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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
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Dim 15 Déc 2013 - 21:00
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Les 24 heures qui suivirent furent calmes à bord. Timarrow avait encore réalisé une écoute, avec Curtis, mais cela ne leur avait pas appris grand-chose de plus. "Deux jours", songea Curtis. "Encore deux jours…"

Il passait une grande partie de son temps, hors repos, dans le cockpit. A côté, les hommes étaient calmes, mais il savait qu’il y avait de nombreuses discussions entre eux. Et il se dit que Kim avait bien fait d’insister pour leur parler : au moins, cela leur laissait le temps de réfléchir et de discuter entre eux, tout en les occupant. Il craignait toujours, un peu confusément, que des disputes n’éclatent et qu’il faille recourir à la force pour calmer tout le monde.

Grag n’avait pas lâché les commandes, et une fois encore, Curtis se sentit heureux d’avoir le grand robot avec lui. Il était debout, près du poste de pilotage, fixant sans vraiment les voir les étoiles qui défilaient. Là-bas, dans le lointain, commençait à se profiler Saturne et ses anneaux. Au fil des heures, ils verraient l’immense planète grossir devant leurs yeux. Tyrial était situé approximativement derrière Saturne, selon leur angle d’approche. Ils auraient pu aller au plus court, il avait cependant prévu d’obliquer légèrement sur leur droite à partir du lendemain, pour éviter Titan, toujours tenu par Guggenheim et qui se trouvait quasiment en droite ligne devant eux.

- J’espère que ça ira…, murmura-t-il, sans avoir conscience d’avoir parlé à voix haute.
- Quoi, chef ?
- Hum, tu disais Grag ?
- Tu as parlé, chef.
- Ah oui, je me demandais si c’était suffisant d’obliquer seulement demain pour éviter Titan. Nous n’avons aucun moyen de défense, et les vaisseaux de l’armée titanienne seront toujours plus rapides que le Phénix. Il ne faudrait pas tomber entre les mains de Guggenheim.
- Tu veux que je change de cap avant ? On a encore de la marge en calcium et en provisions. Ca fera durer un peu le voyage, mais seulement d’une demi-journée en plus.
- J’hésite, Grag. A cause de Berenson. Il a vraiment besoin de soins.
- Si on se fait prendre, il n’en bénéficiera d’aucun, c’est ce qu’il faut se dire, chef. Et Simon aide Maëva au mieux.
- Je sais.
- On a aussi choisi cette route-là, car cela limitera le temps de navigation en zone difficile pour approcher de Tyrial. Afin d’éviter le maximum de moments délicats pour tous, et pour lui en particulier.
- Oui. Garde le cap pour l’instant, Grag. On tentera une nouvelle écoute avec Timarrow dans quelques heures pour voir. Cela nous aidera peut-être. Bon, je vais manger un morceau et je reviens.
- Ok, chef.

Quand il sortit, Otho et Grag échangèrent un long regard avant que le robot ne dise :

- Il est inquiet pour Joan.
- Ca, tas de ferraille, c’est pas une nouveauté. Tu parles d’un scoop !
- T’es trop bête, gomme balloune. Ca fait presque deux jours qu’elle est à peine sortie de la cabine, je te signale.
- Il lui a ordonné de se reposer.
- Depuis quand elle obéit à ses ordres ?, demanda Grag, vraiment étonné.
- Là, c’est toi qui es stupide. N’empêche…

Otho laissa sa phrase un moment en suspends.

- N’empêche quoi ?
- Ils ont bien fait de nous faire un petit, dit Otho d'un air attendri.
- A mon avis, ils n’ont pas fait exprès.
- Qu’est-ce que tu en sais ?
- Avec ce qui nous est arrivé ? Sachant qu’elle avait une mission difficile et longue à effectuer en escortant les prisonniers ? Elle n’aurait jamais osé.
- Bah, les femmes, ça ose tout !
- Pff, n’importe quoi. Pas Joan, conclut Grag.

Ce genre de discussions n’aurait sans doute pas été du goût de Curtis, de Joan et de Simon, et c’était seulement en leur absence que les deux complices se le permettaient. Et quand un peu plus tard, leur chef reprit son poste, ils se turent.

