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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
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Mer 6 Aoû 2014 - 01:53
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flamme
Marshall Gurney
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou les filles!

Limeye, tu nous as très bien fait ressentir cette atmosphère de fin du monde, comme tu en avais l'intention et comme Frégo le voit aussi! Tu m'as fait avoir des sueurs froides quand j'ai cru que le major allait embarquer Oliver et Susan... Heureusement qu'elle était là... et armée!

Frégo a raison, ils n'auraient pas pu demeurer libres avec un troisdième contrôle... il est temps qu'ils rejoignent Jasper! Run

Les filles, il y aurait vraiment matière à faire un film (en plusieurs volets... Mr. Green Laughing Mort de Rire ) avec toute cette histoire... Clap Master Good

Bizz Vizz
Flamme
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Mer 6 Aoû 2014 - 01:53
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Mer 6 Aoû 2014 - 14:19
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Frégo 80
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou!

De retour sur Phoèbe comme promis! Wink

Le lendemain du retour mouvementé d’Emma Watson et de son équipe. Isabella, Ezra et Emma furent les premiers levés pour le petit déjeuner qu’ils décidèrent d’aller prendre au petit salon adjaçant à la cuisine. Ils pourraient converser tranquilement.

- Mesdames, je dois vous lever mon chapeau d’avoir été capables de vous lever aussi tôt aujourd’hui. Fit Ezra.

- Ah, Ezra je commence déjà à anticiper ce qu’on nous confiera ensuite. Fit Emma. Il ne faudra plus compter sur de longs temps de repos, désormais. Il faut exploiter au maximum de courts temps d’acalmie. Tout celà grâce à notre gigantesque coup de pied dans le nid de guêpes sur Uranus.

- Le métier d’agent sur le terrain, ne s’apprenant pas sur le tas, je réfléchissait sur autre chose que je pourrais apprendre pour bonifier la fonction d’analyste qui a été la mienne depuis qu’Emma a proposé mes services à Mme Bonnell, dieu ait son âme. Fit isabella. Et je n’oublie pas que j’ai une énorme cible accrochée dans le dos. Ajouta-t-elle.

- À quoi penses-tu? Demanda Emma.

- À faire du profilage. Fit Isabella. Depuis cette communion avec Myo, je me fais l’effet d’une collection d’archives ambulante.

- Tu te souviens vraiment de tout, Isabella? Demanda Ezra.

- Oui. D’où la nécessité de consigner et d’utiliser mes souvenirs. Ne serait-ce que pour éviter qu’ils me submergent. Ajouta Isabella.

- J’ai souvent eu peur qu’on te retrouve. Fit Ezra. Comment t’es-tu retrouvée impliquée dans la résistance ?

- Je crois que mon oncle aurait pu retrouver ma trace n’importe quand s’il l’avait voulu, malgré mon pseudonyme, mes cheveux coupés, mes nouvelles cartes d’identité et mes faux antécédents. Fit Isabella. (Pas si faux que ça! Interrompit Emma). Il était peut-être trop occupé par ses projets ou prenait pour acquis qu’il me retrouverait. Allez savoir!

Comme tu le sais, j’ai vécu ces dernières années à San Fransisco à enseigner l’histoire de l’Amérique à Berkeley. Metro, boulot, gym, dodo, une personne dans la multitude prenant la chance de vivre normalement. Je tuyautais aussi Emma en économie et les possibles applications douteuses qu’en faisait mon oncle.

La routine habituelle jusqu’à ce qu’Emma me prévienne du projet raté de coup d’État de Swan, de ses plans pour te tuer toi et ma fille et son implication dans l’assassinat de William et que Mme Bonnell commence à s’inquiéter des directions que prenaient le gouvernement interplanétaire avec mon oncle qui tirait de plus en plus les ficelles. Elle sentait qu’un coup d’État était encore à l’ordre du jour et voulait protéger le président Carthew et sauver ce qui pouvait être sauvé de la démocratie.

C’était le moment ou jamais pour moi d’agir contre mon oncle. Je suis donc retournée dans l’antre de la chimère comme analyste civile dans le département des crimes économiques posant comme professeure d’histoire de l’Amérique à Columbia! Ma couverture a tenu une journée!

- Quand même assez longtemps pour confirmer que ton oncle préparait bel et bien un coup d’état, nous permettre de reconnaître qui étaient ses hommes et faire le lien entre ton vécu face à lui et cette apathie générale. Pour couronner le tout, tu es même allé cueillir des renseignements sur sa cause et son remède en fouillant l’appartement de ta fille, en consultant Jasper et en mettant la main sur cette édition du Uranus Times! Tout cela pendant que le vieux refermait l'étau! On a évacué le Président et sa famille le soir même avec notre unité, le Comet et le contingent du Général Grant! C’était aussi le soir où nous avons aussi apprit la disparition du Balkan. Intervint Emma.

- J’ai du mal à croire que cela ne fait même pas 4 mois. Fit Isabella. Tout est chambardé maintenant. Je n’ose même pas imaginer le sort de ceux restés sur Terre, Mercure, Vénus et Mars!

- Raison de plus pour ne pas t’avoir laissée derrière, Isa! Fit Emma.

- Que la longue amitié entre vous deux n’ait jamais été inquiétée par le vieux relève aussi du miracle. Fit Ezra.

- Ceci prouve que les facettes les plus brutales et cruelles de sa personalité, son arrogance, sa rigidité donnent beaucoup d’angles morts. Il a toujours été très habile pour déguiser ses faiblesses en forces. Il s’est apperçut trop tard la « mauvaise » influence d’Emma sur moi. Fit Isabella.

- Hum...je pense qu’il cherche toujours une Isabella qui est aux abois, qui se cache, qui a peur et qu’il était habitué d’avoir sous son joug; pas la femme posée, courageuse, intelligente, sollidaire et d’action qui est avec nous en ce moment. Fit Emma.

- Ceci étant dit, il ne faut pas pour autant abaisser la garde. Fit Isabella, un peu embarrassée. Maintenant, ces facettes de mon oncle prennent déjà toute la place dans ses décisions à mesure que son manque d’énergie vitale grandit. Il faut agir directement contre lui bientôt avant qu’il n’entraîne tout le monde avec lui.

- Eh, bien...je vois que pour le plan de te laisser complètement en dehors de nos prochaines actions...c’est raté! Fit Ezra en passant sa main sur sa nuque.
- Je vois qu’il y eu une petite réunion dans le bureau du président pendant que dormais. Fit Emma.

En voyant Ezra de plus en plus petit dans ses souliers, elle ajouta :

- Ne te fais pas de soucis, Ezra. J’était complètement claquée hier soir de toute façon. Le Président et le Général Grant me feront un topo lorsqu’il convoquera mon équipe pour une prochaine mission. Ce qui ne saurait tarder. Il le font toujours. Je suis sure qu’ils ne refuseront pas ce qu’Isabella préconise pour sa contribution.

