Captain Future    Fans Forum Index du Forum
Captain Future Fans Forum
The definitive Captain Future forum for the fans community all over the world !
FAQ Rechercher Membres Groupes S’enregistrer Connexion
Captain Future Fans Forum Index du Forum
Captain Future Fans Forum Index du Forum Captain Future Fans Forum
Captain Future Fans Forum Index du Forum FAN CLUB
Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Sujet précédent :: Sujet suivant
Poster un nouveau sujet     Répondre au sujet
Sam 14 Déc 2013 - 21:42
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Deux semaines plus tard,

Richard Guggenheim avait sa résidence et son bureau au dernier étage de l’Empire State Building pour des raisons à la fois sentimentales et stratégiques. Guggenheim a 100 ans. Un autre que lui serait déjà mort ou se contenterait sereinement d’accepter la vie comme étant derrière lui. Mais Richard Guggenheim refuse de mourir. Il veut prolonger sa vie; il veut le pouvoir et l’univers entier sous son emprise.

Carthew est presqu’entièrement sous son contrôle. Le Daminthor en rayon a mis du temps, voir même des années, à faire effet mais maintenant ça y est. Guldhur, savant Uranien qui le sert aussi comme majordome, a enfin trouvé la concentration souhaitée pour un effet optimal. L’effet qui a mis tant de temps à être créé, ne se dissipera pas de si tôt et il n’existe à ce jour, aucun produit permettant de s’en désintoxiquer rapidement. Le produit est maintenant tout à fait au point pour une utilisation à grande échelle.

Les produits alimentaires bon marché qui proviennent des industries Heimer utilisent déjà le Daminthor comme agent de conservation. Bientôt on le retrouvera aussi dans les boissons et même dans l’eau potable des villes, un grand merci à Desmond O’Brien, son co-lobbyiste qui a acquis la gestion de la plupart des services d’aqueduc du système.

Sous forme chimique, le Daminthor est un dépresseur qui agit pour diminuer la volonté de la personne et la rendre sensible à la suggestion. Sous forme de rayons, il aspire l’énergie vitale des personnes. Guldhur a inventé un dispositif corporel pour capter cette énergie et la diffuser dans un autre organisme vivant. Ce dispositif a l’apparence d’une épinglette. C’est de cette façon que Guggenheim prolonge sa vie sans que cela paraisse extérieurement. Et bientôt, l’antenne de l’Empire State Building émettra un rayon de Daminthor pour aspirer encore plus de l’énergie vitale donc il se gorgera à loisir.

Richard n’a pas manqué de récompenser ses alliés en leur donnant à eux aussi une épinglette émettrice de Daminthor en rayon qui permet aussi la diffusion de l’énergie vitale aspirée. Il va de soi que ses co-lobbyistes, Desmond O’Brien, Montgomery Dawson, Lester Dresner et Lawrence Pearson ont chacun la leur ça va de soi. Dawson est en bonne voie pour prendre le contrôle de la gestion des écoles, des collèges et des universités. Dresner se charge avec brio de prendre le contrôle du système de santé. Même chose pour Pearson avec les organismes de charité et les programmes sociaux. Guggenheim, lui, se charge des politiciens, de l’administration publique, de la police, de l’armée et du milieu des affaires avec l’aide d’O’Brien.

Seule ombre au tableau, les officiers et le personnel du système carcéral et les détenus ont résisté au mouvement de privatisation et le gouvernement a cédé à leurs revendications. Mais ils ne perdent rien pour attendre!

Il suffisait de subjuguer, séduire, menacer, faire chanter ou éliminer les bonnes personnes pour produire un effet de dominos et exercer bientôt sa domination sur des milliards de personnes. Même Anders est passé dans le camp de Guggenheim et a acceptera de prendre la tête du gouvernement intersidéral à la place de James Carthew. Il n’a fallu que lui promettre que tout ce qui pouvait être préservé de la démocratie le serait et que lui, Anders, conserverait son autorité et ses privilèges. Guggenheim avait aussi des photos compromettantes de lui avec ses maîtresses, surtout sa nouvelle, cette arriviste d’ingénieure dont le nom lui échappe.

Guldhur interrompit ses pensées.

- Monsieur, Anders vient de m’apprendre la disparition du Balkan.

- Merci mon vieil ami, ce sont là d’excellentes nouvelles pour nos projets! Dit Guggenheim.

Richard Guggenheim jubilait. Ce transport de prisonniers sur Cerbérus avait finalement servi à éliminer des personnes indésirables. En tête de liste, une héritière gênante : cette petite peste de Lieutenant Joan Randall, qui a failli contrecarrer tous ses projets. Vraiment la fille de son père, qui lui avait découvert ses combines avec Swan pour la production, le recel et l’utilisation du Daminthor. Cela avait ralenti la réalisation ses projets pendant des années! Il en avait autant au service du Colonel Gurney qui avait soustrait Joan et Isabella à son emprise pendant si longtemps!

La participation du Capitaine Flam à ce voyage s’est finalement avéré une aubaine pour lui. Sa présence a certainement empêché Norton et ses hommes d’investir le Balkan et de tuer Randall et Gurney mais d’un autre côté, cela lui avait donné le champ libre pour faire avancer son projet de coup d’état. Et il y avait finalement eu assez d’éléments incompétents ou imprévisibles dans ce voyage pour provoquer à coup sur un incident qui a tourné les choses à son avantage.

Ce petit prétentieux de Norton, ses hommes, Swan, Larson, MacNair, Kulikov, la maîtresse d’Anders et les prisonniers avaient tous épuisé leur utilité de toute façon. Guggenheim ne regretterait pas leur disparition. Le gouvernement intersidéral était prêt à tomber. Si sa nièce Isabella survit à la perte de sa fille, Richard était sûr qu’elle reviendrait vers lui. Il ne la laisserait jamais plus s’échapper.

« À la fin, c’est moi qui triompherai. Je triomphe toujours. » Se dit Richard Guggeheim.


Frégo80
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Sam 14 Déc 2013 - 21:42
Auteur Message
Publicité

Sujet du message: Publicité
PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
Sam 14 Déc 2013 - 21:46
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Dès qu’elle eut terminé sa première journée de cours à Columbia, Beth Harris (Isabella Randall) quitta le campus d’un pas et d’un esprit alerte et mesuré, comme son amie, la colonel Emma Watson lui avait recommandé. C’était une grande et mince femme âgée de 45 ans. Elle avait les cheveux bruns courts et portait des lentilles de la même couleur que ses cheveux pour cacher ses yeux bleus. Ce serait peut-être sa première et dernière journée comme professeur à l’Université Columbia.

Les pantins de Richard Guggenheim avaient déjà pris le contrôle du campus. Elle pouvait les reconnaître à leurs belles petites épinglettes à l’effigie de l’écusson des Guggenheim. « Toujours aussi modeste à ce que je vois, oncle Richard. Ton arrogance finira par te coûter cher, je t’en fais le serment ! » Se dit-elle.

Ça l’étonnerait que sa mascarade tienne longtemps sans qu’elle soit découverte. Dommage car, contrairement à la plupart de leurs confrères et des membres du personnel enseignant qui avaient l’air oppressés, amorphes et apathiques, ses étudiants avaient l’air alertes et avides d’apprendre. Elle prit donc le risque de leur dire que s’ils n’aimaient pas ce qu’ils voyaient en ce moment à New York, de ne pas y rester.

Cette morosité, cette apathie qu’elle voit chez les gens la ramènent à son propre passé lorsqu’elle était sous l’emprise abjecte de son oncle Richard. Elle avait connu cette dépression, cette apathie, cette impuissance… pendant des années ! Il avait fait le vide autour d’elle. Il l’avait isolée et abusée. Ça lui avait tout pris à l’époque pour se défaire de son emprise.

Sa rencontre avec William Randall lui avait ouvert la porte sur un autre monde, un monde de respect, un monde d’entraide, un monde de compassion, un monde d’amour. Leur mariage, la naissance de leur ravissante fille Joan, les années de bonheur… Isabella s’était rétablie de son traumatisme. Elle retomba de nouveau en enfer lorsque William fut assassiné. Joan avait 12 ans. Isabella se retrouva dans un état de dépression, presque de catatonie, qui avait bien failli l’emporter.

Isabella remercia en pensée Ezra Gurney et Jasper Randall, son beau frère. Elle ne sait pas ce qu’elle et Joan seraient devenues sans leur protection. Les tisanes toniques douteuses que lui avait servi Jasper, durant leur séjour chez-lui, l’avaient aussi grandement aidée dans son rétablissement. Il faudra qu’elle lui demande la recette de ces tisanes, et surtout, dans quelles circonstances il avait découvert leurs propriété. Ce climat d’apathie qu’elle a eu l’occasion d’observer depuis son retour à New York lui donne vraiment l’impression que d’autres auraient besoin de ces toniques.

Isabella avait continué de prendre ces tisanes jusqu’à ce jour. Elle menait presqu’une vie d’ascète : métro, boulot, exercice et dodo. Elle pensait à sa fille qui, de par son métier, se débattait plus souvent qu’à son tour comme un diable dans l’eau bénite et Isabella se sentait coupable de sa vie tranquille et rangée durant ces dernières années. « Et qui aiderais-tu si tu ne prenais pas soin de toi? » Lui demandait souvent son amie Emma pour la ramener à la réalité.

Isabella était inquiète pour sa fille. On l’avait mise au courant des projets de Swan d’assassiner Joan et la complicité présumée de ce dernier concernant le meurtre de son mari. Swan : un prétendant que voulait lui imposer Richard, jadis! Elle prit le métro et retourna à l’appartement qu’elle partageait avec son amie la Colonel Emma Watson.

Un bip se fit entendre sur son portable. C’était un message de Jennings. Elle s’assit à sa table de travail pour le consulter.

« Mme Harris, j’ai continué d’éplucher les correspondances de Swan. J’ai conservé une copie de ces correspondances avant qu’on ne supprime les originaux il y a 10 jours. Il n’agissait pas seul. Il y a quelqu’un d’autre qui tire les ficelles. Voici une de ces correspondances. L’auteur est anonyme. Peut-être que ça pourrait vous donner un son de cloche :

« Assurez-vous que le 1er officier de Larson et ses complices viennent récupérer la fille à l’endroit que vous avez convenu avec ce Bora Boru sur le Balkan. Qu’ils se débarrassent de Boru sur le champ. Pour la fille, faites d’elle ce que vous avez prévu, mais je veux que le second de Larson puisse confirmer qu’elle est morte. Cette fille est encore plus dangereuse que son père. Ensuite, détruisez le Balkan.» Je me servirai de cette tentative ratée de mutinerie et de la mort de Randall, Gurney et des autres officiers et gardiens pour discréditer le gouvernement et forcer la démission de Cartew et Anders. Nous avons assez de forces policières et militaires de notre côté pour une intervention musclée si nécessaire.»

C’était signé : « De toutes nos forces. »


Isabella écarquilla les yeux. La dernière partie du crédo familial des Guggenheim! Richard est derrière le meurtre de son mari et derrière un complot pour un coup d’État! Et maintenant ce porc veut sa fille ! La rage envahissait son esprit. Et cet idiot d’Anders a envoyé de nouveau Joan et Ezra Gurney sur ce même convoie de prisonniers avec Swan et ses comparses en prime pour s’exposer à nouveau! Elle mettrait sa main au feu que Guggenheim avait quelques hommes de mains qui travaillent de gré ou de force pour lui à bord du Balkan, peut-être même ce second de Larson!

On l'avait informée que le Capitaine Flam et son équipe avait été appelés à la dernière minute en renfort pour escorter le Balkan. Joan lui avait parlé un peu du Capitaine et de sa collaboration avec lui durant certaines de ses missions. Isabella avait remarqué les étoiles dans les yeux de sa fille lorsqu'elle parlait de lui. Cela la rassurait en partie qu'il soit présent mais les bandits à cravate et en uniforme étaient les pires de tous. Il n'y pas de pires ennemis que ceux qui sont supposés être des alliés.

Le lien entre ce qu’elle a souffert aux mains de Guggenheim et ce qui est en train de se produire sous ses yeux, avec LUI derrière la scène, était maintenant une certitude. À présent, Isabella avait peur d’avoir trop attendu avant d’agir contre son oncle, lui permettant ainsi de s’en prendre à d’autres victimes, et à sa fille ! Elle avait peur que les choses soient pourries sans espoir de réparation. Quoi qu’il en soit, elle donnerait sa pleine mesure pour aider son amie Emma Watson et la secrétaire générale Annie Bonnell.

Elle envoya un message à Jasper :

« Je suis témoin d’une dépression et d’une apathie collectives. Sans rire, dis-moi ce que c’est ton tonique. Comment ça t’es venu l’idée de le fabriquer?”

B.H.

Elle reçut une réponse 1 minute plus tard:

« Cherches-le sous le nom de « Tonique de la Dr. Ballard ». Lis les infos de l’Uranus Times de l’année 2212. Dois partir, on me cherche…et toi aussi! Ne t’inquiètes pas pour moi.

Jarad.


Isabella sentit l’angoisse, l’impuissance et la colère monter en elle. Non, elle devait se maitriser, elle ne pouvait plus se permettre de s’absenter du Monde. Elle pria de tout cœur qu’il n’arrive rien à Jasper. Elle fit son rapport à Emma Watson, incluant Jennings dans la correspondance.

« L’étau se referme déjà les amis. Je pourrais bientôt me faire repérer par nos adversaires. Le mystérieux correspondant de Swan c’est Guggenheim lui-même! « De toutes nos forces.» est une partie du crédo familial des Guggenheim ; SA signature. J’espère pour la sécurité de ma fille et de l’équipage du Balkan, qu’il n’y a pas de ses collaborateurs à son bord, surtout pas le premier officier du Général Larson, qui commandait un des vaisseaux chargé initialement de détruire le Balkan. Si vous pouvez, comparez les effectifs du Balkan à ceux du Titan, du Perséus et du Cassiopée.

Si la plupart de vos hauts gradés se promènent avec une espèce d’épinglette en forme de chimère avec une pierre rouge au centre, dites-vous que ce sont ses hommes à LUI. Cette épinglette représente l’écusson des Guggenheim. La prise de pouvoir se fera donc très bientôt; surtout si vos collègues se trouvent dans le même état de dépression et d’apathie collectives que j’ai pu observer à l’université et dans les rues de New York aujourd’hui.

Surtout, surveillez vos états d’âmes et maintenez votre garde mentale bien haute. Si vous sentez une dépression et un affaiblissement de votre volonté, ne gardez pas cela pour vous! Je n’ai jamais cru aux coincidences ! Je suis sur une piste concernant la cause de cet état et son remède. Si vous voulez protéger le président et organiser une résistance, il faut agir sans tarder! »

Harris Out.

La colonel Watson répliqua presqu’immédiatement :

« Beau travail Harris. Nous organisons une évacuation pour la nuit prochaine. Surtout restez attentive à votre environnement si vous avez à sortir. Je viendrai vous chercher vers 2 heures du matin. Nous savons qui sont nos alliés.

Watson out.


Frégo80
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Sam 14 Déc 2013 - 21:56
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
8 heures du soir, 2 heures avant l’annonce de la disparition du Balkan...

Après une journée éprouvante, Annie Bonnell allait entrer dans le bureau du président afin de faire le point avec lui, comme c’était coutume pour eux de le faire depuis l’entrée en fonction de Carthew à la présidence il y a 8 ans. Il lui avait tardé que Guggenheim et sa bande de vampires s’en aillent. Au moins maintenant, elle peut reconnaître ses sbires, grâce aux renseignements fournis par la colonel Watson par l’entremise d’Isabella Randall. Incroyable, Anders en fait maintenant partie !