Dans la cabine, Joan restait allongée quasiment tout le temps. Elle aidait Maëva par moments, mais ne sortait quasiment plus dans la grande salle. Elle prenait aussi ses repas dans leur cabine. Elle commençait à ressentir des effets peu agréables d’une grossesse et contrairement à ce qu’elle avait dit à Curtis lorsqu’ils avaient traversé les turbulences de Kuiper, désormais, son corps se rappelait à elle. La pression qu’elle avait accumulée au fil des semaines à bord du Balkan et sur le Météore lui retombait vraiment dessus, la laissant vite sans énergie. Maëva lui prenait sa tension chaque jour, elle était assez basse, mais cela s’expliquait aussi par son état. Néanmoins, la jeune docteur ne la lâchait pas et se montrait intransigeante avec Joan.

Ce fut en cette fin de journée que Maëva se décida à parler un peu avec le Capitaine. Joan somnolait, Berenson était toujours dans un état stationnaire. Simon restait constamment en veille dans la cabine, pour la seconder, et n'en sortait que si Curtis avait besoin de lui. En se dirigeant vers le poste de pilotage, Maëva constata que l'ambiance avait changé parmi les hommes. Une tension et une inquiétude sourde qui les avaient habités durant des semaines avaient disparu. La jeune femme en fut soulagée. Elle traversa lentement la grande salle, quelques-uns la saluèrent poliment, tous se poussaient pour la laisser passer. Son regard croisa un instant celui d'Andrew qui restait à poste avec Kim et Grabo, la plupart du temps, avec les ex-mutins. Il commençait à bien les connaître tous, et notamment, ceux qui étaient restés sous ses ordres au campement. Il avait eu l'occasion de parler avec Okapaï durant ces derniers jours, ces dernières heures, de la vie sur Tyrial. Il comprit ce qu'était cet endroit, un refuge pour des pirates, mais aussi leurs familles. Toute une petite société s'y était organisée, avec ses règles, ses chefs, ses priorités. C'étaient les femmes qui menaient le jeu sur Tyrial, car la plupart du temps, les hommes partaient en expéditions pour faire "des coups", intercepter des vaisseaux commerciaux, effectuer des raids, et ramener argent et provisions, armes et parfois, vaisseaux. Il se doutait qu'ils pourraient y laisser Joan et Maëva en toute sécurité, car le voyage jusqu'à Phoebe pouvait s'avérer périlleux. Néanmoins, comme le lui avait rappelé fort justement Curtis, il n'était pas du tout certain qu'elles veuillent rester parmi les pirates. Il aurait aimé pouvoir parler avec Maëva et se dit qu'il prendrait le prétexte de s'inquiéter de Berenson dans quelques heures pour pouvoir le faire. Il voulait connaître ses intentions.
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Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Dim 15 Déc 2013 - 21:00
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Dim 15 Déc 2013 - 21:04
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Quand Maëva entra dans le cockpit, tout y était calme. La navigation se passait sans difficulté majeure, Curtis et Otho aidaient Grag au mieux. Maëva prit conscience que le grand robot n’avait sans doute pas lâché les commandes depuis des jours. "Aucun homme n’aurait pu faire cela. Sans lui… et sans Otho, nous ne serions plus là."

En la voyant entrer, Curtis abandonna son poste et vint la saluer.

- Capitaine, je voulais vous donner mon avis de médecin. Il va être grand temps que l’on arrive quelque part.
- Pour Berenson ?
- Oui.
- Maëva, d’ici moins de 24heures, nous devrions entrer dans les anneaux. Nous allons avoir plusieurs heures de navigation difficile. Pensez-vous qu’une nouvelle transfusion permettrait au blessé de tenir mieux le coup ? Dans ce cas, il faudrait la prévoir sous peu.
- Ce n’est pas de cela dont il a besoin, mais de soins vraiment appropriés. Nous faisons au mieux, le professeur Simon et moi.
- Je m’en doute. Kim m’a assuré que nous trouverions de bons médecins sur Tyrial. Leur petite colonie est bien équipée, ils fonctionnent comme une véritable cité.
- Alors nous ne pouvons qu’espérer qu’il tiendra le coup le temps que nous traversions les anneaux.
- Grag fera au mieux. Je ne tiens pas non plus à ce que tout le monde soit trop secoué.

