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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
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Dim 27 Juil 2014 - 09:15
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Frégo !

belle suite et quels rebondissements ! Tu es en effet plus expéditive qu'Alex pour les batailles spatiales, mais c'est si compliqué à décrire !

tu as finalement réussi à faire quelques chose de Brubaker et cie... avec quelques nouvelles révélations au passage, notamment en ce qui concerne un lieu de protection (les soutes de l'aéroport), la réserve de Daminthor sur Callisto...

je te laisse continuer Wink ! J'ai pas mal encore à gérer pour ce retour de vacances, avant de pouvoir me remettre dans l'écriture... j'ai quelques idées pour ce qui pourrait arriver à Oliver et Suzann sur Terre, mais peut-être faut-il qu'il y ait quelques autres développements avant. Enfin, je verrai comment je peux insérer cela...

en tout cas bravo ! Master Master Master

bizz

Limeye
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Dim 27 Juil 2014 - 09:15
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Ven 1 Aoû 2014 - 16:04
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Frégo 80
Marshall Gurney
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Me revoilà! Encore un ti-boutte avec Brubaker et Cie avant de revenir sur Phoèbe. J'espère que ce n'est pas trop arrangé avec "le gars des vues"! Wink

Brubaker et ses officiers mettaient une dernière main à leur maquillage et leur déguisement. Ils pouvaient maintenant être confondus avec les hommes qui portaient ces uniformes avant eux. Popovic eût aussi l’intuition de maquiller les cadavres du vrai Général et ses hommes et les habiller avec leurs propres vêtements.

- Juste une intuition...Fit Popovic face à l’étonnement de Brubaker et Klovis.

- On va aussi faire un mannequin à mon éffigie. Je sens que quelque chose me souffle dans le cou également. Fit Klovis. Il appela un de ses hommes pour mettre les corps dans une des cales qui fait office de morgue.

- Tu es vraiment très divertifié dans tes produits de contrebande, Klovis! Plaisanta Yanek. C’est vraiment des accessoires et du maquillage de qualité que tu nous a amené là.

- Ah non, ça c’était le maquillage et les accessoires de scène de Marousie, ma douce. Fit Klovis. Elle va me tuer lorsqu’elle apprendra que j’ai fouillé dans ses affaires.

- À ce niveau là, ta douce et mon Emma pourrait fonder un club! Fit Yanek! Comment trouve-tu mon accoutrement?

- À s’y méprendre! Fit Klovis. Mais ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, alors rentre bien dans la peau de ton personnage de damné.

- Ce fumier de Major Koenig semble avoir des privilèges que le Général Ramirès n’a pas. Fit Popovic. Regardez ce que je viens de trouver dans sa poche.

Tous contemplèrent le petit transmetteur portable or avec le petit écu rouge en forme de chimère.

- Koenig est donc sous les ordres directs de Guggenheim. Il pourrait appeler sur ce portable n’importe quand, Popovic. Fit Brubaker. J’espère que vous êtes un aussi bon acteur que décrypteur!

- J’en profiterai pour saisir les coordonnées du canal qu’il utilise. Je pourrait peut-être filer ses communications et localiser ses destinataires, même si je ne peut pas entendre le contenu de ces conversations. Fit Popovic.

- Je crois de mon côté qu’il est temps pour moi de communiquer, avec mon nouveau supérieur, Desmond O’Brien. Notre silence radio pourrait éveiller ses soupçons. Fit Brubaker en faisant un clin d’Oeil.

- Je vais vous ouvrir le canal, Mon Général. Fit Popovic. Je m’arrangerai pour qu’il ne voit que vous. Voilà c’est fait . Allez-y.

Le visage pâle, radieux, tendu et avide d’O’Brien apparût sur l’écran.

- Monsieur, je suis à vos ordres. Fit Brubaker sous les traits, l’attitude ampoulée et la voix servile du Général Ramirès.

- Général Ramirez, je commençait à m’inquiéter de votre silence. Fit O’brien avec une solicitude onctueuse qui ne trompait pas Brubaker. Faites-moi un compte rendu de votre situation.

- Monsieur, nous avons reçu des communications terribles venant de Lulanee.Fit Brubaker dans une voix et une attitude stoïques et serviles à souhait. Quelque chose tue les gens de notre rang là bas. Monsieur Karpès nous a averti fébrilement de ne pas nous approcher d’Uranus. Brubaker omit volontairement de mentionner Callisto.

Pour être en mesure de garder nos forces pour répondre à de nouvelles instructions venant de vous, Monsieur, j’ai crû bon d’ordonner une consomation massive et aussi m’assurer que les hommes de la flotte marchande continuent de nous être soumis. Quelles sont vos instructions, Monsieur? Nos réserves baissent. Les hommes de la flotte marchande s’épuiseront bientôt par la faim et le manque d’énergie. Devons-nous nous saborder et nous sacrifier?

Le visage d’O’Brien blêmit encore plus et ses yeux se réduisirent a 2 fentes rouges qui tiquaient fébrilement. Brubaker crût qu’ O’Brien l’avait percé à jour. Il demeura toutefois impassible.

- Pas encore, Général Ramires. Dirigez-vous vers les réserves de notre base de Callisto selon l’approche et le brouillage radar et radio prévus. D’autres instructions vous seront données. Je vous envoie les coordonnées du corridor spatial que vous devrez emprunter. Ne dérogez de ces procédures sous aucun prétexte! Malheureusement, si les forces de Taggart vous découvrent, vous devrez bien entendu vous debarasser de la flotte marchande et vous saborder ensuite. Il ne doit pas apprendre se qui se cache sur Callisto.

- À vos ordres Monsieur! Fit Brubaker. Et la communication fût rompue.

Brubaker se tourna vers Klovis et Popovic.

- Qu’en pensez-vous?

- Qu’il est possible que ce O’Brien ait avalé ta couleuvre, Yanek. Le vieux, par contre, ça va être autre chose. Fit Klovis. Il y en a peut-être d’autres dans ce convoi avec un petit communicateur comme celui de Popovic. Dans, ce cas il pourrait être informé de notre petite magouille.

- Ses agents spéciaux se comptent sûrement sur les doigts de la main et sont sûrement éloignés les uns des autres Fit popovic. Et c’est lui qui appelle, pas l’agent, j’en suis certain. De toute façon s’il appelle, il aura des soupçons si ça ne répond pas. O’Brien devrait bientôt lui rapporter son entretient avec le Général Ramirès.

Au bout d’une heure, le petit communicateur vibra. Popovic prit une longue respiration et prit l’appel en privé. Un homme d’un âge indéterminé, maigre, radieux avec des cheveux argentés coupés courts et ces yeux froids, anciens, apparût à l’écran de son portable.

- Monsieur, je suis à vos ordres. Fit Popovic.

- Koenig, montrez-moi d’abord l’accomplissement de ce que je vous ai commandé lors de notre dernier entretien. J’ai attendu...Fit Guggenheim.

Jouant le tout pour le tout, Popovic montra à Guggenheim les cadavres habilement déguisés.

- Voyez, Monsieur. Fit Koenig-Popovic. Vos soupçons étaient fondés, comme toujours. Brubaker et 10 de ses hommes s’étaient éffectivement introduits dans le convoi. Et voici Klovis King également. Ses hommes se cachent comme des rats. Ils serviront de pâture supplémentaire.

Le visage radieux de Guggenheim s’éclaira d’un sourire sardonique de requin.

- Un travail propre, mon cher Koenig. Fit Guggenheim. Dommage... mais j’admet que ceux là étaient trop dangereux pour s’amuser avec eux. Sur terre, ils seraient restés introuvables. C’était finalement un mal pour un bien qu’ils se soient introduit dans ce convoie sous la barbe de ce cher Ramirès. Je ne vous commanderai donc pas son assassinat...pas encore. Son obeïssance aveugle a encore son utilité. Je vous donnerai une autre assignation sur Calisto. Vous êtes un homme utile Koenig, continuez.

