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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
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Dim 22 Déc 2013 - 15:12
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Première partie

Grag reste un moment aux côtés de la jeune femme, puis silencieusement, il ressort de la pièce. Pensif, il rejoint Otho et Simon dans le laboratoire. Son air sérieux et son absence de réaction à la pique qu’Otho lui a lancée en entrant font tout de suite comprendre à ses deux amis que quelque chose de particulier est en train de se passer.

- Qu’y a-t-il, Grag ?, demande Simon doucement.

Le robot secoue la tête. Otho s’approche de son ami.

- Il y a un problème avec Joan ?, demande-t-il soudain inquiet.
- Je ne pense pas qu’il s’agisse vraiment d’un problème, répond le robot, gravement. Mais…

Il soupire, puis reprend :

- Elle est amoureuse.
- Non, oh !!!, s’exclame Otho, d’un air ravi. Et de qui ?
- Boule de gomme ! Tu as trop regardé les anneaux de Saturne ou alors tu as pris de la poussière lunaire dans les yeux pour n’avoir rien remarqué !

Otho grogne, réfléchit quelques secondes et un nouveau sourire ravi s’affiche sur son visage.

- Le gars qu’on a ramené à New York ?
- Ah quand même…
- T’en es sûr ?
- Oui.
- Elle t’a fait des confidences, demande Otho, un rien déçu.
- Non, elle m’a juste posé une question.
- Ah ? Et tu en as déduit…
- Qu’est-ce que tu comprendrais toi à la question : "Quel temps fait-il aujourd’hui sur Espanola ?" Hein ?
- C’est sûr que…
- Et tout ça, de cet air songeur qu’on ne lui a pas vu depuis longtemps.

Simon écoute en silence l’échange entre les deux amis. Mais il bouge doucement ses globes oculaires, sa manière à lui de sourire.

- C’est une excellente nouvelle. Mais encore faut-il qu’elle l’accepte.
- Tu es défaitiste, professeur.
- Non, Otho, seulement réaliste. Mais laissons-la tranquille, ne lui en parlons pas, nous verrons avec le temps.
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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Dim 22 Déc 2013 - 15:12
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Dim 22 Déc 2013 - 15:12
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Flamme :

Coucou Limeye!

Un dernier message avant de partir: quelle manière touchante de commencer ton récit! C'est amené de manière si sensible, tout en laissant deviner les dificultés à venir concernant l'acceptation de ce qui lui arrive.... [eyeheart]

J'aime beaucoup le contraste entre les passages sérieux, sensibles, romantiques, scientifiques, et ceux où ressort une pointe d'humour, qui sont aussi très importants pour moi... C'est la diversité de toutes ces émotions qui me rejoint et me fait tant apprécier les récits!

Bon WE! [hello]

Flamme

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Limeye :

Coucou Flamme, coucou à toutes !

comme tu dis, c'est le mélange des "couleurs" que l'on donne au récit qui en font aussi son attrait ! J'avoue que dans cette histoire "inversée", outre le fait de m'amuser beaucoup à imaginer des situations connues mais vécues de l'autre côté, ce qui me plaît peut-être le plus est d'imaginer comment Grag, Otho et Simon se comportent face à Joan, l'ambiance différente qui se crée du fait que ce soit elle, et non Curtis, qui soit le chef, dont ils se sont occupés aussi. C'est autre chose...

voici la suite, qui va vous permettre d'en savoir plus sur la famille Newton. Là aussi, ce sont des passages que je me suis bien plu à écrire, j'espère que vous aimerez aussi !

bizz

Limeye Smile
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Dim 22 Déc 2013 - 15:14
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Les semaines ont passé, et malgré le travail, la recherche d’un appartement et diverses fêtes de famille marquant notamment l’anniversaire de son père, de Patrick et de Mathilde, Curtis Newton n’en oublie pas moins Joan Randall. Chaque soir ou presque, la lune lui rappelle que celle-ci y vit, y travaille, en compagnie d’étranges compagnons. Il n’a aucun moyen de la contacter, hormis via le colonel Gurney, mais il ne veut pas passer par cet intermédiaire. Il n’a jamais eu besoin de personne pour sortir avec une fille, ce n’est pas maintenant qu’il va commencer.

L'été est désormais bien installé, il fait très chaud à Ottawa, comme à Espanola. Toute la famille a gagné l'île Manitoulin, sur les bords du Lac Huron, où les parents de Curtis possèdent une belle résidence secondaire, face à l'île de Fitzwilliam. La grande maison de bois est assez fraîche, l'été. Elle est entourée d'une vaste prairie qui descend jusqu'au lac. A un petit ponton est attaché le bateau à moteur avec lequel le père de Curtis va régulièrement à la pêche. C'est l'un de ses rares loisirs et dès qu'ils sont ici, il y passe une grande partie de ses matinées, ne revenant que pour le déjeuner.

Curtis vient rejoindre sa famille pour quelques jours de congés, au passage, il a embarqué sa sœur, Stéphany, et son neveu. A huit mois, Eddy commence à ramper partout, mais Mathilde sera ravie de jouer à la poupée avec lui. Durant le trajet, entre Espanola et le village de Little Current, sa sœur ne le lâche pas :

- C'est vraiment fini avec Solange, alors, Curt ?
- Oui, je t'assure que j'ai été clair ! Je lui ai dit clairement que c'était fini.
- Bon, au moins, pour une fois... tu auras bien rompu, sans faire traîner les choses.
- J'ai toujours l'impression d'être un monstre quand tu dis cela.
- Tu es juste un homme qui n'ose pas dire les choses, c'est tout. Tu n'as jamais eu de mal à emballer une fille, avec le physique que tu as, le contraire serait étonnant, mais...

Il la coupe :

- Mais j'aimerais bien qu'elles ne m'aiment pas QUE pour mon physique.

Stéphany sourit :

- Pas de dangers, tu as plus d'un petit pois dans la tête.
- Tu sais que je t'adore, Stéphany ? Tu as une manière de dire les choses...
- C'est une forme de poésie, cher petit frère. Mais revenons à nos moutons. Il y a quelqu'un d'autre ?
- Comment ça ?
- Idiot ! Une autre fille ?
- Pas vraiment.
- Ca, ça veut dire que tu as un plan en vue.
- Encore faut-il que j'arrive à dresser un plan.

Stéphany lui jette un coup d’œil en biais, c'est lui qui conduit, et elle s'étonne :

- Faut-il que je retire ce que j'ai dit tout à l'heure concernant tes talents de séducteur ?
- Steph, tu m'expliqueras comment je fais pour revoir une femme avec laquelle je n'ai passé que quelques jours, qui ne vit pas sur Terre, qui passe son temps dans un vaisseau extraordinaire à sillonner l'univers et qui ne semble pas vraiment vouloir s'embarrasser d'un compagnon, et même pas d'un boy-friend ?
- Alors tu es tombé sur un os. Un peu de difficulté ne t'a jamais fait peur pourtant, je me souviens de la petite hispanisante, Bianca... elle t'a fait tirer la langue pendant quelques semaines avant de craquer.
- Ca n'a rien à voir. Bianca était une chic fille. Mais un amour de vacances.
- Bon, et elle habite où ta nouvelle princesse ?
- Sur la Lune.

Stéphany manque de s'étouffer et tousse, hoquète :

- Sur la Lune ? Tu te fiches de moi ?
- Pas du tout.

Elle se renfonce dans son siège, regarde le paysage qui défile. Ils ont déjà passé le pont transbordeur depuis un bon quart d'heure et sont prêts d'arriver. Curtis n'est pas mécontent de traverser le petit village, puis de prendre la route qui serpente le long de la côte et de voir enfin se dessiner le toit de leur maison. Stéphany ne lui a été, pour une fois, d'aucun secours, et il n'a pas envie de parler plus de Joan avec elle. Alors qu'il coupe le contact et ouvre la porte, il s'étonne juste d'une chose : sa sœur n'a pas eu la curiosité de lui demander le prénom de celle qui hante son cœur et ses pensées.

