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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [fan fiction] L'identité
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Mar 11 Aoû 2015 - 21:47
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Elaine
Lieutenant Randall
Lieutenant Randall

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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Bonsoir,

Je crois avoir trouvé la dernière version de mon texte, n'hésitez pas à m'avertir si vous voyez des différences, merci !


Le marché de Goab, ville poussiéreuse et sordide d’Anthéa, planète éloignée de la constellation du lion était bondé aujourd’hui. Les produits qu’on y trouvait étaient très variés mais la spécialité de Goab ne se mangeait pas. C’était des objets vivants, très chers mais très utiles, les esclaves. Les meilleures familles venaient y chercher la perle rare. En plein milieu de ce marché, Ezzra était perdu, oublié. Il n’y comprenait rien, tout avait si bien commencé ! Hier l’équipe du cyberlabe était partie approvisionner et inspecter un site archéologique dont les responsables ne donnaient plus aucune nouvelles. Attaqués et capturés par surprise , aujourd’hui vendus comme esclaves dans une ville perdue à la frontière du désert d’argile. Il ne savait pas exactement où. Il ne savait même plus exactement ce que chacun était devenu, ils avaient tous été séparés à des moments différents. Lui attendait son tour sur le marché, il ne coûtait que 50 barres parce qu’il était âgé et blessé. Si seulement il avait pu être vendu avec les autres..
Leurs assaillants avaient été redoutables, très bien organisés et nombreux, malgré leur petite taille. Ils avaient attendu qu’ils se posent et avaient ligoté le cyberlabe avec des câbles paralysant toute l’electronique durant la nuit. Ils s’étaient réveillés ligotés. Personne n’avait rien entendu et le système de veille du vaisseau avait été dupe. Ezzra se souvenait encore de la tête du capitaine au réveil, il était furieux d’être tombé dans ce piège. Ensuite tout était allé très vite et personne n’avait rien pu faire. Leurs attaquants les avaient placés dans un convoi de transport d’esclaves, de toutes origines. Chacun avait été placé à un autre endroit du convoi et apparemment Ezzra était chez les plus âgés. Visiblement ceux qui capturaient étaient différents de ceux qui revendaient et triait la marchandise. Leurs acheteurs étaient déjà plus grands, maîtrisaient mieux les technologies, se déplaçaient en groupe et étaient armés jusqu’aux dents. Le convoi avait été attaqué deux fois, entraînant le massacre du premier raid qui échoua, la perte d’une dizaine de prisonniers âgés mal placés. Ezzra crut qu’il y resterait. Leurs nouveaux maîtres n’avaient aucun scrupule pour se débarrasser des gêneurs et ciblaient avec astuce leur vente.
Sur le chemin vers la ville, O-tho avait été vendu le premier sans doute parce qu’il était drôle avec son petit Frégo, un riche propriétaire l’avait acquis lors d’une étape pour 100 barres pour animer une soirée. Ezzra avait alors vu pour la première fois le collier et compris comment on avait obtenu son obéissance. Mala semblait même ravi de son nouveau rôle, il se transformait à volonté.
Crag avait été le second, vendu dans la première ville à 100 km pou 150 barres , sans doute grâce à sa force, le nouveau maître le destinait apparemment à de la surveillance de détenus et s’y connaissait en programmation. Ezzra vit Crag partir sans un mouvement vers eux, docile.
Joan avait été épargnée lors de l’arrestation sans doute à cause de sa couleur de cheveux, elle n’avait pas été attachée mais tout de suite confiée à des femmes. Apparemment elle logeait dans un wagon spécial,plus confortable, elle avait été baignée et préparée. Elle avait été droguée et le lui avait dit, lorsqu’elle était venu le voir. Il savait qu’elle avait été punie ensuite, car elle n’était plus venue. Il ne l’avait vue plus que de loin, elle aussi portait le collier.
Le capitaine ayant résisté plus longtemps, Ezzra savait qu’on l’avait torturé pour le briser et lui infliger des douleurs rémanantes, mais lui aussi avait fini par capituler, ils lui avaient imposé le collier avant de le préparer. Ezzra l’avait vu ligoté et emmené par une équipe de serviteurs. Lui aussi était passé devant lui sans le voir à peine une heure plus tard.
Le seul qu’on n’avait pas retrouvé après l’attaque était le professeur, était-il mort ? Ezzra y plaçait son dernier espoir malgré la réalité largement en leur défaveur. Il soupira, comment allaient –ils s’en sortir cette fois, si plus personne ne se souvenait de son humanité une fois vendu ? Le colonel lui-même savait qu’on lui mettrait un collier dès qu’il aurait un client et qu’il oublierait tout. Comment allaient-ils se retrouver ?
Il se souvenait encore d’eux pour l’instant, le jour du grand marché dans la capitale Assur, Joan et le capitaine formaient vraiment un couple superbe et étaient exposés sur l’estrade ensemble. Au moins ne seraient-il peut-être pas séparés, c’était une maigre consolation pour Ezzra . D’ailleurs le but étant d’en faire une attraction, le marchand s’était donné du mal, n’avait pas lésiné sur les habits. Suffisamment transparents pour laisser deviner les corps mais suffisamment précieux pour les embellir sans vulgarité. Ezzra avait été mal à l’aise devant leur coopération, le capitaine et Joan étaient dociles, leurs regards étaient vides. Ces colliers d’esclave étaient des armes redoutables, il l’avait compris mais jusqu’où étaient-ils soumis ? Que leur avait-on fait ? En tout cas leur apparence attira foule même si Ezzra comprit que leur prix était rédhibitoire : 1500 barres ensemble! 1000 barres l’unité.
Seul un personnage important pourrait les acheter et visiblement le marchand en visait un en particulier, le seigneur de Baktriane, voire l’empereur Attale, c’était ce que Tarek, un autre détenu esclave lui avait appris.
« Alors Sinouhé, vermine , pourquoi viens tu me déranger ? Sinouhé s’était prosterné jusqu’au sol face au seigneur Eumènios. C’était le ministre de l’empereur Attale.
- Je vous ai trouvé ce que vous cherchiez, le cadeau idéal pour la naissance du fils de notre empereur Attale
- Ah, oui ? Tu as intérêt à ce que cela vaille la peine
- Cela n’a pas été difficile de les avoir, je vous assure et cela m’a coûté très cher…
- Je ne parle pas d’argent avec ceux de ta race, montre moi ta marchandise !
Sinouhé tapa dans ses mains, une dizaine d’esclaves de tout type et de races différentes furent introduits, attachés ensembles. Eumènios les regarda, ce marchand lui faisait perdre son temps,
« tu me dérange pour cela, ne pose plus jamais tes sales pates chez moi ! «
SInouhé s’inclina en souriant,
« c’était juste pour mieux cibler vos goût, Seigneur Eumènios, tous ces esclaves m’ont coûté autant que ces deux là mais s’ils ne vous intéresse pas , je peux les proposer à la cour »il tapa à nouveau dans ses mains, on amena une jeune femme et un homme. Eumènios les regarda, fasciné, Sinouhé était satisfait de son effet,
« Alors, Seigneur , qu’en pensez –vous ?
- SInouhé tu es le digne fils d’un serpent , magnifique, que savent-ils faire ?
- Je ne sais pas encore, ils viennent d’être capturés mais vu leur rareté j’ai dû me dépêcher de les acheter. Ce sont des humains. Ils m’ont coûté 2500 barres.
Eumenios s’était levé, tâtant la marchandise du bout des doigts, s’il osait les toucher Sinouhé savait qu’il les avait vendus. Il tourna son profil reptilien vers le seigneur.
- 2500 barres ? C’est une petite folie. La femme me plaît, ses yeux sont exceptionnels. Les cheveux et la peau ne sont pas abîmés. Elle pourrait servir la reine, elle a de l’allure. Bon choix, Sinouhé, toujours les mêmes qui sont gâtés, si ma femme n’était pas là, je m’amuserai bien un peu. L’homme aussi est encore en bon état, musclé, je suis sûr que le roi n’a pas encore cette couleur. Je dois savoir ce qu’ils peuvent faire avant de les offrir, allons dans la cour, nous allons le tester, fais appeler ma gouvernante et ma femme pour s’occuper d’elle.

Arrivés dans la cour, le seigneur avait rassemblé des gardes, des armes avaient été posées sur le côté, quelques montures inconnues attendaient, elle étaient arnachées.
« Bien , je vous interdit de l’abîmer, de le blesser, je veux l’offrir mais je veux savoir ce que cet humain a dans le ventre, on fait comme avec le précédent.
-bien seigneur,
Sinouhé s’approcha alors du prisonnier avec un boitier et composa une combinaison complexe,
Il vit le regard s’éveiller mais il avait bloqué les membres et lui parla :
« Etranger, tu es captif et esclave, je peux te décapiter si tu désobéis avec ce collier, as-tu compris ce que je te dis ?
- oui . » Les yeux jaunes de cette créature plus petite que lui étaient mauvais, les pupilles rétractées, il lui rappelait un animal, autrefois.
- Si tu t’enfuis en profitant de cette séance de combat, le collier agira de la même manière car il doit être réinitialisé tous les jours et ne peut l’être que par ton maître. Il y a un code associé aux empreintes de ton maître. Je veux te vendre au seigneur Eumènios qui va peut-être t’offrir au roi Attale, c’est une grande chance pour un esclave. Ta vie sera facile, confortable mais si tu déçois Eumènios je te ramènerai au marché, tu seras puni, tu l’as déjà été, n’est-ce pas ?
-oui. « Il se souvenait d’une douleur comme jamais il n’en avait connue. Vendu . Il se sentit impuissant et furieux mais regarda autour de lui, deux soldats armés à pieds, deux cavaliers prêts à l’attaquer. Eumènios était un seigneur d’une autre espèce, son regard était presque humain mais sa tête lui rappelait une sorte de dinosaure à collier, la taille en moins, il était plus grand que le vendeur, que les soldats mais plus petit que lui. Sa peau était unie, luisante. Son instinct lui dicta d’obéir, il verrait bien après. Tout d’un coup il se sentit seul, il chercha du regard d’autres êtres comme lui. Non, il était unique en son genre, autour de lui ce reptile bipède qui le tenait à sa merci et ces êtres étranges, la peau plus claire mais marbrée, les yeux reptiliens et le corps proches du sien. Ils dégageaient de l’intelligence et de la cruauté. Les montures étaient aveugles, sans yeux, les cavaliers les tenaient par des rennes, ils ressemblaient à des hippocampes géants, sans ailes, sans pates, ils flottaient, leur peau dépassait de leur ossature et ondulait en scintillant. Il n’avait jamais vu des créatures pareilles.Il pensa qu’ils réagissaient aux mouvements de l’atmosphère ou aux odeurs.
- Bien, je vais paramétrer le collier pour que tu puisses te défendre, tu ne dois pas les tuer, tu entends ?
-oui. Quelles seront mes armes ?
-Aucune. Tu dois les désarmer.
Tout d’un coup il sentit qu’il récupérait sa force, sa liberté de mouvement, il se sentait beaucoup mieux mais il ne savait pas l’essentiel. Il avait oublié quelque chose d’important.
-qui suis-je ?
-tu le sauras bientôt, si Eumènios t’achète, ton nouveau maître te donnera une nouvelle identité. Je compte jusqu’à trois, un, deux, trois, allez-y.
L’homme ne bougea pas, observant les soldats, leurs armes et leur équipement. Eumènios comprit que c’était un homme intelligent, la plupart sautait sur les cavaliers et étaient maîtrisés en deux minutes. Lui non, patient. Un de ses cavaliers éperonna sa monture qui bondit sur le prisonnier, mais celui-ci au lieu de courir se baissa avec une rare rapidité et désarçonna le soldat qu’il plaqua au sol le cou sous son genou. Un autre soldat prit sa lance et fonça, ce que le prisonnier utilisa pour fixer le vaincu au sol en assommant l’assaillant. Eumènios comprit qu’il était sans doute un excellent guerrier dans son ancienne vie. Il fit un signe pour que les deux derniers attaquent en même temps mais visiblement le prisonnier s’y attendit et bondit sur le fantassin qu’il lança contre la monture pour désarçonner le cavalier. Le combat était inégal, deux contre un mais le prisonnier était très rapide, agile et parvint à les maîtriser. Le combat avait beaucoup plu à Eumènios et les autres gardes l’observaient en connaisseurs. Sinouhé était ravi, il pouvait faire un bénéfice, il se dépêcha de réinitialiser le collier. « Tu t’es parfaitement débrouillé, humain, je te laisse la pensée en récompense ». L’étau se resserra sur les membres mais il était conscient, il comprit qu’une solution vers sa liberté était possible.
-je te l’achète Sinouhé, il me le faut, Attale sera ravi de son cadeau, il a besoin d’esclaves pour sa sécurité en ce moment.
- Je ne suis pas encore allé à la cour et le seigneur de Lydie m’en a proposé 1800 barres, j’en veux 2000 barres !
- tu disais 2500 pour les deux !
-au marché. Maintenant je sais ce qu’il vaut.
-vieux serpent, d’accord je t’en donne 1900
- 2000 !Où je vais trouver le chef des gardes de la Cour.
-Bon d’accord 2000. Allons voir ce que vaut la fille, si je te prends les deux tu me fais un prix ou j’accroche ta peau de serpent au pic de ma maison, compris ?
- Oui seigneur, je suis sûr que nous allons nous entendre.