- À vos ordres Monsieur! Fit Popovic sous les traits de Koenig.

Popovic se mit à trembler incontrôlablement de colère, de peur, de soulagement.

- Quand est-ce qu’on le tue, ce mort vivant dégoûtant?!! Fit Popovic entre ses dents serrées.

A+

Frégo. Cool
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La Liberté est celle de dire deux plus deux égale quatre. Si cela est acquis, tout le reste suit. (George Orwell dans 1984).

Dernière édition par Frégo 80 le Ven 1 Aoû 2014 - 17:30; édité 3 fois
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Ven 1 Aoû 2014 - 16:12
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Super Frégo !

J'adore comment tu introduis de nouveaux éléments tout en faisant le lien avec ce qui précède ! Tu as trouvé le truc pour expliquer comment Guggenheim contacte ses agents, en privé. Popovic a eu le nez fin. Celui-là, il est aussi utile que Jennings !

Je te laisse continuer sans souci pour Phoebe, mais je vais peut-être revenir à la situation d'Oliver, sans que cela interfère. Du moins, je ne pense pas. J'ai quelques idées pour lui... Par contre, je ne sais pas exactement quand je vais écrire Question

Bizz vizz et bon week-end !

Limeye
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Sam 2 Aoû 2014 - 17:15
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello !

un temps gris et humide, ça incite à écrire... je vous propose donc un long boutte !

j'espère que ça ira... j'ai des idées pour la suite de ce qui peut arriver à Oliver et Suzann. Je vais tenter d'être raccord, chronologiquement parlant avec Frégo, mais pour l'heure, je pense que ça se tient...

bonne lecture et bon week-end !

bizz vizz

Limeye


Oliver fixait toujours l'épinglette. Comment faire pour ne pas attirer les soupçons ? S'il portait ce truc, il deviendrait comme eux. Il ne le voulait pas. Une seule chose, peut-être, le pousserait à le faire, et encore... Il secoua la tête. Joan refuserait qu'il se sacrifie, même pour elle.

Face à lui, Francis se grattait la tête. Oliver sentit son collègue hésitant lui aussi.

- Quels sont les ordres, pour ce matin, Francis ?
- Rien de particulier pour l'instant. Je cherche toujours l'identité de ce foutu vaisseau, mais O'Brien ne m'en a pas reparlé. Et toi ?
- Rien de spécial non plus, dit-il en jetant un oeil à la boîte des ordres de mission. Ca te dit de commencer par un café ?
- Ok.

Ils sortirent du bureau en prenant soin d'emporter avec eux leurs épinglettes, soigneusement rangées dans leurs étuis. Le temps était couvert, mais il ne faisait pas froid. Oliver choisit de se rendre à la cafétéria du rez-de-chaussée, qui donnait sur une grande terrasse. Ils prirent leurs cafés et aussitôt, il se dirigea vers le dehors. Francis le suivit sans faire de commentaires.

A cette heure, il n'y avait pas beaucoup d'employés. Ce n'était pas le moment de la pause. Ceux qui avaient besoin d'un café ne faisaient que passer. Oliver s'éloigna le plus possible de l'immeuble et alla s'appuya contre un muret assez haut, qui délimitait la terrasse.

- Francis, dis-moi, qu'est-ce que tu crois qu'il va nous arriver si on porte ce truc ?
- Ben... ils disent qu'on n'aura pas à craindre de devenir des zombies, que ça nous protègerait.
- Oui, je comprends. Mais as-tu remarqué l'air étrange qu'ont tous ceux qui la portent ?

Sans vouloir trop en dire, il voulait aussi faire prendre conscience du danger à son collègue. Francis était un gars sérieux et honnête. Le genre qui obéit aux ordres sans trop se poser de questions, mais qui n'est pas exempt de conscience. Il pouvait basculer d'un côté, comme de l'autre.

- Oui, c'est vrai. La dernière fois, dans son bureau, O'Brien m'a filé des frissons avec son regard injecté de sang. Sur le coup, j'ai pensé que c'était parce que je n'amenais pas de résultat à l'enquête, mais... je me demande s'il n'y a pas autre chose. Ca me fait peur, Ol, ce qui se passe dans les rues. On ne voit plus personne. Il paraît que c'est pour protéger la population, mais... mais je ne le crois pas. Je crois qu'on nous cache des choses graves. Pourtant, on devrait être bien placés pour savoir.
- J'ai peur aussi qu'on nous cache des choses, Francis, répondit Oliver toujours prudent.
- Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Ta famille est où ?
- Ils sont partis, Monique et les enfants, avec nos parents. Dans le Minnesota. C'est là qu'il fallait envoyer les familles, tu ne te souviens pas ?
- Oui, c'est vrai, dit Oliver en fronçant les sourcils. Excuse-moi, mais je n'étais pas concerné par cette mesure. Tu as eu de leurs nouvelles ?
- Au début, oui, mais pas depuis trois semaines. J'ai peur pour eux.

Oliver hocha la tête. Il se dit qu'il fallait qu'il découvre ce qui se passait là-bas. Il doutait que les familles, dont celle de son collègue, y soient vraiment en sécurité. Il craignait plutôt qu'elles n'aient fait partie de la curée générale... Il fallait qu'il sache. Pour prévenir Nukibé. Pour que ceux qui avaient encore l'esprit libre et le coeur vaillant sachent.

- Francis, on peut peut-être faire semblant de porter l'épinglette pour le moment, suggéra-t-il. Sans l'activer.
- Tu... tu crois ? Ils ne le verront pas ?
- On peut essayer, non ? Et s'ils remarquent quelque chose, on dira qu'on croyait l'avoir activée.
- Mouais...

Francis ne paraissait pas totalement convaincu.

- Francis, faisons ainsi et observons ce qui se passe parmi nos collègues. Ok ?
- T'as raison, Ol. Ce truc ne m'inspire pas confiance. Si ça ne change rien chez les autres, ça voudra dire que c'est vraiment une protection... dans le cas contraire... on avisera.

Oliver poussa un soupir de soulagement intérieur. Il regarda son gobelet, qui ne contenait plus qu'une trace de café avec quelques poussières de grains dedans. Songeur, il repensa à ce qu'il avait constaté : quelque chose dans le bâtiment les protégeait. Il avait prélevé de l'eau, il allait aussi conserver ce fond de café. Il faudrait qu'il puisse les faire parvenir à Nukibé pour analyse, mais se demanda si cela était vraiment utile. Et il ne savait pas, pour l'heure, comment les lui faire parvenir. Des fichiers par communication, c'était simple, des prélèvements... c'était une autre affaire. Il se promit de noter cela cependant dans le prochain rapport qu'il enverrait au colonel.

Les deux hommes regagnèrent leur bureau. Francis reprit ses recherches sur le Karpétia. Par moments, en l'entendant soupirer, Oliver avait presque pitié de lui. Mais il devait rester inflexible. Il avait fait de son mieux pour protéger son collègue, l'empêcher de porter l'épinglette activée. Mais il ne devait pas révéler ce qu'il faisait, ce qu'il savait. Son isolement était un risque, mais c'était aussi sa protection.

Tout en continuant soi-disant de son côté ses recherches sur le Capitaine Flam et en ciblant particulièrement le professeur Simon Wright, il puisa dans l'ordinateur central toutes les données qu'il put récupérer sur le traitement des familles d'agents.

Mais ce qu'il découvrit le soir, chez lui, le rendit malade. En voyant défiler devant ses yeux les notes, commentaires, photos et films de ce qui se passait là-bas, il sentit la nausée lui monter dans la gorge. Il se força à tout regarder, à tout lire. Plusieurs fois, il fut obligé d'aller vomir. Vers 2h du matin, il avait terminé son terrible inventaire. Il crypta soigneusement les documents, puis sortit dans la nuit sans vie de New-York.

