, car cette drogue s’en accompagnent le plus souvent?
— Non aucune violence physique n’a été notée. D’après ce que nous a expliqué son coéquipier, elle était en train d’intervenir en boite de nuit avec un autre agent. Elle s’est effondrée d’un seul coup sur la piste de dance devant de nombreux témoins et les secours ont de suite été appelés. L’autre agent a par contre disparu.
— Si elle a pris le même dosage ces jours sont en danger également?
— Nous ne le pensons pas. Pour le moment nous misons sur le fait qu’ils en voulaient qu’une des deux et ils ont tenté de se débarrasser de l’agent Landore.
— Entendu, merci pour toutes ces précisions. Je suppose qu’une équipe poursuit l’enquête sur place?
— Oui en effet, le Colonel Kleen est resté avec une équipe de Mégara. Avant de partir je vous remets cette clé USB. Il s’agit de toutes les constantes de l’agent Landore prises depuis sa prise en charge par les secours puis l’hôpital et nous avons complété avec les examens à bord.
— Merci beaucoup.
— Vous pensez que vous allez pouvoir faire un miracle?
— Il est trop tôt pour le dire mais de mon côté je peux vous assurer que je n’ai pas d’autre choix que de la sauver.
— Nous vous souhaitons le maximum de choses alors. Et n’hésitez pas à appeler le Général Anders pour l’informer de son état ? Il est très inquiet également et s’en veut de l’avoir envoyé là-bas sans le Colonel Garnie.
— Oui malheureusement je pense que plusieurs personnes risquent de se sentir responsables d’avoir modifié les affectations de cette mission.
— Dans ce cas nous nous sentons quelque part tous responsables pour rien.
— C’est exact.
— Bon nous allons vous laisser. Prenez bien soin d’elle.
— Nous n’y manquerons pas.
Une fois le petit vaisseau partit, le Professeur prit la direction de l’infirmerie pour rejoindre Mala et enfin ausculter lui-même Johann. Lorsqu’il entra, Mala l’avait recouverte d’un drap.
— Professeur, nous ne pouvons pas la laisser comme cela.
— En effet nous allons tout faire pour la soigner.
— Oui mais même avant ne puis-je pas pour commencer la démaquiller et lui mettre une tenue plus appropriée? Tu imagines si le Capitaine rentrait et la découvrait habillée et maquillée de la sorte?
— Tu as raison Mala. Tu n’as qu’à prendre un coton et la lotion sur la seconde étagère sur la droite. Cela devrait faire l’affaire pour son visage et pour sa tenue, tu n’as qu’à aller chercher un pyjama à Curtis. Elle flottera surement dedans mais au moins elle sera plus présentable et moins gênée même devant nous à son réveil.
— Entendu, Professeur, j’y vais de suite.
— Merci Mala.

Le Professeur reprit toutes les constantes de Johann puis il entra la clé USB dans le petit ordi de l’infirmerie. Pendant qu’il analysait l’évolution de toutes les constantes, Mala prit le relais et s’occupa de son apparence physique.

— Alors Professeur, tu vas la sauver?
— Il est encore trop tôt pour le dire Mala.
— C’est incroyable, à la voir comme cela on a l’impression qu’elle est juste endormie.
— C’est un peu le cas. Avant de tenter de la réveiller je voudrais être sûr que la drogue n'a pas endommagé son cerveau.
— Est-ce que je peux faire quelque chose pour t’aider?
— En effet Mala, tu peux m’aider à positionner ces électrodes sur sa tête, elles me permettront d’observer les réactions de son cerveau. Peux-tu également prendre une petite ampoule bleue dans le deuxième tiroir à gauche, il faudrait lui injecter le produit.
— Entendu Professeur.
— Parfait Mala. Maintenant laissons-là tranquille pour cette nuit et nous verrons demain ce que donne les enregistrements et si nous la laissons dans l’infirmerie ou non.
— Où veux-tu la mettre?
— Nous pourrions l’installer dans la cabine de Curtis. Sa chambre sera plus spacieuse pour rester avec elle et tenter de la stimuler et surtout la pièce sera plus agréable lorsqu’elle ouvrira les yeux.
— Très bien. Mais en attendant demain, puis-je rester avec elle cette nuit? Professeur. Je suis sûr que le Capitaine ne l’aurait pas laissée seule
— Bien entendu Mala. Mais sache qu’il y a vraiment aucune chance que son état change durant la nuit et puis elle est branchée de partout, nous serions vite mis au courant.
— Ce n’est pas grave. Je m’en voudrais de la laisser seule ainsi.
— Je te comprends Mala. Entendu.