Elle était aussi au courant que cette apathie semblait affecter toute la ville de New York. Dieu merci, il ne semblait pas qu’elle-même en soit atteinte. Elle avait habillement gardé sa façade de petite secrétaire effacée pour ne pas attirer l’attention de Guggenheim, ses lobbyistes, et les officiers à sa solde.

Elle fut interrompue par une communication de l’Amiral Taggart sur sa fréquence privée.

- Je vous écoute Amiral. Où en sont les choses sur les autres planètes du système? Interrogea Annie.

- Madame le secrétaire, pour Mercure, Vénus et Mars, il n’y a rien à faire. Ils sont déjà alliés ou sous l’emprise de Guggenheim. La situation de Mars s’explique par un retour en force de la société d’Alvéola. Les rebelles martiens qui se trouvent à bord du Red Hope sous le commandement de Bork King constituent une exception. Ils possèdent une provision appréciable d’Uranium et de gravium. King est un pirate, mais vu la situation, j’ai conclu une entente de coopération avec lui si coup d’état il y a. Jupiter pourrait nous causer des maux de têtes. Les 3 quarts des officiers terriens sont à la solde de Guggenheim. Quale se remet d’un état d’apathie comparable à ce que vous avez sur Terre.

Le lieutenant gouverneur Glo a rassemblé en secret des forces pour protéger le gouverneur et maintenir la démocratie. Il prévoit une nationalisation de toutes les industries joviennes. Mon équipage a le soutient des chasseurs de guerre joviens basées sur le satellite Neuf. Mes effectifs terriens à bord de l’Alabama et du Lightening sont atteints d’une sorte de morosité mais je suis capable de les secouer avec mon second, Jon, qui commande le Lightening. Nous attendons vos ordres pour concrétiser ces plans. Saturne reste fidèle à la démocratie et est prête à exercer un blocus face aux entreprises appartenant à Guggenheim et ses lobbyistes. Pour une fois, je suis reconnaissant que les satellites de saturne soient les paradis du marché noir et des planques en tout genre.

Uranus, Neptune et Pluton n’ont de troupes que pour se protéger eux-mêmes et les Stasians. Mais aucune de ces planètes ne portent Guggenheim et ses Lobbyistes dans leurs cœurs, ça je peux vous l’affirmer. Si vous parvenez à rejoindre le Red Hope, Kings vous couvrira jusqu’à Jupiter et j’escorterai Carthew et votre convoi vers un refuge sur un des satellites de Saturne.

- Merci Amiral. Dit Annie. Le Général Grant vous contactera lorsque Le Bluewave et le Comet auront quitté la Terre avec le président.

- Entendu Madame. Dit Taggart. Il coupa le contact.

Annie alla trouver le président. Elle fut catastrophée par la scène qui s’offrait à ses yeux. James Carthew était prostré derrière son bureau dans un état presque catatonique. La général Bennett et ses 5 gardes n’étaient pas en meilleur état. Elle en oublia toute forme de décorum.

- Bon Sang, James ! Qu’êtes-vous en train de devenir ?! Il faut vous ressaisir, sinon Guggenheim finira par devenir de facto le chef du gouvernement des 9 mondes ! Remuez-vous par pitié!

Elle entreprit de le réanimer en lui donnant des petites tapes sur la figure. Carthew reprit quelque peu ses esprits.

- Annie… marmonna-t-il. Je ne sais pas ce qui m’arrive… je ne suis plus bon à rien. Peut-être qu’il faudrait qu’Anders me remplace un certain temps pour que je me remette d’aplomb… comme me le suggère Richard…

- Monsieur, non ne faites pas ça ! S’exclama Annie. Je ne sais pas comment il fait mais je pense que c’est à cause de lui et de ses lobbyistes que vous êtes dans cet état et vous n’êtes pas le seul. Plusieurs membres de notre personnel et membres de la police sont dans un état semblable au votre. La colonel Watson m’a informé que selon une de ses agents civils, cette apathie s’observe dans tout New York! Il exerce une emprise sur vous ! Il vous manipule et vous pousse à détruire tout ce pourquoi vous avez travaillé si dur: la démocratie, la pluralité, la justice! Monsieur, je le sais de sources sures, vous êtes en danger. Nous devons vous mettre à l’abri !

La Général Bennett, qui était sortie de sa torpeur intervint.

- Monsieur le président, Madame la secrétaire, pardonnez mon échec dans ma tâche auprès de vous ! Je ne m’explique pas la raison de cet affaiblissement de ma volonté et celle de mes hommes. Je suis d’accord avec madame la secrétaire, vous êtes en danger Mr. Le président! Il faut vous évacuer.

- Ma femme…, mon fils… Murmura Carthew.

- Nous allons passer les prendre avec une voiture blindée, monsieur le président. Dit la général Bennett.

- Bien. Annie, qui avez-vous trouvé pour m’escorter et organiser une résistance ? Demanda faiblement Carthew, sceptique.

- Monsieur, Le général Grant a pu assembler 25 officiers et agents qui partiront avec vous et votre famille à bord du Bluewave. La générale Bennett en prendra le commandement avec vos gardes du corps. L’équipe de la Colonel Watson a réussi à craquer le code du Comet cet après midi. Nous ne pouvions pas le laisser derrière. Le général Grant et la colonel Watson se chargeront de le piloter avec 5 officiers de la section des crimes économiques. Le plan est de vous conduire sur un des satellites de Saturne. Il faudra un ordre d’expédition pour Saturne signée de votre main pour le Général Grant, la Général Bennett et la colonel Watson. Deux analystes civils s’y trouveront également pour continuer leur travail. Vous les connaissez, il s’agit de Jennings et d’Isabella Randall.

Annie imprima 3 ordres d’expédition que Carthew signa.
- Est-il prudent de mêler la mère de la lieutenant Randall à cette affaire? Demanda Carthew.

- Personne n’était mieux placé pour découvrir les plans de Guggenheim qu’une autre Guggenheim. Et c’est Jennings qui a craqué le code du Comet. Dit Annie.

- Le service d’entretien ménager est vraiment excellent ici. Dit Carthew, étouffant un faible rire. Un des seuls qui ne soit pas corrompu apparemment. Qu’en est-il des autres planètes et de l’armée ?

- Nous avons le soutien assuré de Bork King sur le Red Hope, celui de Taggart qui commande l’Alabama et le Lightening , et des chasseurs Joviens sur Neuf. Jupiter et Saturne sont de notre côté. Uranus, Neptune et pluton se concentrent sur leurs propres défenses. Pour Mercure, Venus et Mars, Taggart me dit qu’ils sont entièrement sous la coupe de Guggenheim. Dit Annie.

- Vous-même, qu’avez-vous l’intention de faire, Annie ? Demanda Carthew.

- Je vais rester derrière. Mon mari a un cancer en phase terminale, je ne peux le laisser. Ne vous inquiétez pas. J’ai une bonne somme d’argent que je conserve maintenant en liquide et un endroit où me cacher. Je n’entrerai pas au travail après ce soir.

- Bonne chance Annie. Prenez soins de vous. Merci de votre soutient durant toutes ces années. Dit Carthew. Général Bennett, je vous suis avec votre équipe vers la sortie d’urgence.

- Allons-y Monsieur le président dit Bennett. Capitaine Hayes, Lieutenant Hito vous ouvrez la marche, Major Hicks, Tenez vous à la gauche du président, je me tiens à droite. Lieutenant Kent, lieutenant Javier, vous fermez la marche. Go.

Ils purent sortir sans encombre du bâtiment en empruntant le parcours protégé secret.

Un autre service était, contre toutes les apparences, resté intègre. Le général Grant avait en effet trouvé 25 officiers et agents fiables parmi ceux qui sont venus le trouver pour se plaindre d’être victimes de harcèlement, d’intimidation, de chantage, refus de remboursement des assurances pour de raisonnables frais médicaux, pressions etc. Certains se sont même fait offrir des pots de vin.

C’est la première fois en 30 ans de métier que des policiers venaient volontairement le trouver, lui le chef des services internes que tout le monde aime détester, pour demander de l’aide. Il faut vraiment que la situation soit insupportable. Il prit l’initiative de leur donner à tous 3 mois de salaire qu’il avait puisés de sa propre solde. Il leur conseilla de conserver cette somme en liquide pour eux ou leurs familles.

Grant avait remarqué que certains montraient des signes de dépression et d’apathie. Il a fallu qu’il les secoue passablement pour les faire sortir de leur torpeur. Il avait aussi remarqué que ceux dans le service de police qui étaient des métis, des Saturniens, des Joviens, des martiens et des Uraniens avaient en général conservé un moral relativement meilleur que les terriens de souche. Il avait donc veillé à ce que son équipe soit composée de membres de ces groupes ethniques. « Un pas de plus vers la pluralité! Une bonne chose surtout si on considère que, souvent, les natifs des autres planètes du système ont fait un marché de dupes en acceptant de se fédérer, ce qui est vraiment le cas en ce moment! » Pensa-t-il.

Il appela la secrétaire générale sur sa fréquence privée.

- Madame la secrétaire, mon équipe est prête. Nous attendons vos ordres.

- Je vous envoie un ordre d’expédition sur Saturne signée du président Carthew. Dit Annie. Partez immédiatement avec vos hommes vers l’Astroport et attendez l’arrivée de la voiture transportant le président. Il décollera sur le vaisseau Bluewave avec vos hommes et ses gardes du corps. Bennett prendra le commandement de ce vaisseau à son arrivée avec le président, sa famille et les gardes du corps. Vous prendrez le commandement du Comet avec la colonel Watson et son unité.

- Le Comet ? L’Équipe de Watson a craqué le code du Comet ?! S’étonna Grant.
- C’est exact Général. Dit Annie. C’est vraiment une bonne chose aussi. Nous ne pouvons nous permettre de le laisser derrière. Son équipement et armement pourrait s’avérer utiles voir même essentiels.

- En effet madame la secrétaire. J’ai tout juste reçu l’ordre signé du président. Nous partons immédiatement vers l’astroport. Dit Grant.

- Bonne chance Général. L’Équipe de la colonel Watson, le président et ses gardes du corps viendront vous rejoindre sous peu à l’Astroport Militaire. Conclut Annie.

9 heures du soir. Dans les bureaux de la section des crimes économiques.

- Colonel Watson, je viens de comparer de comparer les effectifs du Balkan avec ceux du Titan du Perséus et du Cassiopée. Le major Norton, le second du Général Larson sur le Titan; Le Capitaine Murdoch, un officier du Perséus; et le Lieutenant Ivanov, un officier du Cassiopée ; et 5 gardiens qui se trouvaient à bord du Titan, se trouvent à bord du Balkan en ce moment. J’ai aussi pu craquer certaines correspondances du Général Anders. Sa maîtresse est ingénieure en chef sur le Balkan, on dit que c’est une sacrée croqueuse celle-là. Dit Jennings.

- Merci Jennings, dit la Colonel Watson. Mais il faut dès maintenant se préparer à partir. Faites tous une sauvegarde de vos recherches sur vos portables et emportez les avec vous. Prenez soin de ne rien laisser sur le réseau de la police.

- À vos ordres colonel. Dit la capitaine D’Issa. J’ai exploré le registre des activités d’import-export cette semaine. J’ai remarqué beaucoup de va et vient chez les représentants de la Heimer Food Industries sur Mars. Ils font toujours le même trajet. Ils vont d’abord sur Uranus avant d’aller sur les autres planètes du Système. Les activités économiques se font toujours à partir de Mars. Ce n’est plus vraiment difficile de les identifier comme travaillant pour la Heimer maintenant que cette entreprise alimentaire est un quasi monopole. Ils essaient néanmoins de passer inaperçus sur Uranus. Il faut dire qu’on n’aime pas beaucoup les multinationales chez nous. Que viennent-ils chercher sur Uranus ?

- Surtout, ne perdez pas cette information, Capitaine. Dit Watson.

Emma Watson entra en communication avec Annie Bonnell.

- Oui Colonel Watson, de quoi s’agit-il ? Demanda Annie.

- Nous avons identifié des officiers à bord du Balkan qui étaient associés à Swan, Larson, McNair et Kulikov. Je vous envoie cette liste de noms. Il faut prévenir le Commandant Théron, il doit être arrivé sur Cerbérus maintenant. Dit Emma.

- Malheureusement, seul le Général Anders a l’autorité de faire cet appel et il est maintenant allié à Guggenheim. Par contre, je peux essayer de joindre le Capitaine Flam sur sa fréquence personnelle en utilisant le portable du Président. Ne quittez pas. Demanda Annie.

Annie appuya sur le bouton d’appel du portable. C’était le néant total, aucune sonnerie ne s’enclencha ni aucun message de boîte vocale. Rien. Cela ne signifiait qu’une chose : il s’est passé quelque chose sur le Balkan. Il n’est jamais parvenu à destination. Annie ne peut même pas émettre un avis de recherche sans risquer que ce soient les hommes de Guggenheim qui répondent à l’appel.

- Colonel Watson, je ne reçois aucun écho sur la fréquence du Capitaine Flam, absolument rien. Il semblerait que le Balkan ait disparu. Anders ne tardera surement pas à l’apprendre. Dit Annie. Rassemblez vos hommes immédiatement et venez me rejoindre dans le bureau du président. Vous sortirez par le passage d’urgence dans un blindé et vous irez rejoindre le général Grant qui doit déjà être à l'astroport militaire.

- Entendu Madame. Allez suivez moi vous tous. Capitaine D’Issa vous fermerez la marche, éteindrez et verrouillerez tout derrière vous. Dit Watson.

- À Vos ordres mon Colonel. Dit la Capitaine D’Issa

Emma envoya un message à Isabella Randall .
« Harris, l’heure du départ a été devancé. Nous sommes en route pour te chercher. Soit prête dans une demi-heure. Viens me rejoindre à la sortie arrière de l’immeuble à mon signal. Watson out. »

« Je suis prête. Harris Out. »

Watson soupira. Comment va-t-elle pouvoir annoncer à son amie que le Balkan a disparu, que sa fille a disparu ? Elle n’eut pas le temps de s’attarder à cela parce qu’ils arrivèrent nez à nez avec le Général Anders.

- Colonel Watson, qu’est-ce vous et votre équipe fabriquez encore ici à cette heure ci et où allez-vous d’un pas aussi rapide ? Cela vous prend vraiment autant de temps et d’hommes que cela pour faire votre travail de comptabilité ? Il faudra me justifier tout cela à partir de demain et j’espère ne pas découvrir d’entourloupes sinon ce seront vous jours dans le service qu’il vous faudra compter !

À ces mots, Emma Watson devint folle de rage. Elle remarquait aussi qu’Anders touchait presque obsessivement son épinglette des Guggenheim. Elle n’avait aucune idée de ce qu’Anders essayait de faire. Elle lui répondit d’un ton qui dépassait l’insulte.

- En attendant, espèce de Général Lèche-bottes, prépare-toi à compter des étoiles !

Elle l’assomma d’un magistral crochet de gauche.

- Ça c’est pour Joan Randall, Ezra Gurney et tous les hommes et femmes du Balkan que tu as envoyés à la mort! S’écria-t-elle.

Lieutenant Majorek et Capitaine Buckley, ligotez le, bâillonnez-le et enfermez-le dans son bureau.

À vos ordres Colonel. Dirent-ils.


Frégo80
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Sam 14 Déc 2013 - 22:00
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Annie Bonnell laissa un message à la base de Tycho à l’intention du Capitaine Flam.

- Capitaine, je vous laisse ce message dans l’espoir que vous survivrez ce à quoi vous faites face en ce moment avec l’équipage du Balkan, que vous reviendrez parmi nous et prendrez connaissance de ce message à ce moment là. Un coup d’État est en cours en ce moment contre le gouvernement interplanétaire. Nous pouvons affirmer que c’est Guggenheim à la tête d’un groupe de lobbyistes qui en est l’instigateur. Il a déjà Mercure, Vénus et Mars sous son emprise. De plus, nous sommes la proie d’un genre de dépression et d’apathie collectives encore inexpliquées. Cet état s’observe un peu partout dans le système solaire. Les terriens de souche semblent en général les plus vulnérables bien que personne n’y échappe.