Il se rendit directement chez Joan, en prenant soin, comme toujours, de passer par les parkings. Il contacta aussitôt le colonel pour lui envoyer les documents, et l'informer aussi que les agents avaient reçu des épinglettes. Que lui-même devrait la porter. Que pour l'heure, c'était ce qu'il faisait, mais ne l'avait pas activée. Il voulait aussi savoir s'il devait mettre en place un réseau pour la distribution de l'antidote.

La réponse à cette question lui parvient aussitôt : "Ne vous occupez pas de cela. Nous nous en chargeons. Nous vous enverrons de nouvelles provisions dans deux jours. Soyez prudents."

Il quitta l'appartement de Joan avec toujours la même prudence, en effaçant soigneusement toute trace de son passage, y compris sur le transmetteur de la jeune femme. Comme il avançait dans les rues désertes, alors qu'il devait être près de 4h du matin, il crut voir des ombres entre les immeubles. Il frissonna, pensa aux terribles images qu'il ne pouvait effacer de sa mémoire. Ces enfants sacrifiés. Ces femmes amaigries. Ces hommes torturés pour qu'on leur prenne leur moindre souffle de vie, d'énergie. "N'avons-nous donc rien appris ?", pensa-t-il amer. "Ou avons-nous donc tout oublié pour que le pire se reproduise ?" Vidé, amer, désespéré, il ne sortit de son cauchemar qu'en se rendant compte que ses pas l'avaient mené non chez lui, mais devant l'immeuble de Suzann. Il s'appuya contre la porte de l'immeuble, se sentit sans force. "Il faut que je reprenne vite de l'antidote", pensa-t-il, sans mesurer que sa fatigue était aussi due à ce qu'il avait vu, et à ses heures sans sommeil. Il se sentit incapable d'aller jusqu'à chez lui, pourtant à quelques centaines de mètres de là. Et il monta chez la jeune femme.

Il sonna deux fois, avant qu'elle ne lui ouvre. Elle avait les yeux fripés par le sommeil, les cheveux sans éclat. Mais son regard lui parut plus animé quand elle le reconnut.

- Que... ? Qu'y a-t-il ?, demanda-t-elle inquiète. Quelle heure est-il ?
- Tard, pardonnez-moi. Je peux entrer ?

Elle s'effaça pour le laisser passer. Il tituba jusqu'à la cuisine, remarqua qu'il restait un peu de thé.

- Je peux ?
- Oui...

Elle vint s'asseoir en face de lui. Puis après un moment de silence, alors que le jeune homme se tenait ta tête entre les mains, les yeux fermés, elle demanda doucement :

- Vous voulez que je refasse du thé ? Avec la poudre ?
- Oui, s'il-vous-plaît, répondit-il sans la regarder, sans bouger.

Il l'entendit seulement s'activer. Elle déposa une tasse devant lui, mais il ne réagit pas. Elle s'assit, le regarda. Elle était lasse. Lasse de tout. Lasse de vivre. Elle ne savait pas où était passé Gabriel. Elle ne savait pas ce qu'elle allait devenir. Elle croyait qu'elle allait mourir, et c'était tout ce qu'elle avait souhaité après la mort de Léo, de son fils. Son petit, son tout petit... Pourquoi cet homme, assis, là, la tête entre les mains, lui redonnait-il vie ? Pourquoi la maintenait-il en vie en buvant ce truc dégueulasse ? Elle eut envie de le gifler, de le frapper, de le faire réagir. Un sentiment de colère montait en elle.

Oliver le perçut, se redressa et la regarda droit dans les yeux :

- Merci, dit-il en prenant lentement la tasse et en buvant. Prenez-en aussi.
- Pourquoi ?, demanda-t-elle avec rage. Pourquoi faudrait-il que j'en prenne ? Je veux mourir. Je ne veux rien d'autre.
- Il y a déjà eu trop de morts. Beaucoup trop de morts. Trop d'enfants sont morts. Trop de femmes, trop d'hommes, trop de familles brisées. Il faut que cela s'arrête. Et pour que cela s'arrête, il faut rester vivant.

Elle le dévisageait toujours bizarrement. Cependant, la rage avait disparu de ses yeux, faisant place à l'amertume. Elle secoua la tête :

- Je n'ai plus rien. Ni personne. Je ne sais pas ce qu'est devenu mon mari. Il est parti, en mission, un jour...
- Que faisait-il ?, demanda doucement Oliver en reprenant une gorgée de thé.

Ses forces lui revenaient, mais il se sentait quand même toujours fatigué.

- Il était infirmier. Du service municipal. Il devait escorter des familles, pour un transfert. Avec notre fils, Léo, je suis allée le voir partir. On leur faisait de grands signes de la main. Ils ont décollé de l'astroport militaire. Dans de petits vaisseaux de ligne, ceux qui assurent le trafic continental, vous voyez ?

Oliver hocha la tête. Un frisson lui courut dans le dos. Il voyait très bien. Il avait vu ces images dans les documents qu'il avait récupérés aujourd'hui. Il s'agissait de l'évacuation des familles des agents.

- Ils partaient tous pour le Minnesota. Pour un grand centre militaire où ils seraient à l'abri.
- Savez-vous s'ils y sont arrivés ?
- Oh oui ! Gabriel m'a dit que le voyage s'était bien passé. Nous avons été en communication à leur arrivée. Puis il m'a dit qu'il ne pourrait sans doute pas me rappeler rapidement, qu'il fallait que je prenne soin de moi et de Léo. Qu'il... qu'il reviendrait quand tout serait fini. Il ne reviendra pas, n'est-ce pas ?

Oliver soutint son regard. Gravement, il lui dit :

- Non. Aucun d'entre eux ne reviendra. Ni les familles, pas même les policiers ou les militaires qui les ont escortés. Ils ont tous été sacrifiés. Comme votre fils. Comme vous le serez si vous ne résistez pas.

Il craignit un instant qu'elle ne se mette à pleurer ou à crier. Mais elle remua simplement et douloureusement la tête. Sa voix n'était plus qu'un murmure :

- Je... je crois que je l'ai toujours su.

Puis elle fit silence et Oliver vit une larme couler sur sa joue. Il eut envie de l'effacer avec douceur, mais se retint de faire le moindre geste. Elle ajouta :

- Merci. Merci de m'avoir dit la vérité.
- C'est elle que je cherche. C'est pour elle que je me bats, répondit-il.
- Est-ce que... est-ce que je peux me battre avec vous ? Est-ce que je peux faire quelque chose ?
- Reprendre des forces, d'abord. C'est primordial. Si vous êtes faible, vous ne pourrez pas agir. Vous risqueriez de flancher.
- Je comprends.

Il soupira, soulagé. Puis se laissa aller contre le dossier de sa chaise, ferma les yeux car un vertige le prenait. La voix inquiète de Suzann lui fit rouvrir les yeux :

- Ca ne va pas ?
- Je me sens très fatigué. Je n'ai pas dormi de la nuit. Je suis incapable de rentrer chez moi. Est-ce que je peux rester ici ?
- Oui. Allongez-vous dans ma chambre. Je vais refaire du thé pour moi et je me reposerai. Je vous le promets.

Il se leva alors, en ayant le sentiment de puiser dans ses dernières forces, puis se dirigea d'un pas mal assuré jusqu'à la chambre, se laissa tomber, déjà endormi, sur le lit.

Il ne se réveilla qu'en début d'après-midi.
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Sam 2 Aoû 2014 - 20:44
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Et deux autres petites suites qui s'enchaînent...

bizz vizz !