**


Joan se redresse, passe sa main dans ses longs cheveux blonds, soupire, se tourne vers Simon et lui adresse un grand sourire :

- Voilà, nous avons terminé ! Je suis contente d’être venue à bout de cet inventaire ! La flore de Vénus est si riche…
- Et encore, nous n’avons pas exploré les zones les plus humides.
- Il faut que l’on organise cela prochainement. Dans les marais, on trouve toujours des choses intéressantes.
- Oui.
- Bon, je vais ranger ces échantillons et je vais me préparer un bon thé !
- Tu l’auras bien mérité, je suis même étonné que Grag ne soit pas encore venu te signaler que tu n’avais pas mangé depuis plusieurs heures.

Elle rit. Simon émet le petit bruit qui est son propre rire. Il aime beaucoup entendre le rire de Joan. C’est un des bonheurs de son étrange existence.

Joan glisse la dernière petite palette de pousses qu’ils ont étudiées ce matin-là dans la grande armoire réfrigérée où ils conservent tous leurs échantillons. Puis elle sort du grand laboratoire de Tycho et gagne la partie d’habitation de la base. Elle sifflote dans le couloir :

We'd go down to the river / And into the river we'd dive / Oh down to the river we'd ride *

et très vite Eek et Oog viennent la saluer.

- Coucou, petits monstres ! Où sont vos maîtres ?

Oog couine, Eek jappe et ils la devancent en cavalant vers le salon. Par la porte ouverte, elle entend la conversation entre ses deux amis.

- … qu’on va repartir bientôt, mon vieux Grag ?
- A mon avis, dès que Joan et Simon auront terminé, la chef voudra repartir faire un tour dans les étoiles. A moins que Carthew n’ait besoin de nous quelque part…
- Coucou vous deux ! Vous vous ennuyez ?
- Ah Joan ! Vous avez terminé ?
- Oui, ça y’est. Et vous ?
- Le Comète est prêt à décoller, dès que tu en donneras l’ordre !, répond Otho avec une certaine emphase.
- Tu n’as pas envie d’un petit voyage ? Ca fait des semaines qu’on n’a pas bougé de Tycho.
- Depuis notre expédition sur Calypso, c’est vrai, reconnaît Joan. Bon, je me fais un thé, qu’as-tu préparé pour ce midi, Grag ?
- Tu vas faire d’une pierre deux coups entre ton déjeuner et ton goûter, vu l’heure…
- Désolée, je suis un peu décalée en ce moment, je voulais vraiment qu’on finisse l’inventaire avec Simon.

Elle ressort de la pièce pour gagner la belle cuisine, s’installe à table et Grag lui présente un délicieux gratin de chou-fleur aux lardons.

- Et je t’ai préparé un gâteau au chocolat pour ton dessert ! J’ai empêché la gomme balloune d’y goûter en premier.
- Merci, Grag, vas-y, Otho, sers-toi. Je sais que tu en meurs d’envie !

Otho se sert une minuscule part, renifle, prend un air dégoûté qui ne trompe personne, avale une bouchée et se resserre plus généreusement. La bouche pleine, il marmonne :

- Me demande si celui de Curtis est aussi bon…
- Tu disais, Otho ?, dit Joan avec petit sourire en coin.
- Rien, rien…

Elle pique la tête vers son assiette, la remarque d’Otho ne lui a pas échappée, et elle se demande si Grag n’a pas fait un peu exprès de cuisiner ce gâteau, histoire de lui faire revenir à l’esprit le souvenir du jeune homme. "Pas besoin de gâteau au chocolat pour que je pense à Curtis, mon vieux Grag !", se dit-elle. "Et puisque vous parlez de quitter Tycho, j’irai bien faire un tour sur Terre ! Mais il me faudrait un bon prétexte… "


* The River / Bruce Springsteen
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Dim 22 Déc 2013 - 15:15
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Frégo :


Coucou Limeye,

C'est bien de voir que Joan dans ce récit est beaucoup moins couincée après sa première rencontre avec Curtis que lui dans les autres récits, et je ne parle même pas du dessin animé. J'ai hâte de voir la suite! ;D

Tourlou! (un autre mot à chercher dans le dictionnaire québécois Cool)

Frégo

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Otho :

Coucou Limeye,

Merci de nous apporter la suite si vite!
J'adore la relation qu'elle a avec ses 3 compagnons, beaucoup plus tendre que l'original! Et Otho qui la titille, Crag qui se fait du souci pour elle, ca ne change pas ca... ;D

Pour le probleme de Curtis:
"Il n’a aucun moyen de la contacter, hormis via le colonel Gurney, mais il ne veut pas passer par cet intermédiaire. Il n’a jamais eu besoin de personne pour sortir avec une fille, ce n’est pas maintenant qu’il va commencer."...Il pense developper la telepathie?? Se perdre sur la lune? Devenir ennemi public numero 1 ...pour la revoir? ;D

Au plaisir de lire la suite!

O-tho

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Limeye :

Coucou les filles !

je voulais vous livrer la suite hier soir, mais panne d'internet impromptue (forcément... [motz] ), donc il m'a fallu attendre l'insomnie pour pouvoir le faire Wink

fin de la première partie, toujours en famille.

Limeye Smile
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Dim 22 Déc 2013 - 15:16
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Toute la famille Newton est attablée devant un bon petit déjeuner, au soleil, en ce début de matinée. Seul le père, Roger, manque à l’appel. Il est parti tôt pour une nouvelle expédition de pêche.

La mère de Curtis, Elaine, tient son petit-fils sur ses genoux, elle a repoussé loin sur la table son bol de café fumant, car ce petit coquin a la main rapide et attrape tout ce qui traîne devant lui. Laëtitia, la petite amie de Patrick, joue avec lui, lui tendant une petite cuillère qu’elle retire dès qu’il veut la saisir. Le petit garçon rit. Cela fait sourire Curtis qui les observe, assis en face de sa mère. Cela fait deux jours que Stéphany, Eddy et lui sont arrivés, et il a déjà l’impression d’être en vacances depuis une semaine. Se retrouver ici, en pleine nature, lui a toujours fait du bien. Patrick regarde le jeu, glisse sa main sur la taille de Laëtitia. Elle se retourne vers lui, lui sourit et il dépose un rapide baiser sur ses lèvres.

- Ouh, les amoureux !, s’écrie Mathilde.
- C’est dégoûtant de se faire des bisous à table, renchérit Alicia.

Tout le monde éclate de rire. Les deux plus jeunes passent leur temps à embêter Patrick et Laëtitia, s’amusant du moindre petit geste tendre entre eux.

- Hooooon, y’a plus de lait, dit Mathilde en voulant se servir un bol de céréales.
- Et bien, lève-toi et va chercher une autre bouteille, lui répond sa mère.

La petite fille se lève en poussant un gros soupir.

- Tu n’as pas l’âge de grogner et de traîner les pieds. Pas avant 13 ans, rappelle Elaine.

Quelques instants après, on entend à nouveau la voix de Mathilde :

- Y’en a plus dans le frigo non plus ! Mais qui c’est qui oublie d’en remettre à chaque fois ?
- Ton père…, soupire Elaine en échangeant un regard complice avec Curtis.
- Maman, demande celui-ci, est-ce que Matthew et Myriam vont venir un peu ?
- Elle doit rester couchée… avec le bébé. Ca leur ferait du bien d’être ici pourtant, il fait moins chaud qu’à Ottawa, mais ils ne veulent pas prendre le moindre risque… trois heures de route, c’est beaucoup trop.

Curtis opine. Il sait combien Myriam a envie de ce bébé. La jeune femme a déjà fait une fausse couche, et cette nouvelle grossesse est difficile. Il espère que tout ira bien. Il aime beaucoup sa belle-sœur, et sait que cet enfant rendrait aussi son frère très heureux.

Mathilde revient à cet instant avec une nouvelle bouteille de lait qu’elle a récupérée dans le garage.