- « Chacun selon ses moyens » a toujours été le credo des résistances. Fit Isabella. C’est une règle à laquelle je n’ai pas l’intention de dérroger.

Ils furent rejoints par le reste de l’équipe d’Emma Watson, y compris le capitaine Buckley.

- Venez. Fit Ezra. Il y a des gens à la grande salle à manger que j’aimerais vous présenter maintenant.

Ils comprirent tous qu’ils allaient rencontrer Kim Ivan et ses hommes.

A+

Frégo Cool
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Dernière édition par Frégo 80 le Ven 8 Aoû 2014 - 00:11; édité 1 fois
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Mer 6 Aoû 2014 - 15:07
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Frégo !

j'allais poster une nouvelle suite et je découvre ta partie !

super, ce résumé à destination d'Ezra ! Le voilà maintenant bien au fait de la façon dont les choses se sont passées sur Terre, du moins pour la fuite d'Emma, Isabella, le président et consort...

mais tu t'es interrompue au moment de la rencontre avec Kim et ses hommes ! Quel suspens !

je n'ai plus qu'à reprendre le chemin du trampogrill jump jump jump jump jump ! Je suis certaine que Flamme va me laisser une petite place Game

bizz vizz

Limeye
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Mer 6 Aoû 2014 - 15:11
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Cela dit, j'en ai oublié de poster ma suite. La voici, j'ai encore des choses à dire, mais ça ne se percutera pas avec ce que Frégo, tu vas avancer de ton côté, du moins, je le pense.

bizz vizz

Limeye


La maison était toute en bois. Ses volets étaient fermés. Si elle se trouvait au bout d’un long chemin forestier mal entretenu, le terrain tout autour était dégagé. Oliver allait constater en y entrant que la vue qu’il pouvait en avoir portait loin : ainsi, il pourrait observer les alentours sans risquer de se faire surprendre par quiconque. Les premiers voisins se trouvaient à deux bons kilomètres, le premier village à cinq. Ici, ils allaient pouvoir attendre des nouvelles du colonel Nukibé en se trouvant en relative sécurité. Ils n’avaient croisé aucun véhicule durant les vingt derniers kilomètres, ni vue âme qui vive.

Oliver gara le véhicule à l’arrière de la maison, et remarqua alors une sorte de hangar au bout du terrain. Il se dit qu’il irait y jeter un œil une fois qu’ils seraient entrés. Le colonel lui avait transmis le code d’ouverture des portes. Si de loin, la maison paraissait abandonnée, en s’en approchant, le jeune homme constata qu’il n’en était rien : les huisseries étaient soigneusement entretenues, portes et fenêtres fermaient parfaitement. A l’intérieur, c’était simple, mais confortable. Tout à fait le genre de maison familiale provenant d’un lointain héritage, maison de campagne dans laquelle une famille peut prendre plaisir à se retrouver à l’occasion. Elle était grande, avec un étage autour duquel courait tout du long une grande balustrade. Sur un des côtés, elle débouchait sur une grande terrasse.

Après avoir mené Suzann dans le salon, il en fit soigneusement le tour. Ils trouvèrent quelques provisions dans un cellier. Par mesure de sécurité, Oliver conseilla à Suzann de ne pas ouvrir les volets. A la nuit tombée, il prendrait soin aussi de ne laisser filtrer aucune lumière. Il ressortit peu après et gagna le hangar. C’était en fait comme un vaste garage. S’y trouvait un véhicule, parfaitement chargé en énergie. Mais il y avait la place où garer celui de Suzann, ce qu’il fit aussitôt. Il revint vers la maison en se disant que maintenant, il n’y avait plus qu’à attendre patiemment des nouvelles du colonel.

Il avait repéré le bureau où se trouvait le transmetteur, mais comme convenu, il ne l’utilisa pas. En revenant vers le salon, il entendit un peu de bruit provenir du bout du couloir. Suzann avait fait le tour des lieux, du moins du rez-de-chaussée, elle aussi. Elle était tout simplement en train de préparer deux chambres. Il la laissa faire, se doutant que retrouver des activités ménagères l’aidait certainement à reprendre le dessus. Il gagna alors la cuisine, rangea leurs provisions qu’il avait ramenées du véhicule et fit l’inventaire de ce qui s’y trouvait. Ils avaient de quoi manger pour au moins une semaine. Il espérait que cela serait suffisant. Mais s’il le fallait, ils se rationneraient.

La journée était déjà bien avancée lorsque tous ces petits préparatifs furent achevés. Ils prirent alors un vrai repas, dans la cuisine. Puis Suzann alla s’allonger un peu. Oliver se dit qu’il ferait aussi bien de faire de même. Les dernières heures avaient quand même été mouvementées. D’agent de l’ombre de la résistance, il était devenu fugitif, meurtrier et maintenant réfugié. Cela faisait beaucoup, même pour un homme comme lui.

Il bénit Suzann d’avoir préparé un lit pour lui et alla s’y étendre. Il dormit plusieurs heures et ne se réveilla qu’à la fin du jour.

Quand il se leva, il devina tout de suite que Suzann était levée elle aussi. Il passa devant le salon, constata qu'une théière et deux tasses attendant sur la table ronde du coin living. Un peu de bruit provenait de la cuisine. Il s'arrêta, interdit. Elle chantonnait doucement. "Elle récupère vite, tant mieux", sourit-il. Il reprit sa marche et entra dans la pièce. Elle terminait de laver la vaisselle de leur repas de midi. Dans une casserole, elle avait déjà préparé quelque chose pour le repas du soir.

Elle avait coiffé ses cheveux bouclés un peu en arrière, les attachant en une lâche queue de cheval. Des mèches s'échappaient sur les côtés. Elle avait aussi changé de vêtements, et avait troqué son pantalon et son chemisier contre une jolie robe. Pour la première fois depuis qu'elle lui était tombée dans les bras dans la rue, Oliver prit conscience de sa féminité.

- J'ai fait du thé, dit-elle sans se retourner, en rinçant une assiette. Je ne sais pas s'il faut en faire souvent, mais...
- C'est une bonne idée, répondit-il. J'ignore si nous sommes plus sensibles au daminthor à New York qu'ici, toujours est-il que toute la région est touchée. J'en suis presque certain.
- Le Daminthor, c'est le produit qui nous rend si faible ?, demanda-t-elle en relevant un peu la tête et en le regardant.
- Oui.

Elle coupa l'eau, déposa la dernière assiette sur le plan de travail, s'essuya les mains et dit :

- Alors, prenons l'antidote. J'ai trouvé un thé différent du mien dans les placards, à l'odeur, il était un peu plus fort. Peut-être qu'il rendra l'antidote meilleur à boire.
- Meilleur, je ne sais pas si on peut aller jusque-là, dit Oliver d'un air dubitatif.