Tika était sceptique, l’esclave était très belle mais ne savait rien faire et ses mains fines parlaient d’elles même. La gouvernante la ramena chez sa maîtresse, en haussant les épaules. L’aristocrate assise auprès de ses enfants, l’observa d’une œil froid et Tyka sut qu’il faudrait trouver quelque chose, sa maîtresse ne voulait pas que cette beauté reste chez elle.
-donnes lui la pensée et la parole, elle pourra peut-être nous dire à quoi elle servait, même si j’en ai une vague idée. Elle était accompagnée d’un humain, sais-tu ce que mon époux veut en faire ?
- Il projetait de l’offrir en cadeau au roi Attale pour la naissance du prince, maîtresse.
- Excellente idée et celle-ci pourrait servir la reine mais je crois qu’il va falloir lui imposer quelques règles de conduite. Ma sœur m’en voudrait si je lui offrais un cadeau empoisonné.
Tyka prit alors le boitier que sa maîtresse avait actionné avec son empreinte et la femme retrouva d’abord la conscience puis la parole, mais elle ne pouvait bouger comme elle voulait. En face d’elle elle voyait un être reptilien et proche de l’homme en même temps, plus petite qu’elle, ses yeux jaunes la fixaient sans agressivité. Elle savait qu’elle devait être prudente, elle avait un collier. Derrière cette créature se tenait un autre plus grande, avec de l’allure mais là aussi on voyait la marque des reptiles, la peau était néanmoins plus unie, le regard plus droit et fier. Elle la trouvait méprisante et antipathique.
-parles esclave, que sais-tu faire ?
-je ne suis pas une esclave, Aïe…. »la douleur était revenue, parcourant son corps.
-tu disais ? Quand tu oses me répondre tu dis maîtresse, entendu ?
- oui, maîtresse. » Ses craintes se confirmaient, elle se sentit seule, mais avait oublié qui devait être avec elle.
-mieux, bon réponds maintenant que sais-tu faire ?
- tout dépend de ce que l’on veut faire de moi. » Olynthe aurait dû la punir mais trouva que la femme avait du courage, de la dignité. Le collier n’avait pas réagi, cela signifiait que cette femme acceptait la contrainte.
- -Je ne sais qui je suis, comment pourrais –je savoir ce que je peux faire ?
-es-tu une courtisane ?
- Non !
- dommage » fit Eumènios en entrant. » cela pourrait valoriser le cadeau »
-nous pouvons voir comment elle se débrouille, je peux tout paramétrer, Seigneur, « fit d’une voix mielleuse Sinouhé.
-c’est vrai ? Tu pourrais interdire à cette esclave de coucher avec mon mari par exemple ?
-Olynthe, un peu de tenue !
- quoi, Sinouhé sait pourquoi tu es un bon client. Montres nous, Sinouhé, Tika fais venir un homme dans la pièce du fond.
-pourquoi pas celui-là ? fit-il en montrant le grand homme roux.
-Non, Sinouhé, ils sont venus ensembles et se connaissent. D’abord tu nous montres sans régler le collier et ensuite en le réglant, d’accord ?
- Vous ne me faites pas confiance ?
-non, la réponse fut unanime.
Ils se rendirent donc dans une pièce intérieure, sans fenêtres éclairée à la bougie.
La femme hésita et sentit de nouveau la douleur intense jusqu’à ce qu’elle les suive, elle regarda le grand homme et ses yeux gris la transpercèrent. Elle comprit qu’elle l’avait connu, qui était-ce ? On lui ordonna de s’assoir, puis elle sentit ses membres revivre, c’était merveilleux de pouvoir les bouger elle-même mais l’angoisse montait en elle. Elle n’avait pas eu d’ordres, au contraire de l’homme qui entra dans la pièce. Elle sentit la menace et attendit, elle ne pouvait pas être tendre avec cet inconnu devant ces créatures. C’était répugnant, elle préférait encore souffrir que de s’abaisser à cela. Il s’approcha d’elle et avança la main pour faire glisser sa robe, elle le saisit énergiquement, retourna sa main dans un cri de douleur et le fit basculer au sol. L’homme essaya de résister et
hurla de douleur, sans doute le collier. Sans états d’âmes elle l’assomma d’un coup de main devant Olynthe et Eumènios sidérés.
Cette femme savait se battre, elle-même semblait surprise. Sinouhé n’avait jamais eu ce cas, Eumènios l’arrêta quand il voulut régler le collier, le marchand pensait avoir perdu l’affaire et réfléchissait déjà à la meilleure manière de la faire plier.
Olynthe regarda son mari, il hocha la tête :
« Sinouhé je te les achète tous les deux pour 3000 barres et je t’interdits de dire à quiconque ce que cette femme sait faire, tu comprends ? Si j’entends une quelconque rumeur tu es mort. Officiellement elle est seulement belle.
Sinouhé sentit une sueur froide le parcourir, le seigneur ne plaisantait pas. Il accepta le marché et s’éclipsa rapidement , de peur que son client ne change d’avis. L’homme était fier d’elle, il ne savait pas pourquoi , il ne connaissait pas son nom. Lorsque son nouveau maître s’occupa du collier il sut qu’il s’appelait Anténor et qu’Iris était sa femme. Elle vint vers lui et Tika les conduisit dans leurs quartiers.

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Mar 11 Aoû 2015 - 21:47
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Mer 12 Aoû 2015 - 02:08
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flamme
Marshall Gurney
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Ooooooooh, Merci Elaine! Kiss

Quel plaisir de relire l'Identité! Youpi Clap Best Master

C'est en plein ce qu'il nous faut, renouer avec le début pour nous faire apprécier le suite et aspirer à la fin... Wink Beer

Ze suis bien contente de ta bonne rézolution... Good

Les autres seront d'accord avec moi... Game

Bizz Vizz
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Life begins at the end of your comfort zone
(Neale Donald Walsch)

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Mer 12 Aoû 2015 - 21:27
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Wow il suffit de demander..;

« Kaleb plus loin, encore ! » la balle vola à travers la cour et le garçon applaudit, son compagnon lui plaisait beaucoup, il était beaucoup plus fort et drôle que l’ancien. Il avait promis à ses parents de ne pas l’abîmer cette fois. Sinon ils l’offriraient à quelqu’un d’autre. Kaleb était content, ce garçon lui rappelait quelqu’un mais il avait oublié son nom, ce n’était pas la même espèce et ses cheveux étaient roux. Il aimait aussi le faire jouer à l’époque.
Une fois le petit couché, Kaleb partit faire son deuxième travail, surveiller des hommes, des gens que ses maîtres craignaient beaucoup. Il ne savait pas pourquoi, il était sûr d’en avoir connu des gentils. Kaleb n’avait pas besoin de dormir et ses maîtres lui faisaient toujours confiance, il ne les décevrait pas si quelqu’un les menaçait. Il y avait juste un manque dans sa vie, un ami, un jour il était sûr d’en avoir eu un.

Goran en avait trouvé une d’amie, Asia, une humaine comme lui qui l’avait beaucoup aidé à supporter la douleur des premiers jours. Maintenant il connaissait son travail, avait compris d’où venait la douleur et celle-ci avait cessé. Il sentait néanmoins une blessure en lui, parfois il attendait encore quelque chose en scrutant l’horizon et baissait la tête ne voyant rien venir.. Leurs maîtres n’étaient pas riches mais corrects avec leurs esclaves et lui avaient donné Asia, comme femme. Elle était beaucoup plus jeune que lui, au début il trouvait qu’elle avait l’âge d’être sa fille, mais elle lui avait apporté du réconfort, expliquait comment travailler la terre. Ses maîtres voulaient même qu’ils aient des enfants. Goran ne l’espérait plus depuis longtemps et ménageait encore sa femme, mais même esclave l’idée lui plaisait quelque part. Un rêve enterré depuis longtemps. Asia était prête selon ses maîtres, il voyait à ses yeux qu’elle ne l’était pas, il attendrait. Il regardait toujours le coucher de l’astre solaire et dormait en général beaucoup plus tard qu’elle, il s’allongeait ensuite à ses côtés pour dormir. Ce soir là Asia vint pourtant le chercher, pour l’amener dans la chambre, il résista encore, lui demandant pourquoi au bout d’un mois, il n’était pas pressé, c’était l’avantage de son âge.
« Tu es doux, si je dois choisir un premier homme, je préfère que ce soit toi. Nos maîtres vont me revendre si je ne suis pas fertile, or je suis bien avec toi et je te fais confiance. Je n’ai jamais vu un homme respecter autant une femme que toi. Viens.
-Je ne veux pas te forcer, tant que je ne te touche pas , ton collier ne réagira pas Asia.
-même si tu me touche, ce soir le collier ne réagira pas.
-tu es sûre ?
En guise de réponse, elle fit glisser les bretelles de sa robe et s’approcha de lui timidement. IL la trouvait très belle, caressa ses belle boucles noires et vit à ses yeux qu’elle l’espérait, il l’embrassa très doucement et comprit qu’elle en avait vraiment envie lorsqu’elle l’enlaça de ses bras. Cela faisait si longtemps qu’il se sentait rajeunir et revivre au fur et à mesure qu’il la découvrait, la caressant d’abord tendrement puis avec davantage d’exigence. Asia n’en revenait pas de sentir autant de plaisir et trouvait même son corps encore désirable, il avait beau être grisonnant, il était encore fort, musclé. Une intimité nouvelle se créait entre eux et elle comprit pourquoi tant de femmes la recherchaient. Elle resta dans ses bras pour dormir, elle savait qu’elle avait fait un bon choix. A partir de cette nuit, il ne resta plus dehors très longtemps pour regarder le coucher du soleil. Il ne regardait plus l’horizon, son passé douloureux était derrière lui.


Au palais c’était l’effervescence des préparatifs de la fête, tout le personnel était mobilisé pour le logement des invités et leur accueil. Les festivités dureraient 8 jours et ce n’était pas les premières mais Attale était anxieux, il savait qu’il devait céder à cette tradition pour faire reconnaître sa succession. Il avait repoussé au maximum la présentation de son aîné, son fils avait presque 6 mois mais c’était déjà la troisième fête, son troisième enfant, les deux premiers n’ayant pas survécu aux cérémonies. Il n’avait aucune preuve d’assassinat, c’étaient des esclaves qui avaient sans doute chaque fois agi, l’aîné mort dans son sommeil, le second avait disparu. Sa femme était alitée et l’idée qu’il puisse suivre la loi des séries le hantait. Sa propre vie était menacée par les intrigues du royaume humain voisin, il sortait désormais rarement du palais. Les troupes étaient cantonnées aux limites des deux royaumes sur le territoire de l’ancienne cité. Ces humains étaient une race haïssable, ne respectant pas leurs morts, utilisant leurs peaux pour s’habiller. Ils souillaient les ruines de l’ancienne cité du fondateur. Heureusement ils avaient remporté une nouvelle victoire, reprenant l’acropole et chassant ses profanateurs mais de nouveaux humains venaient des airs maintenant. Ils n’étaient pas pareils, plus évolués, deux vaisseaux avaient atterri. Le soutien du peuple des Lézardions lui avait permis de les capturer tous, sans parler de leurs ennemis et les camps étaient pleins. Heureusement qu’ils avaient les colliers car les esclaves étaient bientôt plus nombreux qu’eux-mêmes. IL décida d’aller voir celui qui avait mis au point ces colliers, peut-être avait-il trouvé une nouvelle arme pour exterminer cette menace. Le savant Panathénon était un métis, une erreur de la nature entre un humain et une des leurs, dont l’apparence était répugnante mais la voix une merveille, l’intelligence une rareté.
Il le trouva en plein monologue, du moins le croyait-il, et lui demanda où en étaient ses recherches sur les nouveaux projectiles. Il n’avait pas vu qu’il parlait en fait à un cerveau dans une boîte, posé sur une table et le savant se garda bien de lui en parler. Il avait enfin trouvé un égal, qui comprenait ses passions, ses doutes et ses scrupules de scientifiques.
S’il n’avait été sur le front pour évaluer la distance de tir il ne l’aurait jamais rencontré, son équipe avait été faite prisonnière. Lui seul avait compris que cette boîte vivait, les Lézardions étaient passé devant sans rien voir. Il avait réparé sa locomotion et fait connaissance en cachette. Il n’était plus seul et s’il lui avait promis de les retrouver, il était bien décidé à l’empêcher de partir. Il voulait garder son ami pour lui.
- Majesté , que me vaut l’honneur de votre visite ?
- Où en es-tu dans l’arme ultime ?
- Je n’ai pas encore trouvé le moyen de l’envoyer mais j’y travaille. Par contre j’ai mis au point et lancé la fabrication de nouveaux colliers, plus fiables pour les domestiques proches de vous. Cela devrait garantir la survie de votre enfant, toute action contre lui devient impossible quelque soit sa nature. J’espère qu’ils seront prêts à temps.
- Prends tout le personnel dont tu as besoin , Panathénon, c’est vital.
- Merci Majesté.
Attale sortit du laboratoire rapidement, l’ambiance lui était pénible et la vue de panathénon lui coupait l’appétit. Il décida de rejoindre sa femme.

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Mer 12 Aoû 2015 - 22:06
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Frégo 80
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Coucou Élaine!

Merci de reposter ici cette histoire qui est très prenante et aborde des sujets chauds avec une profondeur incomparable! Good Master Les protagonistes sont pour l'instant dans une phase ou c'est presqu'une benediction d'être esclave. On sait que les choses sa gâtent bien assez tôt hélas! Sad

A+

Frégo Cool
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La Liberté est celle de dire deux plus deux égale quatre. Si cela est acquis, tout le reste suit. (George Orwell dans 1984).

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Jeu 13 Aoû 2015 - 13:58
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Merci Frego !

Wow


Anténor avait marqué chaque jour de sa présence chez Eumènios d’un trait. 21 traits . Il avait compris que les colliers effaçaient le passé et essayait de mieux comprendre leur fonctionnement, ce n’était pas une machine simple, le mécanisme associait ondes mentales et électro magnétiques, qui permettaient à l’esclave de bouger sans en être conscient. Et l’inverse, être conscient sans avoir le droit de bouger, c’était remarquable. Il sentait que si les colliers enlevaient les souvenirs, les noms, les événements, il gardait ses savoir faire et son intelligence, il sentait qu’il savait réfléchir. Des formules, des réflexes lui revenaient un peu tous les jours car il commençait à maîtriser le collier, tant que celui-ci ne sentait pas le refus, il pouvait faire quelque chose en dehors de ce qui était permis. Trouver le fonctionnement de ce collier le passionnait mais il devait faire attention car il n’avait pas beaucoup de temps.
Eumènios voulait qu’il s’entraîne au combat contre ses soldats. Il avait dû apprendre à monter les hyppolions, animaux régissant à l’ordre télépathique. Tous ces exercices étaient épuisant mentalement et physiquement mais apprendre les techniques de ses ennemis était sans doute un gage pour être libre. Son problème était maintenant de savoir si son maître était un ennemi. Il subissait ses ordres et voulait être libre. Il avait sans doute eu une autre vie avant et sentait qu’il lui manquait des réponses. Cependant pour la première fois on s’occupait de lui, il avait le sentiment d’être dégagé d’un poids très lourd qui pesait auparavant sur ses épaules. C’était tentant d’obéir, facile, il était soulagé de pouvoir vivre simplement. Cette vie bien réglée lui faisait quelque part beaucoup de bien et grâce à son maître il avait Iris. Comment en vouloir à quelqu’un qui lui avait permis un tel bonheur ?

Sa femme aussi avait compris qu’obéir était plus facile qu’elle ne l’aurait cru au départ. Ses maîtres voulaient qu’elle sache s’occuper des enfants, que ce soit un nourrisson ou un bébé . Iris n’était pas faite pour s’occuper de cette espèce qui lui répugnait un peu mais elle s’y fit, comprit aussi que c’était vital pour eux d’avoir une peau saine. Elle apprit à préparer les crèmes, les onguents, faire les soins du corps de sa maîtresse, de cette peau si curieuse au toucher. Le contact au départ l’avait surprise, leurs corps étaient froids. Sans ces soins quotidiens ils ne pouvaient se réchauffer. Iris apprenait vite mais l’art du combat était plus facile pour elle, elle était heureuse de pouvoir s’entraîner contre son mari. Elle ignorait pourquoi mais elle tirait une fierté de le battre. Anténor devait dire qu’elle était rapide, elle compensait par la souplesse l’absence de force physique et n’aimait pas trop l’idée qu’elle arrive à le maîtriser aussi souvent. Il mit ses succès sur le compte de ses propres faiblesses ou fatigues, elle appelait cela de la mauvaise foi. Même Eumènios et Olynthe venaient les voir se battre, amusés, et chacun développait des stratagèmes pour favoriser leur candidat, leur imposant des contraintes différentes. Ce jeu avait établi une certaine complicité avec leurs maîtres. Anténor espérait obtenir une liberté ponctuelle par ce biais, Iris en était arrivée à la même conclusion. Anténor et Iris avaient le sentiment d’avoir toujours été complices.

Dès le premier jour ils s’étaient sentis à l’aise l’un avec l’autre. Pourtant le premier soir une gêne curieuse s’était installée. Il n’avait pas insisté, épuisés de la vente, ils avaient dormis profondément. Les jours suivants progressivement l’habitude de dormir ensemble les rapprocha. Il comprit qu’il avait été solitaire auparavant et entendre sa respiration, la sentir bouger à côté de lui le réveillait régulièrement. Il la trouvait très belle endormie et savourait de pouvoir l’observer sans se cacher. Une nuit le changement de rythme de sa respiration lui révéla qu’elle ne dormait pas non plus. Au bout de quelques minutes qui lui semblèrent une éternité, il décida d’en avoir le cœur net. Il se tourna vers elle, posa très doucement la main sur sa taille, elle ouvrit les yeux et se retourna vers lui : leurs regards se comprirent. Elle prit sa main dans la sienne et la posa sur son cou. Il lui caressa la joue et doucement elle se glissa contre lui. Le contact fut d’abord très tendre, sa main parcourant son dos, ses cuisses tout en l’embrassant à fleur de peau. Elle enleva sa tenue de nuit, elle en voulait plus et l’aida à se déshabiller rapidement ; le contact devint plus sensuel. Leurs corps s’accordaient parfaitement, comme s’ils réalisaient enfin leurs rêves les plus intimes : quoi qu’il arrive ils savaient tous les deux qu’ils n’oublieraient pas cette première fois. Iris porterait à jamais sa marque, Anténor n’oublierait jamais cette douceur. Lorsqu’ils se retrouvèrent en sueur, enlacés et satisfaits, ils surent que c’était leur destin d’être ensemble. Le temps s’était arrêté, elle dormait sur sa poitrine. Etait-elle consciente de l’amour qu’il lui avait donné ? Il se sentait heureux, comblé et très vulnérable. Si quelqu’un lui faisait du mal il ne le supporterait pas. Il avait besoin de la protéger, cela le rassurait lui-même.
Anténor sut cette nuit là qu’il n’accepterait pas d’être séparé d’elle par ses nouveaux maîtres, il devait trouver une solution.