Quand il ouvrit les yeux, Oliver se demanda un moment où il se trouvait. Puis la mémoire lui revint, mais aussi une terrible inquiétude. Il était tard, dans la journée. Et il ne s'était pas rendu au travail. C'était un manquement qui pouvait avoir de graves conséquences pour lui. Il lui faudrait se justifier... qu'allait-il inventer ? De plausible qui n'attire pas de soupçons sur lui ? Ne s'était-il pas mis en danger en voulant absolument aller chez Joan la veille pour envoyer les documents ? Il aurait pu le faire ce soir... Mais il revit encore et encore les images des petits corps maigres et décharnés des enfants, et se dit qu'il n'avait pas eu le choix. Il se devait de transmettre ces données le plus vite possible.

Il se leva et sortit de la chambre de Suzann. Il espérait qu'elle s'était reposée. Elle l'attendait devant la porte de la cuisine. Sans doute l'avait-elle entendu se lever. Il remarqua aussitôt un léger changement : elle avait changé de vêtements. Ce qui n'était pas encore arrivé depuis qu'il l'avait rencontrée. "Au moins, elle reprend des forces. Une femme qui commence à se soucier de son apparence, c'est qu'elle va mieux", pensa-t-il.

- Ca va ?, demanda-t-elle toujours soucieuse.
- Oui, merci.
- J'ai refait du thé, tout à l'heure, mais il doit être froid maintenant. Je m'étais rendormie.
- C'est ce que vous avez de mieux à faire pour le moment.
- Oui. Je l'ai compris. Je me sens un peu mieux.

Elle se détourna et le précéda dans la cuisine. Elle refit chauffer de l'eau, et il s'assit à la même place que la veille. Il remarqua qu'elle avait dû aussi manger un peu, car il vit quelques miettes sur la table qu'elle n'avait pas nettoyée.

- Vous avez à manger ?
- Pas grand-chose. Je ne suis pas ressortie pour des courses depuis... je ne sais pas depuis combien de temps. Je n'avais pas faim, de toute façon.
- Il faut que je retourne au travail. Je repasserai ce soir, je vous amènerai des provisions. Il vaut mieux que vous ne sortiez pas.
- D'accord.

Il prit rapidement congé, sans prendre le temps de repasser chez lui et arriva alors que l'horloge du couloir affichait 15H03.

Francis le regarda d'un air bizarre :

- Ol, t'étais passé où ?
- Petit souci de santé, répondit-il. Fièvre, nausée... j'ai dû manger un truc qui passait pas, expliqua-t-il. Ca va mieux, là.
- Ah, ok. O'Brien te demande. Faut que tu passes à son bureau.
- Bien.

Et il quitta aussitôt le bureau pour se rendre deux étages au-dessus, dans celui de son supérieur hiérarchique. Quand il entra, il comprit instantanément qu'il y avait un souci. O'Brien ressemblait de plus en plus à un vampire.

- Oliver ! Où étiez-vous passé ? J'avais besoin de vous dès ce matin !
- Souci de santé, Monsieur, j'étais incapable de me lever. Ca va mieux, je viens de reprendre mon poste.
- Vous me justifierez cela ! En attendant, où en êtes-vous concernant le professeur Wright ? J'ai l'impression que vous n'avancez pas beaucoup !
- Je fais de mon mieux, Monsieur, mais...
- Il n'y a pas de mais ! Il est temps d'agir ! Demain, je veux un plan d'attaque pour faire prisonnier le professeur. Dépêchez-vous !

Oliver salua et sortit de la pièce, non sans ressentir un profond malaise.

Ce ne fut qu'en retournant à son bureau qu'il se rendit compte qu'il avait oublié de porter son épinglette. Mais déjà, O'Brien avait pris la mesure des choses. Il contacta le service de contre-espionnage, et s'adressa à un agent nommé Pharios.

- Faites suivre l'agent Oliver Connors. J'ai des doutes sur son allégeance. Il ne porte toujours pas l'épinglette. Il n'avance pas dans les tâches, pourtant importantes, que je lui ai confiées. Je veux un rapport dans les 48h.
- Bien, Monsieur.

Sans se douter de la menace qui pesait sur lui, Oliver continua à fouiller dans les fichiers. Il tentait d'en savoir plus sur les plans concernant l'attaque contre Taggart. Il copia à nouveau un maximum de données. Il resta un peu plus tard au bureau, après le départ de Francis, pour faire bonne figure après son absence du matin. Mais en sortant, il ne rentra pas directement chez lui et passa au magasin réservé aux agents, à la police, aux fonctionnaires, pour faire quelques courses pour Suzann. Il en profita pour prendre des provisions pour lui également. Du thé, quelques conserves, des pâtes, des biscottes. Des choses qui ne demandaient pas beaucoup de temps à être cuisinées, mais qui étaient nutritives. Il se demanda si elle avait besoin d'autre chose que de la nourriture, il n'avait pas pensé à le lui demander. Sans vraiment se poser plus longtemps la question, il lui prit un savon parfumé et du shampoing. En reprenant des forces, elle retrouverait l'envie de prendre plus soin d'elle.

Il passa d'abord chez elle, ce qui, sans le savoir, allait lui sauver la vie.

Et à elle aussi.

**


Quand Suzann lui ouvrit, il sentit aussitôt un nouveau changement. Une odeur de cuisine flottait dans l'air. Oh, ce n'était pas grand-chose, mais elle avait préparé un repas.

- Je n'ai pas très faim, expliqua-t-elle. Mais je sais qu'il faut que je reprenne des forces. Si vous voulez manger ici... J'ai ouvert un plat congelé qui me restait. C'est mon mari qui l'avait cuisiné. Une recette de son pays, à base d'agneau.
- Merci, dit-il. Je vous ai apporté des provisions. Je ne savais pas si vous aviez besoin de quelque chose en particulier...

Il lui tendit les deux sacs. Elle les laissa sur le plan de travail. Elle rangerait cela plus tard. Elle avait mis la table, sur laquelle trônait, déjà presque provocante, la théière toujours pleine, qui dégageait une odeur beaucoup moins agréable que celle du plat grec. Il accepta cependant une tasse avec plaisir. Ils dînèrent presque avec joie, conscients soudain l'un comme l'autre de ne pas avoir partagé de repas amical depuis bien longtemps. Peut-être bien avant le coup d'état. Ils ne firent aucune allusion à la situation actuelle. Suzann raconta un voyage en Grèce, avec son mari, avant la naissance de Léo. Elle parla des sites archéologiques qu'ils avaient visités, d'une petite croisière dans le Péloponnèse. Oliver l'écoutait avec plaisir, lui posant souvent des questions. Il ne s'était jamais rendu là-bas et était curieux d'en apprendre plus. C'était aussi le moyen de penser, pour un temps, à autre chose.

Elle s'était peu servie, mais avait mangé avec appétit. Ils avaient terminé leur repas, elle s'était adossée contre sa chaise, les mains posées autour de son assiette. Oliver se leva pour débarrasser et jeta machinalement un regard par la fenêtre. Il se figea et ne répondit pas à la question que Suzann lui avait posée.

- Oliver ?
- Hein ?
- Vous voulez autre chose ?
- Heu... non, non.

Son ton froid lui fit tourner la tête. Il était pâle, debout devant la fenêtre de la cuisine, le regard fixé sur un point lointain.

Il voyait nettement de la lumière dans son appartement et deux silhouettes qui passaient devant les fenêtres.

- Qu'est-ce qui se passe ?, demanda-t-elle soudain inquiète.
- Suzann, vous avez un véhicule ?
- Oui... mais je ne sais pas ce qu'il reste en énergie dedans...
- On va voir ça. Il faut partir.
- Partir ?
- Oui. Je ne peux pas rentrer chez moi et je ne peux pas retourner au travail. J'ai été repéré. Ils vont remonter toutes les pistes, je les connais. Ils finiront par tomber sur le rapport que j'ai dû faire quand je vous ai aidée. Ils viendront ici. Nous avons un peu temps, mais pas beaucoup. Je veux dire par là qu'il ne faut pas en perdre. Préparez un sac avec vos affaires, des vêtements, vos papiers, ce à quoi vous tenez. Un sac, pas plus, précisa-t-il.
- Et vous ?
- Moi ?
- Vous n'avez pas d'affaires...