Puis il la fixa un moment et demanda :

- Comment va Joan ?
- J’arrive à la faire se reposer. Mais pour elle aussi, il est temps qu’on arrive. Cependant, je voulais vous rassurer. Sa fatigue est normale, sa tension un peu faible aussi. Par contre, je pense qu’elle manque de minéraux et si nous n’étions pas si proches de Tyrial, je lui aurais déjà donné des comprimés de calcium. Mais, Capitaine, que comptez-vous faire une fois sur Tyrial ? Vous devriez lui en parler.
- Si nous parvenons sans encombre jusque là-bas, nous préparerons un voyage jusqu’à Phoebe. Ce n’est pas très loin, mais nous devrons nous entourer d’un maximum de protections. Et d’abord, entrer en contact avec le QG de la résistance et le Président. Kim Ivan m’a certifié que nous pourrions repartir à bord d’un vaisseau armé, c’est ce que nous ferons.
- Que ferez-vous pour Joan, Capitaine ?
- Nous déciderons tous les deux, répondit-il avec sérieux. J’aimerais pouvoir la ramener sur Phoebe, ne serait-ce que parce que sa mère s’y trouve. Mais seulement si le voyage ne présente pas de risques. Je ne tiens pas à ce qu’elle se retrouve aux mains de Guggenheim. Si c’est un risque que j’assume pour moi-même et mon équipe, et que les hommes qui nous accompagneront assumeront aussi, c’est différent pour elle.
- Je voulais vous dire, Capitaine, que si elle reste sur Tyrial, je resterai avec elle.
- Merci, Maëva. Tyrial sera un endroit sûr.


Limeye
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Dim 15 Déc 2013 - 21:06
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Ce fut après le repas de ce qui pouvait correspondre au soir et qui serait, sauf mauvaises rencontres ou soucis techniques, leur dernier repas du "soir" à bord du Phénix qu'Andrew se décida à aller voir Maëva. Il attendit que les hommes soient pour la plupart endormis. Il se rendit d'abord à la salle des machines, et Ezra se fit la réflexion qu'Andrew était devenu, un peu comme lui-même, comme un second pour Curtis.

- Avant la fin de la nuit, nous entrerons dans les anneaux, dit Andrew à l'équipe technique. N'hésitez pas à faire appel à moi si nécessaire, colonel.
- Pas de souci, major. Alors profitez bien des dernières heures de calme pour vous reposer.
- C'est la consigne que nous faisons passer à tous. A côté tout est calme. Les hommes connaissent les alentours, ils savent ce qui les attend. Mais ils ont confiance en Grag aussi : après l'expérience de Kuiper, ils savent qu'il est le meilleur pilote pour les mener jusqu'à leur base.
- Comment vont Miss Sanchez et Miss Landor ?, s'enquit George Mac Clinton, d'une voix posée.
- Je vais passer les voir, et voir si la docteur Sanchez et le professeur Simon n'ont besoin de rien pour le blessé. Je vous souhaite un bon début de nuit à tous.

Ezra le salua, mais il se fit la réflexion en le voyant partir que ce dernier petit dialogue entre George et Andrew n'avait pas été qu'un simple échange de politesse. Ezra avait remarqué l'intérêt que George portait à Joan, et il avait aussi perçu celui d'Andrew pour Maëva (et sa réciprocité).

"Pour l'heure, Curtis n'a rien laissé paraître concernant le jeune Mac Clinton, mais je suis certain qu'il a compris. Comme pour tout ce qui touche à Joan, de toute façon... Il va falloir que je sois vigilant pour Mac Clinton, dans les prochains jours, à l'heure du choix. Si Curt me demande de rester sur Tyrial avec les femmes, je le ferai, même si je rêve d'en découdre avec Guggenheim, ne serait-ce que pour honorer la mémoire de William..."