Ils s’étaient aimés toutes les nuits sauf la veille du départ au palais. Le lendemain matin ils n’en avaient aucuns souvenirs. 35 traits sur le mur.
Anténor s’était réveillé seul lorsque Tika était venue apporter ses nouveaux habits pour l’occasion et ses armes. Il lui demanda des nouvelles d’Iris, elle esquiva son regard, elle savait mais ne pouvait le dire. Elle lui répondit simplement qu’Iris était en train d’être préparée comme lui. Cela ne lui avait pas plu, la douleur revint. Il fut rassuré quand il vit à quel point Iris était magnifique, elle aussi avait été mise en valeur mais elle resta distante durant tout le trajet. Avaient –ils effacé son souvenir ? Anténor sentait que ses maîtres lui cachaient quelque chose, il les connaissait bien maintenant. Eumènios s’approcha de lui et manipula le collier, tout allait mieux. Il les suivit dans l’entrée du palais et son maître fut annoncé bien avant la foule qui se pressait :
« ses altesses Eumènios de baktriane, ministre du Trésor royal, Olynthe de Lydie,
Ils s’avancèrent devant tout le monde, les courtisans les regardaient impressionnés tant par leur allure que par leurs esclaves. Tous comprenaient qu’ils étaient de haut rang. Eumènios et Olynthe s’inclinèrent devant le fils du roi, puis le roi et la reine
- Majesté, nous sommes ravis de pouvoir vous féliciter à l’occasion de la présentation de Philétaire, veuillez accepter ces présents Anténor et Iris pour l’éducation de votre fils» et ce faisant ils s’écartèrent pour présenter les esclaves, le roi et la reine parurent surpris et ravis.
- Magnifique,vous avez fait une folie : est-ce un couple ?
- Non, vous pouvez les appareiller comme vous le souhaitez mais laissez moi vous conseiller
Anténor pour le combat et Iris pour les soins aux enfants, elle fera une nourrice parfaite.
Anténor et Iris n’avaient pas bougé, ils ne se connaissaient pas et se regardèrent : ils pourraient s’entendre mais avaient la sensation d’avoir oublié quelque chose. La reine les trouvaient beaux ensemble et fit un signe à son mari, qui se leva en l’invitant à le suivre.
- Attendons de voir comment ils s’entendent, occupez vous d’eux Panathénon, paramétrez les en couple. Ce soir je veux voir un combat , cet individu va sérieusement concurrencer le champion de notre général, j’espère qu’il va le battre, merci Eumènios.
Eumènios s’inclina, satisfait, il venait de déposer ses deux bombes à retardement et savourait la naïveté du roi.
Attale le conduisait vers ses autres invités, la reine accompagnait Olynthe, l’honneur était important mais dans leur dos quelqu’un avait tout suivi.
Cet être difforme emmena les esclaves dans son laboratoire, mit un deuxième collier qu’il relia au premier d’ Anténor . Lorsqu’il entra le code de mise à jour Anténor devint Curtis Newton suffisamment longtemps pour prendre la mesure des choses et regarda Joan. Ils étaient prisonniers, esclaves mais il vit Simon. L’espoir revint l’espace d’une minute. Anténor avait désormais un collier plus petit et plus léger, il était content et même plus, un soulagement énorme l’habitait. La même manipulation se fit sur Iris : Joan fut très étonnée de le voir dans cette tenue, elle comprit qu’elle ne pouvait pas bouger. Qu’allait faire le capitaine maintenant qu’ils étaient esclaves ? Depuis combien de temps étaient-ils dans cette condition ? La vue de Simon la rassura mais l’indifférence de Curtis l’inquiéta. Le savant s’approcha d’elle et Iris comprit qu’elle avait un nouveau collier, plus joli, elle se sentait beaucoup mieux. Panathénon examinait avec un curieux individu les anciens colliers. Anténor serait bien resté pour comprendre mais deux domestiques vinrent les chercher pour leur expliquer le plan du palais, leur montrer leur chambre et leur donner les règles à suivre.
Simon les vit partir le cœur lourd, les voir soumis ainsi était pour lui une torture mais il savait qu’il devait d’abord maîtriser cette technologie avant de les libérer. Au moins savait-il qu’ils seraient bien traités et ensemble, après tout cela accélérerait les choses pour son protégé. De plus Panathénon était vraiment un savant extraordinaire, il plana jusqu’à lui bien décidé à les sauver le plus rapidement possible.
En récupérant les données, le lecteur révéla une anomalie sur les deux colliers, Panathénon , surpris s’inquiéta et Simon vit même pour la première fois la peur sur son visage : le savant avait dû s’asseoir. « Nous devons faire très attention Simon désormais.
- Pourquoi cher ami ?
- Sans notre échange de colliers ces deux esclaves auraient servi pour exécuter un meurtre.
- Nous les avons donc sauvés ?
- Oui et non, le meurtre n’aura pas lieu mais le commanditaire du meurtre est toujours ici : nous ne savons pas quand il aurait dû être commis, s’il ne s’agissait que d’un ou de plusieurs meurtres.

Le repas fut excellent, Eumènios et Olynthe assis aux côtés du couple royal étaient confortés dans leur rang et leur influence , aussi ils furent naturellement assis aux premières loges pendant les spectacles offerts aux invités en l’honneur de l’héritier. Iris était revenue s’occuper de lui et plusieurs nobles admiraient la beauté de la nouvelle nourrice royale.
Le premier numéro fut très beau, des danseuses reptiliennes ondoyaient au son d’une douce musique dans un nuage parfumé de fleurs en suspension. Iris n’avait jamais vu quelque chose d’aussi harmonieux.
Chaque artiste rivalisait d’imagination pour séduire la cour lorsqu’un individu arriva qu’Iris connaissait, elle avait juste oublié son nom. Elle ressentit une joie intense. L’individu avait la faculté de se transformer en n’importe qui et lorsqu’il prit l’apparence d’Iris les applaudissements furent extraordinaires. Le couple royal décida de l’embaucher immédiatement, ce qui contraria le maître mais il ne pouvait dire non au roi. Il négocia un prix exorbitant pour sa poule aux œufs d’or. Il ne se doutait pas qu’Attale ne pensait pas qu’à utiliser Caméléon pour s’amuser, le roi avait bien d’autres soucis et Panathénon pris en charge l’individu dans son laboratoire. Eumènios le vit lui parler discrètement, le roi sembla un instant désarçonné, hocha la tête sérieusement et repris rapidement contenance.

Caméléon arriva dans une drôle de pièce, il était fier de son numéro. Panathénon paramétra son collier et Mala vit Simon, le temps de réaliser qu’il n’était pas libre et que Crag n’était pas là. Caméléon devait protéger son maître et retourna auprès de lui voir les spectacles, mais quelque chose lui manquait cruellement. Les yeux d’Iris lui firent du bien, il se sentit moins seul. Elle aussi.

Le général Rhodos et son lieutenant entrèrent dans la salle de réception, interrompant les festivités brutalement. Ils s’inclinèrent devant le couple royal et le général annonça :
- Majesté, d’après nos informations, les humains préparent des raids contre nos villages.
- Il y a des victimes ?
- Pas encore, mais nos espions sont formels, au moins trois villages sont menacés, ils se sont regroupés en face de la frontière.
- Dans ce cas nous pouvons attendre la fin du spectacle, général « fit Euménios sur un ton léger « si le roi devait mobiliser ses troupes chaque fois que vous êtes inquiets nous serions en permanence en état d’urgence et ruinés à ce train là ! « la cour ricana, le roi Attale était coincé, il sourit. Il avait un mauvais pressentiment.
- Genéral, le spectacle suivant vous concerne, nous ne sommes effectivement pas à un quart d’heure près. Néanmoins cette menace est peut-être sérieuse. Chambellan vous ne suspendrez pas les animations, elles continueront en mon absence, convoquez tous les ministres et conseillers officiellement après ce combat. Lieutenant envoyez un soldat informer les trois régiments les plus proches de ces villages de les sécuriser.
- A vos ordres, majesté.
- Général, asseyez vous donc, cette fois je crois que mon champion battra le vôtre.

Le Chambellan s’inclina. Le général s’exécuta, intérieurement il espérait que l’émissaire se fasse tuer. Il savait que son lieutenant était fidèle au roi mais il n’avait pas tout dit. En ce moment des troupes se rapprochaient de la ville. Un regard d’Eumènios le rassura sur leur projet. En jubilant il vit son champion entrer sur la scène, suivi par celui du roi.

A la frontière Goran et sa femme devaient accompagner leurs maîtres pour faire les courses au village. C’était une belle journée ensoleillée qui démarrait. Il se réveilla de bonne humeur, lorsqu’il réalisa qu’ Asia s’était levée la première bien avant. D’habitude elle était toujours partante pour un câlin matinal, il se leva et la vit blafarde, inquiet il s’enquit d’elle. Elle lui sourit, timidement, prit sa main, y déposa un baiser et la posa sur son ventre. Il la regarda intrigué et visiblement elle trouvait sa réaction plutôt lente. Elle soupira d’un air entendu,
- Je crois que j’attends un enfant, Goran. « L’émotion l’empêcha de parler, déjà ? Elle se blottit contre lui et il la serra très fort. C’était le plus beau jour de sa vie.


Malik et ses hommes approchaient du village à couvert, armés, ils s’étaient divisés en trois groupes, aux trois entrées principales, dès que les cavaliers attaqueraient ils fouilleraient les maisons pour libérer leurs frères. Ils ne voulaient faire aucun blessé, ces sales bêtes devaient payer pour l’esclavage des leurs. Leurs peaux seraient laissées en souvenir et le bûcher des restes serait leur nouveau feu de joie. La haine lui donnait l’énergie de tuer.
Tout le monde était au marché, c’était le moment idéal pour l’attaque, les gardes seraient distraits.
Malik vit alors passer sa sœur, Stina. Vivante, elle était vivante et apparemment en bonne santé. La vue du collier autour de son cou lui rappela combien il fallait être prudent. Heureusement elle ne semblait pas mal traitée. L’esclave à côté d’elle était grand, ce n’était pas un homme de chez eux, il était âgé.
Etait-ce un homme capable de faire marcher cette arme énorme qui volait et qu’ils avaient trouvé ?
C’est alors qu’il vit les cavaliers arriver, ses hommes et lui se firent signe ; dès que les chevaux passèrent la barrière ils bondirent. Ce n’était pas à proprement parler une bataille mais plutôt un massacre. Après leur avoir extorqué la libération des esclaves qui les accompagnaient contre la vie, les humains égorgèrent et transperçèrent les êtres reptiliens sans pitié. Le village fut rapidement maîtrisé, les humains regroupés mais Malik ne trouvait pas sa sœur.
IL parcourut avec deux hommes les rues et après avoir fouillé quelques maisons, trouva deux des siens assommés. Au loin il vit Stina, l’esclave plus grand et les deux maître s’enfuir.
Il enfourchèrent immédiatement les montures les plus proches. Leurs chances étaient bonnes de les rattraper car les hypolions étaient plus rapides et endurants que leurs koudous. AU bout d’un quart d’heure de poursuite , ce satané esclave savait brouiller les pistes, ils les avaient enfin encerclés.
L’esclave âgé était plus fort qu’il ne s’y attendait, il s’était placé devant ses maîtres et Stina pour les combattre. Tuer un homme n’était pas prévu,
- écartes toi humain, je ne veux que libérer ma sœur ! Il ne te sera fait aucun mal.
- Ta soeur ? L’homme regarda Stina ; elle haussa les épaules puis le regarda fixement : les minutes semblaient des heures. Elle sentait qu’elle connaissait cet homme et posa la main sur le bras de Goran. Il hésita.
- Elle ne peut le savoir à cause du collier. Nous te libérerons aussi.
-Ils mentent Goran, ils nous tueront, attaque les !» lui dit son maître. Goran estima ses chances, il était le seul armé, face à 4 cavaliers aguerris. IL regarda son maître et comprit que tant qu’il était d’accord avec lui , ses gestes pouvaient être acceptés. IL voulait attaquer mais ne voyait pas comment. Le collier ne réagit pas quand il baissa son arme car il restait prêt à réagir. Lorsque Malik vit son hésitation, en un instant ils bondirent et le désarmèrent. Ils tenaient à leur merci ses maîtres.
- ôtez leurs colliers et vous aurez la vie sauve ! Les deux maîtres se regardèrent,terrifiés puis désactivèrent les colliers avec leurs empreintes.
Dès que le collier de Stina s’ouvrit Goran la vit se précipiter dans les bras de cet inconnu !. Ezzra redécouvrait la liberté. IL venait d’être libéré par des humains, qui exécutaient sans pitié deux êtres reptiliens qu’ils chargèrent sur leur monture. Aucune indulgence, aucun procès, il fallait se méfier de ces humains pensa Ezzra qui ressentit un sentiment étrange de tristesse et d’injustice à la vue des cadavres. Il sentait qu’il leur devait quelque chose de très important. La jeune femme à côté de ses libérateurs lui était familière mais il devait se tromper, sans doute quelqu’un à New York qui lui ressemblait.. Visiblement cette attaque barbare était routinière, ce peuple devait être nettement moins évolué qu’eux. Ezzra réalisa alors qu’il était seul, où était ses coequipiers, que diable faisait-il ici ?
Son pied buta contre quelque chose de métallique. Les colliers, il savait que beaucoup de réponses se trouvaient dedans. L’image du professeur et du capitaine en train de les étudier , comme dans leurs précédentes missions le submergea de douleur. Que leur était –il arrivé depuis le marché ?
Il ramassa les colliers sous l’œil étonné et inquiet de ses libérateurs,
- détruits les, ils portent malheur !
- Non, je veux les garder, je pense qu’on peut en apprendre beaucoup. J’ai un ami qui trouverait sans doute comment ils fonctionnent.
Les guerriers se regardèrent, leur chef et son second discutèrent de manière animée quelques instants, avant qu’il ne lui intime l’ordre de venir avec eux :
- Bon, comme tu veux, nous nous savons ce qu’ils font. Tu n’es pas de notre peuple et nous voulons te montrer quelque chose. Monte sur les koudous et suis nous.
Ezzra les suivit. Ces hommes étaient petits, bruns, visiblement la femme appartenait à leur famille, elle se blotissait contre le chef. Lorsqu’il vit le bûcher au milieu du village et les peaux il commença à comprendre que l’équipe du cyberlabe était arrivée en plein milieu d’une guerre sans merci entre deux espèces.
Les deux champions se jaugeaient, tournant en cercle. L’un bondit vers l’autre mais l’esquive fut très rapide, aussitôt le champion du général sortit son poignard pour blesser son adversaire, le bras saigna. La riposte ne se fit pas attendre mais le champion du général para le coup de poing et évita la tenaille. Les deux hommes étaient de force équivalente et savaient se battre, la Cour était passionnée, les paris s’emballaient. Les attaques rapides continuèrent encore un moment, les deux hommes étaient en nage car aucun ne laissait à l’autre le temps de souffler. Le général et Eumènios étaient contrariés, ils s’attendaient à ce que l’attaque vienne plus vite. C’est alors qu’Anténor profitant d’une inattention de l’autre champion qui regardait son maître, bondit la tête la première pour le coller au sol et une fois parvenu à s’accroupir sur son dos, après une lutte acharnée à main nues, lui fit une prise pour le maîtriser. Il tenait l’autre champion à sa merci. Il ne voulait pas le tuer. Le public avait adoré ce combat et applaudissait à tout rompre, son maître était très content et ne l’obligea pas à exécuter son adversaire. Le roi s’était approché pour le féliciter , Anténor lâcha la prise, sentant que son adversaire avait renoncé :
- Eumènios, grâce à vous j’ai enfin battu le général ! « à peine ces mots prononcés, l’autre champion dégaina son poignard et sans Anténor aurait égorgé le roi qu’il avait saisi avec une rapidité foudroyante. Dans la confusion de l’instant les deux champions avaient repris le combat mais le roi était parvenu à se dégager, le général par contre avait aussi sortit son épée du fourreau et allait l’attaquer, Olynthe et Euménios se levèrent l’un pour attaquer la reine , l’autre pour tuer l’enfant. La Cour comprit qu’un coup d’Etat était en train d’avoir lieu, le temps s’était figé. Eumènios et Olynthe virent alors stupéfait Iris intervenir pour protéger la reine et l’enfant, elle assomma Olynthe d’un coup dans la nuque lorsqu’elle approcha du berceau, attaqua son ancien maître pour l’empêcher de tuer la reine. Le caméléon pendant ce temps était intervenu contre le général pour soutenir le roi qui n’avait pas d’armes sur lui. En l’espace de quelques instants Anténor et le caméléon maîtrisèrent avec une complémentarité impressionnante leurs adversaires. La situation qui semblait perdue s’était retournée à l’avantage du roi.
Les deux esclaves avaient maîtrisé leur adversaires, qui gisaient au sol, le général gravement blessé, l’autre esclave assommé tandis qu’Iris avait maîtrisé son ancien maître. Attale, encore sous le choc vit alors arriver une drôle de créature dans une boîte , Panathénon le suivant essouflé. La foule eut peur. Panathénon les apaisa et expliqua
- Vous ne craignez rien, c’est un ami. Majesté, je vous présente le professeur Simon Wright, il connaît vos esclaves, ce sont ses amis.
- Professeur ? Mais qu’est-ce que vous êtes ?
- Un ancien humain, dont le corps ne vit plus, mon cerveau a été mis dans un système artificiel pour conserver mes connaissances.
- Ce prodige est-il possible ?
- Majesté, que faisons –nous ? « Les gardes étaient intervenus, tenant les assaillants. Attale s’approcha du général agonisant,
- Pourquoi ?
- Pour l’honneur de notre espèce, exterminer les humains ! dit-il dans un râle avant de s’éteindre. Attale en fut écoeuré. Il croisa alors le regard haineux d’Eumenios, enchaîné :
- La paix n’est-elle pas la cause la plus honorable, Eumenios, pourquoi ?
Eumenios continuait de le toiser. Dans l’assemblée de la Cour Attale savait qu’ils se seraient tous ralliés à ce seigneur. Eumenios semblait fier de lui. Executer un personnage aussi puissant n’était pas envisageable. Le silence de la Cour était pesant, tous attendait une réaction du roi.
Iris rassurait la reine tremblante. Sa vie avait tenu à trois nouveaux esclaves, il regarda Panathénon :
- Panathénon, pourquoi ces nouveaux esclaves sont-ils intervenus et pas les autres ?
- Les nouveaux colliers leur permettent d’agir de manière plus autonome, tant qu’ils n’enfreignent pas un ordre. Le seul interdit est de ne pas vous tuer ou vous blesser.
- Tu veux dire qu’ils nous ont protégés volontairement ?
- Oui , Majesté, mon ami le professeur m’a certifié qu’ils le feraient pour n’importe lequel d’entre nous. Ils n’appartiennent pas au peuple de nos ennemis. Physiquement il est évident qu’ils sont différents, ce sont les hommes venus en volant dans l’arme.
- Que dis-tu ?
- Majesté, « dit cette fois Simon, je vous en prie permettez qu’on leur enlève leur collier d’esclaves, vous ne risquez rien, ils vous l’ont prouvé.
Attale fit un geste vers les gardes, sans rien dire, Eumenios et ses alliés furent emmenés en silence. Il regarda le chambellan qui envoya le spectacle suivant d’un coup de bâton.