L’Amiral Taggart s’efforcera de protéger la démocratie sur Jupiter, à l’aide des cuirassés Alabama et Lightning et avec le concours de plusieurs unités de chasses joviennes stationnées sur Neuf et celui de Bork King sur le Red Hope. Saturne, Uranus, Neptune et Pluton apporteront également leur soutient selon les moyens dont ils disposent.

Nous essayons d’évacuer le Président Carthew et sa famille vers Saturne à bord du Bluewave en compagnie de ses gardes du corps dirigés par la Général Bennett et de 25 officiers de la police interplanétaire recrutés par le Général Grant. La colonel Watson, 5 officiers de la section des crimes économiques et 2 analystes civils voyageront dans votre vaisseau le Comet. La colonel Watson et le Général Grant en prendront le commandement. Un des deux analystes civils on pu déchiffrer son code. Je suis sûre que vous conviendrez que c’est mieux que de le laisser sur terre aux mains des hommes de Guggenheim. Tous les officiers et les hommes que je viens de mentionner sont dignes de confiance. Quoi qu’il en soit, merci de votre dévouement envers la démocratie, la paix et la justice. Bonne chance.

Au même moment, la colonel Watson, son équipe et Jennings entrèrent dans le bureau.

- Madame, nous sommes prêts. Dit la colonel Watson.

- Parfait Colonel. Voici un ordre d’expédition pour Saturne signé du président. Partez immédiatement. Anders doit être au courant de la disparition du Balkan à l’heure qu’il est.

Emma eut un petit sourire.

- Madame, je peux vous assurer qu’il nous donnera encore quelques heures de répit avant de refermer l’étau. Il a dit un mot de trop sur ma comptabilité. Nous partons. Bonne chance madame la secrétaire.

Et ils sortirent sans encombre du quartier général par la sortie secrète d’évacuation présidentielle.

Annie retourna à son bureau pour s’assurer qu’elle ne laissait rien derrière qui pourrait être compromettant. Elle emporta son ordinateur portable avec elle, prit sa voiture et sortit par la voie principale, donnant admirablement bien le change au gardien de sécurité qui portait l’épinglette des Guggenheim.

Emma arriva à son immeuble avec son unité pour prendre Isabella devant la porte de service. Isabella sorti en trombe de l’immeuble pour les rejoindre. Elle portait un énorme sac à dos et tenait dans sa main une espèce de canne à pommeau d’argent. Elle entra dans la voiture blindée.

- Filons vite! Dit Isabella. J’ai du assommer un voisin et un portier trop curieux. Ils portaient l’épinglette des Guggenheim.

- Qu’est-ce que c’est que tout ce bazar, Harris? Demanda Emma en prenant de la vitesse avec la voiture.

- Toute une provision de ce tonique infecte que je bois depuis 10 ans, une copie rarissime du Uranus times du 10 Juillet 2212 et un des vieux portables de mon mari. Ne me demandez pas comment j’ai fait pour trouver tout ça aujourd’hui. Ça doit être la chance du débutant. Je sais ce qui cause cette dépression que nous observons, et le tonique de la Dr. Ballard alias la Dr. Balah Hahr, chimiste de renom sur Uranus, est son seul remède. Cette canne est une canne épée. Je sais que c’est idiot d’amener une lame à un duel au pistolet mais l’escrime est le seul art martial que je maîtrise. Déclara Isabella.

- Ce ne sera peut-être pas entièrement inutile, si on doit se rendre sur Uranus pour rencontrer la Dr. Balah Hahr. Fit la Capitaine D’Issa. Lui proposer un duel sera probablement le seul moyen de la convaincre de nous aider. Elle aime le double jeu Balah Hahr. C’est aussi une redoutable escrimeuse, avec de vraies épées. J’espère que vous vous sentez en forme, Harris.

- J’aurais peut-être le bon souvenir de 4 personnes comme argument supplémentaire pouvant la convaincre de nous aider : William Randall, Jasper Randall, Guggenheim et Guldhur. Dit Isabella sombrement en serrant les poings.

Ils arrivèrent juste derrière la voiture transportant le président Carthew et sa famille.

- Nous en reparlerons plus tard. Dit la colonel Watson. Il faut d’abord arriver à quitter la terre sans donner l’alerte. Colonel Watson à la Général Bennett, est-ce tout va bien de votre côté, comment vont le président et sa famille?

- Colonel Watson, je suis soulagée de vous entendre. Ça a été un peu mouvementé pour secourir la famille du Président de cette ogresse qui leur servait de gouvernante. Mme Carthew et son fils sont dans un état quasi catatonique et ça nous a tout pris pour ne être affectés nous aussi par cette dépression. Le président va à peu près. Il va nous falloir un remontant à tous. Dit la général Bennett. Terminé.
Grâce à Harris, nous avons ce qu’il vous faut, mon Général; mais je vous préviens, Harris dit que c’est infecte. Ajouta Emma. Terminé.

Ils arrivèrent à l’astroport militaire. Le général Grant et son équipe avaient investi le poste d’entré et les miradors sans problème. Avoir un esprit de rébellion ou faire l’effet d’avoir un cœur de pierre aidait parfois à se protéger de ce qui provoque cette dépression.

Tous sortirent de leurs voitures. Le major Hicks soutenait le président tandis que le Capitaine Hayes, le Lieutenant Hito, le Lieutenant Kent et le Lieutenant Javier allèrent chercher des brancards pour transporter Mme Carthew et son fils à bord du Bluewave.

- Général Bennett, voici une provision du tonique dont la colonel Watson vous a parlé. Ça s’infuse comme du thé. Ce ne goûte vraiment pas bon mais c’est efficace. Dit Isabella.

- Merci Mme Harris. Dit Helena Bennett. Ou dois-je dire Mme Randall?

Isabella enleva ses lentilles brunes. Elle n’en avait plus besoin.

- Si vous voulez, continuez de m’appeler Harris mon général. J’aimerais éviter que mon implication dans cette mission face à Guggenheim ne s’ébruite trop tôt. Dit Isabella.

Le Général Grant les interrompit.

- Général Bennett, selon les recommandations de Mme Bonnell, le Bluewave est à vous. Mes hommes sont déjà en train de monter à bord. Le major Olos et la capitaine Stein seront vos pilotes. Je vais rejoindre la colonel Watson à bord du Comet. C’est le vaisseau le plus rapide, vous pourrez profiter de son sillon, une fois dans l’espace. Mme Harris, Il est temps d’embarquer. Dit le Général Grant.

- Je vous suis Général Grant. Je me souviens de vous, vous étiez dans la même promotion que mon mari. Dit Isabella.

- En effet madame, je suis vraiment désolé de ce qui lui est arrivé. Dit Grant. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai voulu prendre du gallon en travaillant aux services internes.

- Vous vous y êtes apparemment faite une sacrée réputation de, et je cite, « bâtard au cœur de pierre ». Je vois un peu pourquoi les hommes de Guggenheim ne vous ont jamais inquiété. Ils ont tout bonnement pris pour acquis que vous seriez de leur côté. Et vous ne semblez pas être à la veille d’être victime de cette dépression collective.

- Vous êtes vraiment perspicace Mme Harris. Dit Grant avec une lueur d’amusement dans les yeux. Je vous demanderais néanmoins de rester discrète pour que je puisse conserver cette réputation de « bâtard » le plus longtemps possible.

- Cela fait donc au moins 2 imposteurs dans notre équipe, Général Grant. Dit finalement Isabella avec une note d’humour.

Ils arrivèrent à la hauteur du Comet. Jennings avait composé le code et le sas s’ouvrit devant eux. Ils montèrent à bord avec la colonel Watson et son détachement. La Capitaine D’Issa et le lieutenant Majorek étaient aux commandes et se préparaient au décollage. Jennings avait craqué les codes gouvernementaux concernant les itinéraires de leurs patrouilles. Ils auraient ainsi une chance de les éviter.

Isabella s’assit à côté d’Emma Watson et boucla sa ceinture.

- Emma, dis-moi la vérité. Murmura Isabella. Est-il arrivé quelque chose au Balkan ? Le fait que nous prenions maintenant le vaisseau du Capitaine Flam sans sa permission pour nous échapper et escorter le président n’est pas un hasard.

Emma Watson soupira.

- Mme Bonnell m’a confirmé il y a une heure que le Balkan a disparu. Je suis désolée Isabella.

Le visage d’Isabella se durcit. Les larmes qu’elle retenait lui brûlaient les yeux.

- Ma fille est une survivante, Emma. Ezra et Flam le sont également. Je suis sûre qu’ils feront l’impossible pour s’en sortir. Quant à moi, je t’ai promis de donner ma pleine mesure pour vous aider à contrer Guggenheim et cette promesse je vais la tenir. Après, je ne sais plus… Déclara Isabella.

- Pour l’instant, il ne nous reste plus qu’à recommander nos âmes à Dieu, au Diable ou au grand mystère mesdames. Dit le Général Grant sombrement. Capitaine D’Issa, vous pouvez décoller.

- Compris mon Général. Dit la capitaine. Lieutenant Majorek, actionnez la mise à feu.

- Mise à feu enclenchée. Répondit Majorek. Et le Comet décolla suivit du Bluewave 10 secondes plus tard. Juste à temps pour éviter d’être stoppés par une vingtaine de véhicules de la police de New York alertés par la gouvernante des Carthew et le veilleur de nuit de l’immeuble d’Emma Watson.

Quant la police interplanétaire elle-même fût alertée, les 2 vaisseaux avaient 2 heures d’avance. Ce fut suffisant pour éviter les patrouilles malgré l’alerte.

Lorsque Guggenheim apprit l’évasion du Président Carthew à bord du Bluewave et l’évasion du Comet. Il ne pouvait rien faire d’autre que d’assouvir sa vengeance sur Anders, dont il ne fit qu’une loque vide de sa raison, de son âme. « Isabella, ma très chère, où te caches-tu? Bientôt ce sera toi qui subira le même sort.» Promit-il.


Frégo80
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:38
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Coucou !

j'ai donc avancé un peu ce récit aussi. J'ai fait en sorte de remettre tout le monde dans le même espace temps, puisque Frégo était repartie en arrière - logique - pour raconter le coup d'Etat. J'espère que cela vous ira ! J'ai plusieurs passages à vous livrer, voici les deux premiers. J'ai refait le point sur la situation dans le Système Solaire, en la faisant évoluer légèrement (en deux mois, les forces en présence ont pu gagner ou perdre certaines positions), par rapport à ce que Frégo avait annoncé au moment du départ de Carthew.

bizz

Limeye Smile


Les deux équipages fuyant la Terre avaient donc pour destination Saturne et ses satellites, qui restaient fidèles au gouvernement. Mais la situation sur Saturne n'était pas aisée : plusieurs groupes de détracteurs, hostiles au gouvernement légal, tentaient de s'emparer du pouvoir. Pour l'heure, ils étaient contenus dans l'une des régions au nord de la grand planète, mais ils avaient des alliés sur trois de ses satellites : ils tenaient le plus important, Titan, mais aussi Encélade et Japet. Les autres observaient soit une prudente neutralité, soit s'étaient clairement déclarés en soutien à la démocratie et au président Carthew.

Compte tenu de la situation, il avait été convenu d'amener le président et son groupe de fidèles sur Phoebe. Ce satellite offrait de plus l'avantage de posséder une base militaire importante et hautement sécurisée, sans compter de nombreuses installations civiles, et d'être totalement autonome en énergie, comme en ressources alimentaires, en eau. Phoebe pourrait devenir l'avant-poste politique de la résistance face à Guggenheim.

Durant les semaines qui suivirent leur arrivée sur Phoebe, le président Carthew tenta tout d'abord de rallier les indécis à leur cause. Il était impossible d'apporter pour l'heure un renfort militaire à Pluton, Neptune et Uranus. Chacune devait se défendre avec les moyens en sa possession. Sur Saturne, le statu-quo était maintenu, mais une évacuation du président et de ses proches avait été prévue vers Jupiter pour le cas où la situation deviendrait plus difficile. Taggart avait éradiqué les foyers de soutien à Guggenheim et renforcé le pouvoir du gouverneur Quale sur Jupiter et ses quatre satellites, des combats violents s'étaient déroulés sur Ganymède. Mercure, Venus et Mars étaient toujours du côté de Guggenheim. On n'avait aucune information concernant d'éventuelles poches de résistance sur ces trois planètes, de même que sur Terre.

Guggenheim avait deux objectifs principaux, s'assurer le contrôle d'Uranus, et bloquer Taggart sur Jupiter pour l'empêcher d'apporter son soutien à d'autres planètes, mais cela l'amenait lui aussi à maintenir une partie de sa flotte face à l'Amiral. Taggart avait bien compris l'enjeu et il savait parfaitement que malgré la violence de certains combats, la situation pouvait leur être finalement plutôt favorable : cette armée contre laquelle ils se battaient n'allait pas combattre ailleurs. Guggenheim était contraint de diviser ses forces, c'était un atout pour eux.

Guggenheim avait aussi envisagé durant un temps de s'emparer de Tycho et de la base du Capitaine Flam. Guldhur ne cessait de lui répéter qu'ils trouveraient sur cette base des secrets scientifiques de la plus haute importance, voire des armes inconnues ou du moins, le moyen de les fabriquer. Mais parvenir sur Tycho relevait de l'impossible. Guggenheim avait envoyé une troupe de commandos pour tenter de s'emparer de la base. Aucun n'était revenu vivant.

- La base de Tycho est inviolable, disait-il avec colère lors d'une réunion de son Etat-Major. Nous ne pouvons y accéder.
- Si nous trouvions le moyen d'y entrer, pourtant..., disait Guldhur avec un regard avide.
- Impossible, intervint O'Brien, nous avons envoyé une troupe d'élite, ils ont tous péri. Le Capitaine Flam protège parfaitement sa base. Lui seul ou l'un de ses hommes peut y entrer.
- Il y a pourtant d'autres personnes à être allées un jour sur Tycho, reprit Guldhur.
- Oui, poursuivit O'Brien. Le colonel Ezra Gurney et la lieutenant Joan Randall. Or, ils se trouvaient à bord du Balkan, dont la disparition nous a été signalée il y a deux mois.
- Faites fouiller les appartements de Gurney et de Randall, ordonna Guggenheim. Nous y trouverons peut-être quelque chose. En attendant, si nous-mêmes ne pouvons pénétrer sur Tycho, nous sommes au moins assurés que personne d'autre n'y entrera ! Même Carthew ne pourrait pas s'y rendre !

**


A bord du Phénix, l'équipage était pour l'heure bien loin d'avoir la moindre idée de la situation dans le système solaire, ni même si le coup d'Etat avait eu lieu. Avant de traverser le champ de perturbations qui indiquerait qu'ils approchaient de la ceinture de Kuiper, Curtis avait fait venir Timarrow dans le poste de pilotage pour lui demander son aide pour trafiquer l'émetteur d'ondes que Berenson lui avait confié et le transformer en récepteur. Il savait qu'ils n'auraient pas terminé avant d'avoir traversé les courants cosmiques et la ceinture de Kuiper, mais il voulait commencer sans tarder. Au besoin, il demanderait à Otho de réduire leur vitesse une fois franchie Kuiper, pour en terminer la fabrication avec l'aide supplémentaire de Grag.

Dans la grande salle du vaisseau, les hommes restaient assez calmes, mais inquiets. Kim, Grabo et Nekiri devaient régulièrement rassurer ceux qui se faisaient du souci pour leurs familles. Mais maintenant que le "ménage" avait été fait avec l'élimination de Norton par le colonel Gurney, on sentait bien que l'atmosphère était plus détendue. Certes, Nekiri et Grabo avaient toujours ses anciens complices à l'oeil, mais ces hommes avaient plus été entraînés à le suivre par la menace que par un réel désir de nuire.