Elle s'arrêta une seconde, puis enchaîna :

- Gabriel était plus grand que vous, mais tant pis, je vais vous trouver quelques vêtements.

Et elle sortit tout de suite de la cuisine, sans lui laisser le temps de répondre.

Une heure plus tard, ils étaient prêts. Elle s'était changée, avait pris une douche, lui aussi. Elle avait revêtu une tenue pratique, pantalon et petit pull, chaussures de sport.

- Je n'ai pas retrouvé mes forces, mais s'il faut être à l'aise...
- C'est parfait, répondit-il.

Pendant qu'elle se préparait, il avait fait l'inventaire de la cuisine, emportant ce qui pourrait leur être utile. Puis ils quittèrent l'appartement, alors que la nuit était bien noire. Suzann referma la porte derrière elle sans aucun regret. Elle ne savait pas ce qui l'attendait demain, mais elle savait qu'elle suivrait Oliver autant que ce serait possible. Elle ferait quelque chose, elle aussi. Pour que plus aucun petit enfant comme Léo ne meure.
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Dim 3 Aoû 2014 - 03:12
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye!

Deux suites très palpitantes! Good Master Master Master L'appartement de Suzanne ayant une vue sur son immeuble à lui a été effectivement salutaire! horified L'étau se refermait rapidement. Francis va maintenant se retrouver tout seul. Je ne donne vraiment pas cher de sa peau, à moins qu'il décide lui aussi de s'enfuir. Wall Je vais m'efforcer de plancher moi aussi demain! Ashamed

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Dim 3 Aoû 2014 - 14:21
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Frégo !

je ne sais pas si j'évoquerai le sort de Francis plus tard. Je vais continuer encore un peu avec Oliver et Suzann. Ils ne sont pas encore à l'abri, loin de là... j'ai beaucoup en tête en ce qui les concerne ce qu'Alex avait écrit de la fuite de Joan et Lilia, pour échapper à Kahlon et retrouver les rebelles. Ce que j'écrirai pourra peut-être y faire penser.

bon courage pour écrire ta partie !

bizz vizz

Limeye
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Dim 3 Aoû 2014 - 17:00
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Oui, ze sais, ze suis prolifique... mais z'ai une pile de repassage qui me fait de l'oeil et z'ai pas envie... alors, ze repousse l'instant fatidique en écrivant la suite !

bizz vizz !

Limeye Mort de Rire


Arrivés dans le parking de l'immeuble, Suzann mena Oliver directement au box qui abritait leur petit véhicule. Les réserves d'énergie étaient à moitié consommées, Oliver le mena vers la borne de chargement, espérant qu'elle fonctionnait toujours. Pendant qu'il surveillait le compteur, il réfléchissait. Partir était une chose, mais pour aller où ? Il fallait s'éloigner de la ville le plus possible sans se faire repérer. Dès demain matin, remarquant son absence, et peut-être même avant, les patrouilles seraient alertées. Non pas qu'il s'estimait avoir grande valeur aux yeux d'O'Brien and co, mais si le contre-espionnage trouvait quelque chose... Il se doutait qu'ils mettraient très vite la main sur son petit ordinateur, même bien caché. Qu'ils sauraient qu'il avait eu accès à des fichiers "top secrets". Par contre, ils ne pourraient pas dire avant un moment ce qu'il en avait fait, ni même s'il les avait transmis. Mais cela ne changeait pas grand-chose à leur situation. Un temps, il s'en voulut d'entraîner Suzann dans cette aventure qui ne pouvait conduire qu'à la mort. Mais la laisser en arrière, c'était la condamner avant même d'avoir pu faire quelque chose. Or, en partant, ils pouvaient - peut-être - faire quelque chose.

Se rendre chez Joan pour tenter de communiquer avec Nukibé était trop dangereux, de même que chez le colonel Gurney. Il lui fallait trouver un autre moyen d'entrer en communication avec le chef de la résistance sur Terre, pour le prévenir qu'il était grillé. C'était à cela qu'il pensait alors que Suzann s'approcha de lui pour voir où en était le chargement.

- C'est presque terminé, dit-il.
- Hum. Oui. Vous avez une idée de l'endroit où aller ?
- Pas vraiment. Il faut quitter New York, c'est certain. Je pensais vers le sud...
- Est-ce qu'il y aura assez d'antidote ? Pour plusieurs jours ?

Oliver pesta. Nukibé lui avait promis une livraison pour le lendemain...

- Suzann. Normalement, je devais en recevoir demain. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de rester ici, même cachés dans un parking.
- Vous deviez la recevoir chez vous ?
- Non. Chez vous. J'avais donné votre adresse. C'était plus sûr, pardonnez-moi.
- Non... je veux dire, vous avez bien fait. Mais peut-être que votre livreur est passé... Voulez-vous que j'aille vérifier ?

Il hésita. La faire remonter... Il soupira intérieurement : "Ne commence pas à devenir parano, sinon, vous allez à la catastrophe. Elle ne craint rien à remonter relever du courrier."

- Ok, allez-y. Mais revenez aussitôt.
- Oui, bien entendu.

Suzann reprit l'escalier qui menait au rez-de-chaussée. Le hall était désert, faiblement éclairé par une ou deux petites lumières indiquant l'ascenseur, l'escalier et le local à poubelles. Aucune lumière ne provenait de la rue. Sans allumer la grande lumière du hall, se guidant avec les faibles lueurs, elle s'avança vers sa boîte à lettres, l'ouvrit et y découvrit un colis. Elle le prit sans hésiter, referma la petite porte et rejoignit Oliver au parking. Le chargement du véhicule était terminé. Elle put lire un soulagement certain sur son visage quand il la vit revenir.

- Il y avait ceci, dit-elle en lui tendant le colis.
- C'est bien ça.
- Ca aurait été dommage de le leur laisser, n'est-ce pas ?

Il hocha la tête et se sentit étonnamment ému car elle avait eu un petit sourire en lui tendant le paquet. C'était la première fois qu'il la voyait sourire. Elle récupérait plus vite qu'il ne l'aurait cru. Ou peut-être était-ce aussi la perspective d'agir, de ne plus subir qui lui redonnait de la vitalité. Il n'imagina pas un seul instant que c'était aussi parce qu'il s'était occupé d'elle, qu'il avait rompu le cercle de la solitude et du désarroi qui frappait toutes les victimes de Guggenheim.

Il s'installa au volant, elle à côté. Il vérifia quelques indications sur l'écran de navigation, puis dit :

- Y a-t-il plusieurs sorties à votre parking ?
- Oui. Il faut descendre au quatrième sous-sol. Il communique avec les parkings des deux immeubles voisins. L'un sort sur la grande avenue, l'autre dans une rue parallèle.
- Lequel pour ce deuxième ?
- Je vais vous guider.
- Ok. Suzann, j'ai un souci cependant avant de partir. Pas seulement celui de prendre une direction, même si j'ai une vague idée d'une destination possible. Je ne sais pas s'il faut y aller. Il faudrait que je puisse contacter quelqu'un en toute sécurité.

Elle réfléchit.