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Jeu 13 Aoû 2015 - 16:05
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Hello Elaine !

je croyais avoir posté hier... j'ai dû être dérangée, j'ai zappé... je contribue aussi à souligner l'intérêt de cette histoire ! Je suis heureuse de me replonger dans cette lecture, même si je n'ai pas oublié les grandes lignes du scénario et tout ce que cela implique. Par contre, j'avais un peu oublié les noms des différents protagonistes... Il était donc nécessaire de se replonger dans l'histoire dès le début !

vivement la suite jump jump jump

bizz vizz

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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Dernière édition par limeye le Lun 17 Aoû 2015 - 14:08; édité 1 fois
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Jeu 13 Aoû 2015 - 20:37
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Kiss Merci !

à vrai dire pour moi aussi même si je sais comment cela doit se terminer, je me laisse toujours choper par une idée Globlaugh Tu dois connaître !

bon ben je continue alors ?

Angel

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Jeu 13 Aoû 2015 - 23:45
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Please,please, please!!!!

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Elaine a écrit:


bon ben je continue alors ?

Angel



QUELLE QUESTION, ELAINE!

Bien sûr que tu continues! On veut savoir la fin... Devil

Allez, Elaine, un autre tiboutte! jump jump jump Youpi Youpi Youpi

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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
En arrivant au village, Ezzra fut frappé par sa simplicité, cela n’avait rien à voir avec les villes des reptiliens, pas de routes, de la terre battue, pas de demeures en pierre mais de simples maisons en bois, au toit de chaume. La plupart des esclaves libérés comme lui étaient repartis vers leurs villages rejoindre leurs familles.
Apparemment tous avaient compris qu’il n’était pas de la région et les hommes le conduisirent vers une maison plus imposante. Le chef du village reconnaissable à une tenue plus riche, l’attendait, entouré d’hommes nettement plus jeunes, dont Malik, celui qui l’avait libéré. Il lui adressa la parole. Ezzra eut la surprise de ne plus comprendre cette langue. Le collier servait aussi de traducteur. Le silence se fit jusqu’à ce que le chef envoie un guerrier chercher quelqu’un. En attendant, deux femmes servirent des boissons et à manger. Il reconnut la jeune fille libérée avec lui. Il lui sourit, elle baissa la tête en rougissant. A la réaction des hommes il comprit qu’il aurait dû être plus discret car l’un d’eux leva la voix contre elle et elle partit précipitamment. Le guerrier revint avec un terrien, ils se saluèrent aussitôt en anglais .
- Bonjour, marshall Ezzar Gurney, police interplanétaire
- Enchanté, John Mitchells, archéologue
- Vous ne feriez pas partie de l’équipe disparue il y a 3 mois ?
- si, et vous êtes venu nous chercher ? « fit –il d’un air mi-sceptique, mi-ironique
- le reste de mon équipe est ici mais nous sommes tombés dans une embuscade »
Leur conversation fut interrompu par Malik, qui les invectiva :
- Ils veulent savoir qui vous êtes. C’est le fils du chef qui vient de parler, Malik. John présenta Ezzra . Le chef eut l’air étonné, baissa la tête, songeur.
- Voici Tantar le chef du village. Ezzra le salua d’un signe de tête, le chef n’avait pas bougé, il n’osa pas lui tendre la main. .

Grâce à la traduction de l’archéologue Ezzra comprit qu’ils avaient un vaisseau.Ils comptaient sur lui pour l’utiliser et mener un raid contre les reptiliens. Il leur expliqua qu’il devait d’abord voir le vaisseau pour savoir s’il marchait encore, ils espérait trouver le Ciberlab.
Malheureusement c’était celui des archéologues et Ezzra soupira en regardant John, l’état était lamentable, visiblement pillé.
- Ils ont prit tout ce dont ils avaient besoin et je ne sais pas réparer un vaisseau. »
Ezzra fit le tour, déclencha l’ouverture d’urgence de la porte à la surprise générale. Il inspecta l’intérieur, bonne nouvelle, les dégats étaient surtout externes, la robotique et la mécanique étaient intactes. Il ressortit , John et les hommes du village étaient restés dehors.

- C’est réparable, je pense pouvoir le faire voler en atmosphère mais pas plus. Le reste de mon équipe me manque pour le réparer entièrement, elle est prisonnière des reptiliens, il faudrait les libérer. « Ezzra réalisa alors que le ciberlab devait aussi être entre leurs mains mais il garda l’information pour lui. S’ils savaient que les reptiles disposaient d’un armement bien supérieur grâce à eux, il ne donnait pas cher de sa peau.

John traduisit, le chef acquiesça. Ezzra fut conduit dans une maison, apparemment vide que les femmes lui nettoyèrent rapidement, permettant qu’il y passe la nuit. La jolie brune revint lui apporter du linge, fit son lit et lui donna à manger. Il la remercia chaleureusement. Elle le regarda et lui sourit avec davantage de confiance.
Lorsque Malik rentra, son attitude changea radicalement mais Ezzra apprit qu’elle s’appelait Stina. En sortant, John s’arrêta sur le pas de la porte,
- Je préfère vous prévenir, ne soyez pas trop ouvert avec leurs femmes , elles sont recluses par leurs pères et maris, vous risquez votre vie.
- Comment le savez vous ?
- Mon étudiant de master a été battu à mort pour cela.
Ezzra avait clairement compris le danger et décida de se concentrer les jours suivants sur les réparations du vaisseau. John lui permit de récupérer un certain nombre de pièces chez les habitants. Néanmoins il pensait régulièrement à elle, lui-même ne comprenait pas ce qui lui arrivait, jusque là il n’avait jamais eu de mal à mettre de côté ses aventures féminines et là sans qu’il ne soit rien arrivé, Stina occupait ses pensées. Elle pourrait être sa fille et devait avoir le même âge que Joan, sa raison lui disait de ne pas l’approcher mais son cœur.. jamais il n’avait eu d’histoire en mission, que lui arrivait-il ? Jamais cela ne lui serait arrivé à New York, il n’osait même pas imaginer la réaction d’Anders ou du capitaine s’il ramenait une femme aussi jeune avec lui. Le fait même d’imaginer cette éventualité le faisait paniquer, il faisait tout pour l’éviter dans le village mais comme un fait exprès, c’était elle qui venait vers lui quand il l’esquivait.
Bientôt John ne fut pas le seul à remarquer quelque chose, lorsqu’un jour elle lui apporta son repas, elle resta un peu et ils essayèrent de se parler, mais le manque de mots et les gestes la firent rire trop fort et un des hommes du village la prit brutalement par le bras pour la ramener. Ezzra fut convoqué par le chef et il comprit sans traducteur que les hommes lui feraient douloureusement comprendre qu’il fallait respecter les femmes.
Il ne la vit plus, mais cela aggravait son cas.
Les réparations furent bientôt terminées et Ezzra parvint à faire décoller et atterrir le vaisseau dans un champ. Le vol dura une heure, il put vérifier l’autonomie en carburant, survola la frontière et aperçut les villes. Il trouva également deux armes qui avaient échappé aux diverses fouilles car elles étaient verrouillées dans la cabine de pilotage. Il prépara le nécessaire dans une sacoche, depuis le temps qu’il était désarmé, il semblait retrouver de vieux reflexes. Finalement la situation était moins desespérée qu’elle ne lui semblait au départ et l’idée de partir chercher le reste de l’équipe faisait son chemin.
Lorsqu’il atterrit il s’attendait à être félicité mais comprit qu’il se passait quelque chose de grave, toutes les femmes étaient dehors, les hommes étaient dans la maison du chef, la place centrale était dégagée avec une sorte de pilori. Tout à coup il vit sortir Stina, encadrée par quatre hommes, attachée. Elle avait pleuré.
Tantar était livide.Ezzra comprit avec horreur que le pilori était destiné à la jeune femme, il chercha John.
Celui-ci la mine sinistre lui expliqua :
« il vont la lapider, elle est déshonorée, enceinte d’un autre que son fiancé, ils soupçonnent un reptilien.
-quoi ?? mais on ne peut donc pas tuer une femme de nos jours ainsi !
-ce sont leurs traditions. Aucun homme ne voudra plus d’elle, ..
A ce moment le temps passa très lentement, l’un des hommes poussa brutalement la jeune femme au sol, tandis qu’un autre la saisit pour l’attacher. L’ambiance était pesante.
Ezzra réagit alors intuitivement, il prit l’un des pistolets qu’il régla au minimum, tira sur les deux hommes et se posta devant Stina, sidérée. Tout le monde le fixait, John intervint !
- Ezzra ! Il cria quelque chose qui eut pour effet de retenir la réaction des hommes.
- Ezzra vous êtes fou !
- Traduisez ou je fais un carnage !
John expliqua la situation dans l’autre langue.
« Chef Tantar, aucune femme ne mérite cette peine, dans mon pays un homme préfère mourir que d’accepter une telle infâmie, lapider est indigne d’un homme.SI vous l’exécutez je refuse de piloter le vaisseau. Les hommes que j’ai abattus sont juste assommés mais je peux les tuer. »
Les hommes se regardèrent, le chef réfléchissait, John traduisait :
- Etranger, ne te mèle pas de nos traditions, cette femme a enfreint nos règles, elle est indigne d’appartenir au village. Elle aurait dû se tuer plutôt que d’accepter de fréquenter un esclave.
- C’est ta fille ! »
Tantar le regarda d’un air impérieux et douloureux.
- « Le fait que ce soit ma fille n’y change rien, au contraire elle doit encore plus s’y soumettre. » dit-il d’un air résigné. Un de ses libérateurs l’invectiva violemment et fit mine d’intervenir.
- SI tu refuse de piloter ce vaisseau pour nous tant pis, nous vous exécuterons tous les deux ! traduisit John
Une femme plus âgée fit alors son entrée, sa dignité imposa le silence. Elle toisa Tantar et les autres hommes, fit un signe et jetta son foulard aux pieds de Stina. Elle fixa Ezzra. Les autres femmes formèrent immédiatement une barrière devant les hommes. Ezzra regarda la jeune femme qui se relevait, tout le monde le fixait. Il ne savait plus quoi faire.
John souffla à Ezzra, « mettez le foulard sur sa tête, Ezzra, vite ! » Ezzra le regarda sans comprendre, observa Stina, la femme plus âgée, ramassa le foulard et le lui mit. Aussitôt les femmes reculèrent, Stina arrangea le foulard sur sa tête. Elle regardait désormais son père fièrement, les hommes plus jeunes parlaient fort et en particulier l’un d’eux, qui partit sur une monture. Une autre femme âgée apporta ensuite un verre de lait à Stina, qui le lui présenta, Ezzra comprit qu’il devait en boire, elle but à sa suite et redonna le verre. Malik grommela mais s’approcha, lui donnant par la prise son glaive, Ezzra comprit qu’il devait le saisir, Stina le prit dans ses mains et le redonna à son frère. Stina prit aussi l’autre arme des mains d’Ezzra et le regarda en souriant, elle parla avec les mains. John traduisit.
- Vous venez de faire d’elle votre femme devant son peuple, c’est à vous de décider de son sort désormais.
Ezzra l’avait déjà compris, il demanda ,
- Que dois-je faire ? Je ne connais pas leurs coutumes.
- SI vous lui pardonnez et l’acceptez elle et son enfant, il faut l’embrasser et poser votre main sur son ventre. Sinon la punition aura lieu.
Ezzra était un peu sonné par l’enchaînement des événements, il la regarda, elle lui sourit timidement. Il eut alors l’impression qu’elle faisait déjà partie de lui. Il ne réalisa même pas qu’il l’embrassait tendrement en posant ensuite ses mains sur son ventre. Le policier interplanétaire était bien loin.
Le chef le regardait intrigué mais s’approcha calmement, les hommes baissèrent leurs armes, lui posa la main sur l’épaule. Tantar lui parla, Ezzra comprit sans traduction.
- Tu as sauvé ma fille, merci.