- Je vais mettre un gage à papa. Je n’aime pas boire le lait tiède.
- Il en est déjà à quatre gages depuis ce matin. Tu crois qu’on va battre le record de la semaine dernière ?, demande Alicia.
- Vous êtes bien parties en tout cas, lance Patrick.
- Lequel ou laquelle d’entre vous m’accompagne pour faire les courses, ce matin ?
- Je veux bien venir avec toi, maman, répond Curtis avant son frère.

Il ne veut pas se retrouver plus souvent qu’à son tour à faire le surveillant de colonie de vacances. Patrick lui lance un regard désespéré, mais Curtis reste inflexible.

**


Sa mère a fait un rapide inventaire, et une heure plus tard, Curtis se retrouve à ses côtés, à pousser deux grands charriots dans les allées d’un supermarché encore peu fréquenté. Il sait que sa mère passe une demi-matinée, trois fois par semaine, à refaire le plein des placards, des deux réfrigérateurs et du congélateur. Alors qu’ils patientent un peu à la caisse, devant la montagne de provisions, il fait la remarque :

- Tu crois qu’on tiendra deux jours ?
- J’aimerais tenir trois, mais ça ne va pas être possible. En plus, ton frère a eu la bonne idée de vouloir inviter deux copains… ils débarquent demain… mais il m’a promis de s’occuper de chaque repas du soir !
- Alors on aura intérêt à prendre un bon goûter, car Patrick n’est pas un rapide… et ils vont rester traîner sur la plage, les connaissant…
- Hum, tu étais pareil !
- Vraiment ?, demande-t-il avec un sourire.

Elaine l’observe. Depuis qu’il est là, Curtis sourit rarement. Elle connait par cœur chacun de ses enfants, et devine toujours quand quelque chose les tracasse. Elle sait pertinemment ce qui préoccupe son deuxième fils, mais ne dit rien. Elle-même n’a pas de solutions. "Comment attraper une étoile filante ?" Elle sait qu’il veille le soir, la nuit dernière encore, elle l’a aperçu sur la terrasse, alors que tout le monde était couché. Curtis s’est toujours relevé la nuit, pour observer le ciel, surtout ici, car ils sont loin des lumières de la ville et les cieux d’été sont magnifiques. Mais elle sait aussi que depuis quelques semaines, ce n’est pas seulement pour chercher des constellations, observer la position des planètes, qu’il sort la nuit. "Est-ce qu’un jour, je la rencontrerai, cette jeune femme ? Il est vraiment amoureux, parce que sinon, il serait déjà passé à autre chose."

Sur le chemin du retour, Elaine ne cherche pas à rompre les pensées de son fils. Elle-même est en pleine réflexion. Stéphany, son aînée, a toujours été un peu volage. Matthew vit avec Myriam depuis six ans, ils se sont mariés il y a trois ans, juste avant Stéphany. Patrick sort avec Laëtitia depuis cet hiver, mais il a déjà eu plusieurs petites amies avant. Néanmoins, il semble tenir à cette jeune fille, qu’Elaine apprécie, mais ils sont encore jeunes et sait que ça ne durera peut-être pas. Quant à Curt… Solange a été une erreur, elle l’a su tout de suite. La jeune femme lui tournait autour depuis des mois, il a fini par craquer. Elle se doute qu’il a dû avoir quelques aventures durant ses deux années d’absence, mais certainement beaucoup moins que ce que ses sœurs imaginent. "Il était trop pris par ses études, et à son retour, il a craqué pour cette fille qui n’était vraiment pas faite pour lui. Je suis soulagée qu’il se soit décidé à la laisser tomber. Et même si sa rencontre avec cette Joan ne doit déboucher sur rien, elle aura eu au moins le mérite de l’aider à rompre." Elaine pousse un léger soupir, elle regrette toujours un peu la petite Bianca avec laquelle il était sorti un été, il y a quatre ans, ici. "J’ai bien peur que Joan ne lui inflige de vrais tourments amoureux…", songe-t-elle en le regardant sortir, le visage un peu fermé, les packs de lait et les grands sacs de provisions du coffre de la voiture.
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Deuxième partie

Ils passent l'après-midi au bord du lac, seule Stéphany est restée à la maison et les rejoindra plus tard, après la sieste d'Eddy. Roger quant à lui s'est installé avec un livre sous un arbre, à l'ombre, au calme. Autant il aime aller à la pêche, autant il déteste rester sur la plage.

Curtis s'apprête à sortir de l'eau, après avoir nagé un bon moment, lorsqu'il est alerté par la pâleur de sa jeune sœur, Mathilde, et son immobilité. Debout dans l'eau, elle a le regard vague, il s'avance vers elle, la voit vaciller, court et réussit à la sortir de l'eau avant qu'elle ne boive la tasse. Elle a les yeux vitreux. Elle est en train de faire un malaise.

Il la prend dans ses bras, sort rapidement de l'eau, leur mère se précipite vers lui.

- Mathilde ! Mathilde !
- Elle est tombée dans les pommes, maman, vite allongeons-la !

Elaine pose la main sur le front de sa fille, relève les yeux, inquiète :

- Elle est bouillante.

Ils arrivent à la ranimer, mais à peine s'est-elle redressée qu'elle est prise de violents vomissements.

- Alicia ! Va prévenir papa, vite !, crie Elaine à son autre fille. Curtis ! Porte-la, on la ramène à la maison.

Alerté, Roger les voit arriver, la petite dans les bras de son frère. Ils s'en occupent rapidement. Elle fait plus de 40 de température, et vomit encore.

- Une bonne gastro-entérite, dit-il.
- En plein été ?, interroge sa femme, soupçonneuse.
- Ca arrive.
- Avec autant de fièvre ? Mathilde fait rarement beaucoup de température...
- C'est possible, tu sais, la chaleur estivale n'arrange rien. Tu as ce qu'il faut dans la pharmacie ou faut-il que j'aille faire un tour ?

Elaine soupire : le médecin de la famille, c'est lui, mais si elle n'était pas là pour veiller sur son stock de médicaments, ils avaleraient tous des comprimés périmés.

- Oui, j'ai ce qu'il faut. Je vais prévenir Stéphany de ne pas approcher, pour éviter qu'Eddy ne l'attrape. Et lavage sérieux des mains pour tout le monde, ordonne-t-elle en redescendant dans le salon où Patrick, Laëtitia, Curtis et Alicia les attendent également.

**


Le soir même, la fièvre n'a pas diminué et la petite fille est très agitée. Elaine commence à s'inquiéter sérieusement, Roger se veut rassurant.

- Elle en a pour 24h au moins à être malade, c'est normal, ça secoue...
- Roger ! Elle a déjà fait des gastros, elle n'a jamais eu autant de fièvre, et ça ne baisse pas, malgré les médicaments !
- Elle en vomit la moitié, c'est difficile de faire de l'effet...

Agacée, Elaine sort sur la terrasse. Curtis, Patrick et Laëtitia y sont encore, autour des restes d'un repas auquel ils ont peu touché.

- Ca va maman ?, demande Patrick, inquiet.
- Pff... des fois, je me demande à quoi ça sert que j'ai épousé un médecin !
- Papa est cardiologue, pas généraliste..., poursuit Patrick.
- Mathilde a toujours de la fièvre ?, demande à son tour Laëtitia.
- Oui, beaucoup, ça ne diminue pas. Pour moi, ce n'est pas une simple gastro. Et si elle faisait une intoxication ? Ou l'appendicite ?
- Tu veux qu'on l'emmène au dispensaire ?, suggère Curtis.
- Ton père en fera une jaunisse, mais ce serait plus prudent.
- Si ça peut te rassurer, alors allons-y. Tant pis pour la jaunisse de papa, il en verra d'autres.

Une demi-heure plus tard, ils arrivent au dispensaire de l'île, qui ne possède pas d'hôpital, ni de clinique. Il y a plusieurs cabinets médicaux, répartis sur toute l'île, mais le seul endroit ouvert 24 h/24 est le dispensaire. Le médecin de service examine rapidement la petite fille et conseille aussitôt de l'envoyer aux urgences de l'hôpital d'Espanola.