Toujours songeur, le colonel se remit à la surveillance des machines, ordonnant à toute l'équipe de prendre du repos. George et lui se relayeraient en début de nuit, et, de toute façon, ensuite, nul ne pourrait dormir.

Andrew avait donc gagné la cabine et s'enquit de l'état de santé de Berenson. Simon profita de sa présence pour aller faire un tour dans le cockpit, il voulait savoir où ils en étaient de la navigation, ce dont il n'avait guère idée du fait qu'il restait auprès du blessé. Andrew remarqua que Joan dormait profondément.

- Comment va-t-elle ?, demanda-t-il doucement à Maëva, alors que la jeune femme venait se blottir contre lui, après le départ de Simon.
- Elle est fatiguée. Elle a les nerfs qui tombent. Mais je préfère qu'elle se repose, plutôt que la retrouver le couteau entre les dents comme ce qu'elle nous a fait face à Norton.
- C'est vrai qu'elle avait tout d'une vraie tigresse !, sourit Andrew, en refermant ses bras sur les épaules de Maëva.

Celle-ci se garda bien d'en dire plus à Andrew concernant la grossesse de Joan. Elle savait que Simon, Grag et Otho étaient au courant, et soupçonnait qu'Ezra l'était également, mais elle se disait aussi que ce n'était pas la peine d'en dire plus, même à Andrew. Le visage du major se rapprocha du sien, et sans s'y opposer, elle le laissa l'embrasser longuement. Ils n'avaient guère eu de moments pour eux depuis le départ du planétoïde, et elle était bien décidée à profiter de ces quelques minutes qu'ils pouvaient s'accorder. Quand Andrew relâcha son étreinte, ce fut pour la regarder droit dans les yeux et lui demander :

- Maëva, que comptes-tu faire quand nous serons sur Tyrial ? Veux-tu y rester ?
- Je veux rester auprès de Joan, Andrew. Nous nous sommes mutuellement soutenues durant toutes ces semaines, et nous savons l'une comme l'autre que le combat est loin d'être fini. Ce que nous avons vécu n'est peut-être qu'un avant-goût d'une longue période difficile pour tous. Nous avons beaucoup partagé et affronté, nous continuerons à le faire, toutes les deux, j'en suis certaine. Et toi, que feras-tu ?
- Je suis un soldat, Maëva. Un soldat loyaliste. Je me battrai contre Guggenheim là où cela sera nécessaire, et je pense que cela commence par rejoindre Phoebe et le Président Carthew. Ensuite... une fois là-bas, nous verrons bien. Mais si cela est possible, j'aimerai me battre aux côtés du Capitaine, et sans mentir, je pense ne pas être le seul à bord à vouloir le faire, y compris parmi les pirates.
- Kim ira avec lui, n'est-ce pas ?
- Oui, mais pas seulement. Okapaï m'a confié qu'il irait lui aussi. Il a fait son choix. En tout cas, je voulais te rassurer et te dire que si vous restiez sur Tyrial, Joan et toi, vous y seriez en sécurité. J'y resterai cependant si c'est ce que le Capitaine m'ordonne.
- Je pense qu'il demandera à Ezra de rester avec nous, si cela devait se produire.

Andrew ne répondit rien, mais comprit mieux ce que Curtis avait laissé sous-entendre concernant le colonel "il me suivra, sauf si je lui demande de rester en arrière". Et rester en arrière signifiait "veiller sur Joan".

Maëva reprit :

- Je sais que Tyrial sera sûr, le Capitaine me l'a dit cet après-midi, quand je lui ai donné des nouvelles de Berenson et de Joan. Nous continuerions à vivre parmi des pirates, mais dans des conditions moins précaires que sur le planétoïde.
- Certainement.

Et il l'attira à nouveau près de lui. Sur sa couchette, Joan bougea un peu, mais elle dormait toujours, n'ayant pas du tout conscience de la présence d'Andrew.

- Mais, reprit Maëva au bout d'un moment, je ne suis pas du tout certaine que Joan voudra rester sur Tyrial. Surtout qu'elle sait que sa mère est sur Phoebe. Elle voudra aussi être au plus près du Capitaine. Nous n'en avons pas encore parlé toutes les deux, car je n'ai pas voulu lui ajouter de préoccupations pour le moment.
- Je comprends, murmura Andrew à son oreille. Maëva, j'espère que nous pourrons nous accorder un peu de temps quand nous serons arrivés.