- Oliver, je ne sais pas si c'est une bonne idée, mais...
- Dites toujours.
- Vous m'avez dit de prendre des choses auxquelles je tenais. J'ai pris quelques photos, de Gabriel, de Léo, de ma vie... d'avant. J'ai dans mes papiers la carte d'accès de Gabriel à son unité. J'ignore s'ils l'ont désactivée quand il est parti, mais nous pourrions essayer...
- Il travaillait où, exactement ?
- L'unité de soins de l'hôpital des enfants, vers l'ouest de la ville. Près du parc aux érables.
- Je vois. C'est une bonne idée. On peut tenter le coup. Y a-t-il des gardiens ?
- Oui. Enfin, il y en avait dans la journée, mais côté entrée des visiteurs. Pas à l'entrée du personnel. Là, il faut entrer avec une carte.
- D'accord. Si rien n'a été modifié, ça reste jouable. Et ça nous éloigne du centre-ville, de toute façon. Ce n'est pas une unité "sensible". Je peux crypter un minimum la communication. Si on peut entrer dans l'établissement et trouver un poste, ce devrait être suffisant.
- Alors, allons-y !, dit-elle presque enthousiaste.

Elle le guida pour sortir du parking, puis en silence, il conduisit jusqu'aux limites ouest de la ville. L'hôpital des enfants avait été construit exprès à la périphérie, et près d'un parc, pour leur offrir de bonnes conditions de convalescence. Des jeux, des promenades aussi avaient été spécialement aménagés pour eux. C'était avant. Oliver se dit qu'il fallait qu'il arrête de penser aux enfants morts. Cela le rendait nerveux.

Le parking, aérien, était désert. Seuls quelques véhicules du personnel s'y trouvaient. Suzann n'était jamais venue de nuit ici, elle ne pouvait pas savoir qu'en temps "normal", il y aurait eu plus de monde. Là aussi, le Daminthor avait fait des ravages. Oliver se gara au plus près d'une des deux entrées, réservées au personnel. Il se demanda s'il y avait des caméras de surveillance, se douta que oui. Tant pis, c'était un risque à courir. Les enregistrements ne seraient peut-être pas vérifiés tout de suite.

Suzann inséra la carte de Gabriel dans le petit compartiment prévu à cet effet. Un voyant vert s'alluma, et ils entendirent un déclic. La porte était déverrouillée. Ils pouvaient accéder au bâtiment. Elle y entra la première, Oliver la suivit. C'était un sas, qui donnait sur un long couloir. De chaque côté des petites portes menaient à des vestiaires. Au bout du couloir, on accédait à un premier hall. Oliver voulait trouver un bureau. N'importe lequel. Il se dirigea aisément en utilisant les petits plans placés à chaque intersection de couloirs ou d'escaliers, et qui indiquaient précisément où ils se trouvaient. L'avantage de ce genre de lieux... Ils prirent un premier escalier, pour gagner le premier étage. Là se trouvaient en effet des bureaux, pour les secrétaires médicales et les médecins. Il tenta d'ouvrir les portes, sans les forcer. Les deux premières étaient fermées, la troisième s'ouvrit sans difficulté. Oliver comprit qu'il avait trouvé là l'endroit idéal. Un bureau de secrétaire, avec communicateur et ordinateur. Il n'avait besoin que du premier.

Sans qu'il ait eu besoin de le lui demander, Suzann resta à la porte pour faire le guet. Ils n'avaient pas croisé âme qui vive. La question de savoir si des enfants étaient encore soignés ici l'effleura un instant et elle sentit son coeur se serrer en pensant à Léo. Puis elle reporta son attention sur les deux extrémités du couloir qui desservait les bureaux.
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Lun 4 Aoû 2014 - 02:22
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou!

Limeye, tu as monté la chaleur et tendu la toile du trampogril-grilpoline dans les plus hauts degrés!

Ze veux pas qu'il arrive quelque choze à Oliver ou Suzann, moi! C'est inquiétant, la tension monte... Faudrait un Smiley qui se ronze les ongles...

Et z'espère qu'Oliver n'a rien laissé sur son ordinateur ou dans son appartement qui ait un quelconque rapport avec Joan ... Ce serait danzereux! horified

Bizz Vizz
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Lun 4 Aoû 2014 - 06:53
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou !

Oliver est un gars prudent, mais... il n'a pas pu récupérer son petit ordinateur, certes bien caché. Je ne sais pas encore si les gars du contre-espionnage le trouveront ou pas.

Je vais tenter de les faire arriver à bon port ! J'ai une suite en préparation, je posterai peut-être dans la journée...

bizz vizz !

Limeye
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Lun 4 Aoû 2014 - 10:29
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello !

alors, z'ai peut-être oublié mon mot de passe au boulot (reprise ce matin...), mais z'ai pas oublié celui de la connexion au forum Mort de Rire . C'est l'essentiel, non Game

voici deux petites suites pour le prix d'une Wink

bizz et vizz et belle journée !

Limeye


Dans son dos, Suzann entendait Oliver pianoter rapidement sur le petit clavier du communicateur. Puis elle l'entendit parler :

- Bonsoir. Puis-je parler au colonel ?

La voix d'une jeune femme répondit simplement :

- Je le préviens.

Il fit silence avant de reprendre au bout de quelques instants :

- Mon colonel. Je ne peux assurer une communication totalement sécurisée.

Une voix grave répondit :

- De mon côté, tout est bon. Je vous écoute.
- J'ai été repéré. Je suis en passe de pouvoir quitter la ville. J'ai des provisions. Où puis-je aller ? J'ai emmené avec moi des données importantes, mais je n'ai pas pu les coder pour vous les faire parvenir.
- Nous verrons cela plus tard. Avez-vous la possibilité de me rappeler d'ici deux heures ?
- Non.
- Très bien. Pensez-vous pouvoir vous rendre jusqu'aux alentours de Pittsburgh ?
- J'aurais assez d'énergie pour cela, oui, aisément.
- Parfait. Je vous envoie d'ici trois minutes tous les détails concernant un lieu sûr. Je ne peux pas vous promettre d'y envoyer un de mes hommes dans les deux jours, mais nous irons vous y récupérer le plus vite possible. Vous y serez en sécurité, à condition de ne pas vous faire repérer. Il y a un communicateur là-bas, il est sécurisé, mais ne vous en servez qu'en cas d'urgence absolue. Par contre, si j'ai des nouvelles à vous transmettre, je le ferai.
- Très bien. J'attends vos indications.

Quelques instants plus tard, Oliver reçut un petit fichier qu'il s'empressa d'imprimer. Puis il prit soin de faire effacer ses données de communication, éteignit soigneusement l'appareil et se leva de sa chaise. Suzann lui tournait le dos, à la porte du bureau. Elle n'avait pas fait le moindre signe. Il la rejoignit rapidement et constata que son regard devenait vitreux. Elle avait besoin d'antidote. Il fallait regagner le véhicule rapidement. Il referma la porte du bureau derrière eux, la prit par le bras pour la soutenir et refit en sens inverse le chemin qui les avait menés sans encombres jusqu'au premier étage.

A Kay West, le colonel Nukibé regardait pensivement le visage de sa petite-fille.

- Il faut attendre pour diffuser le fichier qu'il nous a envoyé hier. Nous risquerions de le mettre encore plus en danger. Tant qu'il n'est pas en sécurité...
- Tu vas le faire venir ici ?
- Non. Je vais demander à ton oncle d'aller le chercher et de l'envoyer auprès de Jasper. L'Amazone est l'endroit le plus sûr. Je préfère éviter que des hommes à nous viennent ici. Pas par mesure de sécurité pour nous, mais pour eux.

Elle hocha la tête. Le fil était désormais coupé avec leur informateur-clé. Mais il était encore en vie et cela sembla à la jeune fille être le plus important.