- C'est fort possible que ce soit l'appendicite, dit-il. Il faut qu'elle soit prise en charge rapidement, une telle fièvre n'est pas normale, et ses yeux sont vitreux. Depuis cet après-midi, vous dîtes ?
- Oui, docteur. Ca l'a pris alors qu'elle se baignait.
- Vous pouvez l'emmener ?
- Oui, bien sûr, répond Curtis.

Et les voilà, filant dans la nuit. Curtis conduit, Elaine est installée à l'arrière de la voiture, Mathilde allongée sur la banquette arrière, la tête sur les genoux de sa mère. Elle ne vomit plus, mais délire. Le médecin n'a rien voulu lui faire avaler, si une opération doit se dérouler en urgence, c'est plus prudent, a-t-il expliqué.
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Otho :


Coucou Limeye,

Quelle matriarche cette Elaine, qui veille sur ses petits poussins....Je n'ose imaginer un jour Joan la rencontrer, et toute la smala avec! :P Ca peut donner des scenes savoureuses!

Pov' 'tiote de Mathilde...ca sent la peritonite aigue tout ca... :-X...ou bien...Elle n'aurait pas besoin de Simon par hasard? ;D

O-tho

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Flamme :

Coucou! Je n'ai pas pu résister à la tentation d'aller jeter un petit coup d'oeil ici avant d'aller me coucher!

Limeye: un merci spécial pour la gomme balloune! Tu as raison, ça lui va merveilleusement bien comme surnom! [goodjob] Autre passage savoureux: les allusions à peine subtiles de Crag et O-tho avec le gâteau! :-* Indomptables, ces deux-là....heureusement! ;D

Frego: un merci spécial pour le référence au dictionnaire québécois! Je ne serais pas surprise que tu sois québécoise toi aussi, même si tu es rendue en Ontario, puisque tu connais ce mot-là! A moins qu'il soit aussi employé dans les régions francophones ontariennes, ça, je ne sais pas... Et moi aussi, j'apprécie l'aisance et le sens de la répartie de Joan avec Curtis... Wink

O-Tho: d'accord avec toi pour la relation de Joan avec l'équipe! Et je sens que Curtis, s'il est le moindrement autodidacte, pourrait prendre l'initiative d'agrandir le champ de ses talents en y incluant le tir, le décodage, le craquage de données informatiques, le pilotage, etc, etc... [diploma] dans le but d'impressionner sa bien-aimée!

Limeye (pour conclure): je me demande vraiment quel sera le prétexte aux prochaines retrouvailles, car malheureusement l'histoire prend une tournure dramatique pour la petite (!) famille de Curtis...

Bonne nuit (Amérique) et fin de nuit (Europe)!

Flamme

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Limeye :

Coucou à toutes !

O-Tho : c'est bien dans mon idée de faire des scènes entre la smala Newton et Joan, voire toute l'équipe, mais je n'en suis pas là encore. Peut-être dans le Tome 3 ;D

Flamme : oui, je n'ai pas pu m'empêcher pour le surnom d'Otho ! Les insultes en français étant vite toujours les mêmes... Maintenant, il faut aussi en trouver un pour Grag ;D

Le prétexte aux retrouvailles approche, O-Tho a déjà eu du flair... Wink

Bon début de journée à tout le monde !

Limeye Smile
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Une heure plus tard, ils arrivent à l'hôpital, sans savoir encore que Patrick, à son tour, est saisi des mêmes maux que sa petite sœur.

Quand Curtis entre dans la salle d'attente des urgences, sa sœur dans les bras, il s'étonne. Il y a du monde, une certaine effervescence. Sa mère s'avance vers l'accueil, et dès qu'elle signale les symptômes de Mathilde, les deux secrétaires se regardent étrangement.

- Vous êtes la douzième personne à arriver depuis deux jours. La septième aujourd'hui. A Ottawa aussi, ils ont des cas. Ce n'est pas une gastro-entérite. C'est autre chose. Allez vous asseoir, je préviens une infirmière de garde.

Quelques minutes plus tard, une jeune femme s'avance vers eux avec un brancard, conduit la petite fille dans une salle d'examen. Curtis laisse sa mère l'accompagner, il sort et appelle son père pour le prévenir qu'ils sont arrivés à Espanola. C'est Stéphany qui décroche et lui apprend la nouvelle concernant Patrick.

- Alors pas la peine de le laisser comme ça. Venez directement à Espanola. Il y a quelque chose : ils ont déjà plusieurs cas semblables depuis hier.
- Ok, je m'organise avec papa.
- Fais attention pour Eddy, surtout, lui rappelle Curtis.
- Ne t'inquiète pas. Il n'y a que moi qui l'approche depuis ce soir et je me lave soigneusement les mains à chaque fois. Il va bien.
- Je vous rappelle dès que maman et Mathilde ressortent de la salle d'examen.

Quand sa mère revient, il devine que son inquiétude ne s'est pas calmée.

- Ils lui font une échographie, pour vérifier pour l'appendicite, mais il y a peu de "chances" que ce soit cela.
- Maman... Patrick est malade lui aussi.
- Non ? Oh !

Et elle se prend la tête entre les mains. Curtis serre sa mère entre ses bras et lui dit :

- J'ai eu Stéphany, je lui ai dit d'amener Patrick ici directement. Je pense que papa va s'en charger.
- Je crois que ça va être plus simple de faire rentrer tout le monde ici... je ne veux pas que ta sœur reste toute seule là-bas avec le bébé ! Si jamais il y a des complications...
- En tout cas, si ce n'est pas une gastro-entérite, il y a moins de risques de contamination.
- Et comment tu expliques que Patrick soit malade à son tour ?
- Il a peut-être mangé quelque chose, comme Mathilde, de périmé ou...
- Quelque chose de périmé ? En faisant les courses tous les deux jours ?
- Excuse-moi, j'ai dit quelque chose de stupide. Enfin, tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, oui, je comprends. Quelque chose qu'eux seuls auraient mangé et pas nous ?
- Un problème dans un paquet de biscuits, par exemple, ça arrive... ou dans les yaourts...

**


En fin de nuit, les responsables des hôpitaux de la région, alertés par le nombre de cas et la gravité des symptômes, ordonnent le regroupement de tous les malades à Ottawa. En tout, on compte déjà une cinquantaine de cas, principalement des enfants, des jeunes adultes ou des personnes âgées.
Epuisés par une nuit de veille et d'agitation, par l'inquiétude concernant Mathilde et Patrick, c'est seulement sur le petit matin que Curtis parvient à ramener sa mère chez lui, dans le petit appartement qu'il loue depuis un mois. Roger est resté à Espanola avec Alicia, Stéphany et le petit Eddy. Pour l'instant, aucun d'entre eux n'est affecté.

Les premières analyses ne donnent rien, les autorités sanitaires ont fait revenir du personnel et quelques biologistes pour tenter de trouver l'origine de la contamination. Tous soupçonnent de la nourriture, mais aucune piste ne se dessine vraiment, les cas étant répartis de manière irrégulière tout autour d'Ottawa, avec un nombre plus important de cas sur Espanola et sur la capitale-même.

Elaine est parvenue à dormir quelques heures, Curtis aussi, mais c'est un appel de son père qui le réveille.

- Curt, comment va ta mère ?
- Elle dort encore... j'ai réussi à la ramener chez moi en fin de nuit. On n'a pas de nouvelles de l'hôpital pour l'instant. Tu en as de ton côté ?
- J'ai alerté Matthew. Il doit appeler un collègue gastro-entérologue, qui est en poste à l'hôpital central, il y a des chances d'ailleurs qu'il ait vu ton frère et ta sœur au cours de la nuit. Matthew va essayer d'en savoir plus grâce à lui, je vous tiens au courant.
- Ok, papa. Tout va bien de votre côté ?
- Oui, oui, rassure ta mère. Nous tous allons bien.
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Dim 22 Déc 2013 - 15:19
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
En fin de journée, on compte les deux premiers décès. Une femme âgée, déjà affaiblie par un diabète, et un tout petit enfant de deux ans. Une vingtaine de cas supplémentaires sont arrivés à l'hôpital central, les services sont en cours de réorganisation pour accueillir au mieux les patients, d'autres malades ont été déplacés vers les autres hôpitaux et cliniques de la ville. Aucun des malades atteints ne se portent mieux, certains sont tombés dans le coma.