Elle le fixa un instant, puis rit légèrement. Oliver sentit son coeur s'alléger un peu. Que cela faisait du bien de réentendre quelqu'un rire ! Et un rire de femme, encore plus...

Ils gagnèrent le salon, il les servit. Il remarqua seulement en lui tendant sa tasse qu'elle s'était légèrement maquillé les yeux. Juste un peu de mascara sur les cils et un fin trait sous ses yeux. Il pouvait enfin, seulement, en voir la couleur : ils avaient perdu cette teinte vitreuse qu'ils avaient eue jusqu'à présent. Ils étaient d'une jolie couleur dorée, comme deux petites noisettes.

"Rien à voir avec les grands yeux bleus de Joan", songea-t-il.

Et il se rendit compte à cet instant qu'il n'avait pas pensé à Joan avec un pincement au coeur.
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Mer 6 Aoû 2014 - 17:34
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Comme qui dirait que ça fait un moment que je n'ai pas transformé mes lectrices en guimauves fondues... il était temps de remédier à cet état de fait !

bizz vizz

Limeye


Le soir tomba lentement, dans une brume opaque comme sur New York. Oliver avait passé un moment derrière la porte vitrée de l'entrée de la maison, sur le devant, à surveiller les alentours. Tout était calme. Le transmetteur n'avait pas sonné. Il pensa que Nukibé attendrait certainement le lendemain pour le contacter, dans le but de lui laisser du temps pour parvenir jusqu'ici et ensuite, pour avoir sans doute aussi le temps d'organiser son évacuation. Il devrait annoncer au colonel qu'il n'était pas seul, et espéra soudain que cela ne poserait pas de souci. Il ne voulait pas laisser Suzann derrière lui. Il lui devait la vie, et pas uniquement parce qu'elle avait tiré sur le major. Sans elle, il se serait retrouvé face aux types lancés à sa recherche. Il frissonna en imaginant ce qu'il subirait à cet instant si on l'avait trouvé.

Ils dînèrent dans une ambiance semblable à celle de la veille. Suzann lui posa quelques questions sur ce qu'il faisait, mais sans insister : elle avait compris qu'il ne pouvait pas parler. Non parce qu'il ne lui faisait pas confiance, mais par sécurité. Il lui expliqua cependant ce qu'il savait du daminthor et de son usage. Elle mesura alors pleinement les enjeux qu'il y avait à lutter contre ce fléau.

Durant l'après-midi, pendant qu'il dormait, Suzann avait visité les lieux, avec discrétion. Elle avait trouvé dans une chambre réservée aux enfants un jeu de dames et proposa à Oliver d'en faire une partie, comme il n'était pas très tard. Elle lui avoua avoir trouvé un jeu d'échecs, mais elle ne savait pas jouer. Il proposa alors de lui apprendre. Elle accepta et gagna l'étage pour l'amener dans le salon.

Pendant ce temps, Oliver prépara une nouvelle théière d'antidote. Il était à peine meilleur à avaler avec le thé que Suzann avait trouvé, mais elle avait aussi déniché un pot de miel, et à force d'ajouter ce genre d'ingrédients, cela devenait buvable. Il se dit qu'ils s'habituaient aussi peut-être à son goût particulier. Mais l'odeur, par contre, ni thé, ni miel, ne parvenaient à l'atténuer.

Ils s'installèrent face à face, toujours assis à la table ronde du living. Oliver avait allumé une seule petite lampe et bien que les stores soient soigneusement baissés dans la pièce, il avait aussi tiré les lourds rideaux de feutre devant les fenêtres, non sans avoir jeté à nouveau un coup d'oeil au-dehors avant qu'il ne fasse tout à fait nuit. Il commença à expliquer le principe du jeu à Suzann, les bases mêmes. Elle l'écoutait avec attention. Ils commencèrent une partie, mais au bout d'une bonne demie-heure, il remarqua des signes de fatigue chez la jeune femme. Il lui proposa de poursuivre le lendemain.

Elle gagna sa chambre et il la suivit du regard alors qu'elle quittait le salon. Puis il reporta son attention vers l'échiquier, fixant les pions sans les voir. Il se releva peu après, sortit de la maison par la porte derrière, se fondit dans son ombre pour regarder au-dehors. Il ne vit pas grand chose, car il n'y avait pas de lune et que la clarté des étoiles n'atteignaient plus depuis longtemps la Terre. Mais tout était calme, il n'entendit aucun bruit suspect et se décida finalement à rentrer dans la maison. Il revint au salon, regarda quelques couvertures de livres sur les étagères. Puis débarrassa la table de la théière et des tasses, but le reste d'antidote et finalement alla se coucher.

Il resta un long moment éveillé, songeant à tout ce qui était survenu depuis la veille. Il se dit qu'ils avaient bien fait de profiter de cette soirée, de goûter à la tranquillité des lieux, car il ignorait quand ils pourraient connaître à nouveau de tels moments. Le sommeil le gagna et il finit par s'endormir en se tournant sur le côté.

Ce fut la voix claire, mais hésitante, de Suzann qui le réveilla. Machinalement, il jeta un regard à sa montre. Le jour était encore loin.

- Oliver, je... je ne voulais pas vous réveiller, mais...
- Que se passe-t-il ?, demanda-t-il en se redressant dans son lit, soudain aux aguets.
- Et bien... je sais... c'est ridicule, mais...
- Mais quoi, Suzann ?
- Je n'arrive pas à me rendormir. J'ai fait un horrible cauchemar. Mon fils...

Il se leva alors, s'approcha d'elle et la prit contre lui. Elle pleurait doucement.

- Il... il était avec d'autres enfants. Ils jouaient... ils avaient l'air si heureux, si... vivants. Et puis, des hommes sans visages, aux mains énormes... ils... oh, c'était horrible... ils leur arrachaient les yeux, la tête, les démembraient... pour les dévorer... c'étaient comme des ogres...

Il la serra plus fort contre lui, se demandant si elle parviendrait un jour à se remettre de cette perte. "Sans doute, jamais totalement", songea-t-il avec tristesse. Il lui caressa doucement le dos, puis l'écarta un peu de lui pour la regarder droit dans les yeux :

- Suzann, je n'ai pas le pouvoir d'effacer ces rêves. J'en fais aussi, parce que j'ai vu des choses horribles, j'ai vu des vérités qui vont au-delà de nos plus terribles cauchemars. Je ne sais pas comment vous redonner de l'espérance. Ce que je sais, c'est que je ferai tout mon possible pour qu'un monde meilleur accueille tous les enfants à venir.

Elle le regarda, puis baissa les yeux.

- Pardonnez-moi de vous avoir réveillé. J'ai refait du thé... mais ça ne suffisait pas.
- Je comprends, ce n'est pas un souci.
- Est-ce que... est-ce que... je peux rester avec vous ? J'ai peur...