- Vous etes un homme bien. Elle a de la chance. « conclua John.

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Ven 14 Aoû 2015 - 14:13
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
C'est toujours émouvant de relire ce passage...

J'aimais beaucoup ce que tu faisais vivre à Ezra dans cette histoire, qui occupe aussi la place comme un des personnages principaux et non simplement le protecteur de Joan qu'il est parfois dans certaines de nos histoires.

J'adore relire cette histoire !

Un autre longboutte, dis ? Pleeeasssse Wow

(tu te souviens de la photo du chat botté que tu m'avais envoyée pour avoir une suite à je ne sais plus laquelle de mes histoires ? Hum... ben, tu peux la remettre ici aussi Chut )

Bizz vizz

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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Ven 14 Aoû 2015 - 20:28
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Wow merci !
J'ai parfois corrigé des lourdeurs, tu me diras si cela passe mieux. j'ai essayé de "delayer"...


Depuis la tentative de coup d’Etat la situation d’Anténor, Iris et Caméléon s’était largement améliorée , ils étaient mieux nourris et avaient reçus des habits neufs. Ils avaient le droit d’aller où ils voulaient dans le palais mais Attale n’avait pas voulu les libérer entièrement, en tout cas pas devant la Cour. Les trois esclaves s’entendaient bien et formaient naturellement une équipe.
Caméléon n’arrêtait pas de les taquiner et les protégeait comme un grand frère. Il anticipait souvent ce qu’Anténor ou Iris voulait. Caméléon avait un don pour la bonne humeur, si seulement leur amitié pouvait combler la tristesse viscérale qu’il ressentait. Iris essayait de comprendre mais même Caméléon ne trouvait pas l’origine de ce manque. Ils discutaient souvent ensemble, très complices face à Anténor, au professeur Simon. Ils avaient l’impression d’âvoir les pieds sur terre pendant que les autres s’envolaient dans des réflexions qu’ils ne comprenaient pas toujours.
Etre la compagne d’Anténor n’avait pas été facile au début . Elle l’avait aimé de suite mais il avait besoin de temps pour lui montrer qu’il tenait à elle. Elle avait donc attendu, sentant que c’était important. Sa prudence en avait encouragé d’autres qui n’avaient pas de scrupules pour lui faire comprendre qu’il leur plaisait. Cela ne semblait même pas le déranger d’être courtisé, comme s’il ne le voyait pas, Iris et Cameleon avaient dû mettre les choses au point avec les autres femmes. D’ailleurs il avait aussi fait le ménage pour Anténor, Tarek lui avait offert des fleurs , le lendemain au soir il marchait en se tenant les côtes. L’attitude des autres esclaves masculins changea à partir de ce jour là. Anténor n’avait rien dit sur Tarek mais la nuit avait été merveilleuse et intérieurement elle était très heureuse qu’il lui montrât qu’elle était à lui. A partir de ce moment il se comporta comme un époux avec elle et quelque part elle avait l’impression que tout était rentrée dans l’ordre.
Progressivement elle l’apprivoisait mais après quelques semaines, elle le sentit changer.
Il était parfois très tendu, anxieux, une blessure profonde, une hantise qui remontait très loin en lui, celle de tout perdre. Elle devait user de tous ses charmes pour l’amadouer, vaincre cette distance, ce mur qu’il hissait parfois. Elle avait du mal à le comprendre car l’idée qu’un homme aussi fort et intelligent que lui puisse tout perdre lui paraissait absurde : elle voulait qu’il comprenne qu’elle était là pour l’assister, l’aider. Qu’est-ce qui pouvait bien le préoccuper ainsi ? Curieusement elle avait aussi l’impression d’avoir déjà connu cela, d’avoir ressenti une très forte impuissance face à quelqu’un de très aimé…et le voir si soucieux était malheureusement contagieux. Or Anténor semblait de plus en plus écrasé par une nouvelle responsabilité et elle soupçonnait Simon et Panathénon d’y être pour quelque chose. Parfois Anténor l’appelait Joan après être allé chez eux , elle était sûre qu’il lui cachait quelque chose. Elle finirait par savoir.
Elle ne le voyait pas de la journée après l’entrainement, il ne la rejoignait que le soir. Le reste du temps il le passait avec eux dans leur laboratoire à travailler sur les colliers ou auprès du roi qui aimait l’entendre parler et expliquer son point de vue. Heureusement que le petit prince l’occupait beaucoup, la reine lui était encore très reconnaissante de les avoir sauvés. Progressivement Anténor gagnait la confiance du roi, tel un conseiller et Iris celle de la reine mais tous deux avaient bien compris que leur liberté serait une révolution à la Cour et même dans tous le royaume. Les reptiliens haïssait d’autres humains, leurs atrocités étaient si terribles que la guerre ne faisait que se durcir. La situation semblait bloquée lorsqu’un messager apprit au roi que les humains avaient une arme volante, elle avait été vue sur la frontière.
Les reptiliens avaient aussi une telle arme mais qu’ils ignoraient comment la faire voler. Simon et Panathénon affirmèrent alors qu’Anténor, Caméléon et Iris savaient la piloter puisque c’était leur vaisseau ; le roi convoqua le conseil à cette nouvelle mais la perspective que ses esclaves humains puisse être libre et capables de piloter cet engin les terrifiaient tous. Simon et les trois esclaves proposèrent alors de piloter tout en gardant le collier. Rien n’y fit même lorsqu’Anténor proposa de se porter volontaire pour négocier un armistice. D’autres troupes furent mobilisées et envoyées sur la frontière pour la consolider.
ANténor retrouva Simon et Panathénon dans leur laboratoire pour trouver une solution. Il ne savait plus comment faire, libéré du collier , il se sentait deux fois plus prisonnier de ses décisions.
Curtis ne pouvait l’avouer à Joan, elle devait rester esclave sinon elle ne resterait pas en place, elle tenterait quelque chose qui révèlerait la supercherie. Simon n’était pas d’accord avec lui mais il n’avait pas l’intention de négocier . Panathénon était un être exceptionnel et très vite leurs connaissances scientifiques avaient scellé une amitié solide. Il ne le trahirait pas, comprenant trop bien la solitude qu’il avait pu ressentir. Le plus dur était de revenir jouer la comédie à Joan en fin de journée. En même temps il devait s’avouer que sa relation avec elle en devenait plus facile, non libérée il ne risquait pas d’avoir à mener une conversation délicate sur leur avenir. Tant qu’il resterait ici , il pouvait mener une existence simple, comme un couple normal et il le savourait chaque soir. Il n’avait pas envie d’y renoncer, elle était si douce, si aimante et il en était dépendant. Comment se comporterait Joan si elle apprenait qu’ils avaient une véritable relation ? Il n’était pas très fier de lui quand il la rejoignait, mais la tenir dans ses bras lui faisait oublier tous ses scrupules. Il avait bien l’intention de l’aimer le plus longtemps possible et personne ne lui volerait ces moments qu’il ne connaîtrait sans doute plus jamais. IL la regarda si intensément après l’avoir aimé ce soir là ,qu’elle s’était inquiétée, il avait failli lui avouer la vérité mais à la place lui fit l’amour à nouveau. Iris s’endormit apaisée, en pleine confiance.

Ezzra avait rejoint sa maison avec Stina bien songeur, il n’arrivait pas à croire qu’il avait pris cette jeune femme avec lui. La reconnaissance de sa mère et le soulagement d’une partie des habitants était palpable, mais Malik l’avait averti que son fiancé , un certain Patrocle chercherait peut-être à se venger. John l’avait regardé avec un cynisme amusé et Ezzra ne savait plus quoi faire, il n’avait jamais vécu avec quelqu’un, son métier lui avait toujours permis de fuir à temps. En plus elle était enceinte mais bizarrement l’inconnue du père ne l’inquiétait pas, au fond de lui quelque chose d’incompréhensible le poussait à la vouloir pour lui. Il l’avait à peine aperçue et il semblait la connaître depuis toujours. IL était assis , perdu dans ses pensées quand il sentit deux mains le masser doucement dans la nuque. Il avait suffit qu’elle le touche pour qu’il oublie tout ce qu’il s’était promis de lui dire pour ne pas l’illusionner. Il se retourna vers elle désemparé, il ne s’était jamais senti aussi faible, elle lui sourit :
- Je t’ai fait confiance dès le premier jour, je ne sais pas pourquoi Ezzra. Malik m’a dit qu’il nous avait libérés en même temps, pour que quelque chose me pousse ainsi à aller vers toi, je ne crois pas au hasard, je crois en mon instinct. Je suis persuadée que tu es le père de mon enfant, je le sens mais je n’en ai aucun souvenir. Que vas-tu faire de moi ?
- Je l’ignore, je suis moi-même surpris de ce que j’ai fait. Stina, je suis un solitaire et si j’arrive à retourner chez moi je ne crois pas que je puisse te rendre heureuse. Je ne peux répondre à ta question, je sais juste que je n’ai rien pu faire contre l’envie de te voir, même si je sais que je suis trop vieux pour toi.
- Je ne te vois pas trop vieux, moi, chez nous les femmes sont souvent mariées encore plus jeunes à des hommes plus âgés. Viens, je veux savoir.
- Quoi ? Ce n’est pas une bonne idée, Stina, il sera ainsi encore temps de faire marche arrière plus tard , quand les choses se seront calmées. A mon âge, tu sais je peux attendre. « Elle le regarda bizarrement, quelqu’un lui avait déjà dit quelque chose comme cela une fois, elle se souvenait d’un soir et elle sut que son instinct était fiable. Elle lui sourit, retira son foulard, baissa les épaules de sa tunique sur ses bras, découvrant son décolleté. Ezzra la fixa alors comme si la mémoire lui revenait, il se leva, prit une boucle noire entre ses doigts et caressa sa joue . Il eut envie de l’embrasser doucement. Le baiser devint plus intime et au fur et à mesure qu’elle lui répondait. Il murmura sans réfléchir « Asia », et l’entendit l’appeler « Goran ». Leurs regards se fondirent l’un dans l’autre et ils se retrouvèrent instinctivement comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Lorsqu’elle se blottit contre lui après, Ezzra comprit qu’il était foutu, il l’aimait vraiment, il ne pourrait jamais la laisser ici et repartir. Sa main descendit de sa poitrine devenue plus généreuse sur son ventre encore plat : « tu penses que c’est le nôtre ?
- Oui, j’en suis sure.
- Même s’il ne l’est pas, je l’élèverais comme tel, Asia, je te le promets.
Elle le regarda très émue, jamais on ne lui avait autant montré de respect et d’amour.

Curtis était décidé à agir, il fallait qu’il récupère le cyberlab, il devait trouver un moyen de s’y rendre. Or Attale ne se décidait pas à leur faire confiance. Il devait retrouver Simon et Panathénon, maintenant il était prêt. Iris était inquiète, elle sentait qu’Anténor préparait quelque chose et décida de le suivre avec la complicité de Caméléon pendant la sieste du petit.
Ils n’en revenaient pas, cachés dans le laboratoire, toute la supercherie leur sautait en pleine figure. Iris et Caméléon comprirent qu’Anténor s’appelait en vrai Curtis, qu’il préparait une évasion du palais sans eux et avait été libéré du collier sans le leur dire. Ils se regardèrent, trahis, blessés et aussi furieux, décidés à en découdre. Caméléon décida de sortir de sa cachette pour lui donner une bonne leçon mais le collier l’arrêta, les bagarres entre esclaves étaient interdites au palais. Curtis surprit pensa immédiatement à Iris, lorsqu’il l’aperçut derrière Caméléon plié en deux, il sut qu’il avait tout perdu.
Livide il ne pouvait plus parler, Iris était calme, vint vers lui, le regarda fixement et le gifla violemment sans dire un mot. Elle aida Caméléon à se relever, et prit une décision, elle ne voulait plus de l’homme qui l’avait trahie. Finalement il était comme les autres. Elle lui avait tout donné et il l’avait manipulée, utilisée.
- rendez moi aussi ma liberté, je ne vous dénoncerai pas. Anténor je ne veux plus avoir un seul souvenir de toi. Tu te trouveras un autre lit. Curtis ne savait plus quoi dire, sa manœuvre échouait lamentablement et devant témoins en plus. Iris savait peu de chose des colliers mais avait compris qu’en les ôtant sa véritable identité lui serait rendue.
Panathénon allait s’en occuper mais Curtis s’interposa, son regard la transperça mais elle ne céda pas,
- Iris tout ce que je t’ai dit pour nous était vrai, je voulais seulement t’éviter de prendre des risques. Je ne l’aurais pas supporté qu’on te donne à un autre. Je t’aime.
- Facile, tu crois que je suis encore assez bête pour le croire ? Libère moi et que j’oublie tout cela ! Résigné, Curtis manipula alors le boitier du collier, Joan découvrit le capitaine, le professeur Simon qui libérait Mala de son emprise. Elle ressentait bizarrement non pas de la joie mais un lourd sentiment d’humiliation et regarda Curtis, qui semblait inquiet. Il avait vu à son regard qu’il n’existait plus pour elle comme avant. Un énorme vide l’envahissait. Joan était redevenue l’ancien agent, qui flirtait gentiment avec lui d’un regard, elle n’avait plus le regard de sa femme. Il n’aurait pas cru que cela le toucherait autant, il ne regardait plus les autres. Le professeur expliqua la situation aux deux amis jusqu’à ce que Curtis retrouve sa contenance. Evidemment Joan comptait bien « ne pas rester au palais pendant qu’ils allaient s’amuser dehors » son air plein de reproches amusait Mala mais ne faisait qu’aggraver les hantises de Curtis pour sa sécurité. Simon avait saisi toute la situation et aurait bien voulu être de chair et de sang pour soutenir Curtis lorsque Joan et Mala ressortirent du laboratoire. «Ca ira mon garçon ?Tu sais il y a un moyen de retrouver la mémoire. « Il y avait beaucoup de tristesse dans son regard mais Curtis avait pris une décision depuis longtemps ;
- Non , Simon, finalement c’est mieux pour elle ainsi, tout rentre dans l’ordre en quelque sorte. J’ai eu ma part de bonheur pour la vie. C’est fini.
- Tu es encore jeune, tu n’as pas le droit de parler comme un vieillard
- Simon, le débat est clôt et je n’ai plus l’intention d’aborder le sujet,
- Entendu, mais tu as tort.

Stina ayant retrouvé son honneur, elle recevait des présents des autres familles du village pour leur mariage pendant qu’Ezzra poursuivait les réparations et les vols d’essai avec le vaisseau des archéologues.
Il initiait Malik au pilotage de base et John au tir. Progressivement Ezzra gagnait en considération dans le village, parfois on venait le consulter pour un problème relationnel. Le fait d’avoir sauvé la fille du chef et voulu transmettre à son frère des connaissances qui lui assurait une domination de fait , forçait l’admiration des autres guerriers, peu habitués à la tolérance et au partage des pouvoirs. Il maîtrisait la langue désormais mais tenait à apprendre l’anglais interplanétaire à Malik et Stina. Tantar et lui s’était déjà longuement entretenu sur l’intervention future probable du gouvernement des neuf mondes et Ezzra lui avait fait comprendre que dans ce cas il devrait certainement participer aux opérations de déploiement des troupes. Ezzra comptait sur Malik pour servir d’intermédiaire avec les villages et à cela même Tantar n’avait rien à redire. Le chef ne voyait par contre pas comment la paix pourrait revenir. Ezzra non plus, la haine envers les reptiliens était terrible.