Alors que Curtis et sa mère attendent, avec d'autres familles rongées par l'inquiétude, Curt voit arriver Solange en larmes, avec ses parents. L'apercevant, elle vient s'asseoir à côté de lui.

- Mon frère est malade, Curt, fièvre, vomissements...
- Comme tous ceux qui sont ici depuis trois jours maintenant, lui dit-il calmement.
- Quelqu'un est malade chez toi ?, demande-t-elle inquiète.
- Mathilde et Patrick.

La jeune femme secoue la tête.

- Il y a déjà eu des décès, il paraît qu'ils ne trouvent pas... tu crois qu'ils vont tous mourir ?
- Non, il faut garder espoir. Tout le personnel travaille d'arrache-pied, les médecins, les labos aussi... il faut du temps pour trouver la bactérie responsable, mais ils vont y arriver, ne t'inquiète pas.

Il a dit cela autant pour rassurer la jeune femme que sa propre mère. Les parents de Solange se sont approchés également, il les salue. Ils lui répondent un peu froidement, mais il s'en moque. Pour l'heure, ce qui compte c'est de rassurer tout le monde et ne pas laisser la tension monter.

Mais quand l'après-midi touche à sa fin et que deux autres décès sont annoncés, il n'y tient plus, sort et appelle le colonel Gurney, au siège de la police interplanétaire à New York. Il a déjà dans la tête que le professeur Simon, avec ses connaissances et ses compétences, peut aider les équipes dans leurs recherches.

**


- Bonjour, madame, dit-il à l'hôtesse qui prend son appel, pourriez-vous me passer le colonel Gurney, s'il vous plaît ?
- C'est professionnel ?
- Oui.
- Je vous passe son secrétariat.

Curtis patiente, un jeune homme décroche. Il explique qui il est, mais ment sur les raisons de son appel. Il invente une histoire d'observation d'un étrange phénomène céleste. Au bout d'une minute, il reconnaît la voix du colonel.

- Professeur Newton ?
- Colonel Gurney, excusez-moi de vous déranger.
- Je vous écoute, vous avez observé quelque chose d'étrange ?
- Pas du tout, mais j'ai besoin de vous. Etes-vous au courant de l'étrange épidémie qui touche Ottawa et sa région ? Plus de 70 cas à ce jour, en trois jours, déjà 4 décès...
- J'ai entendu cela oui, mais en quoi...
- La plus jeune de mes sœurs et mon frère sont hospitalisés, des connaissances aussi. Je ne suis pas idiot, colonel, mon père et mon frère connaissent des médecins, et si les autorités sanitaires cherchent à rassurer, en fait, il n'en est rien. Personne ne parvient à trouver la moindre piste d'explications et l'état des malades empire. Plusieurs personnes sont déjà dans le coma, et je crains que cela n'arrive à ma sœur dans les prochaines heures.
- En quoi puis-je vous aider ?
- J'ai pensé au professeur Simon Wright, colonel. Ses connaissances pourraient nous être précieuses...
- Vous avez raison. Excellente idée. Mais je ne sais pas s'ils sont encore sur Tycho. Joan avait dans l'idée de repartir sur Venus pour poursuivre leurs recherches sur la flore de cette planète. Je vais essayer de les joindre. Je vous rappelle.
- Merci, colonel.
- Gardez confiance.
- C'est ce que je fais. J'ai une mère à soutenir. Sans compter tous les autres...

**


Mais un quart d'heure plus tard, alors qu'il a regagné la salle d'attente, ce n'est pas la voix du colonel Gurney qu'il entend en décrochant son téléphone, mais celle, rafraîchissante mais néanmoins inquiète, de Joan.

- Curtis, bonjour ! Ezra vient de m'appeler... Nous n'étions pas au courant de ce qui arrive. Explique-moi !
- Joan !

Rien que de l'entendre, il se sent étrangement soulagé. Il a besoin d'elle, il en prend seulement conscience. Il lui explique rapidement ce qui est arrivé. Et quand elle dit simplement : "On arrive", avant de raccrocher, il sait qu'il va pouvoir vraiment remonter le moral de sa mère.

- Maman ?

Il s'accroupit devant sa mère, assise, pâle, mais volontaire, résistante à la panique et aux gémissements d'inquiétude provenant d'autres familles. Il lui prend les mains et l'invite à sortir dans le couloir. Solange, qui est assise à l'autre bout de la pièce, les regarde partir.

Elaine suit son fils jusqu'à l'extérieur de l'hôpital. Elle l'a vu s'éloigner, quelques instants plus tôt, suite à un appel. Elle craint un peu que ce ne soit Roger ou Matthew et qu'il n'ait pas de bonnes nouvelles à lui annoncer, pourtant, elle le devine étrangement confiant.

- Maman, j'ai réussi à joindre quelqu'un qui va peut-être pouvoir nous aider. Le professeur Simon Wright.
- Le cerveau volant qui travaille avec Joan, dont tu m'as parlé ?
- Oui.
- En quoi pourrait-il quelque chose ?
- Il a des compétences très étendues, dans tous les domaines. Ils ont une pharmacopée impressionnante, des moyens de recherche à faire pâlir les meilleurs laboratoires terrestres... et Joan aussi a des connaissances. Ils vont venir prêter main forte aux équipes ici. Ils trouveront, maman, j'en suis certain.

Elle le regarde, s'étonne quand même de la grande confiance que son fils place en cette jeune femme et son équipe, se demande si l'amour ne l'aveugle pas un peu... Mais quand une heure plus tard, elle fait connaissance avec Joan, Simon et Otho, elle comprend tout et reprend espoir à son tour.
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Dim 22 Déc 2013 - 15:20
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Troisième partie

En apercevant le jeune homme et celle qu'elle devine être sa mère, Joan sent son cœur battre plus fort. Elle qui cherchait un prétexte pour revenir sur Terre et le revoir en a regretté l'idée dès qu'elle l'a eu en ligne, un peu plus tôt. Elle aurait préféré mille fois une autre raison. A cette heure, on frôle la centaine de malades, 4 décès, une quinzaine de comas. Des familles bouleversées, que l'hôpital est en train de faire évacuer. Impossible de laisser tous ces gens dans les salles d'attente, certains parents ayant eu des crises d'hystérie, des mouvements de colère violents, des évanouissements liés à la tension et à l'inquiétude.

En arrivant à l'hôpital central d'Ottawa, Joan, Otho et Simon ont été impressionnés par le dispositif mis en place. La police est là, des pompiers. Ils ont croisé une ambulance qui déposait un nouveau malade, un petit garçon de 6-7 ans, avec sa mère. Deux policiers empêchent la maman de rentrer dans l'hôpital, lui assurant que l'enfant va être pris en charge. La femme pleure, s'effondre presque. Otho s'approche et la soutient. Elle les regarde :

- Je n'ai que lui, sauvez mon fils !

Joan se sent bouleversée. Elle a déjà prêté main forte à des populations en danger, face à des catastrophes naturelles ou à un envahisseur. Mais cette maladie risque de faire des ravages. Depuis qu'elle a eu les premières informations par Curtis, puis par le professeur Boltrek, un biologiste que Simon connaît bien et qu'ils ont contacté aussitôt après, elle cherche le point commun entre tous ces malades.

Joan voudrait entrer dans le bâtiment, mais ils arrivent en pleine évacuation des familles, ce n'est vraiment pas le meilleur moment. Ils se placent un peu loin de la foule, et elle contacte Curtis.

- Joan ! Vous êtes arrivés ?
- Oui, mais ils sont en train de faire sortir les familles. Pourquoi ?
- Ca devenait ingérable à l'intérieur. Maman et moi sommes déjà sortis, est-ce que vous pouvez gagner le bâtiment de forme ronde, que tu dois voir sur ta droite ?
- Oui.
- C'est le laboratoire. On s'y retrouve, c'est là que ce sera le plus facile.
- Est-ce là que le professeur Boltrek travaille ? Il nous attend.
- Oui.
- Alors parfait, à tout de suite.