Elle lui sourit, caressa doucement son visage.

- Je l'espère aussi.

Puis elle répondit ardemment à son dernier baiser, avant qu'il regagne la pièce voisine.


Limeye
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Dim 15 Déc 2013 - 21:07
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Curtis dormait à poings fermés quand on le secoua fortement à l’épaule. C’était Otho.

- Capitaine !, appela-t-il doucement pour ne pas réveiller les hommes autour.
- Qu’y a-t-il ?, demanda-t-il en se mettant aussitôt debout.
- Viens voir, quelque chose nous intrigue, Grag et moi.

Il suivit l’androïde dans le cockpit. Quand la porte se fut refermée derrière lui, Grag désigna un point devant eux. En quelques heures, ils s’étaient considérablement rapprochés de Saturne, immense désormais devant eux. Mais entre eux et Saturne se trouvait Titan, base avancées des rebelles.

- Que se passe-t-il, Grag ?
- Tu vois les étranges éclats de lumière, là-bas, un peu au nord de Titan, en plein ciel ?
- Oui, en effet.
- On se demande ce que c’est avec Otho. On les voit depuis un quart d’heure environ.
- Vous n’avez rien remarqué d’autre ?
- Non, tout était calme.

Curtis resta songeur un moment, fixa les flashs fréquents de lumière.

- Hum, dit-il, je pense qu’il s’agit d’un combat spatial. Otho, va chercher Kim et Timarrow. On va organiser une écoute, pour essayer d’en savoir un peu plus.

Quelques minutes plus tard, les deux hommes entraient à leur tour dans le cockpit. Curtis leur expliqua rapidement ce qu’il en était et Timarrow s’installa sans attendre auprès du poste récepteur. Tous gardèrent le silence. Au bout d’un moment, il retira les écouteurs et dit en secouant la tête :

- Tout est brouillé, je n’arrive pas à capter vraiment quelque chose de clair, ni même de décodable. Vous voulez essayer, Capitaine ?

Mais pour Curtis, le résultat fut le même. Grag n’avait pas dévié de sa route, et Curtis regarda Kim :

- A votre avis, Kim ?
- S’il y a un combat par là-bas, il vaudrait mieux éviter qu’on passe trop près. Et qu’on se fasse embarquer, surtout par des chasseurs de l’armée de Guggenheim. Il va falloir envisager de dévier un peu de notre route. Je préconiserai de piquer dès maintenant vers les anneaux. Ca va compliquer la navigation et nous secouer un peu plus longtemps, mais c’est plus prudent.
- Je partage assez votre avis, Kim. Néanmoins, Grag, tu vas en effet pencher vers bâbord, mais tu essayeras de ne pas t’avancer trop dans le premier anneau. Nous allons tenter de naviguer tout en nous en servant pour nous protéger. A la moindre alerte, tu y plongeras d’office. Ils ne sont pas nombreux ceux qui se risqueraient à nous y suivre.
- Bien Capitaine, répondit le grand robot. Mais il va falloir peut-être prévenir tout le monde : ça va secouer plus vite que prévu.
- J’y vais, dit Kim.

L’instant d’après, on entendit la grosse voix du chef pirate emplir la salle où les hommes dormaient encore :

- Oh, les gars ! Réveillez-vous ! On va devoir plonger un peu plus vite vers les anneaux. Va falloir vous attacher.

Nekiri s’avança vers son chef et s’enquit de savoir s’il était possible d’organiser ou pas une petite distribution de nourriture, mais celui-ci répondit par la négative.

- On mangera plus tard, si on peut.

Curtis avait suivi Kim, et il vit s’ouvrir la porte de la cabine des femmes. Simon en sortit. Il se dirigea aussitôt vers lui, et ils rentrèrent tous deux dans la petite pièce. Maëva était debout, Joan était réveillée, mais se tenait assise sur le bord de son lit.