Il hocha la tête, la mena vers le lit. Elle se coucha sur le bord, comme pour ne pas prendre trop de place, ne pas le déranger. Mais il la recouvrit doucement de la couverture et remit en place les oreillers.

Au petit matin, il se réveilla en la sentant contre lui. Elle dormait toujours, mais la pâle lumière de l'aube éclairait ses cheveux châtain clair. Elle était encore amaigrie par les effets du daminthor. Il espéra qu'elle reprendrait le dessus malgré tout. Mais en retrouvant de la force, il devinait déjà qu'elle aurait à affronter ses souvenirs et sa solitude. Il se surprit à lui souhaiter le meilleur, mais s'interrogea cependant sur les préoccupations qui lui venaient à son sujet. Lui qui ne s'était jamais vraiment soucié de quiconque trouvait soudainement là quelque chose qu'il osa qualifier de "sens à sa vie".

Il fixa le plafond, pensa un instant à Joan. Il savait pourquoi leur relation n'avait pas tenu. Sans doute parce qu'il ne s'était pas assez préoccupée d'elle. Il se jura de ne pas recommencer pareille erreur avec une autre femme, si jamais il lui était donné de retomber amoureux. Puis il sentit Suzann bouger contre lui, elle ouvrit les yeux, le regarda avec douceur. Nulle trace d'étonnement à se trouver là, avec lui, dans son lit à lui. Nulle trace de peur, non plus. Simplement le regard de quelqu'un qui a dormi au cours des dernières heures plus sereinement qu'elle n'avait pu le faire depuis des semaines, des mois. Il ne dit rien, il la regardait simplement.

Mais il se sentit heureux qu'elle ne le repousse pas quand il déposa un léger baiser sur ses lèvres.
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Jeu 7 Aoû 2014 - 02:42
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flamme
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Ça alors, les filles... Youpi Master Good Clap jump jump jump jump jump jump

Frégo: Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! Tu t'es arrêtée pile où il ne fallait pas! (pour moi) Confused Mais pour le suspense, c'est réussi! Master Good Best Clap Le grilpoline ne dérougit pas... jump jump jump THE rencontre inoubliable s'en vient! Viiiiiiite la suite!

LImeye: Oooooooooh! J'ai fondu, c'est vrai que ça faisait longtemps! Wow Kiss Hug flower Le trampogril ne dérougit pas lui non plus... jump jump jump Je suis très heureuse de voir ces deux-là se rapprocher... Viiiiiiite la suite!

Master Master Master à toutes les deux!

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Jeu 7 Aoû 2014 - 02:44
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Frégo 80
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye! Flamme!

En effet, ça faisait longtemps qu'on n'a pas eu une séance de guimauve fondue! Wow Kiss Mort de Rire On saute à trois sur le grillpoline! Je vais essayer de ne pas vous laisser griller trop longtemps! Mort de Rire

jump jump jump jump jump

A+

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Jeu 7 Aoû 2014 - 21:01
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Nouvelle petite suite pour ce soir...

bizz vizz

Limeye


Le colonel Nukibé contacta Oliver en milieu d’après-midi. A sa voix, le jeune homme comprit qu’il était soulagé de le savoir arrivé à bon port. Oliver lui signala qu’il n’était pas seul, qu’il avait emmené avec lui une jeune femme qui lui avait sauvé la vie. Le colonel ne dit rien de particulier à ce sujet. Il lui confirma qu’une évacuation était prévue pour dans deux jours, que la jeune femme pourrait venir avec lui. Cela soulagea Oliver. Le colonel lui transmit un fichier contenant les informations nécessaires pour Oliver pour reconnaître celui qui viendrait les chercher. Il s’agissait en fait du gendre du colonel, celui-là même qui avait assuré la livraison de matériel à Jasper Randall. "Il vous conduira en lieu sûr", avait dit le colonel, sans pour autant préciser ce qu’était cet endroit.

Par discrétion, Suzann était sortie sur l’arrière de la maison, sans pour autant se rendre dans le jardin, le temps qu’avait duré l’échange entre Oliver et Nukibé. Quant elle revint, Oliver lui dit simplement qu’ils allaient quitter cette maison dans deux jours, mais qu’il ne savait pas où on les emmènerait. Mais que ce serait un lieu sûr, autant qu’il était possible d’en trouver un sur Terre à l’heure actuelle. Elle hocha simplement la tête et s’assit sur l’un des fauteuils du salon.

Durant deux jours, ils se reposèrent et reprirent des forces le plus possible. Pour Oliver, cela alla assez vite. Il était en bonne santé avant tous ces événements, le daminthor n’avait que très peu agi sur lui. Il était sportif aussi. Pour Suzann, les choses allaient plus lentement. Mais elle était courageuse. Oliver la soupçonnait de pleurer parfois, hors de sa présence. Elle prenait sans rechigner l’antidote, et s’alimentait maintenant normalement. Ses joues retrouvaient des couleurs, ses cheveux n’étaient plus ternes, ses yeux avaient repris leur couleur et leur éclat. Ils occupaient leurs journées en lisant. Suzann faisait aussi des progrès aux échecs. Mais elle avait aussi décidé de s’activer un peu et avait notamment entrepris de faire du ménage, pour que la maison qui les accueillait reste propre. Oliver l’aida, il s’ennuyait de toute façon et il ne voulait pas qu’elle se fatigue de trop. Ils passèrent aussi les deux nuits suivantes ensemble.

Eduardo, le gendre du colonel Nukibé, se présenta à leur refuge comme prévu dans la matinée. Il se rendit compte d'emblée, en approchant de la maison que tout semblait calme et inhabité. Si son beau-père ne lui avait pas assuré qu'il y avait deux personnes à récupérer ici, jamais il ne l'aurait deviné avant d'entrer dans la maison. Comme Oliver et Suzann trois jours plus tôt, il se gara sur l'arrière. Il frappa avant de composer le code de la maison. Quand la porte s'ouvrit, il découvrit le visage déterminé d'un jeune homme de moins de 30 ans. Ce dernier tenait un pistolet braqué sur lui.

- Vous prenez vos précautions. Je suis Eduardo, le gendre du colonel Nukibé. Le code est : Barcelone n'est pas tombée.

Oliver abaissa son arme, son visage se détendit et il tendit la main à Eduardo.

- Je suis Oliver Connors, dit-il en révélant pour la première fois son identité.
- Vous n'êtes pas seul, m'a dit le colonel.
- Oui. Suzann est avec moi. Elle attendait là-haut. Nous vous avons vu arriver.

Ils entendirent à cet instant des petits pas sur le palier de l'étage, puis la jeune femme apparut en haut de l'escalier. Eduardo comprit aussitôt qu'elle avait été victime du daminthor et qu'elle souffrait encore de carences. "Un petit séjour chez Jasper, ça va la remettre d'aplomb", pensa-t-il. Puis il s'avança vers elle et la salua avec sympathie. Elle lui sourit doucement en retour et le remercia aussi de s'occuper d'eux. Ils gagnèrent le salon et Eduardo commença à leur expliquer la façon dont était organisée la suite de leur périple.