Joan s'était reposée un peu après ces derniers événements, mais quand elle entendit Simon et Andrew annoncer que tous allaient devoir s'attacher et se mettre en position de sécurité et qu'ils allaient naviguer désormais dans des turbulences importantes, que le vaisseau ne retrouverait une zone de calme qu'une fois franchie la ceinture de Kuiper, elle n'y tint plus, se releva et gagna le poste de pilotage. Elle faisait totalement confiance à Grag pour piloter dans les prochaines heures et tenir le vaisseau, mais s'il devait arriver quelque chose, elle voulait être avec Curtis.

Il venait de renvoyer Timarrow dans la salle pour lui permettre de se mettre en position de sécurité, avait rangé les éléments de l'émetteur d'ondes, et se préparait lui-même aux heures délicates qu'ils avaient devant eux. Le Phénix n'était pas le Comète, mais le vaisseau devrait tenir. Néanmoins, ils seraient certainement bien secoués. Il espérait que Maëva, Joan et Berenson ne souffriraient pas de ce passage difficile. Il fut néanmoins quelque peu surpris de voir Joan arriver.

- Nous n'allons pas tarder à entrer dans la zone de turbulences, lui dit-il. Il faut que tu ailles t'attacher. Avec Simon, nous avons estimé que nous allions en avoir pour environ 4 heures de navigation difficile, puis nous entrerons ensuite vraiment dans la ceinture de Kuiper. Le vaisseau sera alors moins secoué, mais il y aura des a-coups, car Grag devra éviter les nombreux astéroïdes. Il faut que tu te mettes en position de sécurité. Tu peux t'attacher sur ta couchette, c'est là que tu seras le mieux.
- Non. Je veux rester avec toi, dit-elle en soutenant son regard. J'ai besoin de toi, maintenant.

Il la fixa un moment, et comprit.

- Ok, on va s'asseoir au sol. Mala, débrouille-toi, mais ramène-moi une ceinture supplémentaire, il doit y en avoir dans la salle des machines.

Quelques instants plus tard, l'androïde revenait avec le nécessaire pour Joan. Lui-même serait assis aux côtés de Grag pour le seconder au pilotage, Curtis le remplacerait si nécessaire. Curtis accrocha la ceinture sur les fixations de la paroi, puis s'assit sur le sol. Joan se blottit entre ses bras, face à lui, il passa les deux ceintures dans le dos de la jeune femme, en les croisant. Elle était ainsi bien bloquée, et il la protègerait des chocs éventuels contre la paroi.

- C'est bon pour nous, Grag. Otho, tu fais la liaison avec la salle des machines pour leur dire de remettre en route les cyclotrons durant quelques minutes, le temps de pénétrer dans les courants cosmiques, puis de les couper mais de se tenir prêts à les relancer si Grag le juge nécessaire.
- Bien chef.
- Grag, l'important, c'est de maintenir le vaisseau en état, pas d'aller au plus court. Si nous sommes entraînés et que nous dérivons un peu, tant pis.
- J'ai compris, Capitaine. Joan, ça va pour toi ?

La jeune femme sourit légèrement de la sollicitude du grand robot :

- Oui, Grag, pas de soucis.

Et elle resserra son étreinte contre Curtis.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Dernière édition par limeye le Dim 15 Déc 2013 - 12:41; édité 1 fois
Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:39
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Très vite, ils sentirent les mouvements du vaisseau devenir plus brusques, mais Grag tenait bon les commandes et le plus violent fut finalement l'entrée dans les courants cosmiques, ensuite, il se laissa porter par eux, corrigeant seulement légèrement leur trajectoire. Les courants les entraînaient de plus en plus vers l'intérieur et sur leur gauche. Passée la première demi-heure de navigation difficile, chacun à bord du vaisseau prit la mesure des mouvements et tous restèrent calmes. Simon avait administré à Tolek une préparation qui le faisait dormir, il avait donc cessé tout délire, au grand soulagement de ses compagnons d'infortune. Simon en avait donné aussi une dose plus faible à Berenson, pour l'aider à supporter cette partie délicate de leur voyage.

Dans le poste de pilotage, tout se passait plutôt bien, et rapidement, Joan sentit Curtis se détendre, il demeurait cependant vigilant et par moments, elle sentait ses muscles se durcir et ses bras et ses jambes la retenir. Elle se dit qu'elle avait eu raison de revenir dans le poste de pilotage et de rester avec lui, elle se sentait en sécurité, bien plus que sur sa couchette, même si leur position était loin d'être confortable.

- Capitaine, dit Grag au bout d'une heure de navigation, on dérive normalement, ça va pour vous ?
- Oui, Grag, moins secoués que je ne le craignais. Reste vigilant. Tu n'as pas besoin qu'on remette les cyclotrons en route ?
- Pas pour le moment, ça va encore.
- Ok. On tient ainsi autant que possible.

Et de sa main droite, il caressa doucement les épaules de Joan. Rester ainsi lui permettait aussi de faire le point calmement. Il ignorait totalement encore dans quelle direction ils pourraient aller une fois franchie Kuiper, et pour l'heure, il réfléchissait aux modifications à apporter pour le futur récepteur. Joan releva doucement la tête vers lui, il l'embrassa pour la rassurer. Elle allait bien, c'était l'essentiel pour lui.

- Tu ne te sens pas malade, au moins ?, lui murmura-t-il à l'oreille.
- Non, j'ai bien mangé tout à l'heure, avant de me reposer. Ca va. Je crois que mon corps a d'autres choses à faire, et mon esprit à penser, que de se mettre à me rendre nauséeuse pour un rien.
- Ce ne serait pas pour un rien, lui répondit-il en souriant légèrement.
- Tu n'es pas en colère de ce qui nous arrive ?
- Comment pourrais-je l'être ? C'est à la fois beau et terrible. Et j'espère que tu ne te sens pas fautive. Cependant...

Un mouvement un peu brusque du vaisseau l'interrompit. Quand un semblant de calme revint, Joan poursuivit :

- Cependant ?
- J'aimerais juste savoir quand nous l'avons fait. A bord du Balkan ou sur le météore ?
- Sur le météore, la première fois que nous avons pu nous retrouver.

Il hocha la tête sans rien ajouter. Aussitôt, il calcula le temps qui leur restait. Plusieurs mois, à peine sept. C'était suffisant pour qu'il survienne beaucoup de choses. Néanmoins, sa priorité serait de mettre Joan en sécurité, de trouver un abri sûr pour elle et l'enfant pour au moins une année. Un abri loin des combats, mais aussi loin des sbires de Guggenheim.

Joan chercha sa main, la glissa sur son ventre, entre leur deux corps :

- Ca complique terriblement les choses, n'est-ce pas ?
- Peut-être qu'au contraire, cela va les rendre beaucoup plus simples.

Mais il ne put développer plus sa pensée, car Grag émit une sorte de rugissement et demanda d'un ton vif à Mala de prévenir les ingénieurs et le colonel de remettre en route l'un des cyclotrons. Ils traversaient un courant plus violent et surtout plus mouvementé, et le grand robot dut faire appel à toute sa force et ses capacités de pilote pour les en sortir sans dommages. Ils retrouvèrent ensuite une zone plus calme. Moins de deux heures plus tard, ils sortaient des courants cosmiques et déjà, les premiers météorites de Kuiper se dessinaient devant eux.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Dernière édition par limeye le Dim 15 Déc 2013 - 12:42; édité 1 fois
Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:40
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Une fois atteinte la barrière d'astéroïdes qui délimite symboliquement les pourtours du Système Solaire, Curtis demanda à Grag de diminuer la vitesse du vaisseau, de façon à naviguer le plus aisément possible. Là où ils se trouvaient, par chance, les astéroïdes étaient relativement éloignés les uns des autres et leur vitesse de déplacement était faible. Le Capitaine voulait profiter de ce répit pour faire deux choses : organiser la distribution d'un repas qui ferait du bien à tous après ces heures de navigation difficile et poursuivre la fabrication du récepteur avec Timarrow. Ensuite, il s'accorderait quelques heures de sommeil dont il avait bien besoin.

- Je vais aller aider Okapaï et Maëva, dit Joan. Je vous ramènerai quelque chose aussi.
- Mala, accompagne Joan et fait revenir ici Timarrow et Kim, je ne sais pas comment ça a supporté le vol à côté, vois aussi si Ezra a besoin d'aide. J'espère qu'il n'y aura pas eu de blessés. Et tu aideras pour la distribution du repas. Ensuite, tu reviendras, tu prendras la place de Grag pour qu'il nous aide, Timarrow et moi, sur le récepteur.
- Bien chef, répondit simplement l'androïde et il suivit Joan.

Dans la salle du vaisseau, chacun se remettait de la traversée des courants cosmiques. Kim s'approcha de Joan et d'Otho, pour venir aux nouvelles.

- Le Capitaine veut vous voir, Kim, ainsi que Timarrow. Mais la première partie délicate du vol s'est bien passée, nous sommes sortis des courants cosmiques et nous avons atteint Kuiper. Pour l'heure, nous sommes dans une zone plutôt calme, dit Mala, mais il vaut mieux que chacun reste attaché. Même si Grag anticipe, on n'est pas à l'abri d'un violent coup de manche pour éviter un astéroïde !
- Il faut nourrir les hommes, dit Kim. Je vais aller voir le Capitaine.

Et il fit signe à Timarrow d'approcher. Les deux hommes pénétrèrent dans le poste de pilotage. Joan rejoignit Maëva dans leur cabine. La jeune docteur venait de se relever et s'occupait de Berenson. Elle demanda à Joan de prévenir Simon qu'il vienne l'aider. Le blessé avait souffert durant les heures précédentes, mais restait conscient. Il était surtout très faible.

Joan ressortit, rejoignit Andrew qui s'était détaché et lui dit qu'il fallait organiser une distribution de nourriture. Elle voyait sur les visages des hommes assis par terre qu'ils étaient soulagés d'en avoir fini avec les courants cosmiques. "Pourtant", songea-t-elle, "ce qui nous attend dans les prochains jours nous les fera peut-être regretter". Avec Andrew, Nekiri, Okapaï, Vadek et Wilson, elle s'occupa du repas. Elle constata aussi qu'ils avaient encore de la nourriture pour plusieurs jours, de même pour l'eau. "A ce rythme, et si nous n'organisons pas de rationnement, nous pouvons tenir encore une semaine. Il faudra que je dise cela à Curt."

Quand elle eut terminé, elle apporta sa part de nourriture à Maëva, les deux jeunes femmes mangèrent dans leur cabine. Andrew les rejoignit un instant, s'inquiéta de la jeune docteur.

- Ca va, Andrew, lui répondit-elle, l'appelant par son prénom puisqu'ils étaient seuls, avec un blessé somnolent.

Il s'assit sur sa couchette à côté d'elle et lui prit doucement la main. Un instant, elle appuya la tête sur son épaule, et Joan se sentit presque de trop. Elle baissa le regard vers le bol qu'elle tenait sur ses jambes, finit son repas en silence.

- Je vais apporter de quoi manger aux hommes au poste de pilotage, dit-elle en se relevant.

Andrew la suivit, pas question de rester seul avec Maëva. Il aida Joan et l'accompagna également dans le cockpit. Assis par terre, Curtis, Timarrow et Grag achevaient la fabrication du récepteur. Kim assistait Mala pour la navigation.

- Mangez donc un morceau, tous, dit Joan. A côté, tout va plutôt bien. Pas de blessé. Mais Berenson a souffert, et Simon se demande si une nouvelle transfusion ne sera pas nécessaire.
- Il faudra cependant attendre d'être sorti du champ d'astéroïdes pour cela, dit Curtis.
- Combien de temps cela nous prendra-t-il ?
- Moins de deux jours, je pense, si nous ne rencontrons pas de difficultés supplémentaires. Nous brancherons le récepteur d'ici 24H pour écouter les messages. Ils seront encore brouillés, à cause des astéroïdes, mais j'espère en capter de suffisamment audibles pour nous aider à choisir notre route future.
- D'après mes estimations, et si nous ne procédons à aucun rationnement, nous avons encore des réserves de nourriture pour une semaine, et une dizaine de jours pour l'eau, l'informa Joan.
- Cela nous permettrait de gagner Tyrial, Kim, si Saturne n'est pas tombée.
- Il y a plus près, dit le chef pirate.
- Oui, mais pas forcément plus sûr. On va commencer à anticiper sur le rationnement.

Il laissa Grag remonter le récepteur, prit le repas que Joan lui tendait, tout en regardant par la baie du cockpit. "Les astéroïdes sont assez espacés par ici, nous devons nous trouver non loin de l'orbite d'Uranus. Mais la planète elle-même doit être assez éloignée. Ce sont Saturne et Pluton qui sont les plus accessibles, de toute façon, du moins en tenant compte de nos réserves de nourriture et d'eau. Impossible de gagner Jupiter. Il faut que Saturne ait tenu !"

Et il pensa ces derniers mots en regardant le reflet de la silhouette de Joan dans la vitre.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:43
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Sur Phoebe, Jennings passait ses journées à craquer les données des échanges entre les différentes bases fidèles à Guggenheim. Grâce à lui, le président Carthew se trouvait parfaitement informé des projets de la junte. Pour l'heure, aucune contre-offensive n'avait été possible, mais ces données étaient précieuses et avaient notamment permis d'empêcher les troupes de Guggenheim présentes sur Titan d'attaquer Phoebe et d'apporter leur soutien aux rebelles toujours cantonnés dans le nord de Saturne. La situation devenait d'ailleurs de plus en plus précaires pour ces rebelles. "Si seulement Taggart pouvait nous rejoindre, ils seraient rapidement éradiqués", pensait Carthew. "Mais impossible de le faire quitter Jupiter pour l'heure. Nous ne manquons pas de bonnes volontés, mais de troupes !"

A ses heures perdues, Jennings tentait aussi de reconstituer ce qui s'était passé à bord du Balkan, grâce aux copies des communications qu'il avait pu récupérer. Il voulait le faire pour le colonel Gurney, pour la lieutenant Randall et pour Isabella Randall. Il avait pu déterminer approximativement le jour et l'heure du déclenchement de la mutinerie, et tentait désormais de calculer la trajectoire du vaisseau, mais celui-ci avait étrangement cessé d'émettre trois jours après avoir quitté le Système Solaire. Jennings se demandait si cela était lié à une défaillance technique, à un sabordage des installations par les mutins ou si quelqu'un d'autre avait tout simplement organisé volontairement l'arrêt des transmissions.

Isabella Randall se trouvait avec lui quand une fois de plus, il butta sur cet arrêt des transmissions, et il lui fit part de ses réflexions.