- Que se passe-t-il, Curtis ?, demanda Simon.
- Il y a environ une demi-heure, Grag et Otho ont vu se déclencher le début d’un combat spatial près de Titan. Nous allons devoir naviguer dans les anneaux plus vite que prévu, pour l’éviter. Comment va Berenson ?
- Il dort plutôt bien. On va l’attacher, et je vais lui redonner un peu de calmant, dit Simon.

Joan leva les yeux et dit :

- Grag a déjà obliqué, non ?
- Oui. Dans moins d’un quart d’heure, nous y serons. Vous avez juste le temps de vous préparer et de vous attacher.
- Bien, Capitaine, répondit Maëva, en aidant Simon.

Curtis s’approcha de Joan. Il savait qu’il n’avait pas beaucoup de temps à lui consacrer, mais il voulait la rassurer et surtout, être certain qu’elle serait le mieux installée possible.

- Ca va aller, lui dit-il d’une voix rassurante. J’ai demandé à Grag de frôler le premier anneau, et nous nous y avancerons que si nous sommes repérés, mais il est possible que cela se fasse sans qu’on puisse vous prévenir, alors surtout, restez bien attachées. On va mettre quelques heures de plus à atteindre Tyrial, mais je préfère ne prendre aucun risque.
- Tu crois que nous avons été repérés ?
- Je ne le pense pas, pas pour l’instant. Et de toute façon, disons-nous que ce combat est peut-être aussi une chance de passer inaperçus : les forces en présence, et en particulier, celles sur Titan, vont être trop occupées à autre chose…

Elle lui sourit doucement. Il lui sourit en retour et déposa un léger baiser sur ses lèvres, tout en lui frôlant le ventre d’une douce caresse. Elle garda un instant sa main dans la sienne, posée là.

- Retourne au pilotage, ça va aller pour nous.

Et il la vit se rallonger, se caler le mieux possible avec les oreillers et couvertures, puis tirer sur ses deux ceintures, et se bloquer sur sa couchette. Quelques minutes plus tard, Maëva ferait de même, après avoir aidé Simon à s'installer à la tête du lit de Berenson.


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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Dans le bureau du Président, Emma Watson, Isabella Randall, la capitaine D’Issa , Jennings , Buckley et Majorek lui faisaient visionner la vidéo envoyée par le Général Brubaker. C’était bien Annie Bonnell qui en était l’auteure via une caméra infrarouge cachée. Les images avaient été de toute évidence retransmises en direct à Brubaker. Annie avait donné son autorisation pour que cette vidéo soit circulée si cela est jugé pertinent pour dénoncer les projets et les crimes de Guggenheim et ses complices. Elle termina son introduction en disant : - Voyez ce pourquoi, contre quoi et qui nous nous combattons les uns les autres aujourd’hui.

On voyait des images de L’empire State. Une nouvelle antenne y avait été érigée à son sommet. Une lumière rouge clignotait. Il y avait une foule de gens hagards, hébétés, épuisés et apathiques, comme s’ils se vidaient de leur énergie. Certains étaient prostrés ou marchaient au hasard, sans buts. Il y avait maintenant un couvre feu pour la circulation automobile. Seuls les patrouilleurs de la police de New York circulaient lentement. Annie semblait marcher résolument vers l’Empire State building. Elle devait se trouver à 100 mètres de l’illustre gratte ciel lorsqu’une limousine s’arrêta brusquement et lui barra le chemin. Deux hommes en uniformes de la police interplanétaire sortirent de la voiture et l’y amenèrent de force. C’était les gardes du corps du Général Anders, les colonels Brutus Forbes et Aaron Lieberman. Ils portaient tous les deux l’insigne en forme de chimère.

À l’intérieur de la limousine, Anders était là mais dans un état hagard et catatonique. On pouvait aussi reconnaître l’homme âgé en costume de soirée avec nœud papillon et chapeau haut de forme. C’était Lawrence Pearson, surnommé ironiquement le Travailleur Social, car il était un co-lobbyiste de Guggenheim qui avait des idées très…extrême droite…concernant la gestion des organismes de charité et des programmes sociaux.