- Nous ne partirons qu'en fin de journée, dit-il, pour nous rendre à une cinquantaine de kms d'ici, sur un petit aéroport désaffecté. Enfin, soit-disant. Nous y prendrons une petite navette, un ancien petit vaisseau de tourisme qui dissimule soigneusement quelques armes puissantes, pour nous rendre dans un lieu dont je vous révèlerai le nom quand nous en approcherons. Nous aurons ensuite deux bonnes journées de trajet, par un autre moyen de transport pour arriver à votre destination. C'est un lieu très sûr. Guggenheim et ses sbires n'en ont pas connaissance, du moins, nous l'espérons.
- Sera-t-il possible d'agir de là-bas ? De faire quelque chose ?, demanda Oliver.

Au regard de Suzann qui accompagna les mots du jeune homme, Eduardo comprit qu'elle aussi espérait pouvoir se rendre utile.

- Oui. D'une manière totalement différente de ce que vous avez fait jusqu'à présent, mais je peux vous assurer que vous ne manquerez pas d'occupation.
- Pourquoi ne partons-nous pas tout de suite ?
- D'une part parce qu'il vaut mieux voler de nuit, et ensuite, parce que nous allons devoir vous préparer au voyage. Nous avons réalisé de fausses pièces d'identité, pour vous deux. Mais il faut que nous les complétions et que vous vous maquillez. Nous ne sommes pas à l'abri d'un contrôle.
- Nous en avons eu deux, entre New York et ici, dit Oliver.

Puis il raconta rapidement ce qui s'était passé.

- Votre ancien chef est sur les dents. Il vous fait rechercher. Nous ne devons rien laisser au hasard.

Pendant qu'Oliver et Eduardo complétaient leurs faux papiers, Suzann leur prépara un petit repas. Eduardo lui assura avoir tout prévu pour le voyage. Elle refit aussi son sac. Elle était prête à partir, à continuer l'aventure. Et le combat.
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Ven 8 Aoû 2014 - 11:23
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello !

courte livraison pour cette fin de matinée, mais j'espère pouvoir vous proposer la suite avant le week-end !

bizz vizz !!!

Limeye


Suzann gardera un souvenir assez confus du voyage. Elle somnola une partie du trajet jusqu’au petit aérodrome qui avait l’air en effet bien abandonné. Il faisait nuit noire lorsqu’ils y parvinrent. Eduardo fit coulisser la porte d’un des hangars, qui, curieusement, ne grinça pas. A l’intérieur se trouvait la navette dont il avait parlé. Ils montèrent à bord, Oliver prenant la place de copilote. Suzann s’installa sur l’un des sièges à l’arrière. Ils sortirent l’appareil du hangar qu’Eduardo referma avec soin, après y avoir garé son propre véhicule. Moins d’un quart d’heure après leur arrivée, ils étaient partis et à nouveau, la nuit noire les enveloppa.

Ils pilotèrent plein sud et au début, Oliver se demanda si Eduardo ne les conduisait pas dans un lieu proche de la résidence du colonel, afin de favoriser une éventuelle rencontre. Mais quand il comprit qu’ils survolaient le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes, il sut que la destination était autre. Ils parlèrent peu durant le voyage, se concentrant sur le pilotage. Eduardo ne semblait pas fatigué, mais quand ils se posèrent au cœur de la forêt amazonienne, dans le jour naissant, Oliver ne fut pas surpris de l’entendre dire qu’il allait commencer par dormir un peu. Ils restèrent dans la navette, Suzann s’étant réveillée à l’atterrissage.

Ils se retrouvèrent un moment tous les deux, alors que leur guide s’était installé sur l’unique couchette que Suzann avait occupée une partie de la nuit. Elle s’inquiéta de la fatigue d’Oliver. Il la rassura en lui disant qu’il avait dormi à deux reprises au cours de la nuit. Ils reprirent une dose d’antidote. Eduardo ne semblait pas posséder une meilleure recette qu’eux.

- Où sommes-nous ?, demanda la jeune femme en sirotant son thé-antidote.
- En pleine forêt amazonienne, au nord. Nous avons atterri peu après avoir vu se dessiner les côtes. En fin de nuit, nous avons survolé toute la mer des Caraïbes.
- Est-ce seulement une étape pour se reposer ?
- Je ne sais pas. Eduardo ne m’a pas dit encore où nous allions exactement.

Elle se leva pour regarder un moment par la fenêtre du cockpit. Les hauts arbres, la verdure, qu’elle pouvait voir au-delà de la petite zone d’atterrissage, lui faisaient un effet étrange. Elle vint se rasseoir auprès d’Oliver et il entoura ses épaules de son bras. Cela lui faisait vraiment du bien de prendre soin d’elle.

- Ca va aller, Suzann. On a fait le plus dur. J’ai confiance.
- Moi aussi, répondit-elle en lui jetant un coup d’œil puis en venant se pelotonner plus contre lui.

Cet homme lui faisait du bien. Sa présence était chaleureuse, aimante. Il n’était pas – pas encore - question de sentiments entre eux, juste de se soutenir, de se faire du bien. Il le fallait pour tenir le coup, ils l’avaient intuitivement compris, l’un comme l’autre.

A son réveil, Eduardo leur en dit plus sur leur destination finale. Ils déjeunèrent tranquillement.

- Nous allons laisser la navette ici, pour prendre un petit bateau à moteur. Nous allons descendre le long d’un des affluents de l’Amazone. Nous en avons pour deux jours de navigation avant d’arriver là où je dois vous conduire. Je dois de toute façon apporter du matériel et ramener des provisions d’antidote. Vous amener là-bas n’est d’un détour pour moi.
- Pouvez-vous nous en dire plus maintenant ?, demanda Oliver.
- Oui. Je vous conduis auprès de Jasper Randall.

A ce nom, Oliver ne put réprimer un frisson. Il allait rencontrer l’oncle de Joan.

- Que fait-il là-bas ?
- Il est une des rares personnes à connaître la composition exacte de l’antidote au daminthor, celui que vous buvez depuis plusieurs jours. Il a installé là-bas une unité de fabrication qui est en train de donner sa pleine mesure. Nous tentons maintenant de mettre sur pied la distribution à grande échelle, mais nous n’en sommes encore qu’à des balbutiements. Il faut agir, pour protéger au mieux la population survivante, mais nous ne pouvons pas non plus faire n’importe quoi au risque d’être repérés.
- Je comprends, dit Oliver qui avait senti Suzann frémir aux mots "population survivante".
- Il ne refusera pas votre aide, pour la fabrication, le conditionnement… il travaille déjà avec les habitants d’un village indien de la région.
- Nous ferons au mieux, répondit le jeune homme.