**


Arrivés à la voiture, Oliver commença par quitter les lieux. Il sortit rapidement et aisément de la banlieue et ce ne fut que lorsqu'il eut gagné la pleine campagne qu'il s'autorisa à s'arrêter. A ses côtés, Suzann semblait dormir, la tête avachie sur l'épaule, les bras sans forces. Avant de quitter son appartement, il avait préparé une grande quantité d'antidote, avec du thé, qu'il avait transvasée dans une bouteille thermos. Il fouilla rapidement dans le sac des provisions, la trouva et lui servit un verre. Puis il revint s'asseoir à ses côtés et tenta de la réveiller. Elle gémit faiblement.

- Fatiguée..., murmura-t-elle. Je suis fatiguée... laissez-moi... dormir.
- Prenez un peu de thé, insista-t-il. Cela vous fera du bien. Vous vous allongerez à l'arrière du véhicule, vous serez mieux. Je sais où aller, maintenant.

Elle ouvrit les yeux avec quelques difficultés, le fixa. Elle accepta le thé, et Oliver se sentit soulagé. Puis il l'aida à s'installer à l'arrière, la recouvrit d'un plaid qu'il avait trouvé dans le compartiment des bagages. Il regarda ensuite le papier qu'il avait imprimé, avec les indications pour se rendre dans cette maison de campagne isolée à une centaine de kms de Pittsburgh. Il réfléchit rapidement à la route à prendre. Il fallait compter environ 4h par la route directe, mais il se méfiait de la grande voie. D'ailleurs, il comptait la quitter le plus vite possible. D'après ses calculs, il pouvait faire le double de distance sans avoir besoin de recharger ses batteries.

Il prit les voies secondaires. La nuit l'enveloppait. Il roulait sans penser à rien. Parfois, à une intersection, il attendait un peu, se retournait et regardait comment allait Suzann. Elle dormait profondément. Il espérait être en lieu sûr, avant l'aube. Mais il se doutait qu'ils croiseraient des patrouilles, même sur les routes secondaires. Avant de quitter New York, il avait placé l'épinglette, non activée, sur son torse. Il espérait ainsi, qu'en cas de contrôle, on les laisserait passer sans difficulté.

Peu avant d'arriver dans une petite ville, à peu près à mi-route, il y avait un barrage. Deux agents. Il s'arrêta tranquillement. Il était calme, concentré. Il ouvrit la fenêtre du véhicule. Suzann dormait toujours. Avec un peu de chance, ils ne la remarqueraient même pas.

Un homme un peu fort, rougeaud - du moins de ce qu'Oliver put en voir dans la lueur blafarde des spots entourant le point de contrôle - s'avança.

- Bonsoir. Contrôle sécurité.
- Bonsoir, répondit Oliver.

Il tendit une carte magnétique qui fit apparaître sur un petit écran l'identité suivante : John Marlow, 29 ans, né à la Nouvelle-Orléans. Ils pouvaient vérifier. Il y avait bien un John Marlow de 29 ans, né à la Nouvelle-Orléans et résident de New York. Tous les agents des services secrets avaient ce genre de "doublure". Oliver devait espérer qu'ils n'avaient pas trouvé la sienne. Il l'avait soigneusement élaborée. Ce n'était pas sa "doublure" officielle...

- Bien. Vous allez où ?
- Chicago, mentit-il.
- Vous venez de New-York ?
- Non, de Philadelphie.
- Pourquoi allez-vous là-bas.
- Voir mon frère.

L’agent resta silencieux quelques instants, le temps de faire des vérifications. Puis il tendit la carte à Oliver en disant simplement :

- C’est bon, allez-y.

Tranquillement, Oliver reprit sa carte, puis remit le moteur en route. La barrière se leva et il passa. La nuit noire les reprit. A l’arrière, Suzann ne s’était pas réveillée.
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Lun 4 Aoû 2014 - 11:33
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye!

Toutes mes sympathies pour le retour au boulot... Wink Mr. Green

Tu as bien retenu l'essentiel, parmi tous tes mots de passe... Laughing Mort de Rire

Je croise les doigts pour Oliver et Suzann... Tu vas les conduire en lieu sûr, j'espère... C'est inquiétant, cette atmosphère qui règne sur Terre, maintenant...

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Lun 4 Aoû 2014 - 21:17
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Bonsoir !

j'espère, en décrivant ce que j'imagine se passer sur Terre, que cela peut correspondre à ce que Frégo imagine, maintenant que les vautours ne sont plus approvisionnés. Je veux faire ressentir l'impression de fin du monde, comme si un enfer nucléaire s'était répandu partout.

Mais je maintiens ma promesse : je vais essayer de faire arriver Oliver et Suzann à bon port. J'ai une petite scène en tête pour eux Wink

Mais je ne vais pas écrire ce soir. Peut-être dans la nuit Confused

bizz vizz !

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Mar 5 Aoû 2014 - 17:58
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Hello !

je continue... ça vous plaît toujours Wink ?

bizz vizz

Limeye


Malgré la fatigue, Oliver continuait à conduire. Il voulait arriver le plus vite possible à l'endroit indiqué par Nukibé. Tant qu'ils n'y seraient pas, il se sentirait aux abois. Et même là-bas... enfin, il verrait bien une fois qu'ils seraient là-bas. Mais une heure après le contrôle, il comprit qu'il fallait qu'il s'arrête. Il avait besoin d'un peu de sommeil. Il trouva une petite route tranquille, un coin isolé dans la campagne. Il régla sa montre pour dormir deux heures, abaissa un peu son siège et s'endormit non sans avoir jeté un regard à Suzann, toujours étendue à l'arrière.

Le bip de sa montre le tira d'un sommeil peu agréable. Des visions terribles lui étaient venues. Mais enfin, il avait dormi quand même un peu et se sentait capable de reprendre leur route. Le jour se levait. Comme tous les autres jours sur le monde, le soleil pointait ses premiers rayons vers l'est. Oliver sortit du véhicule, fit quelques pas sur la route. L'herbe des talus était couverte de rosée, dans un champ, il aperçut quelques animaux. Tout était calme. Trop calme.

Il n'y avait pas de chants d'oiseaux.

Il s’était servi une tasse de thé-antidote qu'il buvait consciencieusement. C'était vraiment dégueulasse. Mais ça pouvait leur sauver la vie. Et il se dit que c'était peut-être vraiment dégueulasse, mais que le daminthor, c'était encore pire.

Il se secoua pour sortir de sa rêverie, remonta dans le véhicule et remit le contact. Il vérifia une fois encore l'itinéraire. Il estimait qu'il leur restait environ deux heures de route. Alors que la nuit, il n'avait aucune idée des paysages, il voyait maintenant nettement la campagne défiler. Il évita autant que possible les agglomérations, et s'embarqua dans des détours qui les rallongeaient considérablement. Mais il voulait éviter les contrôles au possible. Il savait qu'il serait difficile d'échapper à un prochain. A moins que la déliquescence n'ait tant et tant frappé au-delà de la ville-monde et que la présence des forces de police ne se limitât aux alentours de New York. Mais il ne voulait pas trop y croire.

Il avait raison, car peu après avoir traversé une petite bourgade qui lui avait donné l'impression d'être un village fantôme, alors que le jour était maintenant bien levé, qu'ils ne croisaient vraiment pas grand-monde, se présenta un nouveau contrôle. Là, ce n’était pas un barrage fixe comme celui de cette nuit, mais une brigade. Il vit, à la tête de l'homme en treillis, un major d’après son grade, qui s'avançait vers lui que les choses allaient être plus compliquées que dans la nuit. Il s'arrêta à son niveau.

- Bonjour, papiers s'il-vous-plaît. Les vôtres, ceux de votre passagère et du véhicule.

Oliver avait pris soin de tenir à porter de main autant ses faux-papiers, que ceux de Suzann pour ne pas avoir à la réveiller. Il les tendit pour le contrôle. L'homme les transmit à son collègue qui se chargeait des vérifications sur un petit appareil semblable à celui utilisé par le policier cette nuit. Oliver regardait sur le côté. Deux véhicules de l'armée étaient stationnés là. L'un était un véhicule de transport, pouvant emmener quatre personnes et disposant d'un petit fourgon blindé - pour d'éventuels prisonniers. L'autre ne pouvait accueillir que deux passagers, à l'avant, pour la conduite et se trouvait être équipé avec du matériel d'observation et de transmission.