**


Un quart d'heure plus tard, tous les cinq sont installés dans le bureau du professeur Boltrek. Celui-ci explique à Simon et à Joan où ils en sont. La piste de l'eau courante empoisonnée ou polluée a été écartée, tous les abattoirs ont été mis en alerte. Des prélèvements sont en cours.

- Nous cherchons le point commun, dit Boltrek. Mais c'est difficile.
- Les analyses de sang des patients indiquent quoi ?
- Une bactérie mutante. Nous essayons de l'isoler, pour trouver l'antibiotique correspondant. Il faut faire vite... tous les laboratoires du pays sont mobilisés. A Montréal, une équipe fait également des recherches sur les œufs.

Joan a écouté les explications en silence. Simon se fait préciser certaines choses, demande des échantillons pour eux aussi. Boltrek les remercie de leur aide.

- Vous savoir à nos côtés est un soulagement énorme pour toutes nos équipes, professeur Simon, professeur Randall, dit-il. Votre aide nous est plus que précieuse.
- Nous allons regagner le vaisseau, Simon, et nous mettre au travail. Nous restons en contact, bien entendu, professeur, à la moindre nouvelle... même une mauvaise, prévenez-nous.
- Les autorités sanitaires organisent une réunion en visioconférence, dans deux heures, pour faire le point sur la situation. J'y assisterai.
- Je me joindrai également à vous, dit Joan. Merci à vous.

Ils sortent, Curtis marche à ses côtés. Sa mère les regarde, intriguée, mais confiante. Cette jeune femme l'impressionne, mais elle se sent aussi rassurée. Il se dégage de cette petite équipe une telle solidarité, mais aussi un tel savoir, qu'elle se dit que si quelqu'un peut trouver, et vite, ce sont bien eux. Son fils ne lui a pas menti.

- Curtis, y a-t-il un endroit proche où l'on pourrait parler tranquillement ?, demande Joan. J'ai beaucoup de questions à vous poser à tous les deux, mais je ne voudrais pas être dérangée. On peut retourner à l'aéroport, mais c'est loin, je veux pouvoir être de retour ici dans deux heures, pour la visioconférence. Je veux un endroit loin d'oreilles indiscrètes, je ne veux pas être dérangée par des parents inquiets, tu comprends ?
- Oui, oui, bien sûr. Le plus simple, c'est la terrasse du Madison, à cette heure, ce sera tranquille, c'est à dix minutes à pied, à peine.
- Otho, tu raccompagnes Simon au Comète, vous commencez les recherches, je vous retrouverai après la conférence.
- Bien, chef !, répond l'androïde qui s'éloigne avec le professeur.
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Dim 22 Déc 2013 - 15:21
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
A peine de retour au Comète, Simon gagne le laboratoire avec les échantillons fournis par Boltrek. Otho rejoint Grag, Eek et Oog, au poste de pilotage et lui raconte les derniers événements.

- C'est une bien triste affaire que celle-ci, dit le robot. Et beaucoup d'enfants malades...
- Oui. Et gravement. Il faut qu'on trouve !
- Joan est restée là-bas ?
- Oui, avec Curtis et sa mère. Au moins...
- ... au moins, quoi, gomme balloune ?
- Je sais que j'ai l'esprit mal tourné, mais au moins, ça les fait se revoir !

Grag émet un grognement.

- Oui, je sais, ça aurait été mieux s'ils s'étaient recroisés à une conférence ultra-passionnante sur les étoiles doubles, mais que veux-tu... ce sont les aléas de la vie !

Simon les appelle à ce moment-là :

- Venez m'aider au lieu de jouer les commères du quartier ! Je vais avoir besoin de vous deux !

En cheminant dans le couloir, Otho ne peut s'empêcher cependant de confier encore une dernière impression à son complice :

- En tout cas, il avait l'air sacrément content de revoir Joan !
- Tu crois qu'il est amoureux d'elle ?, demande le robot.
- S'il ne l'est pas, je ne sais pas ce qu'il faudrait pour qu'il le soit ! Il la dévorait des yeux.

**


- Madame Newton, demande Joan, est-ce que vous pouvez me dire ce que votre fils et votre fille ont mangé en commun ?

Elaine secoue la tête :

- C'est très difficile... ce serait forcément quelque chose que eux, ont mangé et pas nous. Vous pensez que ça vient de la nourriture ?
- Oui, c'est la piste la plus probable. Est-ce que vous pouvez essayer d'y réfléchir ? De faire une liste ?
- Je t'aiderai maman, on demandera aussi à Stéphany, à Alicia, à Laëtitia... Papa n'était pas avec nous au petit déjeuner, mais il pensera peut-être à quelque chose.
- Les repas de la veille et du jour-même, c'est suffisant. Pensez aussi à tout ce qu'ils ont pu grignoter en dehors des repas.
- Je vais le faire, oui, au moins... ça m'occupera, dit Elaine courageusement.

Joan lui sourit.

- Madame Newton, contrairement à d'autres cas, vous pouvez vraiment nous aider : vous étiez plusieurs à prendre les mêmes repas, à quelques différences près. Si vous vous souvenez bien de ces détails, nous pourrons procéder par élimination. Ce qui m'intéresse en priorité, ce sont les produits frais, la viande, et les conserves. On peut quasiment éliminer les fruits, les légumes, les céréales...
- Je vous promets de faire de mon mieux.

Elaine Newton se tourne vers son fils :

- Et maintenant, Curt, qu'est-ce qu'on fait ? On n'a pas le droit d'aller voir Patrick et Mathilde ce soir.
- Maman, je vais te ramener chez moi, il faut que tu te reposes. Et il vaut mieux éviter que tu ailles chez Matthew.
- Tu as raison.

Tous trois regagnent alors l'hôpital, Joan rappelle son équipe et se rend auprès du professeur Boltrek.

- Je reviens ici dès que j'aurai réussi à faire avaler un sédatif à ma mère, dit Curtis à Joan, avant de partir chacun de leur côté et à un moment où sa mère ne peut pas l'entendre. Il est prévu une communication aux familles, après le briefing des autorités et des chercheurs. Je m'y rendrai et je pourrai prévenir le reste de la famille. Si tu as besoin de quoique ce soit, appelle-moi.

Et ils s'échangent leurs coordonnées.

- Si nécessaire, appelle au Comète, en voici le code. Ne le perds pas... et ne le confie à personne, ok ?
- Aucun souci, lui répond-il avec sérieux.
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Dim 22 Déc 2013 - 15:22
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Elaine :

;D Merci Limeye pour la suite Wink

quand on imagine Joan enquêter tout à l'air plus doux, mais cela fait bizarre d'envisager Curtis essayer de ne pas perdre un code Wink surtout le sien! ;D

mais, il a le code, [naughty] [eyeheart] héhé [devil] cela ouvre des perspectives

bon après midi! [flower] [hello]

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Limeye :

Recoucou !

c'est vrai qu'on peut imaginer qu'il fasse plein de choses avec ce code Wink. Sauf qu'il y aura toujours un ou deux affreux à veiller à bord ;D ! Mais ils ne seraient pas très crédibles à dire "pas touche à la chef !" [rolllaugh]

c'est vrai que l'ambiance est différente au sein de l'équipe, c'était inévitable et j'avoue que ça me plaît de plus en plus. Elle est la chef, c'est vrai, mais il y a aussi moins d'autoritarisme (si on peut dire, le mot n'est pas forcément très bien choisi) de sa part vis à vis des autres. Elle est aussi plus à égalité avec Simon, que Curtis ne l'était. J'ai peu décrit Tycho jusqu'à présent, mais la base est aussi moins austère. Non pas que je l'imagine comme un endroit froid, sans couleur, limite monacal comme certains se sont plus à la décrire, mais disons que la présence quotidienne de Joan, l'ambiance différente dans l'équipe rend la base différente. Je pense que je montrerai cela dans le Tome 3 ;D

cela ne s'explique pas, selon moi, par le fait que Joan soit une femme, l'explication "la touche de féminité" ne tient pas forcément la route, mais plus par le fait que selon le postulat que j'ai choisi, elle a aussi passé du temps sur Terre, elle a connu ses parents plus longtemps que Curtis, contrairement à lui (version Hamilton et TOEI) qui a rencontré ses premiers humains à l'adolescence, ce n'est pas le cas pour elle. Tycho est sa maison, mais vraiment au sens de "maison". Et pas uniquement une base spatiale, un lieu de travail, ce qui n'est certes pas uniquement le cas pour Curtis, mais on a moins le sentiment que c'est aussi son habitation. Vous voyez la nuance ? (je sens que j'm'embrouille [motz] ;D)

bon, j'arrête de causer, vous voulez lire la suite, hein ?