- Madame la secrétaire! Quelle surprise! Fit Pearson en la saluant d’un hochement de tête ironique. Ce n’est vraiment pas prudent de marcher ainsi dans New York le soir. Vous auriez pu faire de mauvaises rencontres! Mais rassurez-vous, j’ai des plans pour la réorientation vocationnelle de tous ces malheureux. Mais laissons cela, Il sera très heureux que vous vous joignez à nous pour cette petite fête, n’est-ce pas mon cher Anders? Anders ne pouvait répondre, il était totalement absent. Tsk, tsk… mon pauvre ami, vous êtes dans un bel état. Mais ne vous inquiétez pas, cette petite fête va vous remettre sur pied.

- Et vous, Mme Bonnell, allez reprendre votre position de secrétaire. Continua Pearson. Je crois que vous allez aimer vos nouvelles affectations ma chère! Richard aurai vraiment aimé que ce soit quelqu’un d’autre mais je crois que vous ferez parfaitement l’affaire.

- Vous avez tous une imagination vraiment débordante. Fit Annie dans une insolence qui n’était vraiment pas dans ses habitudes.

- Oh vous allez immédiatement vous rendre compte que c’est désormais votre réalité Mme Bonnell. Pearson toucha son insigne, la pierre rouge étincela et une lumière vaporeuse de la même couleur en sorti. Ah voilà qui est beaucoup mieux, beaucoup plus docile! Ah nous sommes arrivés. Montons tous. Dit Pearson. Col. Forbes, Col. Liberman, veuillez aider le Général Anders et Mme Bonnell, je vous prie.

Ils prirent tous l’ascenseur jusqu’aux appartements de Guggenheim. Ils dirigèrent tous vers ce qu’Isabella identifia comme la salle de bal. On pouvait déjà voir Guggenheim, O’Brien, Dresner, Dawson et quelques autres invités les bras tendus sous une coupole, baignés dans une lumière blanche vaporeuse. Ils semblaient littéralement, se nourrir de cette lumière, de se revigorer grâce à elle. Elle semblait les plonger dans un état d’extase suprême. À l’extérieur de cette coupole, on voyait d’autres invités devenir de plus en plus hagards et flétris.

Guggenheim finit par remarquer l’arrivée de Pearson et se dirigea vers eux, le visage radieux et souriant avec des yeux froids, brillants, avides.

- Que voilà une prise de choix que vous avez faite, mon cher Lawrence! Et Général Anders! Je crois que vous avez eu votre leçon, allez refaire le plein d’énergie cher ami. Nous reparlerons plus tard. Forbes conduit Anders sous la coupole. Quant à vous ma chère Annie, avant de prendre vos nouvelles affectations en tant que ma secrétaire particulière… révélez-moi donc les codes de la base Lunaire du Capitaine Flam et surtout… ceux du réseau de communication des forces de ce cher James Carthew ou encore mieux… l’endroit où se cache ma très chère nièce Isabella! Guggenheim appuya également sur son insigne et cette même lumière rouge vaporeuse en sortit.

-Êtes-vous fou? Interrogea Annie avec calme. Monsieur Guggenheim, même si je connaissait ces renseignements, jamais je ne vous les donnerais. Sur ce, on pouvait voir la main d’Annie s’allonger et arracher l’insigne de Guggenheim et la jeter au loin.

Guggenheim porta la main à sa poitrine comme s’il avait perdu quelque chose de vital. Il gifla Annie à toute volée en se tenant la poitrine. Elle était vraisemblablement tombée au sol.

- Est-ce vraiment là toute l’étendu de votre pouvoir Mr. Guggenheim? Interrogea Annie. Voici ce que moi je suis prête à faire pour rester libre. Je vais maintenant rejoindre mon mari! On entendit un bruit de dent croquant quelque chose, puis plus rien.

- Ah, cette misérable moins que rien! Vociféra Guggenheim. Elle a avalé du cyanure! Liberman, Forbes, débarrassez-moi de ça!

-À vos ordres, répondirent-ils. Lorsqu’ils prirent Annie sa caméra cachée tomba sur le sol.

Guggenheim tenait maintenant l’objet entre ses doigts. Carthew, Watson et son équipe voyaient le visage furieux et prédateur de Guggenheim.