Pendant ce temps sur Laguna, la nuit leur avait permis de récupérer de la fatigue physique du voyage. Après un petit déjeuner assez classique composé d’un café et de quelques biscottes, Curtis et Ezla se rendirent au complexe scientifique de Laguna.

Ils se présentèrent à l’accueil et le vigil, les sachant attendus par le Professeur Zven leur remis un badge et leur indiquèrent l’étage où se rendre. Ils arrivèrent au cinquième étage et très vite ils constatèrent qu’en plus d’être relativement modernes, les locaux semblaient également très bien équipés. Ils remontèrent le couloir en direction de la seule salle ouverte d’où s’échappait de la lumière. Curtis s’avança le premier, il allait frapper à la porte lorsqu’il aperçut un homme au sol, il recula instinctivement et sortit son arme, le Colonel Garnie ne réfléchit pas une seconde et l’imita sur le champ. Ils pénétrèrent tous les deux dans le labo mais très vite ils se figèrent en entendant des éclats de rire qui leur glacèrent le dos.

— Hé bien Capitaine Flam, on dirait que vous arrivez trop tard.
— Kahlon? Vous ici? Mais qu’avez-vous fait?
— J’ai appris que vous aviez un rendez-vous avec le Professeur Zven, mon cher Capitaine. Je n’ai pas apprécié qu’il me fasse des infidélités.
— Des infidélités, mais comment cela je ne comprends pas?
— Le Professeur Zven travaillait depuis quelques mois avec moi et il a compris il y a seulement quelques jours que nos recherches n’avaient pas le même objectif. Il a eu des remords et a préféré se retourner contre moi en vous contactant. Malheureusement pour lui il n’a pas misé sur le bon parti et maintenant c’est trop tard pour lui.
— Vous êtes vraiment ignoble, intervint le Colonel.
— Tient, un Colonel de la Police Intersidérale. Tout va pour le mieux pour vous?
— Qu’entendez-vous par là Kahlon?
— Je parle de vos deux petites poupées blondes de Mégara, elles ne vous manquent pas?
— Que dit-il? demanda Curtis après avoir fait une volte-face vers le Colonel.
— Cela vous intéresse aussi Capitaine? Intéressant, je ne pensais pas. Et bien parlez Colonel, ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant qu’elles sont toutes les deux hors-jeux. L’une est définitivement hors service et la seconde fait maintenant partie de mon harem.
— Qu’est-ce que vous dites Kahlon? questionna à nouveau le Capitaine, les yeux rouges, les muscles complètement contractés et les poings serrés. Cette fois je vais vraiment vous …. Si jamais vous lui avez…. Je vous tue, balbutia Curtis.
— On se calme Capitaine. Je vais déjà vous laisser régler cela entre vous. Et je vous dis à plus tard, du moins pour l’instant.
— Kahlon, attendez, …..

Le Capitaine n’eut pas le temps de finir sa phrase, que Kahlon avait lancé une bombe aveuglante et s’était précipité par une seconde porte. Le temps qu’ils réagissent Kahlon était déjà bien loin. Curtis s’approcha du Professeur Zven et constata, comme l’avait annoncé Kahlon qu’il n’y avait plus rien à faire pour le pauvre homme. Il redescendit avec Ezla et ils informèrent le vigil au sujet du Professeur Zven puis ils regagnèrent le cyberlabe. Curtis n’avait pas prononcé un seul un mot et le Colonel n’osait entamer la conversation. Le plus important pour l’instant était de regagner le vaisseau, la mise au point attendrait qu’ils y soient à l’abris.
Arrivé au cyberlabe, Curtis demanda à Ezla de le rejoindre dans le salon. Il s’assit dans un des canapés et le Colonel s’installa en face de lui.