bizz

Limeye Smile
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Dim 22 Déc 2013 - 15:24
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Curtis et sa mère rentrent à l'appartement du jeune homme. Il prépare à manger, mais tous deux ont bien du mal à avaler quelque chose. Les quatre décès pèsent aussi sur leurs pensées, et ils se demandent si Patrick et Mathilde vont survivre. Curtis s'est installé à table, avec deux grandes feuilles de papier. L'une pour les repas de Patrick, l'autre pour ceux de Mathilde. Ils en font méthodiquement l'inventaire, essayant de se souvenir de tout. Puis Curtis fait avaler un médicament à sa mère et l'envoie se coucher.

- Tu me réveilles quand tu vas rentrer ?
- Si tu dors profondément, non, mais si les nouvelles sont importantes, je le ferai. Repose-toi, maman, et au moindre souci, tu m'appelles.

Il la prend dans ses bras un court instant, puis dépose un baiser sur son front.

- Dors, maman, c'est ce que tu as de mieux à faire pour les aider.

Elaine acquiesce et gagne la chambre de son fils, qu'il lui a laissée.

Curtis ressort, regagne rapidement l'hôpital. Une grande salle a été ouverte, dans laquelle les familles sont rassemblées. Curtis reconnaît certains visages, qu'il côtoie depuis deux jours. Il aperçoit aussi Solange et ses parents, mais ils sont à l'autre bout de la vaste pièce et il ne cherche pas à aller vers eux. Il regarde sa montre, Joan doit être encore avec Boltrek en réunion. Une petite demi-heure après son arrivée, elle l'appelle.

- Nous avons terminé le briefing avec Boltrek, où es-tu ?
- J'attends la communication aux familles, ils ont ouvert une grande salle où nous sommes rassemblés.
- Je peux t'y rejoindre ?
- Bien sûr, je t'attends à l'entrée.

Ils se retrouvent quelques minutes après, et discrètement, elle le met au courant du contenu de la réunion.

- Les autorités sont dépassées, Curtis. Pour l'heure, aucune bonne nouvelle en provenance des différents laboratoires. Ils ont rappelé du personnel, des soignants, mais aussi des pompiers, la police. Ils craignent des débordements des familles. On en est à quinze décès ce soir, et on frôle les deux cents malades. J'ai été en contact avec Simon, pas de découverte de son côté non plus pour l'instant.

Elle soupire, puis reprend :

- Tu as commencé la liste de la nourriture avec ta mère ?
- Oui. Joan, j'ai pensé à quelque chose... et si on allait ce soir à Manitoulin ? En embarquant toute la nourriture qui reste à la maison et en l'analysant...
- Oui ! C'est ce qu'il faut faire ! Tu penses que tout est resté là-bas ? Que rien n'a été jeté ?
- Je vais appeler ma sœur, Stéphany, elle pourra me le dire. A mon avis, mon père a tellement été dépassé par les événements qu'il n'y a pas prêté attention.
- En tout cas, c'est forcément quelque chose que seuls ton frère et ta sœur ont mangé, et pas vous. Sinon, il y aurait déjà eu d'autres cas dans ta famille. Tu veux assister à la réunion ?
- Au moins au début, oui, si ça devient pesant... on partira. On en a pour trois heures de route à aller à Manitoulin.
- Moins si on prend le Cosmolem.

Il sourit :

- Je n'y pensais pas.

Puis ajoute :

- Joan, je suis vraiment content que tu sois là, tu sais. Je suis sûr que vous allez trouver.
- On va faire notre possible, Curtis, je te le promets. Allons écouter les "autorités compétentes".

**


Ils rentrent dans la salle, bondée. Le directeur de l'hôpital, le chef du service de gastro-entérologie, le responsable du principal laboratoire d'Ottawa en biologie et biochimie, le chef de la police locale, le maire d'Ottawa et même un représentant du ministère de la santé sont présents. La principale annonce qui est faite aux familles, c'est que chaque malade pourra recevoir une visite, une fois par jour, d'une à deux personnes. Puis le médecin fait le point sur la situation, et très vite les questions fusent, le brouhaha menace.

Joan pose sa main sur le bras de Curtis :

- Sortons, tu n'apprendras rien de plus ici. Ne perdons pas de temps et rendons-nous à Manitoulin.

A peine dehors, elle allume sa montre et appelle Grag.

- Grag !
- Oui, chef !
- Nous allons nous rendre à Manitoulin, dans la maison de vacances des Newton, nous allons y vider les frigos et les placards, viens-nous chercher avec le matériel adéquat. Nous sommes encore à l'hôpital.
- Non, intervient Curtis. Dis-lui de venir se poser sur le toit de mon immeuble : il faut que je récupère les clés de la maison, maman doit les avoir dans son sac.
- Ok, tu as entendu, Grag ?
- Oui, donne-moi l'adresse, je vous y rejoins.

Un quart d'heure plus tard, Curtis fait rentrer Joan dans l'appartement silencieux. Il jette un œil dans sa chambre, sa mère est profondément endormie. Il lui griffonne rapidement un petit mot, lui expliquant les dernières nouvelles et fouille dans son sac, trouve les clés de la maison de Manitoulin. Dix minutes plus tard, ils sont repartis. Grag assure le pilotage ; pendant ce temps, Joan regarde les deux listes des aliments avalés par Patrick et Mathilde.

- On a fait au mieux pour la compléter, avec l’aide de Stéphany et de mon père, dit Curtis. J'essaye de me souvenir de tout, mais ce n'est pas évident.
- La croix à côté de certains aliments, ça veut dire quoi ?
- C'est ce que nous aussi, nous avons mangé.
- OK.

**


A peine le petit vaisseau a-t-il atterri, que Curtis et Joan en descendent, Grag portant deux grandes caisses de matériel. Ils entrent dans la grande maison vide, tristement vide. Joan devine que la famille en est partie de manière précipitée. Des affaires ne sont pas rangées, des vêtements sont encore posés en vrac sur le canapé. Joan donne les conseils nécessaires à Curtis :

- Je vais m'occuper du frigo, là sont les éléments frais, il faut prendre certaines précautions. Tu mets des gants quand même, pour ce qu'il y a dans les placards. Pas la peine d'emmener ce à quoi vous n'avez pas touché. Dans cette caisse, tu mets les éléments qui ont été consommés avec certitude durant les deux jours précédents le malaise de ta sœur. Dans celui-ci, ceux pour lesquels tu as un doute. Il vaut mieux emporter plus de choses que d'en oublier.
- D'accord. Une chance que Stéphany n'ait pas fait le vide avant de partir !
- La panique rend parfois service... Ton petit neveu, il mange quoi ?
- Il boit encore du lait en poudre, il mange aussi des petites compotes, des purées. Maman lui a préparé quelques compotes ces derniers jours. Il commence à manger des gâteaux.
- Et les repas ? Des pots pour bébé ou ta sœur a cuisiné ?
- Je ne sais pas. Je t'avoue... j'ai beau essayé de me souvenir...
- Tu appelleras ta sœur, il faut vérifier ça aussi. Même s'il n'est pas malade, toujours pour procéder par éliminations. Plus nous aurons de détails précis, plus nous pourrons cibler les aliments suspects et commencer les analyses par ceux-là.