Leur vie était d’une étonnante simplicité et il se demandait comment Stina réagirait dans son monde à lui. En attendant ce fut lui qui eut un choc en apercevant un berceau dans une chambre. Les malaises matinaux qui l’avaient dénoncée à ses parents , s’espaçaient à présent, elle avait l’air mieux et épanouie. Il avait hâte de voir son ventre s’arrondir vraiment, mais Stina voulait rester désirable et balayait toutes les précautions qu’il prenait d’une exigence délicieuse. Il n’aurait jamais cru qu’il se ferait si bien à la vie maritale qui lui avait toujours paru monotone. En fait il n’avait jamais vraiment aimé quelqu’un ou prit le temps d’en accepter l’idée, ici Stina ne lui avait pas laissé le choix. Une autre femme aurait attendu qu’il fasse le premier pas, en officier lui-même n’aurait sans doute pas accepté de céder à une petite jeune, il aurait estimé y perdre en crédibilité. Ici il était simplement un homme , à New York il n’existait que par son métier de colonel auquel il avait tout sacrifié sans vraiment s’en plaindre. Maintenant il réalisait ce à quoi il avait renoncé par commodité et s’il devait choisir entre son métier et Stina, il choisirait sa femme.

Il pensait souvent au capitaine et à Joan et se demandait s’ils étaient restés ensembles en esclavage. Parfois il imaginait Joan enceinte comme Stina, mais elles étaient si différentes ! Si Joan le voyait comme un coq en pâte, elle brandirait l’étendard féministe pour ouvrir les yeux à Stina, l’exhortant à arrêter de le servir comme un pacha. Il riait intérieurement en y pensant et savourait d’être chouchouté, jamais il n’avait connu cela avant. Quel choc se serait pour Joan !
C’est alors que la tristesse d’ignorer leur sort le submergeait, il avait essayé de l’expliquer à sa femme et elle l’écoutait attentivement mais il sentait qu’il ne devait pas trop parler de Joan. Lorsqu’il lui avait décrite sa collègue, elle l’avait ignoré ensuite toute la soirée jusqu’à ce qu’il fasse le lien. Stina était jalouse et fière, quelque part cela le flattait un peu. Il l’avait alors taquinée régulièrement à ce sujet. Elle n’avait rien dit mais avait invité Patrocle, son ancien fiancé, à dîner : il prit sur lui, l’accueillant chaleureusement pour donner le change. Stina les connaissait bien tous les deux et malgré la leçon qu’elle lui donnait, avait parfaitement préparé son coup. Ezzra fut sidéré d’observer sa femme jouer l’entremetteuse avec une amie, raison qui avait poussé en fait Patrocle à venir dîner. Devant la maison, juste au moment de partir, Patrocle admit qu’il n’aurait pu faire ce qu’Ezzra avait fait. Il ne lui en voulait plus et trouvait qu’il était un homme bien pour elle. Ezzra comprit qu’il avait sous- estimé sa femme, les progrès qu’elle faisait en anglais lui avaient déjà mis la puce à l’oreille. C’était une vraie partenaire, qui réagissait avec intelligence et discernement.

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Ven 14 Aoû 2015 - 20:38
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
et parce que c'est vous et que je vous ai fait assez attendre... Wall


L’évasion du palais n’avait pas posé de problèmes particuliers, Panathénon les accompagnait. Le métis était si répugnant d’apparence que personne ne posa de question, tous savaient qu’il était forcément le savant de la cour et ne s’étonnaient pas qu’il emmenât avec lui trois esclaves du Palais.
Arrivés dans la forêt où se trouvait le cyberlabe au bout d’une journée et demi de voyage, ils se dissimulèrent pour éviter une nouvelle capture et les troupes stationnées. Atteindre le vaisseau n’était possible que de nuit et grâce à Mala qui prit l’apparence d’un lézardion, ils maîtrisèrent facilement les quelques gardes, se glissèrent à l’intérieur du vaisseau et s’y enfermèrent. Le plus dur était fait.
L’état des lieux était rassurant, les reptiliens n’avaient pas osé pénétrer dans le vaisseau. Panathénon était aux anges, la technologie de ce vaisseau le fascinait, il était comme un enfant devant un jouet et accompagna le professeur dans son tour d’inspection avec un plaisir non feint. Simon se fit un devoir de lui en expliquer les grandes lignes. Curtis sourit en voyant les deux savants faire la paire puis entra dans le poste de pilotage, vérifier d’abord les premiers paramètres. Tout semblait en ordre, il partit se changer pendant que Mala continuait l’examen.
Il était dans sa cabine et retrouver ses combinaisons spatiales lui parut étrange : il se changea rapidement lorsque tout à coup il fut hypnotisé par son reflet dans la glace. Il lui paraissait étranger, froid. Son image lui renvoyait portant ce qu’il avait toujours voulu être. Fort, musclé, intelligent, être le meilleur, pour mettre ses capacités au service de la justice. Il riait jaune désormais, la glace ne montrait pas le sacrifice que cela supposait. Le risque et la satisfaction de la réussite ne l’avaient jamais autant comblé que l’amour qu’il avait connu en tant qu’esclave. Lorsqu’il ferma sa combinaison et arma ses pistolets par réflexe, ce petit rituel de préparation ne compensait plus par le gain de concentration le vide qu’il ressentait. Il avait toujours su qu’il ne devait pas l’aimer, il s’en était toujours protégé. Désormais c’était trop tard. Son impuissance le rongeait face à cela, il était entraîné, il devrait pouvoir vaincre cette faiblesse. De rage il brisa la vitre du miroir et sortit de sa cabine. Il s’arrêta pour se calmer sur le chemin et arriva dans le poste de pilotage, personne ne remarqua rien. Comme d’habitude.
Joan aussi se changeait, en ôtant ses vêtements fins, elle ressentit quelque chose de bizarre, comme si elle tournait une page d’une vie entière. Son reflet dans le miroir en combinaison rouge lui était familier mais si lointain. Elle eut le sentiment qu’il manquait quelqu’un avec elle, une habitude d’une attente heureuse, quand elle rentrait dans sa chambre après sa journée. Comme si elle voulait faire plaisir à quelqu’un, mais elle avait oublié qui. Elle ne voyait que des yeux gris. « Tu rêves» se dit-elle, une blessure s’ouvrit en elle, il était sans doute mort ou perdu dans son ancienne vie d’esclave. Elle sentait qu’elle avait aimé quelqu’un.
Tu dois être plus professionnelle, ma fille, imagine ce que dirait Ezzra !
Heureusement qu’ôter le collier lui avait fait tout oublier, avoir une liaison en mission ce n’était pas son genre et aurait fait tâche dans son dossier. Elle soupira, maugréa contre les supérieurs et sortit rejoindre les autres.

Curtis s’assit aux commandes, cela lui fit du bien, le sentiment d’être chez lui , dans son environnement compensait son malaise personnel. Mala prit le siège à ses côtés, à sa tristesse Curtis comprit qu’il pensait à Crag , Limeye et Fregolo ;
- On ne rentrera pas avant de les avoir trouvés, Mala, je t’en fais la promesse. Mala avait les larmes aux yeux et opina de la tête.
Joan s’installa derrière eux, Curtis reconnu son air concentré de pilote. Tout était comme avant mais il le regrettait presque. Elle avait toujours fait son maximum pour qu’on oublie qu’elle était une femme, il le savait que trop bien.
- Tout est en ordre, dieu merci depuis le vol du cyberlab personne d’autre que nous peut le faire décoller! « dit le professeur.
- Oui allons –y ! Tout le monde en place. Panathénon attachez vous derrière, nous ne savons pas encore comment il va réagir, cela va faire quatre mois qu’il n’a pas volé et nous n’avons pu faire de révision extérieure.
- Allumage des moteurs, dit Mala
- vérification des niveaux. Joan manipulait sous l’œil sidéré du savant les témoins lumineux. Une femme capable de comprendre une technologie aussi avancée ?
- Préchauffage des moteurs terminé »
Dehors la manœuvre n’était pas passée inaperçue, les ailerons du vaisseau se tournaient doucement et le bruit sourd du moteur avait fait fuir la faune. Un mouvement de panique générale éclatait chez les lézardions et les troupes du roi.
C’est alors que le vaisseau s’éleva majestueusement, doucement, vers l’horizon noir. Tout semblait en ordre, ils firent un tour vers les zones non habitées et se posèrent sur une clairière au petit jour: Mala et Curtis sortirent inspecter le vaisseau, Joan en surveillance, armée, surveillant les alentours, Simon aux commande prêts à décoller en urgence. Le bilan était bon, Curtis décida de se rendre au palais immédiatement.

Le conseil du village était divisé, la nouvelle était venue d’un messager d’un autre village. De nouvelles troupes arrivaient à la frontière depuis plusieurs jours, leur nombre devenait inquiétant. La question de la guerre se posait, devait-on attendre d’être attaqué ou anticiper l’attaque ? Tantar avait convoqué le conseil tous les jours. L’ambiance tranquille avait disparue, chacun redoutait la perte de ce fragile équilibre, les femmes en particulier ressentaient cette angoisse. Les hommes étaient tendus, nerveux, agressifs.
Ezzra redoutait comme les autres ce qui pouvait arriver, s’il y avait un raid, pourrait-il la protéger ? L’idée qu’elle risque de retomber en esclavage lui était odieuse. Il mit donc son expérience militaire au service du village et fut surpris de la collaboration des autres guerriers. Tout le monde était mobilisé.
Deux jours plus tard pourtant l’annonce du messager suivant le remplit de joie. Un long vaisseau blanc avait été aperçu qui survolait la frontière. Dans le tumulte qui suivit , son attitude posée tranchait et Tantar lui demanda son avis. Il se leva alors pour prendre la parole au conseil, son calme en imposait dans la panique du moment, le silence se fit :
- Ce vaisseau est certainement celui dans lequel je suis arrivé, ce sont forcément mes amis car un code empêche que quelqu’un d’autre ne puisse le piloter. Le capitaine est un homme de paix, il n’attaquera pas les villages s’il n’y est pas forcé. Je vais prendre le vaisseau avec John et Malik pour aller à leur rencontre. Chef Tantar rassemblez tous les chefs de village, protégez les habitants mais ne lancez pas l’offensive, je vous en prie. La guerre est à bannir, je crois qu’il y a désormais une solution de paix car ce vaisseau peut-être aussi un moyen de pression sur vos ennemis.
Le brouhaha reprit, Tantar le fit taire d’un geste.
- Ezzra , êtes vous sûr de ce que vous avancez ?
- Certain.
Le silence fut pesant, Malik se leva alors ;
- Père, Ezzra est un homme d’expérience, il nous l’a prouvé en organisant la défense du village. Il fait partie de notre peuple en épousant Stina. S’il dit qu’il y a un moyen pacifique, je le crois. Il aurait pu nous quitter depuis longtemps.
Ezzra remercia Malik d’un regard, son soutien avait fait grosse impression. Tantar proposa le vote, Malik leva la main puis Patrocle, progressivement tous les suivirent.
Tantar reprit la parole,
- Je ne peux parler qu’au nom de mon village, mais nous courrons à notre perte si les reptiliens sont si nombreux. Je ne suis pas sûr de pouvoir retenir les autres chefs d’attaquer, il vous faudra faire vite, ils mettront deux jours jusqu’ici et deux jours jusqu’à la zone frontalière à pieds. Est-ce que cela vous suffira ?
- Nous ferons avec, « Ezzra allait partir quand il réalisa, « je …vous confie Stina ?
- Nous veillerons sur elle, nous cacherons nos femmes cette fois.

Ezzra opina rassuré, évidemment il fallait qu’il la prévienne de sa décision. Il devait réussir à contacter ses amis. Il n’avait jamais eu autant besoin du progrès technologique dont il avait l’habitude et sur le chemin vers sa maison il réalisa combien la Terre et sa civilisation lui manquaient : l’eau courante, l’électricité, le téléphone, les pistolets à protons n’existaient pas au village. Dans un tel contexte il prierait Kahlon pour trouver un vidéotransmetteur … Il ne voulait pas que son enfant naisse ici. Il voulait voir des médecins, savoir si la grossesse était normale, il voulait redevenir colonel, lui montrer qu’il avait une bonne situation pour eux. Stina ne s’était jamais plainte de quoi que ce soit, sa vie lui suffisait car elle ne connaissait rien d’autre. Il redoutait quand même de lui annoncer sa décision. De nombreux collègues lui avaient déjà parlé des scènes de leurs femmes quand ils étaient d’astreinte. Il se demandait si là aussi elle serait différente et il savait que c’était important pour lui.
Stina l’écouta en silence à son retour, l’observant se préparer mais ne critiqua pas sa décision, il fut sceptique qu’elle l’accepte si facilement.
- Tu seras raisonnable ? demanda-t-il , cherchant une explication.
Elle se blottit contre lui, il la serra dans ses bras.
- Promets moi de revenir et je ferai tout ce que tu voudras.
- Je te le promets, ne t’inquiète pas je risque moins dans ce vaisseau qu’à pieds dans un champs comme esclave..
Il sentait qu’elle ne lui disait pas tout, il la regarda intensément, elle baissa les yeux.
- Quand tu retrouveras tes amis, que ferez- vous ?
- Nous essayerons de recontacter mon gouvernement pour rétablir la paix ici.
Elle resta silencieuse. Il avait fini son sac et visiblement ne comprenait pas où était le problème. Elle devait lui poser la question.
- Tu ne me quitteras pas pour rejoindre ta planète ? Il commençait à comprendre,
- Quand cette histoire sera finie, nous resterons ensemble, si je peux rentrer, je voudrais t’emmener mais j’ignore quand cela se fera. Nous pourrons en discuter plus tard, tu veux bien ?
- Et s’ils me reprennent ?
- Je te chercherai.
- Promis ?
- Promis. Elle l’embrassa alors d’une telle manière qu’il faillit oublier de partir. Il la regarda droit dans les yeux,
- Je t’aime Stina, ne l’oublies jamais.
- Donnes moi deux noms.
- Deux noms ?
- Un nom de fille et un nom de garçon. Si jamais nous sommes séparés trop longtemps, je sais que je n’oublierai pas les noms que tu auras choisis.

On frappa à la porte, Malik et John étaient prêts. Stina le regardait, attendant la réponse. Ezra soupira, pensant en ce moment à la personne qui lui avait causé la blessure la plus vive de sa vie,
- Si c’est un garçon, tu l’appelleras Marc, comme mon frère si c’est une fille, Ariane, comme ma mère. Je reviendrais bien avant, Stina. »

Il l’embrassa rapidement et sortit.