Et il se demanda si Jasper avait des nouvelles de sa nièce, si Joan était toujours vivante.

Ils embarquèrent à bord du bateau à moteur, déjà chargé de caisses de matériel, avant midi. Un long voyage un peu monotone les attendait. Au début, enchantée par la découverte de nouveaux paysages, d’une autre atmosphère que celle, pesante, de New York, Suzann resta bien éveillée, observant les rives. Puis, leur aspect toujours semblable, la canopée qui ne laissait pas facilement passer les rayons du soleil, eurent raison de son attention. Le bateau était assez haut, avec des soutes. Si des caisses étaient entreposées sur le pont, il y en avait aussi dans les cales. Mais une partie, sur l’arrière, offrait la place pour une cabine, pas très grande mais très confortable. Eduardo l’invita à s’y reposer. Ils firent halte à la tombée du jour, en plein fleuve. Eduardo préférait ne pas avancer de nuit, à cause des méandres du fleuve au travers desquels ils pourraient aisément se perdre. Malgré un équipement de navigation très sophistiqué, il n’avait confiance, en ces lieux, qu’en ses yeux et en son instinct.

Ils dînèrent et dormirent à bord. Les rives, le fleuve comme la forêt alentours étaient tout sauf silencieux. Eduardo avait vite compris qu’Oliver et Suzann entretenaient une liaison et il ne s’étonna pas que le jeune homme la rejoigne pour dormir. Ils repartirent au petit matin, un peu avant l’aube. Ils ne parvinrent à destination que le lendemain en fin d’après-midi. En voyant s’approcher le ponton à l’abandon, Oliver se demanda s’ils ne faisaient pas encore une simple escale pour la nuit à venir. Mais quand il vit sortir de dessous les arbres quatre silhouettes, il comprit qu’ils étaient arrivés.
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Dim 10 Aoû 2014 - 21:25
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Pour l'anniversaire de Frégo : un p'tit cadeau !

bizz vizz !

Limeye


Le premier homme à s’avancer vers eux était un Indien entre deux âges, de ce qu’Oliver allait pouvoir estimer après les avoir côtoyés quelques temps. Il aida Eduardo à terminer la manœuvre d’accostage. Mais déjà Jasper s’était avancé à son tour et venait les saluer.

- Salut, Eduardo, tout s’est bien passé ?
- Aucun souci. Du moins, pour tout ce qui me concerne. Mais Oliver et Suzann ont rencontré quelques difficultés.

Jasper se tourna alors vers eux. Oliver aidait la jeune femme à descendre du bateau. Il se tourna vers l’oncle de Joan, chercha un instant une ressemblance entre eux, mais saisit avec sympathie la main tendue.

- Vous pouvez dire que vous revenez de loin, dit Jasper sombrement. Vous avez fait un sacré boulot, et pas des moindres.
- J’aurais aimé pouvoir faire encore plus.
- Des fois, il faut savoir s’arrêter à temps. Et puis, ici, on lutte aussi. Différemment, mais on lutte.
- Je n’en doute pas, répondit Oliver. Eduardo nous a donné quelques explications sur ce que vous faisiez et je crois qu’on vous doit la vie, Suzann et moi.

Et il laissa la jeune femme saluer Jasper.

- Madame, bonjour.

Elle lui sourit doucement :

- Appelez-moi, Suzann, s’il-vous-plaît. C’est plus simple.
- Moi, c’est Jasper. Et voici Tukini, une grande amie. Elle parle parfaitement la langue commune et l’anglais. Elle vous servira d’interprète avec les siens si vous avez besoin et en cas d’absence de ma part.
- Peut-être que nous aurons le temps d’apprendre un peu leur langue ?, demanda Suzann.
- Je pense qu’ils seront heureux de vous entendre la parler, mais pour ce qui est du temps… d’un certain point de vue, j’espère que non : car plus vite en nous aurons fini avec les ordures de New York, mieux ce sera.
- Je comprends ce point de vue, dit Oliver, et Suzann agréa.
- Bien, dit-il, je vais vous mener au village. Vous pourrez vous y installer. On ira à l’usine plus tard.
- Je vais superviser le début de déchargement, proposa Eduardo qui connaissait les lieux.
- Ok.

Et alors que Tukini et ses deux autres compagnons indiens restaient avec Eduardo, Oliver et Suzann, avec leurs maigres bagages suivirent Jasper dans la forêt.

Le village n’était pas très éloigné, mais avancer dans la forêt, même sur des sentiers utilisés régulièrement, pour qui n’a pas l’habitude, n’était pas chose facile. En arrivant au village, ils étaient tous les deux en sueur, certaines plantes s’étaient accrochées à leurs vêtements, laissant parfois des traînées poisseuses dessus. Quand ils arrivèrent, un couple âgé s’avança vers eux. C’étaient Arouk et Naméra, les grands-parents de Tukini, et chefs du village. Jasper les salua et leur présenta Oliver et Suzann. Il traduisit l’échange pour eux. Arouk parlait un peu la langue commune, grâce à sa petite-fille et aux fréquents séjours de Jasper. Mais il était peu habile à la manier. Il leur fit comprendre qu’ils étaient les bienvenus et qu’un abri leur avait été préparé. Les deux jeunes gens les remercièrent chaleureusement. Puis Jasper leur dit :

- Je vais vous renvoyer Tukini. Je vais retourner au bateau, pour le déchargement. On discutera plus ce soir. J’ai des nouvelles à vous apprendre, mais ça peut attendre quelques heures. Et je suis curieux d’entendre votre récit.
- Je pense que je suis assez curieux d’entendre le vôtre aussi, Jasper, dit Oliver.
- Ah, juste un détail, si c’est possible, reprit l’oncle de Joan avant de s’éloigner : le "tu", c’est mieux.
- Très bien, sourit Oliver. Aucun souci.

Et Jasper disparut sous les arbres, les laissant au milieu des quelques familles restées au village et qui s’approchaient, déjà curieuses de faire connaissance avec les amis de Jasper, qu’ils surnommaient dans leur langue "celui qui ne craint plus les serpents", depuis qu’il avait été mordu et soigné par leur chef Arouk.

Oliver s’étonna un peu de la façon dont Suzann se comporta en attendant l’arrivée de Tukini. Elle ne semblait pas gênée par la barrière de la langue et très vite, elle se fit comprendre pour des choses simples. On les avait conduits vers ce qui allait être leur abri pour les jours, peut-être les semaines, à venir. Suzann s’y installa aussi facilement que dans la maison de Nukibé, comme si cela lui était tout à fait naturel d’être ici. Oliver douta un peu de pouvoir dormir sur ce qui ressemblait à un hamac, mais il allait vite comprendre qu’il n’avait pas le choix : même dans le village, mieux valait dormir en hauteur pour éviter de sentir certaines petites bêtes lui courir sur le corps.