- Jennings, vous voulez le fond de ma pensée ?
- Oui, Isabella.
- Ca, c'est signé Joan.
- Vous pensez que votre fille aurait programmé sciemment une panne de l'ordinateur de vol ?
- Oui.
- Mais alors, où ont-ils bien pu aller ? D'après mes calculs, ils ont quitté le Système Solaire en direction de Mazera. Mais c'est très loin. Et il n'y a pas grand-chose entre nous et cette nébuleuse.
- Alors ils font peut-être toujours route vers Mazera, dit Isabella.
- Je vais continuer à chercher, je peux vous assurer. Nous saurons un jour ce qu'ils sont devenus. Pour l'heure, je veux croire qu'ils sont toujours en vie.
- J'aimerais y croire autant que vous, Jennings, dit Isabella d'une voix douce, mais triste. Chaque jour qui passe me fait craindre le pire pour ma fille.
- Elle était avec le colonel Gurney. Il l'aura protégée tant et mieux.
- Oui, je sais.
- Et avec les Futurmen, tout reste possible, vous le savez bien. Ne perdez pas espoir. Pour ma part, je vais surveiller tous les signaux qui nous parviendraient de cette zone. On ne sait jamais.
- Ne perdez pas votre temps à cela non plus, Jennings. Vous avez d'autres missions importantes à remplir pour le président et le gouvernement.
- Certes, mais je considère que cela fait aussi partie de mes missions importantes. Si les hommes du Balkan sont en vie, si le Capitaine Flam et ses hommes ont survécu, cela pourrait être de la plus haute importance de le savoir. Et cela changerait aussi bien des choses pour notre situation, car nombre d'indécis se rallieraient alors à nous. Vous le savez aussi bien que moi, il est des hommes qui jamais ne rejoindraient la démocratie, mais si c'est Flam qui le leur demande, ils le feront.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:45
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Après une vingtaine d'heures de navigation, Grag ayant repris les commandes du vaisseau et alors que tous avaient profité d'heures de repos bien méritées, sans être trop réveillés par les aléas du pilotage dans cette zone délicate, Curtis fit revenir Timarrow dans le cockpit, Simon et Kim. Il brancha le récepteur et ils commencèrent à écouter les messages. Timarrow prenait quelques notes, tentant de décrypter avec soin ceux qu'ils parvenaient à capter. Au bout d'une poignée d'heures, ils eurent un aperçu de la situation autour d'eux. Au grand soulagement de toute l'équipe des Futurmen, Pluton tenait toujours. Ce qui signifiait que Styx était à l'abri, pour l'heure, et que Cerberus non plus n'était pas tombée, ce qui évitait de voir de dangereux criminels se promener dans l'espace.

Ils comprirent aussi plus ou moins que Saturne était sûre. Et que Jupiter tenait toujours, mais ne parvinrent pas à déterminer avec plus de précisions ce qu'il en était des autres planètes et encore moins de la Terre. Une chose était certaine, le coup d'Etat avait bien eu lieu, et selon toute vraisemblance, Guggenheim avait fait tomber Carthew. Mais qu'était-il advenu du président, du gouvernement légal, impossible de le savoir pour l'instant.

- Nous tenterons d'autres écoutes, quand nous serons sortis de Kuiper, décida Curtis, ce qui ne devrait plus tarder maintenant. Kim, dites à Grabo et Andrew de nous rejoindre, nous devons les informer de la situation et prendre une décision concernant notre destination, et ce, si possible avant de sortir totalement de Kuiper. C'est une zone dangereuse pour la navigation, mais les astéroïdes sont aussi une protection...

Rapidement, Grabo et Andrew gagnèrent le cockpit, ce dernier se débrouillerait pour mettre au courant le colonel de leur décision. Pour l'heure, Curtis ne voulait pas informer l'ensemble des hommes à bord de leur situation. Il voulait aussi s'assurer que les ex-complices de Norton resteraient sous bonne garde. "Ils ne tenteront rien durant le vol, c'est certain. Mais une fois que nous serons posés, je suis sûr qu'ils feront leur possible pour nous faucher compagnie et alerter leurs supérieurs. Nous devons les tenir à l’œil, quitte à les déclarer prisonniers quand nous aurons atterri quelque part."

- Voici la situation, déclara Curtis, une fois qu'il eut communiqué toutes les informations aux quelques hommes rassemblés autour de lui. Kim, qu'en pensez-vous ?
- Pour moi, il faut faire route vers Saturne, Capitaine. Certes, Pluton tient toujours, mais vous savez comme moi que l'armée qui y est présente est réduite. Si nous allons là-bas, nous y serons bloqués, aucun vaisseau ne sera mis à notre disposition, sauf peut-être pour vous. Quant à nous... je crains que même si nous nous déclarions en opposition à Guggenheim, on ne nous envoie très vite croupir sur Cerberus, et beaucoup de mes hommes n'en veulent pas. Quant à Styx... ce ne serait guère mieux. J'ai du respect et de la compassion pour les Stagians, et je comprends votre souci pour eux, mais hélas, ils ne nous seront d'aucune aide.

Grabo prit alors la parole :

- Je partage l’avis de Kim, Capitaine Flam. Tyrial pourrait être un bon compromis. Nous y serions à l’abri. Cela permettrait d’obtenir plus d’informations sur la situation exacte, notamment, d’avoir des nouvelles du Président et d’éventuels groupes de résistance autres que l’armée de Taggart qui, de toute façon, est impossible à rejoindre directement. Chacun pourrait alors se déterminer en son âme et conscience. Il sera possible de refaire l’approvisionnement du Phénix sur Tyrial si vous souhaitez en repartir pour rejoindre d’éventuels résistants, car je me doute que vous ne resterez pas les bras croisés. Mais j’ajouterai juste une question : avons-nous assez de provisions pour tenir jusqu’à Tyrial ?
- Oui, répondit Curtis. Joan a fait le compte il y a quelques heures. Nous pouvons envisager un léger rationnement, en cas de difficultés, mais normalement, nous devrions avoir assez.
- Capitaine, je crois que les avis de Grabo et Kim sont sages, dit à son tour Andrew qui les avait écoutés avec beaucoup d’attention. Sachez que pour ma part, ma décision est prise depuis longtemps. Où que vous décidiez d’aller ensuite, je me rangerai à vos côtés. Pas question pour moi de laisser Guggenheim en paix ! Mais j’aurais une suggestion à vous faire concernant les provisions : pour éviter tout souci, destruction ou autre, nous devrions établir un tour de garde des réserves.
- Bonne idée, Major. Kim ? Pouvez-vous envisagez cela avec Nekiri et Grabo ? Je préfère qu’Otho reste avec Grag au pilotage ou si besoin, à la salle des machines. On ne change pas les équipes pour l’instant de ce côté-là. Je me range aussi à votre avis de rejoindre Tyrial. Nous aviserons là-bas. Mais je vous promets, Kim, chacun de vos hommes aura le choix de son avenir.
- Merci, Capitaine. Cela apaisera les inquiétudes qui pourraient subsister.
- Andrew, je vous laisse communiquer discrètement notre décision à Ezra, mais le connaissant, je sais déjà ce qu’il va vous répondre : il suivra. Sauf si je lui demandais le contraire.

Andrew fronça légèrement les sourcils, se demandant un peu ce que cachaient ses derniers mots. Mais il n’en dit rien et hocha la tête.

Kim, Grabo et Timarow rejoignirent alors la grande salle, commencèrent à organiser les tours de garde des réserves de nourriture et d’eau, mirent rapidement Nekiri au courant de leur destination et des informations concernant la situation dans le système solaire. Le Jovien ne dit rien de particulier, mais lui aussi, avait pris sa décision.

Andrew resta un moment dans le cockpit et demanda seulement à ce moment-là à Curtis :

- Que ferons-nous pour Maëva et Joan, Capitaine ? Pourront-elles rester sur Tyrial ? Si certains des hommes de Kim y restent, je pense qu’elles y seront en sécurité, mais…
- … je crois que la question ne se posera pas ainsi, Andrew, si vous voulez vraiment mon avis à ce sujet. Elles pourront rester sur Tyrial, en effet, je n’ai guère de doute à ce sujet, de même concernant leur sécurité, du moins, en fonction des données dont nous disposons pour l’instant. Non, la question serait plutôt : Voudront-elles y rester ?

Andrew eut un léger sourire et les deux hommes échangèrent un regard significatif.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 12:52
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Sur Phoèbe, La colonel Emma Watson avait pris son quart pour la direction de la surveillance des communications radio et du réseau informatique amis et ennemis. Isabella Randall était aussi à son poste, ainsi que le capitaine Buckley. Ils avaient relayé la Capitaine D’Issa, le Lieutenant Majorek et Jennings il y a 2 heures. Le Général Grant avait pris le commandement du Bluewave avec ses hommes et aidait à assurer les arrières du blocus exercé par les vaisseaux de l’Amiral Taggart.

Peu après leur coup fumant du sauvetage du Président et de leur fuite avec le Comet, Guggenheim et ses hommes avaient fini par découvrir qu’ils en étaient les instigateurs et avaient offert une forte récompense pour leur capture. Ils apprirent aussi qu’Annie Bonnell était recherchée.

Cela faisait donc 2 mois qu’ils gardaient tous un profil bas, à l'abris sur Phoèbe. Leur capture serait catastrophique, surtout celle de Jennings, celui qui a craqué de code de protection du Comet. À coup sûr on le forcerait à s’attaquer aux codes de Tycho. Ils savaient que cette base renfermait des secrets scientifiques qui ne manqueraient pas d'être convoités par Guggenheim et Guldhur.

On avait donc bien fait comprendre à Jennings qu’il ne devait pas tenter le diable en essayant de craquer ces codes, au cas où ses activités seraient épiées par leurs ennemis. Ces codes étaient déjà assez déments comme ça. Inutile de réparer ce qui n'est pas brisé. L’équipe s’étonnait (et se méfiait) du peu de résistance quand ils scrutaient les réseaux de communications électroniques et radios.

Isabella rompit le silence.

- Colonel, cette attente commence à me porter sur les nerfs. Tout est beaucoup trop calme. Très peu de morts de part et d’autre pour le moment mais plus on attend, plus ça donne le temps à Guggenheim de parfaire l’utilisation de son arme de dépression, le Daminthor et plus cette guerre risque de dégénérer. La situation dans laquelle nous nous trouvons me fait penser à la Guerre de Sécession aux Etats-Unis en 1860. C’était parents contre enfants, frères contre frères, voisins contre voisins, amis contre amis. Dans une guerre, il n’y a que des perdants, encore plus dans une guerre civile. ET tout cela à cause d’un homme et de ses crimes que je n’ai pas dénoncés! Dit-elle en serrant les poings.

- Exposer tes tripes maintenant ne serait pas suffisant pour exposer le vieux comme un criminel, Harris! Dit Emma. Il faudrait quelque chose d’énorme de visuel qui expose ses plans et qui montre qu’il est directement impliqué. Mais tu as raison, il devient urgent d’exploiter le remède de la Dr. Balah Ahr pour développer une parade contre le Daminthor. Maintenant que les composantes de cette substance ne parviennent plus jusqu’à lui d’Uranus, le vieux va envoyer ses forces contre nous avec un acharnement décuplé! Balah doit aussi commencer à manquer de provisions pour son tonique maintenant que les échanges avec la Terre sont bloqués.

Isabella songeait aux informations du Uranus Times et celles contenues dans le portable de son mari. Elle les avait obtenus en allant faire un tour à l'appartement de Joan. Elle connaissait bien sa fille et se doutait bien qu'un jour, elle voudrait faire sa petite enquête sur la mort des son père et irait fouiller chez Ezra pour les affaires de son père à la première occasion.

Isabella avait pris un très gros risque en allant chez sa fille, mais grâce à ce risque, ils avaient découvert l'existence du Daminthor et que Guggenheim et Guldhur étaient derrière sa production et son utilisation. Elle avait aussi compris que c'était à cause de ces informations que William était mort. Elle espérait que Jasper se cachait toujours et qu'il ne se ferait pas prendre par les hommes de Guggeneheim. Elle craignait par contre que la capitaine D'Issa ait raison et que Balah Ahr jouait un double jeu. Elle soupçonnait qu'il y avait une raison à ce trafic autre que la domination des populations du système solaire qui lui échappait encore.

- Au fait, quel âge il a Guggenheim? Interrompit le Capitaine Buckley, ça fait une éternité qu’il ne se passe pas un jour sans qu’il soit mentionné dans la presse sous une forme où une autre. L’autre jour j’ai découvert un article sur lui qui remonte à 80 ans et c’était un homme adulte à ce moment là.

Isabella était frappée de stupéfaction par la réponse qu’elle s’apprêtait à donner.

- Guggenheim?... Il a 100 ans…Il a 100 ans!

Watson et Buckley la regardaient, incrédules.

- Tu plaisantes, Harris! Fit Emma. On voit que ce n’est pas une jeunesse, mais il n’a pas non plus l’aspect d’un vieillard centenaire! Ses mouvements sont souples et alertes, son visage est étrangement radieux et son esprit est vif à faire peur.

Isabella marqua un instant de réflexion avant de répondre.

- Maintenant que vous attirez tous les deux mon attention sur ce sujet, je réalise qu’aussi loin que je me souvienne, il a toujours eu cet aspect, Colonel. Dit Isabella. Celui d’un homme d’âge indéterminé! Il y a anguille sous roche. Je suis sûre que son majordome, Guldhur l’aide à rester aussi vigoureux. Je ne sais quel lien il y a entre cela et le Daminthor mais il doit y en avoir un.

- J’ai pu faire une compilation de photos de presse de Guggenheim. Je vais les afficher sur mon écran. Dit le capitaine Buckley.

Les photos de presse s’échelonnaient sur quelques décennies et l’aspect de Guggenheim ne changeait jamais, il avait ce visage radieux et ces yeux brillants et froids. Par contre tous ceux qui étaient sur les photos avec lui avaient les yeux cernés, les traits tirés et semblaient moroses. Un frisson parcourut Isabella lorsqu’elle vit un cliché de Guggenheim et d’elle. Elle devait avoir 12 ans sur cette photo. C’était à l'’enterrement de ses parents. Elle avait le visage triste, hébété, cerné. Lui, toujours avec ce visage radieux et ces yeux froids. Il avait une main possessive posée sur son épaule.

-Cela confirme qu’il n’a pas changé d'’aspect depuis au moins 50 ans. Dit le capitaine Buckley. Par contre, ceux qui sont en sa présence affichent toujours cette morosité. Cela semble pire depuis les dernières années et on a pu l’observer à New York et chez le président et sa famille de nos yeux vus. Ce n’est vraiment pas naturel et ce n’est pas un hasard.

Emma Watson avait aussi les yeux fixés sur la photo où on voyait Guggenheim et Isabella à 12 ans.

-Isa, qu’est-il arrivé à tes parents? Est-ce à partir de ce moment- là qu’il…?

Isabella l’interrompit.

-C’était vraiment courageux de ta part d’être demeurée mon amie à cet époque-là, Emma. Tu prenais vraiment un risque quand tu venais me voir chez-moi. Pour mes parents, on a parlé de suicide, mais je ne sais pas, jamais ils n’ont été proches de moi. En plus, tu l'a vu toi-même, il m’arrivait souvent d’être dans une sorte de torpeur. Tu étais la seule à m’en faire sortir. Murmura Isabella.

-Juste pour avoir pu assister à ton discours percutant de fin de baccalauréat sur la cupidité, l’exploitation et le capitalisme, habillée comme une convertie au satanisme, pour emmerder le vieux et ses larbins, ça en valait le coup! Murmura, Emma.

-Je n’aurais jamais pu faire cela sans toi et ta «mauvaise» influence sur moi, Colonel. Répondit Isabella avec un petit sourire.

Leur conversation fut interrompue par un appel sur le canal privé d'Emma Watson, par quel miracle, elle n'aura jamais le temps de s'attarder à cette question. Une seule personne au monde essaierait maintenant la joindre sur ce canal : son compagnon, le Général Janek Brubaker, le Drirecteur du Pénitencier Interplanétaire de New York.

D'une main tremblante, Emma Watson ouvrit le récepteur sur son portable. L'image hagarde de Brubaker apparut sur son écran.

- Emma, mon amour, je ne sait pas combien de temps je pourrai demeurer en ligne avant d'être découvert et coupé alors écoute-moi bien, ne parle pas. Je t'envoie d'abord des vidéos illustrant l'état des choses dans les rues de New York, surtout la nuit quand une lueur rouge émane de l'antenne de l'Empire State Building et sur ce qui se passe au même moment dans la salle de bal des appartements de Guggenheim. À la mort de son mari, Annie Bonnell s'est livrée à Guggenheim pour avoir une chance de filmer et nous livrer ces images. Je crois qu'ils l'ont tuée. Sauvegarde ces vidéos maintenant.