- Une caméra miniature! Comment, vous ne l’avez pas fouillée bande d’incapables?! Vous répondrez de ces erreurs, toi le premier Lawrence! Isabella, je sais que tu verras cette vidéo. Viens à moi ou je te jure que tes amis paieront à ta place!

La caméra tomba sur le sol et il n’y eut plus d’image.

Carthew resta abasourdi sur son siège. Une larme coula sur sa joue.

-Annie, je suis désolé. J’aurais du vous forcer à venir avec nous! Dit-il.

Emma Watson et son équipe étaient tous aussi secoués. Isabella et Jennings avaient la nausée.

-Elle ne pouvait pas abandonner son mari Monsieur. Dit la général Watson.

- Madame Randall, surtout ne répondez-pas au chantage de votre oncle. Dit Carthew. Cela ne changerait rien à notre sort.

- C’est maintenant très mal me connaître Mr. le président. Dit Isabella. Il y a maintenant mieux à faire. Mme Bonnell a autorisé la diffusion de cette vidéo. Faisons-le dans la mesure du possible. Cela incitera certains de nos opposants et certains indécis à se rebeller contre Guggenheim. Je déteste le sensationnalisme mais Mme Bonnell ne doit pas être morte pour rien en réalisant cette Vidéo, le Général Brubaker non-plus.

- Je me chargerai de la diffusion avec Jennings. Dit le capitaine Buckley.
- Monsieur, il est aussi temps de développer une parade aux effets du Daminthor, et aussi s’assurer complètement de l’arrêt de son trafic. Dit Emma Watson. Pour cela, nous devons nous rendre discrètement sur Uranus nous entretenir si possible avec la Dre. Balah Ahr et les gens alliés à notre cause sur Uranus.

- C’est une entreprise vraiment risquée Colonel, dit Carthew. Comment voulez-vous procéder?

- La capitaine D’Issa a ses contacts, étant elle-même Uranienne. Ses frères sont chimistes et ingénieurs miniers. Ils sauraient comment procéder pour neutraliser un gisement et prendre des précautions avant de détruire le ou les laboratoires de production. Mme Randall, Le lieutenant Majorek et moi-même serions également de l’expédition déguisés en Uraniens. Mme Randall sera notre négociatrice auprès de la Dre. Ahr. Le lieutenant Majorek vient d’installer un dispositif visuel sur le Comet permettant de déguiser son apparence. Nous pourrons voyager avec moins de risque d’être repérés. Jennings et Buckley resterons pour assurer la surveillance des communications informatiques et radios et assurer la liaison.

- Bien Colonel Watson. J’enverrai une flotte faire diversion face aux troupes de Titan et de Japet. Dit Carthew. Je recommande néanmois qu’un essai pour la diffusion de la vidéo de Mme Bonnell soit tenté avant votre départ.

- Bien Mr. le président. Dit la Colonel Watson.


Frégo80


FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Mar 18 Aoû 2015 - 15:08
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Frégo 80
Marshall Gurney
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Coucou Élaine! Je poste ceci pour que cela te fasse moins profond à chercher! Mort de Rire Bonne lecture! Game

Frégo Cool
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La Liberté est celle de dire deux plus deux égale quatre. Si cela est acquis, tout le reste suit. (George Orwell dans 1984).

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Ven 21 Aoû 2015 - 15:14
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Elaine
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Frégo 80 a écrit:
Coucou Élaine! Je poste ceci pour que cela te fasse moins profond à chercher! Mort de Rire Bonne lecture! Game

Frégo Cool



Merci!!!

J'y suis, je viens , je viens, c'est impressionnant tout ce que vous avez écrit Master Master Master Master

En tout cas j'ai de quoi lire Smoke Mr. Green

bizz vizz
Elaine

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Ven 21 Aoû 2015 - 15:38
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
C'est certain, tu as de quoi t'occuper... en lectures !

Mais cette deuxième partie n'est pas très longue. La suite l'est beaucoup plus, mais elle est aussi trépidante, enfin, je crois Mr. Green

bizz vizz

Limeye
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