"Une brigade légère en patrouille", identifia aussitôt le jeune homme.

- Où allez-vous ?, demanda le lieutenant d’une voix posée et grave.
- Chicago, répondit-il. Je viens de Philadelphie.
- La femme, derrière, qui est-elle ?

Oliver ne mit pas longtemps à répondre.

- J’ai besoin d’elle, répondit-il en fixant l’homme et en désignant sa propre épinglette.

Le lieutenant hocha la tête. Il sembla avoir compris l’allusion.

- Votre ressource, c’est ça ?
- Oui.
- Vous avez déjà été contrôlés ?
- Oui, cette nuit, expliqua le jeune homme.

Il savait qu’il était inutile de mentir : la base de données des contrôles signalerait le précédent. A ce moment, l’adjoint du lieutenant fit signe à son supérieur. Le major le rejoignit un peu plus loin, hors de portée des oreilles d’Oliver. Il se força à ne pas les fixer trop longuement. Il lui sembla entendre un frottement derrière lui, mais n’eut pas le temps de se retourner. Le major revenait à sa hauteur.

- Vous avez mis du temps à venir jusqu’ici, depuis le précédent contrôle.
- J’ai dormi un peu. J’en avais besoin.

Le major commença à le regarder d’un air soupçonneux.

- Vraiment ?
- Oui, répondit-il avec assurance, mais en se demandant si les détours qu’il avait faits n’allaient pas éveiller les soupçons lors du contrôle.
- Sortez du véhicule, s’il-vous-plaît. On va procéder à une fouille. Vous d’abord. Le véhicule et la femme ensuite.

Il sortit calmement. L’adjoint s’avança pour procéder à la fouille. Il lui retira soigneusement l’épinglette et la tendit au major. Celui-ci l’observa avec soin, mais ne dit rien. Oliver leur faisait face. L’adjoint lui demanda de se tourner pour terminer la fouille. Il l’avait presque achevée que le major s’approcha et fit violemment basculer le jeune homme sur l’avant du véhicule. Son adjoint lui bloqua les mains.

- Qui es-tu vraiment ? Me raconte pas de blagues. Ton épinglette, elle ne fonctionne pas. Pourquoi n’est-elle pas activée ? Où vas-tu exactement ?

Oliver serra les dents. Il était bloqué, mais de cela, encore, il pouvait se dégager. Mais il n’était pas armé, contrairement aux deux hommes. Il tenta le tout pour le tout :

- Je ne l’active pas toujours. Je n’ai pas beaucoup de ressources…
- Ca ne change rien ! On t’embarque ! T’es suspect ! Et la nana, aussi !

Le major se retourna pour ouvrir la portière et sortir Suzann du véhicule, mais il n’eut pas le temps de se pencher vers elle que le bruit d’une déflagration déchira l’air tranquille du matin. Le major fut atteint en plein cœur et son corps fut projeté violemment en arrière. Surpris, son adjoint relâcha sa prise autour des poignets d’Oliver qui, pourtant tout autant surpris que lui, en profita pour lui lancer un violent coup de pied, se retourner et l’achever par un coup de poing bien placé. Il lui asséna enfin un coup, du plat de la main sur la nuque. L’homme mourut sans avoir pu faire le moindre geste.

Cela s’était passé si vite qu’Oliver mit quelques secondes à comprendre ce qui était arrivé. Les deux corps gisaient au sol. Il se redressa et reporta son regard vers la portière ouverte. Suzann en sortit lentement. Elle tenait encore dans les mains un pistolet de modèle un peu ancien, avec lequel elle avait tiré. Ses mains tremblaient et son visage était pâle. Oliver se porta aussitôt auprès d’elle.

- Je… je… je ne sais pas… si j’ai bien fait ?, dit-elle en balbutiant.
- D’où sortez-vous cette arme ?, demanda doucement Oliver en posant ses mains sur ses bras.

Elle abaissa ses bras, puis lui tendit le pistolet.

- Cette arme a appartenu au père de Gabriel, il la conservait par sentimentalisme. Je l’ai emportée car j’ai pensé que nous en aurions peut-être besoin, mais… mais je…

Elle ferma les yeux. Oliver comprit. Elle était bouleversée d’avoir dû tuer un homme. Il lui prit doucement l’arme des mains, la reposa sur le siège arrière et la prit contre lui :

- Vous nous avez sauvés, Suzann en le faisant. Moi aussi, je viens de tuer. Ce n’est sans doute pas ce dont je serai le plus fier, après tout cela. Ce n’est pas pour me donner bonne conscience que je le dis, mais… sachez qu’ils portaient eux aussi l’épinglette et que celle-ci les condamnait dès le moment où ils l’ont acceptée. Il n’y a pas de recours possibles, du moins, pas que je le sache, pour ceux qui l’acceptent.

Elle releva les yeux vers lui, ils étaient embués de larmes. Mais elle hocha doucement la tête, elle comprenait.

- Venez, maintenant, il faut repartir. Mais je vais quand même inspecter leur installation. Ils devaient envoyer régulièrement des messages pour tenir informés leurs supérieurs. Je vais tenter de programmer le prochain, un genre de "rien à signaler". Ca nous donnera un peu de marge, peut-être, si personne ne passe sur cette route d’ici là. Mais nous avons une chance que cela marche : nous n’avons pas croisé beaucoup de véhicules depuis le lever du jour. Restez ici, reprenez du thé, il en reste dans la thermos. Nous avons encore environ une heure de route devant nous.

Elle se détourna sans rien dire, sans jeter un regard aux deux corps couchés sur le sol. Une mare de sang s’étalait sous celui du major. Elle retourna s’asseoir, à l’avant du véhicule, prit dans le sac la bouteille et se servit un thé qu’elle but tranquillement, le regard songeur. Quelques minutes plus tard, Oliver revint. Il était parvenu à programmer l’envoi d’un message banal, sans aucune difficulté : il n’avait fait que copier le message envoyé précédemment. La patrouille devait se signaler toutes les six heures. Le prochain signal devait partir dans quatre heures et Oliver l’avait programmé. Avant de reprendre le volant, il s’agenouilla auprès des deux corps. Sans toucher à l’épinglette, il prit les armes des deux policiers en se disant que cela pouvait toujours servir. Il savait tirer, et bien tirer. Il avait été formé pour cela. Il rangea soigneusement l’une des armes à l’arrière, dans un des petits compartiments, avec le pistolet du père de Gabriel, et garda l’autre, cachée sous son siège.

Puis il reprit sa place. Suzann lui tendit une tasse de thé tiède qu’il but sans discuter. Elle avait pris aussi quelques biscottes qu’elle grignotait sans avoir vraiment faim, lui en proposa. Il accepta et les mangea tout en conduisant.

Une heure et demie après l’incident, ils arrivaient en vue d’une simple maison de campagne, au bout d'un long chemin mal entretenu.
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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Dernière édition par limeye le Mer 3 Sep 2014 - 03:08; édité 1 fois
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Mar 5 Aoû 2014 - 21:54
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Frégo 80
Marshall Gurney
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (troisième partie)
Coucou Limeye!

C'est toujours aussi palpitant et angoissant! Ce contexte est en plein ce que je visionnait pour la terre et les autres planètes occupées! Good Master horified Heureusement qu'ils sont arrivés. Ils n'auraient pas pu passer un autre contrôle! horified

A+

Frégo Smoke
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La Liberté est celle de dire deux plus deux égale quatre. Si cela est acquis, tout le reste suit. (George Orwell dans 1984).

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