Emma, au bord des larmes, hocha la tête pour lui signifier que c'était fait.

-Ma chérie, ma propre position est maintenant intenable. Plusieurs de mes hommes ont déserté et les autres sont à bout de forces, les prisonniers aussi. Les laisser partir serait criminel, ils sont trop dangereux. Les laisser croupir dans leur cellule serait inhumain. En ce qui nous concernent, moi et les hommes qui me restent, attendre la mort sans rien faire est contraire à nos principes. Je vais donc commettre un crime, je vais abattre des hommes sans défense dans leurs cellules. Moi et mes hommes tenterons ensuite une sortie contre les forces de Guggenheim. Adieu ma chérie, je t'aime...

Un brouillage interrompit la communication.

-Janek! Janek! Je t'aime! Si tu meurs, tu seras vengé je te le jure! S'écria Emma à travers ses larmes.

Isabella entoura son amie de ses bras, pour la réconforter et l'empêcher de se précipiter vers le hangar.

- N'allez pas vous précipiter entre les mains de Guggenheim et ses hommes, Colonel. Dit tranquillement le Capitaine Buckley. Nous avons besoin de vous ici, Brubaker a besoin de vous ici pour finir la mission que Mme Bonnell nous a confié. Aucun des deux ne doit être mort pour rien.


Frégo
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 20:48
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Le Phénix était juste sur le point de quitter la ceinture de Kuiper. Dans un jour ils croiseraient l'orbite d'Uranus. Par chance, Uranus et Saturne étaient presque alignées. Le Capitaine Flam et son équipage décidèrent dont de diriger le vaisseau de manière à pouvoir profiter du sillon de cet orbite pour hâter leur approche de Saturne et de son satellite Tyrial. Ils espéraient tous que les forces présidentielles aient conservé le contrôle de cette partie du Système solaire.

Timarrow venait d'entrer dans le cockpit du Phénix pour sa ronde d'écoute. Son enthousiasme, à laquelle se mêlait de l'anxiété, était visible. Aujourd'hui, les transmissions devraient être plus clairs puisqu'ils s'apprêtaient à sortir de la ceinture de Cuiper. Il serait sûrement en mesure de mieux connaître la situation dans le système.

Il avait ses écouteurs depuis quelques minutes lorsqu'il pouffa de rire.

- Qu'est-ce qui vous fait rire Timarrow ? Demanda Curtis.

- Et bien, il semblerait qu'il y ait des petits malins qui font tourner les forces de Guggenheim en bourrique en faisant la pluie et le beau temps dans le décryptage de leurs réseaux de communication. Je viens d'entendre en clair une communication entre un commandant d'un croiseur nommé Relentless et son Général cantonné sur Japet qui était bien agrémentée d'injures de frustration bien choisies. Ils se demandaient comment les forces présidentielles sur Phoèbe semblent anticiper et contrer tous leurs plans d'attaques. Les noms des présumés responsables de leur malchance ont été stupidement mentionnés durant cette communication, ils sont recherchés par Guggenheim et ses troupes.

- Qui sont ces gens qu'ils recherchent ? S'enquit de nouveau Curtis.

- Une Colonel Watson, une Capitaine D'Issa, un Capitaine Buckley, un lieutenant Majorek et deux civils, un certain Jennings, et une certaine Beth Harris... dont le véritable nom serait Isabella Randall.

Au nom d'Isabella Randall, Curtis écarquilla les yeux.

- Isabella Randall ?! Timarrow vous êtes certain ?

- Certain. Dit Timarrow. Et là tenez-vous bien, la mâchoire va vous décrocher, capitaine. Ils se seraient, paraît-il, échappés de la Terre à bord de votre vaisseau le Comet. Un général Grant serait aussi dans la ligne de mire des hommes de Guggenheim. Il a l'air de faire beaucoup de grabuge celui-là.

- Nom d'un météore! Pour un coup fumant, ça c'est un coup fumant ! S'exclama Mala. Comment ils ont fait pour craquer le code, il était absolument dément !

- Moi tout ce que j'espère qu'ils vont y aller doucement avec le Comet et qu'ils foutrons pas la merde partout. Interrompit Crag. Ils pourraient se faire capturer en le pilotant à la vue de tout le monde, ou pire encore, nous l'abîmer!

- Au moins nous pouvons supposer que le Président est en sécurité sur Phoèbe avec des troupes assez importantes. Dit Simon. Et au moins, cela devient possible pour nous de récupérer notre vaisseau. Si ces personnes sont aussi malignes que le suppose Timarrow, ils s'en serviront le moins possible afin d'éviter d'être capturés.

- Ce sont là d' excellentes nouvelles, merci Timarrow. Dit Curtis. Continuez votre écoute. Crag, Mala, maintenez le cap. Je vais voir Joan pour lui donner des nouvelles de sa mère et lui demander de plus amples renseignement sur ces officiers et ce Jennings.

À la salle des machines, tout était calme. MacClinton, Scott et Maynard en surveillaient le bon fonctionnement sous la supervision d'Ezra Gurney.

Un scintillement sur le sol attira l'attention de MacClinton. Il baissa les yeux et appercut une espèce d'insigne en forme de chimère.«Ça doit être tombé de la poche de Norton, il n'y a pas d'autre explication.» Se dit-il. Il se pencha pour la ramasser, son doigt en toucha le centre et elle scintilla de nouveau. MacClinton se senti saisi d'une étrange fatigue et s'appuya sur un mûr pour ne pas perdre l'équilibre. L'insigne tomba de sa main et bondi sur le sol.

Ezra marcha prestement jusqu'à MacClinton pour le soutenir , alerté par le bruit et son apparent malaise. Son attention fut aussi attirée par l'insigne en forme de chimère. Il fronça les sourcils. Il reconnaissait ce symbole.

- Je pense que vous devez faire attention en manipulant cet insigne, Colonel. Lui dit MacClinton. Ce n'est peut-être qu'une coïncidence mais je me suis senti tout drôle immédiatement après avoir pris cet insigne.

Le colonel prit l'insigne avec soin et le mit dans un compartiment à sa ceinture.

- Venez MacClinton, le lieutenant Randall a sûrement emporté une provision de ces herbes avec lesquelles elle faisait ces tisanes que nous buvions sur le météore. Elles faisaient du bien. Dit Ezra.

- Ne t'inquiète pas George. Dit Scott. On va continuer de veiller à la bonne marche des machines Maynard et moi.

- Je compte sur vous Messieurs. Dit MacClinton.

Lorsqu'ils sortirent de la salle des machines, Ezra demanda à Andrew de le remplacer à la salle des machines.

- Qu'est-ce qui se passe avec MacClinton, Colonel? Demanda Barrett.

- Disons qu'il a peut-être fait la découverte accidentelle d'un indice sur certaines choses qui peuvent se tramer dans le système solaire et sur un de mes vieux mauvais souvenirs. Je vous en dirai davantage plus tard. Dit Ezra.

Ezra et MacCinton arrivèrent à la cabine des femmes. Il fit asseoir MacClinton.

- Lieutenant, avez-vous encore des herbes pour faire cette tisane qu'on buvait sur le météore ? Demanda Ezra.

- Que se passe-t-il Colonel, que lui est-il arrivé ? Demanda Joan.

Maëva suivait la conversation en s'occupant de Berenson.

Sans un mot, Ezra ouvrit son compartiment et montra à Joan l'insigne en forme de chimère avec une pierre rouge au milieu. Joan sut immédiatement que c'était l'emblème familial des Guggenheim.

- Cet insigne est surement tombé de la poche de Norton, MacClinton l'a ramassé et s'est senti mal en le manipulant. Dit Ezra.

- Je vais lui préparer cette tisane tout de suite. Elle devrait le remettre d'aplomb. Dit Joan. Après, il faudrait montrer cet insigne au Capitaine et au professeur. Interroger Murdoch, Ivanov ou Willis sur les circonstances qui les avaient amenés à suivre Norton ne serait peut-être pas une mauvaise idée non plus, colonel.

- Je suis d'accord avec vous sur ce point, lieutenant. Fit-il avec une pointe d'ironie et d'entendement. «Elle, elle a trouvé les affaires de son père en allant fouiller dans mon bureau!»

Joan alla préparer la tisane pour MacClinton et revint au bout de quelques minutes.

- Tenez George, ça devrait vous remettre d'aplomb. Dit-elle.

- Merci Miss Randall. Dit-il. C'était la même tisane que celle qu'il lui avait offerte il y a quelques semaines sur le météore.

- Je vais veiller à ce qu'il se repose ici quelques minutes. Dit Maéva. Les explications concernant cet insigne et le lien avec son malaise peuvent attendre. Ajouta-t-elle discrètement.

Ezra et Joan se dirigèrent vers la cabine de pilotage. Ils aperçurent Curtis qui marchait rapidement vers eux.

-Mon colonel, Joan, venez. Nous avons des nouvelles concernant la situation dans le système solaire et avons aussi besoin de quelques éclaircissements. Dit-il. Il aperçut MacClinton assis, buvant la tisane et il ajouta :
- que lui est-il arrivé?

- Allons dans la cabine, capitaine. Nous allons vous expliquer cela en détail. Dit Ezra.

Ils entrèrent tous dans la cabine de pilotage.

Nous avons des nouvelles plus précises sur ce qui se passe dans le système solaire. Dit Curtis. Le président Carthew est vraisemblablement en sécurité sur Phoèbe avec des forces importantes. Une équipe de la police s'est également échappée avec le Comet. Ils sont recherchés par les forces de Guggenheim, ta mère était avec eux et parmi les personnes recherchées. Dit Curtis.

- Hein! Maman ?! Qui sont les autres personnes recherchées? Demanda Joan. Elle était à la fois soulagée et inquiète.

-Une colonel Watson, une capitaine D'Issa, un capitaine Buckley, un lieutenant Majorek et un certain Jennings, un civil. Dit Curtis. Vous les connaissez ?

- Ils sont tous de la section des crimes économiques et des experts en contre espionnage et en craquage informatique. La colonel Watson est une amie d'enfance de ma mère, elles sont deux chardons dans la même botte. Et Jennings...eh bien... c'est le préposé à l'entretient ménager, qui cachait bien ses talents de craqueur informatique. C'est probablement lui qui a craqué le code du Comet. Je suis sûr qu'ils font tous la pluie et le beau temps sur les réseaux se communication. Fit Joan.

Là dessus, Timarrow eut un sourire en coin. Curtis aussi mais pour des raisons différentes.

- Il y a-t-il d'autres personnes mentionnées ? Demanda Ezra.

- Un général Grant serait aussi dans le collimateur des forces de Guggenheim. Dit Curtis.

- Aïe, Aïe! Fit Ezra. Le chef des services internes, celui que tout le monde aime haïr. Fit Ezra. Mais un homme intègre et la personne idéale pour bien cacher son jeu face à un ennemi comme Guggenheim.

- Pour ce qui est de la colonel Watson et son équipe, s'ils avaient une devise ce serait «On s'en vient régler vos comptes !» Rien à voir avec la comptabilité ! Fit Joan. Ils étaient toujours les premiers arrivés pour les séances d'entraînement physique et de tir.

- La capitaine D'Issa et le lieutenant Majorek sont aussi d'excellents Pilotes. L'équipe fait également des enquêtes sur le terrain. fit Ezra.

- Et l'implication de ma mère a une seule explication : ça prend une Guggenheim pour en connaître un autre. Elle est aux premières loges pour savoir de quoi il est capable. Continua Joan, sombrement. Ça faisait un moment qu'elle voulait faire quelque chose en ce qui concerne son oncle. Et quand elle dit qu'elle va faire quelque chose, elle le fait. Et c'était là ou jamais.

- À mon avis, fit Curtis, le recrutement en douce de ces personnes, c'est signé Annie Bonnell. Je sais qu'elle avait un pouvoir et certaines ressources discrétionnaires pour organiser l'évacuation du président et organiser des forces autour de lui en cas de coup d'état. Elle travaille avec le président depuis avant son entrée en fonction. Elle était toujours au fait de ce qui se passait autour de sa personne. C'est elle qui faisait la synthèse de tous ses dossiers et des rapports qu'on lui soumettait. Je suis suis sûr qu'elle s'est entretenu au moins une fois avec tous les chefs de la police et de l'armé.

- La démocratie sauvée par la secrétaire et l'homme de ménage. Résuma Mala.

-Pour dérégler une machine infernale, des grains de sables biens placés et un travail collectif sont souvent plus efficaces que des actions flamboyantes, Mala. Intervint Simon.


- Je dirais pas mieux moi-même. Murmura Timarrow.

- Vous aviez aussi des renseignements à me dire concernant ce qui vient d'arriver à MacClinton, colonel. De quoi s'agit-il? Demanda Curtis.

- Il se serait senti mal en manipulant ceci. On suppose que c'est tombé des poches de Norton quand nous avons transporté son corps à la salle des machines. Il sortit précautionneusement l'insigne en forme de chimère.

Le professeur plana vers Ezra pour observer l'insigne. Le colonel tenait l'insigne sur les bords pour permettre à Simon de faire ses observations.

- Hum, voyons voir. Oui... cet insigne semble avoir des dispositifs capteur et diffuseur miniatures. Pour capter et diffuser quoi, je me le demande. Ajouta Simon.

- D'après ce que nous avons observé de l'état de MacClinton, je dirais que ce serait capter et diffuser de l'énergie, professeur. Fit Joan. Et la chimère est l'emblème familial des Guggenheim.

- Je crois que votre conclusion est la bonne, Joan. Il faudrait que Crag observe son fonctionnement avec son infra-rouge.

- Je vais te remplacer un instant Crag. Fit Curtis. Restez tous à l'écart lorsque Crag manipulera l'insigne.

- Je crois que MacClinton a touché la pierre rouge sur la chimère, Crag. Fit Ezra en lui donnant l'insigne.

Crag prit l'insigne, le tint perpendiculairement et toucha la pierre. Il perçut le rayon infra-rouge vaporeux qui émanait de la pierre.

- Cette pierre émet un rayon infra rouge vaporeux. Fit Crag.

- Il reste à savoir de quelle substance est composée ce rayon. Dit Simon. Que cet insigne soit l'emblème de Guggenheim ne me dit rien qui vaille.

- L'État que démontrait MacClinton me rappelle les dernières informations qui étaient enregistrées sur le portable de William Randall, qu'il m'avais laissé la veille de sa disparition. Fit Ezra. Il était sur Uranus pour faire cette enquête sur du blanchiment d'argent. C'était des informations sur une substance...je ne me souviens plus laquelle. Elle créait un état de dépression, d'apathie et de sensibilité à la suggestion.

- J'ai également consulté le portable de mon père quelques jours avant notre départ sur le Balkan. Cette substance est le Daminthor. Continua Joan en regardant Ezra d'un air légèrement coupable. Il y avait aussi dans ses affaires un article du Uranus Times du 10 Juillet 2212 qui parle de dépression et d'apathie collectives et d'une certaine Dr. Balah Hahr qui avait été chargée de trouver la cause et le remède à cette dépression.

- 6 jours après sa disparition, on a retrouvé William Randall mort dans un état atroce dans un entrepôt de la capitale de Mars, Syrtis; suite à un appel anonyme. Fit Ezra. Les malfaiteurs présents ont été arrêtés et ont porté tout le poids de la responsabilité de ce meurtre. Je n'ai plus entendu parlé de cette substance par le suite. Anders a suspendu cette enquête malgré mes protestations. Le meurtre de William est forcément liée à son enquête sur le Daminthor, c'est évident, et nous savons que Guggenheim est derrière son assassinat.