— Que me caches-tu, Ezla? Toi mon grand ami de vieille date, en qui j’ai une confiance sans faille? Est-il vraiment arrivé quelque chose à Johann, comme cet animal le prétend?
— Curtis je suis désolé, commença le Colonel.
— Il y a donc bien quelque chose, répondit Curtis en se levant et en commençant à faire les cents pas.
— Oui en effet Curtis, je suis désolé, nous avons préféré ne pas t’en parler pour le moment.
— « Nous » pourquoi qui est au courant? Bon peux-tu maintenant enfin me dire ce qu’il en est. Il a parlé de deux femmes, dans quelle situation se trouve Johann? Où et dans quel état est-elle? Je veux lui parler.
— Curtis, Johann ne fait pas partie de son harem. Elle se trouve normalement sur Tycho.
— Sur Tycho? Comment cela? Le Professeur ne m’a rien dit.
— Curtis, Johann a été rapatriée dans un état extrêmement grave et très inquiétant. Aux dernières nouvelles, elle était plongée dans un coma assez profond.
— Que lui ont-t-ils fait?
— Apparemment on lui aurait injecté un surdosage de GHB.
— Du GHB? C’est la drogue des violeurs? Que lui ont-ils fait subir? Et ce jeune Colonel si compétent il était où pendant ce temps-là?
— Je ne connais pas tous les détails pour l’instant. Cependant lorsque je me suis entretenu avec le Professeur, il m’a demandé de la faire rapatrier sur Tycho pour s’occuper personnellement d’elle.
— Je comprends et je suppose qu’elle est arrivée hier soir lorsque j’étais en ligne avec lui.
— C’est fort possible en effet.
— Quelles sont ses chances de s’en sortir? A-t-elle repris connaissance à un moment?
— Pour l’instant je n’ai eu aucun retour du Professeur et comme nous avions décidé de ne pas t’inquiéter avec cela pour le moment, il ne cherchera pas à me contacter au risque d’éveiller tes soupçons.
— Je me demande s’il ne voulait pas éviter que je réagisse comme je l’ai fait tout à l’heure. Malheureusement j’ai réagi devant Kahlon du coup il a bien compris maintenant que Johann était importante à mes yeux. Le pire c’est que c’est exactement pour éviter cela que je n’ai pas voulu qu’elle nous accompagne. Si j’avais su qu’elle serait autant voire plus en danger sur Mégara qu’avec nous je l’aurais gardée auprès de moi.
— Curtis?
— Oui Ezla?
— Le moment n’est probablement le meilleur pour parler de cela mais votre relation aurait-elle évolué dernièrement?
— En effet Ezla. Je voulais pour l’instant conserver cela secret et je pensais vous l’annoncer à tous avec Johann très prochainement mais….
— Nous pouvons appeler le Professeur, au moins nous aurons ainsi les dernières nouvelles sur sa santé?
— Oui je vais l’appeler. Tu veux être présent?
— J’aimerais avoir de ces nouvelles mais je te laisse décider, car je ne sais pas du tout ce qu’il va bien pouvoir nous annoncer.
— Alors dans ce cas appelons le tous les deux et maintenant. De toute façon je ne serais pas capable de faire quoi que ce soit sans savoir ce qu’il lui arrive. Je suis déjà à deux doigts de demander à Crag de faire route vers Tycho.
— Ce serait probablement la pire chose à faire.
— Je le sais bien mais humainement c’est la première chose que je voudrais faire.
— Appelons-le tout de suite dans ce cas.
— Allons dans ma cabine.

Ils s’installèrent autour du bureau de Curtis. Celui-ci s’installa au fond de son fauteuil et proposa un des sièges au Colonel. Ezla avait beaucoup de peine pour son ami. Il remarqua toute la misère que portait son regard sombre, sans le moindre éclat. Son visage était fermé et on aurait pu facilement croire qu’il venait de passer à travers une machine à vieillir tellement il semblait avoir pris dix ans en quelques minutes. Curtis lança l’appel vers Tycho et tomba sur Mala.

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Mar 16 Jan 2018 - 06:40
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Frégo 80
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Sujet du message: [fan fiction] Protection mais à quel prix?
Salut Ludy!


Tu as vraiment bien rendu le personage de Khalon! Good horified   Flam  a vraiment affaire à forte partie! J'ai vraiment trouvé  Mala  et  Simon  touchants et pleins d'attention pour  Joan . J'ai hate de voir la suite des événements ! jump jump jump  A+


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