Quand Tukini arriva, elle se rendit aussitôt auprès d’eux et ils firent plus ample connaissance. Elle leur donna aussi quelques conseils simples pour s’habituer à la chaleur humide des lieux. Elle leur apporta également une petite préparation que sa grand-mère avait réalisée pour qu’ils ne souffrent pas des piqûres de moustiques, et à manger, en insistant pour qu’ils se nourrissent à chaque repas d’un certain fruit, afin qu’ils s’habituent à la nourriture d’ici. Et bien entendu, ils eurent droit à l’antidote.

Leur abri, comme tous ceux du village, offrait une certaine intimité. Il n’était pas très grand et servait surtout pour dormir. La plupart des activités qui rythmaient la vie du village se faisaient en commun, dans un espace assez vaste et dégagé, entouré par les abris. Les repas, les soins, la fabrication des armes, des vêtements, tout cela s’y déroulait. Très vite, Suzann allait s’intégrer parmi les familles qui restaient là, souvent des femmes et des enfants, car les hommes partaient chasser ou aidaient Jasper. Mais elle et Oliver allaient vite remarquer que la plupart des femmes jeunes l’aidaient aussi à l’usine. Seules les plus âgées ou celles qui avaient charge de petits enfants restaient. Les autres, même celles qui étaient mères, allaient à l’usine. De même que les adolescents.
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Dim 10 Aoû 2014 - 21:58
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Frégo 80
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye!

Merci, merci pour le petit cadeau! Clap Youpi je sens qu'on va découvrir des talents cachés chez Suzann! Good J'ai déjà hâte de voir la suite! jump jump jump jump

A+

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Lun 11 Aoû 2014 - 02:29
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou les filles!

Moi aussi j'ai hâte de voir la suite! J'aime la simplicité et la facilité d'adaptation de Suzann, elle est vraiment facile à vivre et pas compliquée pour deux sous! Good

jump jump jump

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Lun 11 Aoû 2014 - 18:11
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello les filles !

je vous envoie un petit lien concernant la chanson qui m'a inspirée le mot de passe entre Eduardo et Oliver.

cette chanson me file toujours des frissons quand je l'entends...

http://www.youtube.com/watch?v=pDE_nfkwwFo

bizz vizz

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Jeu 14 Aoû 2014 - 19:04
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello !

j'ajoute un nouveau tiboutte...

bonne lecture et belle fin de journée à vous toutes !

Limeye


Eduardo passa la nuit au village et ce ne fut que le lendemain, après son départ et le chargement de toute la production d’antidote à bord du bateau, qu’Oliver et Suzann découvrirent l’usine. C’était un grand hangar, bien dissimulé par les arbres et la végétation luxuriante. Divisé en deux parties, la plus grande était réservée à la transformation des plantes, la plus petite abritait ce que Jasper appela pompeusement, mais non sans humour, l’atelier de séchage. Il y faisait chaud, mais sec, contrairement à l’autre partie de l’usine et à l’extérieur. Oliver demanda en quoi ils pouvaient aider.

- Faire les petites mains, répondit Jasper. On ne fait que cela. Quelques femmes et adolescents ramassent les plantes, avec Tukini. Ils les connaissent bien, je leur fais confiance mieux qu’à moi pour cela. Ensuite, il faut les nettoyer, puis les broyer, tout en respectant les dosages entre chacune. Ensuite, on les fait macérer et chauffer dans les grandes cuves, là-bas, précisa-t-il en montrant deux grands récipients en inox qui chauffaient. Et ensuite, on extraie l’eau et le transforme en poudre. Puis on le conditionne et on le stocke. C’est la partie la plus délicate : il ne faut pas que l’humidité rentre à nouveau, sinon, c’est foutu pour le transport. C’est plus lourd et surtout, ça ne se conserve pas longtemps sous forme liquide. Alors qu’en poudre, c’est facile à distribuer et ça peut se garder. On avait pensé installer la partie sèche ailleurs, mais c’est trop risqué. Il faut tout faire ici. Avec les moyens du bord. Mais on commence à être rodé. Chacun sait ce qu’il a à faire. Après, ça dépend de ce que vous vous sentez capables de faire, l’un comme l’autre, à quel poste vous vous sentirez les plus utiles et le plus habiles.

Suzann observait avec attention toute la chaîne. Elle se voyait bien au tri et au nettoyage des plantes. Les cuves chaudes l’attiraient très peu, et de toute façon, Jasper précisa qu’il fallait être en bonne condition physique. Quatre indiens bien musclés assuraient la cuisson, car il fallait tourner la préparation avec de grands pieux de bois, en continu. C’était un travail très physique, rendu difficile par la chaleur. Les Indiens étaient habitués à cette dernière et ils se relayaient. De toute façon, la cuisson de l’antidote n’était possible que lorsqu’ils avaient récolté et préparé une quantité suffisante de plantes. Cette partie de la chaîne de fabrication ne fonctionnait pas en continu. Oliver, quant à lui, se dit que le conditionnement lui irait bien, mais il pourrait aussi aider là où ce serait nécessaire.

Ils rentrèrent au campement en fin de journée. Les chasseurs étaient revenus avec quelques animaux, et une joyeuse ambiance régnait autour des feux. Naméra s’avança vers eux. Elle marchait avec quelques difficultés, mais cela ne diminuait en rien son autorité. Elle parla un peu avec Jasper, qui sourit.

- Naméra s’inquiète du repas. Elle espère que vous aimerez…
- Je ne suis pas difficile, dit Oliver, et plutôt curieux.
- Pour moi, ça ira, dit Suzann. J’ai été habituée à manger des choses très différentes.
- Alors, c’est parfait.

La soirée fut chaleureuse, et malgré les difficultés pour parler les uns avec les autres, Jasper ou Tukini les aidèrent à se comprendre. Oliver apprécia cet accueil simple. Il se rendait compte aussi que la tension dans laquelle il avait vécu ces derniers mois, et surtout ces dernières semaines depuis qu’il travaillait pour la résistance, s’amenuisait. Suzann donna vite des signes de fatigue et gagna leur abri, non sans avoir avalé une nouvelle dose d’antidote. Tukini et Naméra parlèrent un moment ensemble, puis la jeune indienne s’adressa à Oliver :

- Suzann est malade ?
- Elle a été très touchée par le daminthor, expliqua Oliver. Je lui ai donné de l’antidote dès que j’en ai reçu. Elle en a pris régulièrement, mais elle était très faible. Elle récupère, elle va mieux, mais elle fatigue assez vite.

Tukini traduisit pour sa grand-mère. La vieille femme hocha la tête. Oliver poursuivit :

- Elle a perdu son mari, il a été tué. Et son fils est mort d’épuisement. C’est difficile pour elle, aussi, car les souvenirs lui reviennent petit à petit. Elle doit affronter le deuil.