-Cet air hagard qu'avait MacClinton était le même que celui des gens photographiés dans le Uranus Times.Fit Joan. Le président Carthew avait cet air là aussi ces derniers temps. Sur ses photos étant enfant, ma mère avait aussi cet air hagard. Cela fait seulement quelques années qu'elle ne souffre plus de cette dépression grâce aux toniques que mon oncle lui envoie d'Amazonie. Les herbes qu'il emploie sont similaire à celles que j'ai rapportées du météore pour faire nos tisanes sauf pour le goût, celles de mon oncle sont infectes.

-En tout cas, si les forces de Guggenheim ont exploité cette substance au point de pouvoir en faire un rayon, nous pourrions tous être dans de sales draps, y compris les forces présidentielles. Fit Simon.

-C'est à craindre en effet, fit Curtis. Interroger Murdoch, Ivanov, Willis et les gardiens pourrait nous apporter des éclaircissements supplémentaires.

-Ou vous pourriez faire encore plus simple en parlant à Nekiri, il voit tout et il entend tout depuis le début. Fit Timarrow.

- Il est certainement plus fiable que ces types. Ajouta Mala.


Frégo80
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 20:50
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
- En tout cas, poursuivit Curtis, toutes ces nouvelles sont à prendre avec sérieux. Il va falloir que nous reparlions avec Kim et Andrew, cela peut changer bien des choses.

Joan le regarda, pensive. Elle se doutait de ce à quoi il pensait. Fallait continuer vers Tyrial ou se rendre directement sur Phoebe ? Et après ? Elle se sentait en tout cas soulagée pour sa mère, Emma Watson et Jennings. Ainsi que pour le Président et sa famille. Toutes ces personnes dont elle était proche ou qu’elle appréciait étaient en sécurité, la résistance s’organisait certainement. Elle connaissait Phoebe, elle savait que la planète offrait une formidable base pour cela. Elle se retourna doucement en entendant Simon :

- En tout cas, si ce jeune Jennings s’ennuie à l’avenir, je pense qu’on pourra lui proposer du travail… réussir à casser les codes du Comète, chapeau !

Curtis sourit à la remarque du professeur. Lui aussi voyait parfaitement à quelles tâches on pouvait employer un craqueur aussi doué que Jennings… Il se tourna vers Ezra :

- Ezra, peux-tu demander à Andrew, et surtout à Nekiri et Kim de venir ? Il faut les informer de ce que nous venons d’apprendre.

Ezra sortit, puis revint rapidement avec les deux hommes. Il mettrait discrètement Andrew au courant plus tard, ce dernier restait à la salle des machines en l’absence du colonel et de Mac Clinton qui se reposait toujours dans la cabine des femmes.

A l’annonce des nouvelles informations en leur possession, Kim et Nekiri échangèrent d’abord un long regard, puis le Jovien hocha simplement légèrement la tête, faisant ainsi signe à son chef qu’ils s’étaient parfaitement compris.

- Que pensez-vous faire, Capitaine ?, demanda Kim en se tournant vers Curtis.
- Je voulais en parler avec vous, Kim. Je n’ai encore pris aucune décision, si ce n’est que tôt ou tard, je rejoindrai Phoebe. La question est de savoir si nous nous y rendons directement ou si nous continuons comme prévu vers Tyrial. Compte tenu de la situation sur Saturne, avec le foyer de résistance et le fait que Japet et Titan soient toujours aux mains des rebelles, nous pouvons nous rendre soit sur l’un, soit sur l’autre, en navigant relativement en sécurité. Mais je préconise cependant d’essayer d’informer les troupes sur Phoebe de notre arrivée, du moins lorsque nous en approcherons, car nous n’avons aucune arme à bord du Phénix pour défendre le vaisseau. Si jamais nous croisions la route d’une troupe rebelle, nous serions incapables de faire face.
- Alors, continuons vers Tyrial. Pour deux raisons, Capitaine : la première, c’est que vous m’aviez promis que chacun de mes hommes aurait le choix de son avenir, et ils pourront le faire sereinement en étant dans une de nos "bases", alors qu’ils se sentiraient "obligés" en allant sur Phoebe. Certains ont leur famille sur Tyrial, ils auront aussi à cœur de les revoir.
- Je le comprends tout à fait, Kim.
- Ensuite… ensuite, il sera toujours possible de quitter Tyrial à bord d’un vaisseau autre que le Phénix, un vaisseau armé, et de rejoindre Phoebe dans de meilleures conditions de sécurité.
- Très bien. Ezra, Simon, qu’en pensez-vous ?
- Je partage l’avis de Kim, mon garçon, dit le professeur. Nous pouvons atteindre Tyrial dans une relative discrétion. Bien entendu, nous serons repérés par les forces présentes sur Saturne, mais elles sont fidèles au gouvernement. Nous pourrons alors nous faire reconnaître. Sans…

A cet instant, la porte du cockpit s’ouvrit brusquement. C’était Vadek.

- Chef ! Capitaine ! Excusez-moi de vous interrompre, mais la Docteur Sanchez m’a envoyée vous prévenir. Berenson ne va pas bien du tout. Il a besoin d’une transfusion en urgence !
- Ok ! On va s’en occuper, dit Kim. Peut-on redemander à Jefferson… ?, ajouta-t-il en se tournant vers Simon.
- Dans l’absolu, oui, mais il a déjà donné, et ce serait lui faire courir un risque. On va devoir demander à une autre personne, du groupe O-.

Kim et Simon entrèrent rapidement dans la cabine. Simon vit tout de suite que Berenson n’était vraiment pas bien. Il avait mal supporté les dernières heures de navigation mouvementée. Il fit signe à Kim et ils ressortirent aussitôt, laissant la porte de la cabine entrouverte.

- Les gars !, commença Kim d’une voix autoritaire et forte.

Tous les visages se tournèrent instantanément vers leur chef.

- Berenson est au plus mal. Il va falloir faire une autre transfusion. Jefferson était le seul à pouvoir donner l’autre fois, du même sang que le sien. Il faudrait quelqu’un du groupe O- . Qui est prêt à donner ?

Deux hommes se levèrent spontanément, Grabo et un des gardiens, Jim Kindy. Kim se tourna vers le professeur. Simon prit la parole.

- Merci à vous deux. Grabo, vous êtes de plus forte constitution que Jim Kindy. Je préfèrerai que l’on prenne le vôtre d’abord. Mais merci à vous Jim, et de toute façon, il est possible qu’on ait besoin de lui faire une nouvelle transfusion, on fera alors appel à vous.
- Bien professeur, répondit simplement le gardien en retournant s’asseoir auprès de Willis.

Simon assista Maëva tout le temps que dura la transfusion. Berenson avait perdu connaissance, mais ils constatèrent avec soulagement que cela lui faisait du bien. Maëva murmura à Simon :

- J'espère que nous nous poserons bientôt, pour lui.
- Cela ne devrait plus tarder maintenant, Maëva, répondit le professeur.

Mac Clinton se sentait mieux, mais il était resté avec eux, pour aider la jeune docteur et le professeur en cas de besoin. Il laissa sa place sur la couchette de Maëva à Grabo, afin que celui-ci récupère de son don. Nekiri lui avait préparé à manger, et il retrouva vite des forces.

- Reposez-vous bien, Grabo, dit Simon. Un malaise peut vite survenir dans les heures qui suivent une transfusion. Nous vous avons pris un peu plus que de raison, mais je préfère aussi ne pas recourir à trop de donneurs. Si nous pouvions éviter une autre opération de ce genre avant d'atterrir, ce serait bien.
- Quand arriverons-nous quelque part ?, demanda-t-il alors.

Simon savait que Kim mettrait de toute façon son lieutenant au courant de la situation, aussi se dit-il qu'il pouvait lui révéler les dernières nouvelles, d'autant plus qu'ils étaient isolés du reste des hommes, dans la cabine. Quant à Mac Clinton, Simon savait pouvoir parler devant lui sans risques.

- Ainsi, nous serons sur Tyrial d'ici quatre jours, dites-vous ?, demanda Grabo.
- Si le reste du voyage se passe bien, oui. A savoir, si nous ne nous faisons pas repérer par les forces de Guggenheim. La situation sur Saturne est complexe, le Capitaine espère que Guggenheim n'a pas envoyé trop de forces dans ce coin, dans le cas contraire, ça pourrait devenir compliqué de passer inaperçus...
- Allez-vous prévenir les forces présidentielles ?
- Je n'ai pas eu le temps d'en parler avec le Capitaine, reconnut Simon, puisque nous avons été alertés pour venir ici. Mais je pense qu'il voudra limiter les risques. Nous ne les préviendrons peut-être qu'une fois que nous serons sur Tyrial.
- Professeur, j'ai de la famille sur Tyrial. Mes deux soeurs s'y trouvent. L'un de mes beaux-frères est un "collègue". Miss Randall et vous, docteur, vous y seriez en sécurité, je vous en donne ma parole. Quant à moi, je suivrais Kim. Mais j'ai déjà une idée de l'endroit où il ira...
- Vous nous suivrez donc, Grabo, si j'ai la même idée que vous...
- En effet, professeur.
- Merci de votre offre, Grabo, dit Maëva. Mais je pense que je choisirai d'aller sur Phoebe. Néanmoins, si Joan faisait le choix de rester sur Tyrial, je resterai avec elle.

Et elle fixa Simon en ajoutant ces derniers mots, il comprit à quoi elle faisait allusion, sans rien révéler pour autant.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Dernière édition par limeye le Dim 15 Déc 2013 - 20:54; édité 1 fois
Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 20:53
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Pendant ce temps, dans la cabine de pilotage, Curtis et Otho avaient calculé la trajectoire pour aller jusqu'à Tyrial. Grag tenait toujours les commandes du vaisseau, sans faillir. Ezra avait rejoint la salle des machines, et informait Andrew discrètement des nouvelles.

- Combien de temps, colonel, encore avant d'atterrir ?
- Quatre jours, si tout va bien d'après ce qu'estime le Capitaine.
- Côté nourriture et eau, nous aurons donc assez. Maintenant, il faut espérer que les hommes vont rester calmes.
- Norton n'est plus là pour faire pression sur ses anciens sous-fifres. Je pense que les gardiens, comme Willis, ont compris la leçon. Maintenant... il faut surtout surveiller les deux autres. J'espère qu'ils n'en profiteront pas pour nous fausser compagnie. Ils détiennent en plus peut-être des informations importantes. Il sera bon de pouvoir les interroger une fois que nous serons posés.
- Vous ne perdez pas facilement vos réflexes professionnels, colonel, dit Andrew non sans se départir de son humour typiquement anglais.
- Pas vraiment, major. Allez, je vous relève de votre poste ici. Retournez-donc dans la salle, et passez voir le Capitaine, il voudra peut-être parler un peu avec vous.
- Je vais voir aussi comment se porte notre blessé et si George a récupéré, je vous le renvoie.
- Merci.

Et Andrew passa un moment dans la cabine des femmes. Il écouta avec attention la fin des échanges entre Simon, Maëva et Grabo. Mac Clinton restait silencieux. Il n'était pas un soldat, juste un ingénieur, mais il savait qu'il irait là où on aurait besoin de lui. D'un côté, il souhaitait continuer à travailler sous les ordres d'hommes tels qu'Andrew, Ezra ou Curtis, mais de l'autre, il se demandait si d'un point de vue tout personnel, il pourrait demeurer dans l'entourage de Joan. Il savait parfaitement qu'il n'y avait aucun espoir qu'elle le considère autrement que comme un ami, comment pouvait-il rivaliser avec un homme comme le Capitaine Flam ? Et Joan avait de toute façon une telle personnalité, un tel courage, qu'il se demandait s'il serait à la hauteur d'une femme comme elle. Le plus sage serait de ne pas se bercer de chimères, ce qui n'était de toute façon pas dans sa nature, mais cela signifierait aussi renoncer à ce qu'il considérait comme un devoir : lutter contre Guggenheim et ses sbires. Il décida alors fort intelligemment d'attendre leur arrivée sur Tyrial pour prendre une décision : cela lui laissait encore quelques jours de réflexion. Comme il allait mieux, la tisane de Joan et le repos lui avaient fait du bien, il retourna rapidement à la salle des machines. Andrew resta avec Maëva et Simon pour les assister auprès de Berenson et de Grabo.

Joan était demeurée dans le poste de pilotage : leur cabine était relativement petite et ce n'était pas la peine d'y être trop nombreux. Si Maëva avait besoin d'elle, elle la ferait appeler. Quand Curtis eut terminé les calculs de trajectoire avec Otho, puis vérifié certains points de la navigation avec Grag, il se rendit compte qu'elle était toujours là. Il profita qu'ils étaient quasiment seuls pour la tenir entre ses bras un moment.

- Ca va ?, chuchota-t-il.
- Oui, répondit-elle en fermant les yeux, tout en s'appuyant contre son épaule, et en refermant ses bras autour de sa taille. Je suis soulagée pour ma mère, tu sais. Depuis que nous avons appris le risque de coup d'état, j'avais vraiment peur pour elle. Non pas que son oncle aurait tenté de la tuer, mais il l'aurait remise sous sa coupe... elle aurait été à nouveau victime du Daminthor. Pauvre maman, elle a déjà payé cher d'être une Guggenheim ! Je suis certaine que maintenant, elle déploie toute son énergie à lutter contre lui, à seconder Emma le mieux possible. Je pense aussi qu'elle doit bien s'entendre avec Jennings.
- Dès que nous le pourrons, je te promets que nous lui donnerons de tes nouvelles, pour la rassurer aussi sur ton sort.
- Elle doit être terriblement inquiète, tu sais, et pour Ezra aussi.
- Je m'en doute.
- Nous ne changeons donc pas de destination ?, demanda-t-elle après un petit moment de silence.
- Non, pas pour l’heure. Je veux laisser la possibilité à chacun des hommes à bord de faire son choix, librement. Hormis Ivanov et Murdoch que nous garderons à l’œil, car ils peuvent nous révéler des choses intéressantes, même si ce ne sont que des seconds couteaux. Nous pouvons avoir besoin de toutes les sources, même les plus infimes, pour contrer Guggenheim. Mais si Kim nous garantit de pouvoir repartir dans de bonnes conditions vers Phoebe, nous ne resterons pas longtemps sur Tyrial.
- On pourrait aussi imaginer qu’une équipe vienne nous y chercher avec le Comète, non ?
- Je ne préfère pas. Pour deux raisons : la première, c’est que je veux laisser Tyrial en dehors de la résistance. C’est un refuge pour les pirates, et même s’ils changent de camp en se rangeant à nos côtés, c’est une de leurs bases. Kim, Grabo et Nekiri nous font confiance, je ne trahirai pas cette confiance, même si c’est pour laisser des pirates œuvrer en paix. Je préfère avoir à faire à eux, qu’à l’armée de Guggenheim. Compte tenu des circonstances, aujourd’hui, les criminels ne sont plus les mêmes qu’hier. Ensuite, je ne tiens pas à ce que n’importe qui pilote le Comète. L’avoir utilisé pour se rendre sur Phoebe, voire pour y mener le Président et tout le groupe qu’Annie Bonnell avait réussi à rallier à sa cause est une chose, piloter dans les anneaux, et surtout autour de Tyrial en est une autre. Moi-même, je ne suis pas certain que je le ferais sans Grag à mes côtés.
- Je comprends.

Joan soupira. Il lui tardait maintenant de se poser, de retrouver du calme. "Est-ce dû à mon état ? Je me sens presque trop sensible désormais… Ou parce que le voyage me laisse plus de temps pour réfléchir à tout ce qui arrive et à ce que cela implique ?" Curtis resserra doucement son étreinte, il la devinait un peu anxieuse. Puis il s’écarta et la fixa. Il vit, peut-être pour la première fois depuis des semaines, les ombres bleues sous ses yeux, une certaine lassitude dans son regard. Et il savait que cela n’était pas dû, n’était plus dû, à l’angoisse suscitée par le risque de viol, à la tension de leur séjour sur le planétoïde, à la peur pour lui-même, ni pour sa mère. C’était une préoccupation autre, liée à l’enfant. Il était certain d’une chose : il ne voulait pas qu’elle perde ce bébé. Et il savait parfaitement que les risques étaient plus importants en début de grossesse.