La vision de la frontière était impressionnante, les troupes reptiliennes qui s’y acheminaient et s’y concentraient ne laissaient aucune chance aux villages voisins. L’équipe du cyberlab devait empêcher d’une façon ou d’une autre ces massacres et ces captures. Curtis décida d’essayer d’entrer en contact avec un vaisseau de la police des neuf monde malgré la distance, normalement ils auraient déjà dû partir à leur recherche .Le Cyberlabe remonta vers l’espace, se positionnant en orbite pour capter des signaux. Mala surveillait les écrans, le s.o.s était parti avec un message au président. L’équipe s’était réunie pour établir un plan d’attaque pendant l’attente de la réponse. Ils décidèrent d’organiser le temps de veille et de repos dans le vaisseau, ce qui était nouveau pour Panathénon mais nécessaire au vu de leurs projets . Le reptile donnait l’impression de s’imbiber de connaissances, accompagnant Simon partout. Curtis lui intima gentiment mais fermement d’aller se reposer. Leur plan était assez simple, menacer avec les canons le palais du roi pour obtenir une délégation qui stoppe à temps l’invasion .Il réfléchissait encore sur les conséquences possibles d’une telle intimidation sur les populations, un tel coup de force pouvait –il suffire avec un seul vaisseau ? Plus d’une fois le culot leur avait sauvé la mise. D’après leurs estimations les troupes avaient encore besoin de une journée de marche, il se donnait encore huit heures pour se préparer .Curtis alla vers la cuisine se chercher du café, Joan s’y trouvait, songeuse. Elle le servit, il s’assit la tête baissée sur sa tasse.
- Vous êtes inquiet ?
- Nous sommes très peu, notre objectif est très ambitieux.
- D’habitude vous êtes plus optimiste, cela ne va pas, Curtis ? Il la regarda alors et vit ses beaux yeux bleus inquiets. IL avait tellement envie de s’y perdre et qu’elle le prenne dans ses bras, comme avant. Joan réalisa alors que ce regard gris lui était familier, même très familier. Instinctivement elle rougit car ses pensées étaient devenues plus intimes tout à coup. Elle réfléchit, était-ce possible que ce soit lui son souvenir?
- Savez –vous si nous pouvons retrouver la mémoire de ce qui s’est passé quand nous étions en esclavage ?
- Oui bien, sûr. Simon et Panathénon l’ont expérimenté sur moi.
Curtis se leva vers le hublot, il savait que la question pouvait arriver mais n’avait aucune envie d’y répondre.
- Vous le saviez et vous ne m’avez rien dit ? Il acquiesça.
- Pourquoi ?
- C’est délicat et personnel, Joan. Je préfèrerais que vous l’appreniez par vous-même dans votre cas car je ne sais pas tout de vous, seulement les moments où nous étions ensembles.
- Pour l’instant cela me suffit, j’ai des souvenirs flous ou des impressions et je ne suis pas sûre de vouloir tout savoir.
Il évitait de la regarder, embêté, but deux gorgées . Il n’était pas un lâche mais…
- Quand vous dites délicat et personnel, …Est-ce que j’ai transgressé une règle de base des agents en mission ?
- Oui.
Joan soupira, ses impressions se confirmaient, elle hésitait mais bizarrement sa raison et son instinct ne l’incitaient pas à aller dans la même direction. Devait-elle en parler avec lui, l’évitait –il parce qu’elle l’avait quelque part trahi ? Ou bien au contraire devait-elle justement en parler avec lui ? Elle se leva et s’approcha, il se tourna vers elle, Joan le regarda droit dans les yeux. Elle y vit une crainte, qui correspondait à un souvenir très lointain et comprit. Elle lui sourit doucement,
- C’était quoi l’infraction de base?
- Ecoutez, nous n’avons pas vraiment le temps d’en discuter, …
- Ah, non ! Cette fois je suis en droit de savoir, non ? Je dépends quand même quelque part de ce que vous allez me dire pour le rapport que je ferais aux autorités. Si je dois « oublier « quelques petites choses, je veux savoir quoi !
Il esquivait son regard et restait silencieux. Pourquoi ne lui disait-il pas simplement ?
- Que me cachez-vous ?
- Joan, nous avons eu une relation intime pendant plusieurs mois.
- Nous deux ? ! Et vous me vouvoyez encore ?
- C’est vous qui vouliez que je vous le dise !? Ce n’était pas nécessaire, de toute façon vous n’en gardez aucun souvenir ! basta !
- Vous en avez du culot de tout décider à ma place! Vous trouvez sans doute correct de m’avoir mise dans votre lit et de ne pas m’en informer ?
- Je trouvais cela effectivement plus respectueux. Joan avait les yeux écarquillés de stupeur.
- Pourquoi l’avez-vous caché?
- Joan, cette discussion n’a aucun sens. Je vous fais du mal, faisons comme si rien ne s’était passé et ..
- Pourquoi ?
- Quoi , pourquoi ?
- Pourquoi l’avez-vous caché ? demanda-t-elle d’un air buté,
- Nous nous sommes quittés sur une dispute. C’est la raison pour laquelle je n’avais pas envie d’en parler.
- C’est donc ça la trahison que je sentais quand vous m’avez enlevé le collier ? Pourquoi ?
- Quoi ?
- Pourquoi nous sommes nous disputés ?
- Joan..
- Je vous préviens je suis têtue, si ce n’est pas aujourd’hui je finirais par savoir quand même.
- Je sais, dit-il en soupirant d’un air sombre. Simon m’avait déjà libéré bien avant vous, j’en ai bassement profité, vous avez découvert que j’étais libre, que j’avais récupéré mon ancienne identité sans vous le dire et vous l’avez mal pris... me reprochant de vous surprotéger.
Quelque part cela la rassurait que ce soit lui, mais quelque chose lui échappait.
- Vous en avez gardé un si mauvais souvenir ?
Il évitait son regard.
- Vous m’avez offert les plus beaux jours de ma vie , Joan.
- Dans ce cas je comprends encore moins.
- Il faut être réaliste ,Joan, je ne peux rien vous apporter dans ma vie actuelle
- Vous voulez donc laisser tomber dans l’oubli ce passé, n’est-ce pas ? Profiter de ma mémoire défailllante ?
- C’est plus raisonnable, non ? Ni vous, ni moi ne sommes prêts à renoncer à nos carrières, n’est-ce pas ?
- Vous me prenez pour qui ?
- Pardon ?
- Une fille facile ou une idiote ?
- Non, pas du tout. Comment pouvez-vous penser cela ?
Elle le regardait intensément, il sentait qu’il l’avait blessée, rien n’allait comme il le voulait, les larmes coulaient silencieusement.
- Joan…
Il allait de nouveau résister, elle le sentait, elle voulait au moins un souvenir clair. Elle se blottit contre lui, rassuré il ne se méfia pas, la consoler dans ses bras était son truc, même avant. Mais elle releva la tête, posa sa main sur sa joue et l’embrassa très doucement ; elle le sentit frémir. Elle insista alors un peu plus, spontanément leurs lèvres s’ouvrirent et il l’embrassa passionnément. Il l’aimait malgré tout mais il la repoussa fermement au bout de quelques instants.
- Non , je t’en prie, c’est de la folie ! Et il partit vers la cabine de pilotage. Joan resta plantée là, fière d’elle et en même temps un peu craintive. Elle le rejoignit auprès de Mala, sans rien dire. Ils venaient de trouver un contact, Curtis était déjà concentré sur le tableau de bord. Elle avait bien l’intention d’attendre son heure.

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Sam 15 Aoû 2015 - 09:35
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
Trois vaisseaux de la police interplanétaire avaient répondu à leur SOS,
« Bien reçu. Nous sommes à cinq jours de route de vous. Tenez bon. Attendons ordres du président avant d'entrer dans votre galaxie.. « On ne pouvait pas faire plus vague. Curtis était contrarié,
- Nous n'avons pas cinq jours devant nous. »dit-il
- Qu'allons -nous faire chef?
- Envoie un message confirmant la réception .Réponds leur que nous sommes obligés d'intervenir et que nous avons besoin d'une dizaine de vaisseaux pour rétablir la paix, dont un vaisseau médical et une délégation diplomatique.
- Rien que ça? Que comptes- tu faire? « Joan l'avait tutoyé devant Mala, qui tiqua en souriant mais ne dit rien. Curtis avala sa salive et la fusilla du regard, elle avait décidé de ne pas lui faciliter la tâche. Il répondit posément,
- Je pense que tirer dans le tas est une mauvaise stratégie, nos renforts vont arriver, nous devons protéger les villages en utilisant la force de dissuasion, cela nous mettra les humains, qui ne nous connaissent pas encore dans notre camp et fera comprendre au reptiliens qu'ils ne sont pas les plus forts. Nous essayerons de gagner du temps.
- Cela peut marcher, nous en avons beaucoup discuté avec mon ami « le professeur Simon arrivait avec Panathénon
- Je suis prêt à servir d'intermédiaire avec le roi, Capitaine, fit le reptile.
- Merci Panathenon mais ce n'est pas sans risque.
- Je le sais. Les reptiliens et les hommes me considèrent comme un être contre nature. Je suis bien placé pour rêver d’une société comme la vôtre.. Si je n’avais pas eu une chance incroyable je croupirais dans une fosse à déchets. A cause d’êtres comme moi qui montrent que reptiles et humains peuvent s’aimer, les deux espèces se comportent comme des barbares. Moi-même je ne sais pas si je suis plus reptile ou humain. Avant de vous rencontrer je croyais que mon intelligence venait des reptiles. … Les hommes nous massacrent sans pitié, nous ecorchent et exhibent leurs trophées tandis que les reptiles vous utilisent comme des jouets ou vous prostituent …
- Je n’ai pas été prostituée ! s’exclama Joan, choquée
- Parce que vous savez vous défendre, Eumenios avait d’autres projets. N’at-il jamais montré qu’il aurait pu vous forcer ? Joan se souvint alors des yeux de son ancien maître et d’un homme menaçant dans une endroit sombre. Elle frémit quand elle vit Curtis baisser les yeux et comprimer les poings. Que savait-il ?
Le souvenir était très désagréable, des sensations d’insécurité se bousculaient en elle. Elle se mit à détester le reptile. Curtis aurait pu le tabasser.
- Vous voyez ? dit-il d’un air entendu.
- Joan , ce n’est pas parce que cela aurait pu arriver que cela s’est passé. Joan sentit la main de Curtis sur la sienne, son regard se voulait rassurant. Troublée , leur conversation ne lui semblait plus audible.
- Quoi ?! firent Curtis et Mala en se regardant. Joan sursauta, de quoi parlaient-ils de nouveau ? Elle entendit parler de viols, d’humiliations publiques, de lapidations, de meurtres, les horreurs d’une guerre sans pitié accentuaient son dégoût face à cette créature . …Un malaise profond l’envahissait , l’incitant à fuir leur présence.. La vision d'une femme qui l’examinait, le bonheur intime d’être mère et en même temps une oppression incontrôlable, le noir total. Elle voyait du sang et des préparatifs luxueux. Le sentiment de ne pas avoir le droit de parler et l’obligation d’être magnifique, souriante. Paniquée Joan regarda s’ils avaient remarqué quelque chose. Curtis l’observait, inquiet. Panathénon et le professeur continaient de parler de leur plan avec Mala. Elle s’éclipsa discrètement, il la suivait du regard
- Curtis ? l’interpella le professeur
- Oui professeur ?
- Nous avons pensé à quelqu'un d'autre pour m'accompagner, compléta le reptile
- vous connaissez un autre volontaire pour une mission suicide? Dit-il sarcastique
- Eumènios et Olynthe, vos anciens maîtres »
Curtis le regarda d’un air sceptique, il comprenait maintenant comment on pouvait détester quelqu’un d’intelligent.
C’était donc cela, cette froideur qu’on voyait en lui ? Il aurait aimé qu’on lui accorde une pause mais il savait qu’elle ne viendrait pas. Avant Joan cette éventualité ne l’aurait même pas effleuré. Il avait changé. Non, elle l’avait changé. Il lui fallut faire un énorme effort pour se concentrer sur la conversation,
- Euménios et Olynthe sont emprisonnés, voués à l'exécution publique. Attale n’a pas intérêt à exécuter un personnage aussi influent, sa position est très fragile car il voudrait rétablir une paix que personne ne veut. Eumènios est connu pour sa position extrême contre les humains, le fait d'arriver devant eux en présentant de tels repentis aura plus d'effet qu'en venant comme de simples étrangers.
- Ils n’accepteront pas, dans leur cas la mort n’est-elle pas politiquement plus habile ?
- Sauf si on met en avant leur retour en grâce,
- Intéressant, c'est très habile « apprécia Mala. Un signal retentit, les interrompant
- déjà leur réponse?
- Non, c'est un autre vaisseau, c’est très mauvais et faible.
L'image brouillée du pilote apparut pourtant suffisamment pour déclencher un cri unanime
- Ezzra!
- Cap...ain...m'ent...vous? Puis le signal coupa.
- Il faut retourner dans l'atmosphère pour les comprendre, chef!
- Bien , surtout ne perd pas le signal, nous reprenons le contact dès que possible, surtout ne le perds pas !
. Il s'assit au poste de pilotage, les vieux réflexes le concentrèrent sur la poursuite du signal . C’était un vrai soulagement. Il comprenait que la paix serait difficile à obtenir, lui-même avait ressenti cette haine, comment la dépasser ? Etait-il en droit de l’exiger de personnes qui subissaient tout ceci depuis plusieurs générations, dans leurs familles ? L’ampleur de la tâche semblait impossible à réaliser. « Fréquence en nord ouest , capitaine ! « Il secoua la tête comme après un mauvais rêve. Curtis redevint le capitaine et tout fut beaucoup plus simple.
Joan fixait l’horizon dans sa cabine, seule.

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Sam 15 Aoû 2015 - 18:31
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Sujet du message: [fan fiction] L'identité
J'ai modifié quelques passages qui n'exprimaient pas assez ce que je voulais dire, dites moi si j'ai eu raison!

Question

Le cyberlab suivait le signal, Panathénon vit avec surprise le professeur planer vers l’arrière du vaisseau. Il hésita mais jugea sa présence plus utile auprès des pilotes.
Simon s’arrêta derrière Joan. Elle se retourna, sourit poliment.
- Je sais que je vous en demande beaucoup Joan mais laissez lui le temps de comprendre

Elle resta silencieuse.

- Vos souvenirs reviennent par vagues, n’est-ce pas ?
Toujours pas de réponse.
- Il faut que les deux personnalités créent une mémoire cohérente, Curtis est aussi passé par là. C’est très destabilisant mais plus constructif si vous le faites vous-même.

Elle se retourna de nouveau.