A nouveau, Tukini expliqua les choses à sa grand-mère. Elles parlèrent un moment ensemble, sans qu’Oliver puisse être certain que Suzann était toujours le sujet de leur conversation. Puis Naméra s’éloigna, et la jeune Indienne reprit sa discussion avec lui.

- Ma grand-mère va lui préparer des plantes qui vont l’aider. Pour moins souffrir dans son cœur, mais surtout pour mieux récupérer de la fatigue.
- Merci, dit Oliver, un peu ému.

Jasper revint vers lui à cet instant, apportant quelques fruits macérés qu’il proposa au jeune homme. C’était frais et bon. Ils commencèrent à parler sérieusement. Oliver raconta le premier ce qu’il avait vécu, et sans s’appesantir sur la manière dont il avait procédé, il raconta ce qu’il avait fait. Par moment, Jasper lui posait une question, mais il se contenta de l’écouter jusqu’au bout.

- Tu as fait un sacré boulot, Oliver. Grâce à toi, Nukibé a pu transmettre des informations très importantes au Président et à Taggart. L’Amiral est maintenant sur ses gardes, notamment concernant le risque d’attentat sur sa personne.
- Quelle est la situation dans le système solaire ?, demanda Oliver, curieux d’avoir une vision d’ensemble de la résistance.
- Carthew est sur Phoebe. Taggart tient solidement l’ensemble jovien, même s’il fait encore face à quelques attaques sporadiques de l’armée de Guggenheim. Flam a fait le ménage autour de Saturne et la situation s’est clarifiée sur Uranus.
- Alors le Capitaine Flam est bien vivant…, murmura le jeune homme.
- Oui. Tu t’en doutais ?
- Le collègue qui travaillait avec moi, nous étions deux par bureau, avait été chargé d’identifier un vaisseau mystérieux qui aurait mené une mission d’importance sur Uranus. Quant à moi, je devais trouver le point faible du Capitaine. J’ai découvert plus vite que mon collègue que le vaisseau maquillé était le Comète. Et j’ai fait au mieux pour modifier les données sur le vaisseau contenues dans l’ordinateur central.
- De ce que j’en sais, à l’heure actuelle, ils n’ont toujours pas compris qu’il s’agissait du Comète… Et le point faible, alors, tu l’as trouvé ?

Oliver hésita un peu à répondre. Après tout, il parlait à l’oncle de Joan…

- Non, reconnut-il. Du moins, rien de probant. Mais j’ai dû lui en inventer un. J’ai fait au mieux pour gagner du temps, et de toute façon, je suis parti avant d’être trop ennuyé par mon supérieur sur cette question.
- Et qu’as-tu inventé ?
- J’ai parlé du professeur Wright. De ses liens avec le Capitaine. En pensant qu’il était le plus "faible" de l’équipe des Futurmen.

Jasper éclata de rire.

- Bien vu… mais je pense que le professeur est capable d’échapper aux hommes de Guggenheim ! Du moins, aussi bien que les autres…
- Je l’espère, répondit Oliver.

Le jeune homme resta un moment silencieux, fixant le feu qui brûlait encore, et autour duquel se trouvaient encore une bonne partie de la tribu.

- Jasper, j’ai une question à te poser.
- Vas-y.
- Est-ce que ta nièce est vivante ?

Un peu étonné, Jasper le fixa avec attention. Oliver soutint son regard et expliqua :

- J’étais étudiant comme elle à l’Académie. Nous n’étions pas dans la même promotion, mais je la connais bien. J’ai su qu’elle avait embarqué à bord du Balkan, avec le colonel Gurney et les Futurmen.
- Oui, Joan est vivante, répondit Jasper. Mais cela doit rester secret. Nous craignons que Guggenheim ne cherche à la faire prisonnière. Ou pire.
- Je comprends. Car elle est sa petite-nièce.
- Tu le savais ?
- Je l’ai découvert. J’ai été chargé de procéder à la fouille de son appartement, reconnut le jeune homme. Je n’ai rien trouvé à sa charge. Mais j’en ai conclu certaines choses. Joan était très secrète quand nous étions étudiants. J’ai compris pourquoi, du fait de ses liens familiaux.
- Je suis persuadée que Guggenheim est responsable de la mort de mon frère, dit Jasper, après un temps de silence. Mais je n’en ai pas la preuve.
- Il est responsable de la mort de beaucoup de gens, dit Oliver sombrement. J’ai vu des choses horribles, Jasper. Je n’ai rien dit à Suzann, mais je pense qu’elle s’en doute.
- Dans New-York ?
- Pas seulement. Ils ont procédé à l’élimination des familles des agents. C’est un des derniers documents que j’ai pu envoyés à Nukibé avant d’être inquiété.
- Ils ont osé…
- Oui, dit Oliver dans un souffle. Je ne pourrais jamais oublier cela. Ces images. Surtout… surtout ce qu’ils ont fait aux enfants.
- Je comprends.

Et ils restèrent silencieux quelques minutes, avant que Jasper ne dise :

- Bon, demain, on aura du boulot. Et toi et Suzann, vous avez voyagé. Elle, il faut qu’elle récupère encore avant de venir nous aider. Ou alors, juste un petit peu, si ça peut lui faire du bien au moral.
- Je pense que ce sera important pour elle de faire quelque chose, de se sentir utile. C’est ainsi qu’elle a le mieux réagi ces derniers jours.
- Ok. Mais je demanderai à Tukini de veiller sur elle, pour qu’elle ne s’épuise pas non plus. On croit en avoir fini avec cette saloperie, on se croit en pleine forme et elle nous frappe encore, comme une traîtresse.
- Oui, je comprends. J’ai ressenti cela, moi aussi, mais pas aussi fortement.

Jasper se leva, salua ses compagnons qui restaient encore autour du feu, puis disparut vers son propre petit abri. Oliver resta un peu encore autour du feu, puis se décida à rejoindre Suzann.
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Ven 15 Aoû 2014 - 13:58
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye!

J'ai beaucoup aimé la conversation entre Oliver et Jasper, spécialement:

-quand Jasper demande à Oliver s'il a trouvé le point faible du capitaine... Ashamed Naughty Game

-la réaction d'Oliver à cette question... Mr. Green Laughing Mort de Rire

-quand Oliver demande à Jasper si sa nièce est vivante... Z'ai été très émue... Kiss

Je préfère ne pas penser à ce qui est arrivé aux enfants, ... horified Mais ce mélange d'horreur et de beaux moments auquel vous vous livrez, Frégo et toi, rend cette histoire magique! Good Best Clap

Et que ça continue! D'autant plus qu'il y a sûrement plus de beaux moments que de tragiques à venir, si vous voulez que l'histoire se termine bien! J'imagine qu'il y aura d'autres beaux moments entre Oliver et Suzann? Hug

Bizz Vizz
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