Ils se mettent alors au travail, Grag les aidant à ranger soigneusement les différents aliments. Les poubelles ont été vidées, ils ne peuvent en récupérer le contenu. Puis ils repartent. En voyant s'éloigner la maison dans la nuit, Curtis se demande s'il aura l'occasion d'y ramener Joan dans un contexte plus joyeux...
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Otho :

Coucou Limeye,

C'est vraiment chercher la bacterie dans une botte de foin! Un vrai travail de detective, proceder par elimination et recoupement...hmm serais-tu dans la science toi aussi ;D?

"En voyant s'éloigner la maison dans la nuit, Curtis se demande s'il aura l'occasion d'y ramener Joan dans un contexte plus joyeux..." Ahh il ne perd pas le nord quand meme le Curtis! :P

O-tho

PS ca fait quand meme drole de ne pas le voir en charge des evenements et de suivre Joan fidelement... ;D...et de ne pas etre biologiste non plus!

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Flamme :

Salut à toutes!

On ne voit vraiment plus les histoires du capitaine Flam avec le même oeil! Wink ;D

"Voici le code du Comète, ne le perds pas.... et ne le confie à personne!" [rolllaugh]

Bon, soyons plus sérieuses: cette histoire de bactérie me rappelle une situation assez récente à Québec, alors que plusieurs cas de maladie du légionnaire et de fièvre de Pontiac (forme plus bénigne) sont apparus cet automne, ainsi qu'il y a plusieurs années. On avait fini par découvrir que la maladie était causée par une bactérie qui originait des tours de refroidissement des gratte-ciel de la haute-ville, et que les gens contractaient par inhalation. Tous les cas survenaient dans un certain quadrilatère, ça a facilité l'enquête....Après plusieurs décès...

Bye!
Flamme [hello]

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Limeye :

Coucou les filles !

n'est-ce pas que c'est plaisant ? Franchement, je trouve qu'envisager cette histoire ainsi est très rafraîchissant ;D et que Joan a tout d'une bonne chef Wink mais qu'en effet, Curtis ne perd pas le nord et qu'il a bien une idée en tête... mais après tout, Joan dans la version "à l'endroit" ne perd pas le nord non plus Wink

pour Flamme, oui, je vois ce que tu veux dire. On avait eu le cas dans ma ville aussi, il y a quelques années, pareil, avec les tours de refroidissement... les exemples hélas ne manquent pas ! Et rien que le scandale de la viande de cheval qu'on faisait passer pour du boeuf chez nous il y a quelques semaines...

pour O-Tho : je ne suis absolument pas scientifique ! Juste un peu de logique... Wink comme j'ai eu l'occasion de le dire, mes rares connaissances en science, je les dois à Capitaine Flam ;D ! Et à quelques discussions avec mon homme, de formation scientifique et technique (mais je décroche vite... E=Mc2, j'ai pas encore tout compris... ;D)

bizz

Limeye Smile qui vous offre une petite suite !
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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Dim 22 Déc 2013 - 15:26
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Etoile filante (deuxième partie)
Quatrième partie

Quand ils regagnent Ottawa, il est près de 4h du matin. Joan et Grag déposent Curtis chez lui, repartent aussitôt. Dans le Comète, Simon a avancé ses recherches. Il récupère avec satisfaction ce que Joan et Grag ont ramené. Une nouvelle course contre la montre s'engage alors dans le laboratoire. Joan accepte de ne prendre que quelques heures de repos, au lever du jour, puis se remet au travail. Dans l'après-midi, elle gagne l'hôpital, pour y rencontrer à nouveau le professeur Boltrek.

On compte désormais 240 malades et trente décès. Mathilde est dans le coma depuis le milieu de la nuit. Patrick tient mieux le coup, sa bonne constitution, sa pratique régulière du sport, l'aide. La plupart des jeunes gens et les adultes touchés résistent mieux que les tous jeunes enfants et les personnes âgées.

Curtis et sa mère ont pu voir Mathilde et Patrick, dans l'après-midi, l'état de la fillette inquiète les médecins, et lorsqu'ils sortent de la chambre, l'infirmière le prend à part :

- Il va falloir préparer votre maman. Votre sœur est dans un état très grave.

Curtis hoche la tête, il craint le pire depuis déjà de nombreuses heures. Joan et Simon sont son dernier espoir. Ils ressortent de l'hôpital, accablés. Curtis appelle son père, puis Matthew.

- Amène maman à la maison, Curt. Myriam est partie chez ses parents, on s'est dit que s'il fallait accueillir toute la famille à Ottawa... si jamais... enfin, il valait mieux qu'elle ne soit pas là et comme ça, il y aura de la place pour loger tout le monde. Comment va maman ?
- Elle tient le coup pour l'instant, tu sais comment elle est...
- Oui, mais quand elle va craquer...
- Tu as des infos de ton côté ?
- Très peu. Et toi ? Les gens que tu connais ?
- Ils continuent de chercher. Ils vont trouver, Matthew, j'en suis certain. Ils ont besoin de temps, c'est tout...
- C'est une course contre le temps, Curt.
- Je sais.

**


Curtis a laissé sa mère aux bons soins de son frère aîné, leur père est en route pour Ottawa, Stéphany a pris Alicia en charge. Les parents de Laëtitia et la jeune fille prennent régulièrement des nouvelles. Un peu déboussolé, ne sachant trop quoi faire, et parce qu'il ne se voit pas rentrer tout de suite chez lui, Curtis finit par appeler Joan. Elle est encore en réunion avec Boltrek, mais le rejoindra au Madison dès qu'elle en aura terminé.

Il s'installe en terrasse, commande un coca et tente de s'intéresser à la revue qu'il feuillette. Quand il voit Joan arriver enfin, d'un pas décidé, il reprend espoir. Pourtant, elle n'a pas de nouvelles à lui apprendre.

- Curtis, comment vont ta sœur et ton frère ?
- Mathilde est dans le coma depuis la nuit dernière, l'infirmière m'a dit... enfin...

Il a du mal à terminer sa phrase. Depuis plusieurs jours, il tente de tenir le coup, de soutenir sa mère, de rassurer les uns et les autres. Mais ce soir, à la perspective que sa petite sœur ne passe pas la nuit, il se sent totalement vidé, épuisé.

Joan lui prend les mains :

- On va trouver, Curtis. Simon travaille sans relâche, Grag et Otho aussi. On est en train d'analyser toute la nourriture qu'on a récupérée chez vous. C'est long, mais on va au plus vite. Moi, je fais la liaison avec Boltrek qui avance de son côté. Seule bonne nouvelle ce soir, la piste des abattoirs est définitivement écartée. Ca ne vient pas de la viande, en tout cas, pas des animaux abattus depuis deux semaines.
- Je sais, Joan, je... j'essaye de tenir le coup, j'ai confiance en vous, reprend-il, après avoir respiré un grand coup, n'en doute pas.

Elle lui sourit doucement, elle voudrait l'aider plus, mais ne veut pas se permettre non plus d'aller trop loin. Elle n'est pas prête à cela. Pas encore.

- Il est tard, Curtis. Rentre chez toi, moi, je retourne au labo de Boltrek. Je vais reprendre des échantillons pour Simon, en ramener des nôtres à Boltrek... je veux vérifier quelque chose avec lui aussi.
- Tu prends du repos quand même ?
- Tu oublies que Grag sait me rappeler à l'ordre ?
- Non, je n'oublie pas.

Ils se lèvent alors, reprennent le chemin de l'hôpital. Avant de se séparer, il lui dit :

- Tu vas passer la nuit ici ?
- En partie oui, je retournerai au vaisseau quand j'aurai terminé ce que je veux vérifier.
- Joan, si tu veux te reposer un peu, tu peux venir chez moi, si... C'est moins loin que l'aéroport.
- Merci de la proposition, j'y songerai en fin de nuit. Rentre et repose-toi. Et garde confiance.

Elle le regarde s'éloigner, le cœur serré, mais se détourne et d'un pas rapide, entre dans le laboratoire.
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