Simon repartit chercher Panathénon, il devait faire quelque chose.
Le contact s’améliorait au fur et à mesure qu’ils pénétraient dans l’atmosphère, Ezzra proposait de les guider pour se poser.
Soulagé ,le capitaine constata avec surprise que le reste de l’équipe n’était plus là, il voulait récolter le plus d’informations utiles. Il lança l’enregistrement automatique des paramètres, Mala et lui faisaient équipe comme toujours. Les professeurs les rejoignirent au bout de quelques minutes , tout rentrait dans l’ordre. Joan s’assit à sa place, elle était calme.
Les deux vaisseaux survolèrent à nouveau la zone frontière où les troupes s’accumulaient et volèrent lentement à basse altitude pour les impressionner. L’effet ne se fit pas attendre, ils virent des cavaliers repartir en direction de la ville pour lancer l’alerte. Les vaisseaux se posèrent dans une zone proche du village d’Ezzra.
Le cyberlab beaucoup plus grand que le vaisseau de John impressionna les habitants, qui n’osaient pas approcher. Ezzra sortit précipitamment retrouver le capitaine, Mala. L’accolade ne fut pas seulement chaleureuse, les deux hommes étaient émus de se retrouver encore en vie car chacun avait pris conscience de la fragilité de leur sort. Ezzra trouva même Mala humain. Lorsqu’il embrassa Joan , elle lui rendit une impression de fragilité qu’il ne lui connaissait pas mais elle donna rapidement le change.
C’est dans le regard du Capitaine que son impression se confirma. Les amis se connaissaient suffisamment pour comprendre néanmoins que ce n’était pas encore le moment des confidences. Aucun n’avait parlé durant ces retrouvailles, John était resté en retrait avec Malik, intrigué par Mala et le professeur.
Panathénon attendait dans le vaisseau, en retrait.
- Capitaine, laissez moi vous présenter John Mitchells, archéologue membre de l’équipe que nous cherchions au départ, et Malik, le fils du chef de ce village, un ami désormais.
- Enchanté, Curtis Newton, voici Mala, Joan Randall, le professeur Simon Wright.
Ils se serrèrent tous la main. Ezzra reprit,
- La situation de ces habitants est critique capitaine , l’invasion imminente et vu le nombre d’assaillants sans doute en notre défaveur,
- Je l’ai vu, nous avons un plan mais pour cela il faut que vous me garantissiez la vie de mon passager,
Ezzra le fixa, intrigué mais il connaissait le capitaine, il posa la main sur le bras de Malik en le regardant d’un air qui voulait dire « faites lui confiance ». Curtis fit signe au professeur, qui plana pour chercher le mystérieux inconnu. Ils se rendirent tous à l’entrée du cosmolab.
Ezzra n’eut pas besoin d’explication, Malik un haut le coeur, il fallait dire que Panathénon ne faisait pas vraiment d’effort pour avoir l’air accueillant. Le métis était sur la défensive également. La tension du moment était perceptible, Curtis insista.
- Panathénon est une victime comme nous tous, c’est un métis, rejeté par les reptiles mais ayant vécu à la cour, sa connaissance de leur monde nous est très utile. Promettez moi de garantir sa vie , c’est un savant, une aide précieuse.
- Quel est votre plan ?
- Nous allons utiliser la force de dissuasion. Il expliqua alors son projet de sécurisation de la frontière et si possible grâce à l’arrivée d’une flotte de renfort, l’instauration d’un armistice, voire d’une paix définitive sous l’égide des nations unies.
Malik observait cet homme, son regard droit et franc lui plaisait, quelque part il lui faisait penser à un Ezzra jeune, or il avait confiance en Ezzra et Ezzra faisait confiance à cet homme. La jeune femme qui l’accompagnait était très belle, lui rappelait Mina, elle avait le regard de ceux qui viennent d’être libérés. Ce souvenir et cette créature faisaient remonter en lui quelque chose de mauvais, très mauvais, il en tremblait, il reconnaissait les symptômes.
Panathénon l’observait aussi,
- Je sais ce que vous ressentez face à moi, la haine que je vois en vous est la conséquence d’une captivité n’est-ce pas ?
Malik fut très surpris par sa voix, cela n’allait pas avec son physique, il le regarda dans les yeux et constata qu’ils étaient humains. Troublé Malik redevint fidèle à lui même.
- Je vous aiderai mais il y a des faits impardonnables sur lesquels on ne peut revenir. Répondit-il sèchement, puis se tournant vers Curtis :
- je ne suis pas sûr de pouvoir contrôler les réactions que votre « invité » va déclencher.
- Nous essayerons en tout cas, Ezzra êtes vous armé ?
- Peu, de vieilles armes.
- Nous avons tout ce qu’il faut dans le cyberlab. Mala, tu nous les apporte ?
- Entendu chef !
.
Le temps qu’ils avaient pris pour les retrouvailles intriguait les habitants, Tantar envoya quelques guerriers en reconnaissance.


La vue de ces créatures bizzares arrêta l’avancée des hommes venant à leur rencontre. Ils n’avaient jamais vu un groupe pareil, une boîte volante, un individu d’une autre espèce et une créature hideuse, sans doute reptilienne mais aussi familière quelque part, accompagnaient un homme roux qui discutait avec John, et une femme aux cheveux d’or, qui les suivait. Malik avec Ezzra doublèrent le groupe pour aller à leur rencontre ;
- Ne craignez rien, ils viennent en amis, accompagnez nous auprès de Tantar, il faut réunir le conseil. C’est important
- Qui est-ce ? Un reptile ?
- Nous en parlerons devant Tantar, en attendant il est sous ma responsabilité, le premier qui l’attaque, aura affaire à nous, d’accord? Faites nous confiance, nous savons ce que nous faisons. Répondit Ezzra fermement.
Malik baissait les yeux.
- Clair, nous vous accompagnons. Patrocle va les prévenir.
Leur entrée du village se fit pourtant dans une ambiance pesante presque hostile. Les habitants se rassemblaient sur leur passage. Sur le chemin Ezzra avait essayé de parler à Curtis mais la situation extremement tendue ne leur permettait pas de discuter tranquillement . Joan eut l’impression que cela la concernait parfois, mais elle se sentait intérieurement si misérable que cela l’indifférait. C’était un mauvais jour, elle se connaissait suffisamment pour savoir que demain elle arriverait mieux à prendre sur elle. Elle ne voulait pas en parler avec lui , en tout cas pas avant d’avoir mis de l’ordre dans ses idées. Le professeur l’avait prévenue et elle voulait y arriver seule.
On les fit entrer dans la maison du chef, il les attendait , assis, entouré de ses guerriers. Les regards se concentraient sur Panathénon et Simon mais Joan eut aussi une sensation désagréable .Le chef calma d’un geste l’agitation de ses guerriers à leur venue en faisant chercher quelqu’un. Le silence fut pesant. C’est alors qu’une femme, plutôt âgée vint par une porte dérobée et se posta devant eux. Elle parla à Malik et Ezzra dans une langue que comprenait Curtis mais pas Joan. L’échange dura quelques minutes. Elle comprit au regard que s’échangèrent Ezzra et Curtis qu’il s’agissait d’elle , mais ce fut Curtis qui lui parla ;
-Joan , il n’est pas coutume ici qu’une femme assiste au conseil, c’est une tradition masculine.
-Ce n’est pas un problème, je peux vous attendre dehors. Vous savez ce que j’en pense, mais vu l’attitude des gens ici je ne vois pas l’intérêt de compliquer les choses. «
-Merci, Joan, il n’y a pas que cela, vous ne pouvez rester seule dehors ; quoi qu’il se passe nous en parlerons après, d’accord ?
-comment cela ?
La femme devant eux et Tantar commençaient à être impatients, elle donna un foulard d’un geste sec à Ezzra. Il regarda le capitaine et le lui remit, Curtis le prit, hésita puis le posa sur Joan, surprise mais docile. S’il ne fallait que porter un foulard, ce n’était pas trop grave. La femme le lui mit correctement sur ses cheveux et la regardait d’un air sévère, une jeune femme plus jeune rentra alors avec un plateau sur lequel se trouvait un verre d’un liquide blanc et une arme. Elle regarda Ezzra d’un air entendu, il semblait gêné mais ne dit rien et prit l’arme qu’il donna à Curtis qui la lui transmit, Ezzra la reprenant ensuite de ses mains. Joan pensa à un rituel d’accueil. Mala et Panathénon n’étaient pourtant pas concernés. La jeune femme brune lui sourit gentiment et lui donna alors le verre de lait, elle en but une gorgée et comprit qu’elle devait transmettre ce verre à Curtis, qui en but aussi. Tantar dit ensuite quelques mots, Curtis acquiesça et se tourna vers elle, lui chuchotant dans l’oreille.
-Joan, fais moi confiance, il en va de ta vie, surtout ne réagis pas de manière excessive, je t’expliquerais.
Elle opina ,surprise d’être de nouveau tutoyée, remarqua que Mala souriait comme jamais. Il les encouragea en levant le pouce , Curtis le fusilla du regard. De quoi s’agissait-il donc ? Lorsqu’il la saisit par la taille pour l’embrasser devant tout le monde, elle en eut le souffle coupé. Curtis la relâcha aussitôt et enchaîna les pourparlers, la laissant plantée là, sans aucune explication. Ezzra semblait embêté, il se grattait la tête.
On ne lui laissa pas le temps de poser une seule question, la femme âgée la prit par le bras , la plus jeune l’en empêcha vivement . Vexée l’autre femme répondit d’un ton agacé, repartit aussitôt et la jeune femme lui expliqua;
- Je te souhaite la bienvenue dans notre village, Joan. Il faut maintenant me suivre, dit-elle dans sa langue, mon nom est Stina,

Joan regarda Curtis puis Ezzra, qui l’y encouragèrent discrètement avant de rentrer dans la salle du conseil. Elle suivit Stina en se demandant bien ce cette cérémonie signifiait vraiment. Joan sentait qu’elle perdait pieds sous l’effet de la colère, que lui arrivait-il ?

Si elle s’était sentie mieux, ils n’auraient pas pu se débarrasser d’elle comme cela. Elle serra les poings pour se maîtriser. Il fallait faire attention, ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle se trouvait en immersion.



Stina l’emmena dans une maison, lui posa d’autres habits dans les mains, en expliquant ;
- Tu ne peux rester dans cette tenue, chez nous il est interdit qu’une femme soit habillée comme un homme,
- J’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’interdits pour les femmes !
- Ne nous juge pas trop vite,
- Excuses moi, comment se fait-il que tu parles notre langue?
- Ta langue c’est Ezzra, mon mari qui me l’a apprise.
Joan n’en revenait pas, Ezzra marié ! A New York elle aurait cru à une mauvaise blague.. Ezzra marié en mission et elle dans une situation si absurde!! Elle avait l’impression d’être dans un cauchemard. Cette femme était si jeune comment Ezzra avait-il pu ? L’image de Curtis tout honteux lui revint en mémoire. Sarcastique Joan ricana , ainsi même Ezzra s’offrait le repos du guerrier. Une bouffée de haine l’envahit, sale planète ! Cette femme la regardait avec tant de colère que Stina s’était arrêtée de parler. Joan s’en rendit compte. Elle lui fit bonne figure, gênée. Son attitude la dépassait complètement, il fallait qu’elle se calme, d’où venait cette colère ? Ce n’était pas dans sa nature pourtant. Stina la regarda attentivement, elle était troublée par l’apparence de Joan et reconnaissait les symptômes de son frère.
- Votre colère vient du collier que vous avez porté il y a peu, non ?
Joan acquiesça, c’était donc visible ?
- Cela va se remettre en place, il faut attendre que les souvenirs collent ensemble.
- Comment le savez-vous ?
- Tous ceux qui sont passés par là le savent, moi c’était plutôt le désordre, l’angoisse, la culpabilité. Ezzra a aussi mis du temps a accepter mais il est plus âgé, c’était différent.
Ezzra m’a dit que vous étiez des amis, mais je ne connais pas vos coutumes. Ici il est interdit d’avoir deux femmes, c’est clair.

Joan ne put s’empêcher de rire, et devant le regard sérieux de Stina comprit que cela pouvait être mal interprété. Elle avait l’impression d’être en plein délire, Ezzra deux femmes ? Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous sur cette planète ?

Dans un dernier effort Joan se força à répondre de manière professionnelle, la seule façon de mettre de côté le sac de nœuds dans lequel elle semblait perdue.
- Ezzra est juste un très vieil ami, que je n’aurais jamais imaginé penser à autre chose qu’au travail. Nos relations sont professionnelles, je suis lieutenant de police. Il est comme un père pour moi, je ne le voudrais pas comme compagnon, il est trop vieux !
Stina la fixa intensément. C’est ce qu’il lui avait dit,
- ta société condamne des mariages comme le nôtre ?
- Ecoute , je suis éreintée et je n’ai pas tous les éléments pour comprendre ce qui se passe, j’ai juste besoin de m’allonger. « Joan n’en pouvait plus, professionnelle ou pas, elle se disait qu’elle deviendrait institutrice .
Stina la fixa de nouveau. Joan se leva , à bout, une sorte de colère désespérée qui la fit renverser la chaise. Stina eut même un peu peur.
Joan s’excusa aussitôt. Elle ramassa la chaise, s’assit .
- Dure journée.
- Nous allons avoir un enfant.
- Quoi ?! Joan était sidérée. Jamais Ezzra n’avait eu à sa connaissance de véritable liaison en mission. Elles devaient être proches en âge. Fallait-il maintenant qu’elle tienne une discussion si délicate ? Elle répondit d’une voix fatiguée
- Stina, Ezzra ne m’a jamais fait de confidences personnelles, mais c’est vrai que chez nous les femmes de notre âge ont l’habitude de fréquenter des hommes proches d’elles.
- Comme toi et …Curtis Newton ?
Joan rougit, ce n’est pas avec elle qu’elle avait envie d’en parler et elle se sentait lasse de surveiller ses paroles et ses actes, depuis la sortie du vaisseau cela lui pesait. Elle avait juste envie de tout arrêter, de rentrer dans son studio, voire New York et tout oublier.
- J’ai besoin de me reposer, où puis-je m’allonger ?
- Tu pourras aller dans ta maison quand elle sera prête. Nous nous occupons de tout, ne t’inquiète pas.
- Ma maison ? Nous ne venons que pour remplir une mission, je n’ai pas l’intention de m’installer ici....Une maison n’est pas nécessaire, une chambre pour moi suffit. Je crois même que nous allons retourner au vaisseau ce soir. J’ai juste besoin d’un fauteuil pour les attendre.
- Tu n’iras pas avec eux, c’est interdit qu’une femme aille chez les reptiliens. Le village est responsable de ta protection depuis ton mariage.
- Mon quoi ? !
- Je croyais que tu avais compris ce qui s’est passé tout à l’heure. Toutes les femmes sont en train de te préparer ta maison en ce moment, c’est ta place désormais.
- Je suis un agent du gouvernement ! Joan n’en revenait pas, il ne manquait plus que cela, elle qui espérait être seule !. Elle sentit qu’elle était sur le point de craquer.
- Je ne sais pas ce que cela veut dire. Ezzra a dit que Curtis et toi étiez aussi proches que des époux, il pense que c’est la seule solution pour être entendu au conseil, c’est pour cela qu’il fallait que moi je te marie. Je suis la fille du chef et en faisant cela je t’accepte au village, ton mari a donc le droit d’y parler. Veux-tu bien te changer maintenant ? J’ai hâte de savoir comment vivent les femmes de ton village mais je dois aider les autres pour le repas.

Stina sortit en faisant bonne figure, mais en fulminant intérieurement contre son frère et Ezzra, ils lui avaient laissé le mauvais rôle alors qu’elle aurait voulu que Joan devienne une amie. L’agitation qui régnait dehors montrait que les négociations étaient houleuses. Ezzra semblait en difficulté face au conseil, elle eut peur pour lui et se dépêcha de rejoindre les autres femmes pour savoir ce qui se passait.
Joan n’avait plus l’énergie de tenir bon, la dernière nouvelle l’avait achevée et elle se changea sans vraiment s’en rendre compte. Ils avaient de nouveau trouvé un moyen de l’évincer. Curtis comptait-il sur ses sentiments pour la manipuler ? Elle ne l’aurait pas cru capable de faire cela.

Stina la trouva endormie sur une chaise, la tête sur la table, elle la réveilla. Joan épuisée nerveusement, la regarda sans réagir :

-je t’ai apporté de quoi manger, les discussions se passent mal, cela va durer,
-je n’ai pas faim,
- Ecoute, prends en un peu , je t’ai préparé une decoction pour t’aider à dormir et je t’emmène chez toi, d’accord ? Joan se laissa faire comme une enfant, goûta, avala quelques bouchées. Elle était outrée, frustrée et vidée. Elle se trouvait ballotée sans avoir de prise sur les événements. Manger la fit craquer et elle pleura dans les bras de Stina , qui la calma doucement. Elle lui avança la préparation. Joan but une gorgée, le goût était écoeurant mais chassa le désordre en elle. Soulagée , elle se blottit dans les bras de Stina reconnaissante. Stina en eut les larmes aux yeux. Mina. Elle incita alors Joan a raconter ce qui se passait et Joan , tout en sachant qu’elle ne l’aurait jamais fait en d’autres circonstances lui dit tout, sans pouvoir s’arrêter. Sa survie était en jeu. Stina l’écouta sans rien dire et comprit à quel point elle avait eu de la chance avec ses maîtres. Elle serra Joan très fort contre elle. Elle donnerait tout ce qu’elle avait pour que cette guerre s’arrête, Ezzra avait raison, ils étaient des barbares.
- Viens, tu dois te reposer, le sommeil te fera du bien. En la soutenant, Stina l’emmena chez elle, l’aida à se coucher et ferma la porte songeuse. Elle décida d’interrompre la séance et de ramener ce Curtis Newton. Ezzra et son frère allaient aussi l’entendre.

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