- Va t’allonger, repose-toi. Cela fait un moment que tu n’as pas dormi, tu n’arrêtes pas. Je veux que tu restes au calme. Tu as assez fait comme ça.
- Maëva me l’a déjà dit.
- Alors, elle a raison et je vais insister moi aussi. Joan, je ne veux pas qu’il t’arrive le moindre problème, je ne le veux pas. Et saches que derrière toutes mes décisions, même celles qui peuvent en paraître éloignées, il y a le souci que j’ai de toi et du bébé. Vous êtes ma priorité.

Il lui avait dit cela en la regardant droit dans les yeux, de ce regard auquel elle ne pouvait pas échapper, et en passant doucement sa main dans ses cheveux. Elle lui rendit son regard, puis ferma les yeux et s’appuya à nouveau un moment contre lui. Oui, elle était fatiguée, oui, elle sentait que ses nerfs lâchaient, oui, elle avait besoin de repos, oui, elle irait s’allonger… mais elle aurait tellement eu besoin de le faire en restant contre lui, en sentant ses bras l’entourer, la protéger. "Pourquoi suis-je donc si fragile ?"

Enfin, elle prit une profonde inspiration et se prépara à sortir. Curtis la précéda, il voulait aller voir comment cela se passait en salle des machines, de même parmi les ex-mutins, sentir l’ambiance. Alors qu’elle s’apprêtait à franchir la porte, Otho l’interpella :

- Joan ?
- Oui, Otho ?

Il lui fit un petit signe et elle s’approcha de l’androïde, assis aux côtés de Grag pour l’aider à la navigation. Le grand robot tenait fermement les commandes et fixait le ciel étoilé infini devant lui, surveillait les paramètres de la navigation, veillant à garder le cap. Mais Joan eut le sentiment qu’il était parfaitement d’accord avec ce qu’Otho allait lui dire.

- Joan, repose-toi et surtout… fais-nous un beau petit.

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, elle parvint à leur sourire à tous deux, et ils échangèrent tous ensemble un clin d’œil.

- Promis.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 20:57
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Grabo se trouvait encore dans la cabine avec Simon quand Joan y entra. Berenson avait bien supporté la transfusion, il allait un peu mieux. Simon proposa à Maëva de rester veiller sur lui, pour que la jeune docteur puisse elle aussi se reposer. Après une navigation difficile, chacun commençait à somnoler. Curtis le mesura pleinement en traversant la grande salle où tous étaient rassemblés, avant de gagner la salle des machines. Il parla un moment avec Ezra, Mac Clinton et les ingénieurs. Deux d'entre eux se préparaient à assurer leur quart, Ezra ayant bien organisé, comme Curtis pouvait s'y attendre, la rotation entre eux tous, afin de ménager les hommes tout en surveillant la salle des machines. Comme tout allait bien de ce côté-là, il s'enquit rapidement de l'état de santé de Mac Clinton. Le jeune ingénieur lui décrivit précisément ce qu'il avait ressenti, comment son malaise s'était produit. Curtis l'écouta avec beaucoup d'attention. Puis il regagna la grande salle, s'installa aux côtés de Kim. Grabo et Andrew vinrent les rejoindre, le Major lui fit savoir que Maëva comme Joan étaient enfin couchées, mais que Simon veillait sur le blessé.

- J'espère que nous parviendrons à le sauver, murmura Curtis à Andrew et Kim. Il a largement racheté son erreur.
- Anastasia était vraiment capable de faire faire des folies à n'importe quel homme ou presque, lui répondit Andrew, se souvenant encore de ce qui l'avait empêché de succomber.
- Maintenant que nous avons une vision d'ensemble beaucoup plus précise de tous ces événements, il va nous falloir aussi tenir bon. Kim, je crois qu'il ne faudra plus tarder à informer vos hommes de notre destination. Cela devrait les rassurer.
- Nous le ferons demain, quand tous auront passer une nuit aussi bonne que possible et qu'ils auront mangé.
- A propos, Kim, je vais vous demander un petit service, car je ne pourrais pas forcément être là tout le temps.
- Allez-y, Capitaine.
- Je voudrais que Joan reste au repos le plus possible. Elle est épuisée, et a été très secouée par les dernières informations que Timarrow nous a révélées suite aux écoutes. Je ne veux plus la voir s'occuper de la distribution de la nourriture.
- J'y veillerai. Je demanderai aussi à Nekiri de l'en empêcher. Il y a assez de gars pour aider et la remplacer.
- Elle est têtue, vous savez.
- J'avais cru remarquer, Capitaine..., dit Kim avec un léger sourire. Mais essayons de faire comme eux tous, nous avons bien besoin de sommeil nous aussi.

**


Au matin, Curtis constata que Joan et Maëva restaient dans leur cabine. Simon vint rapidement l'informer qu'elles se reposaient encore toutes les deux. Par deux fois, Maëva avait dû se relever pour l'aider auprès de Berenson. Le blessé tenait toujours. Mais cela avait à chaque fois réveillé Joan.

- Je me demande si elle ne commence pas à avoir quelques carences, Curt, lui dit simplement Simon. Dès que nous le pourrons, je lui ferai faire un bilan sanguin complet.
- Bonne idée, Simon. Je vais déjeuner et je vais passer voir comment va Berenson.

Peu après, il entra dans la cabine, n'y resta pas longtemps, mais suffisamment pour constater que l'état du blessé était stationnaire. Il comprit aussi que Maëva était inquiète pour lui, mais aussi pour Joan. Il s'attendait à ce qu'elle vienne lui parler tôt ou tard dans la journée.

Joan était étendue sur sa couchette. Elle s'était recouverte d'une des sortes de couvertures qu'ils avaient fabriquées sur le météore. Elle avait encore ses cernes bleues sous les yeux, mais moins prononcées que la veille. Elle lui sourit tendrement en le voyant entrer. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète. Il s'approcha et lui caressa doucement le visage.

- Tu as dormi ?
- Pas trop mal, oui. Mais je sens que j'ai encore sommeil.
- Alors repose-toi, il n'y a pas grand-chose à faire d'autre. Nous avons organisé la distribution des repas sans toi.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, lui répondit-elle avec un rien de malice.

Il l'embrassa doucement, resta encore quelques minutes auprès d'elle, à lui caresser simplement les cheveux, les épaules. Elle se rendormit, apaisée. Il rejoignit alors Grag et Otho, et ordonna à ce dernier de se reposer un peu, lui-même prenant sa place aux côtés de Grag.

Dans la salle, après le déjeuner, les hommes discutaient tranquillement. Certains avaient fabriqué des sortes de jeu de dés ou d'osselets avec des morceaux de bois et s'occupaient à lutter contre le désoeuvrement. Kim projetait de leur parler dans la journée, mais il savait qu'à côté dans la cabine, au moins deux personnes avaient besoin de repos, et il ne voulait pas déclencher de brouhaha, ou du moins, le plus tard possible. Or il savait parfaitement que ce qu'il allait annoncer à ses hommes allaient les faire parler. Il jeta un regard vers Grabo, son lieutenant avait bien récupéré de la transfusion. Nekiri avait quant à lui organisé un tour de garde de la nourriture, et s'activait déjà avec quelques-uns dont Wilson et Jefferson à préparer la prochaine distribution. "Au moins, ceux-là ont de l'occupation", songea le chef pirate. Comme tout était plutôt calme et que la navigation se passait bien, maintenant qu'ils avaient quitté Kuiper et que Grag n'était plus amené à piloter par à-coups, il s'installa tranquillement aux côtés de Grabo et se mit à réfléchir à ses propres décisions. Tout ce qui leur était arrivé depuis le départ du Balkan avait profondément modifié sa vision des choses. Aujourd'hui, deux hommes qui s'étaient affrontés étaient devenus suffisamment proches pour se faire confiance, voire pour entretenir des liens d'amitié. Il repensa à ce que le Capitaine lui avait demandé la veille, de faire en sorte que Joan se repose le plus possible. Qu'il lui confie en quelque sorte la garde de la jeune femme était une nouvelle preuve de la confiance que le Capitaine lui accordait, et pas des moindres. Il songea, un peu comme Andrew des jours plus tôt sur le météore, que cette aventure allait vraiment changer beaucoup de choses pour eux tous, sans compter ce que le coup d'état allait impliquer. "Chacun va devoir se positionner et choisir. Mon propre choix est fait, je déteste des types comme Guggenheim, ce sont ce genre de personnages avides, cupides et imbus d'eux-mêmes qui ont poussé combien de ceux qui sont là, avec moi, dans la piraterie ? Combien d'entre eux auraient pu avoir une vie normale si la misère ne les avait pas contraints à franchir la frontière du vol et du crime ? Pour beaucoup, cela va être aussi l'occasion de se refaire, de passer à autre chose. Mais entrer en résistance, c'est bien différent de ce que nous avons fait jusqu'à présent. Néanmoins, beaucoup pourraient devenir de bons maquisards. Ils savent obéir, se battre, ils savent faire des sacrifices aussi. Ils sont courageux et endurants, ils l'ont encore prouvé sur le planétoïde."

- Kim ?

La voix sourde de Grabo lui fit tourner la tête et le tira de ses réflexions.

- Oui ?
- Quand vas-tu leur parler ?

Kim fixa son lieutenant d'un air grave, il comprit que ce dernier était au courant. Peut-être Timarrow lui avait-il parlé.

- Plus tard dans la journée. Pour l'heure, tout est calme et Berenson et Miss Randall ont besoin de repos. Pas la peine de déclencher un tohu pour le moment.
- Ok.

Grabo resta silencieux quelques secondes puis ajouta simplement :

- Kim, quoique tu fasses, j'irai avec toi.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Dim 15 Déc 2013 - 20:59
Auteur Message
limeye
General Anders
General Anders

Hors ligne

Inscrit le: 05 Déc 2012
Messages: 1 051
Localisation: Ixio
Répondre en citant
Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Ce fut seulement en fin d'après-midi que Kim et Curtis décidèrent de parler aux hommes. Discrètement, Grabo avait placé quelques-uns de ses hommes les plus sûrs près d'Ivanov et Murdoch pour éviter toute réaction de ceux-ci. Les gardiens, même s'ils avaient donné des signes d'allégeance étaient aussi toujours sous surveillance, mais plus discrètement. Les heures avaient passé lentement, et Kim sentait bien qu'il était temps d'apporter un peu d'espoir. Nekiri lui avait rapporté certaines conversations, les gars commençaient à s'inquiéter de leur destination. Ils craignaient notamment d'aller vers Pluton, ce qui signifierait qu'ils seraient envoyés sur Cerberus, leur destination première, et cela, aucun n'en voulait. Peu d'entre eux étaient capables de se rendre compte qu'ils ne suivaient pas la route de Pluton et que s'ils avaient dû s'y rendre, ils seraient déjà arrivés. Néanmoins, tous se demandaient où ils allaient et s'ils auraient assez d'eau et de nourriture pour le voyage. Beaucoup avaient réfléchi au coup d'état, quelques-uns avaient déjà pris leur décision, mais ils étaient encore rares. Trop d'inconnues ne les aidaient pas à faire un choix.

Curtis et Kim avaient discuté un moment dans la cabine de pilotage de la manière d'amener les choses. Ezra avait quitté la salle des machines, Andrew était là, Otho et Simon également. Grag continuait à piloter. Joan et Maëva étaient restées dans leur cabine, en leur apportant de la nourriture quelques heures plus tôt, Nekiri les avait informées des intentions de Kim et du Capitaine, afin qu'elles ne soient pas surprises d'éventuelles discussions vives ou d'éclats de voix.

Kim fut le premier à prendre la parole, pour attirer l'attention.

- Oh, les gars !, dit-il d'une voix forte.

Rien que d'entendre leur chef et sa voix imposante, tous se turent et tournèrent la tête vers lui, remarquant seulement que le Capitaine, le professeur Simon, Grabo et Nekiri se tenaient à ses côtés, mais qu'Otho, le Major Blake et le Colonel Gurney étaient également debout devant la porte du poste de pilotage.

- Le Capitaine Flam et moi-même avons des choses importantes à vous dire. Vous savez tous qu'un coup d'état a eu lieu sur Terre, nous avons réussi à en apprendre un peu plus. Je vous laisse expliquer les choses, Capitaine.
- Merci, Kim. En effet, nous avons pu capter certaines conversations et ainsi, mieux comprendre la nouvelle situation politique dans le système solaire. Plusieurs planètes sont tombées aux mains de Guggenheim, mais d'autres résistent toujours, notamment Jupiter, Saturne et Pluton. Nous sommes par contre sans nouvelles de Mercure, Mars et Vénus. Et la Terre est tombée, Guggenheim détient désormais les centres névralgiques du système solaire, il a aussi sous ses ordres une partie importante de l'armée et des forces de police des Neuf Mondes.

Un long murmure ponctua ses premières paroles. Il laissa un temps de silence, puis reprit :

- Cependant, la résistance s'est organisée, nous avons notamment appris que le Président Carthew avait pu s'échapper. Nous avons décidé conjointement, Kim et moi-même, de ne pas gagner la planète la plus proche de nous lorsque nous sommes entrés dans le système solaire, à savoir Pluton, mais de rallier Saturne, et en particulier votre base de Tyrial.

Un grand cri jaillit. Etonnement, soulagement, puis joie, se lurent sur les visages.

- Là-bas, poursuivit Curtis quand le calme fut revenu, chacun pourra faire son choix, comme je m'y étais engagé. Aucun d'entre vous n'aura à craindre de finir sur Cerbérus, aujourd'hui, toutes les forces fidèles à la démocratie doivent s'engager contre Guggenheim, et non se battre contre des pirates. Même si cela ne signifie pas pour autant que les crimes resteront impunis. Néanmoins, si certains d'entre vous veulent s'engager contre Guggenheim, sachez que toutes les bonnes volontés, toutes les forces nouvelles seront les bienvenues.

Les hommes se regardaient entre eux, certains fixaient aussi Kim ou Grabo. D'autres dodelinaient de la tête, songeant à leurs familles. Ils étaient plusieurs dont les proches vivaient sur Tyrial, ou sur Jupiter. Une voix parmi d'autres s'éleva, c'était Vadek.

- Capitaine, peut-on savoir où se trouve le Président ?
- Je préfère ne pas vous le révéler pour l'instant, c'est la seule chose que je garderai secrète, tant que nous ne serons pas arrivés sur Tyrial. D'après nos calculs, nous devrions y être dans trois jours, si tout se passe bien.
- Hé, Kim, toi, tu vas faire quoi ?, lança un autre.
- Pour ma part, j'ai pris ma décision. Je suivrai le Capitaine Flam, ou du moins, j'irai là où je pourrai être utile pour lutter contre Guggenheim. Tôt ou tard, si cet homme et ses armées prennent le contrôle du système solaire, tous, nous serons menacés, et nos familles aussi. Aujourd'hui, les forces en présence s'équilibrent, notamment grâce à une forte résistance sur Jupiter, ce qui n'est pas étonnant compte tenu du caractère de cochon des Joviens, ajouta-t-il en clignant de l'oeil à destination de Nekiri. Mais tout peut basculer. Mais ce n'est pas parce que vous êtes sous mes ordres que vous devez me suivre. Vous avez encore le temps de réfléchir à tout cela, sachez simplement que pour ceux d'entre vous qui souhaiterez rester sur Tyrial, je n'admettrais pas que quiconque vous en tienne rigueur. Chacun est libre de son choix, et je comprends que certains souhaitent rester auprès de leurs familles qui, aussi, auront besoin de vous. Voilà les gars, ce qu'on avait à vous dire, conclut-il d'une façon beaucoup moins pompeuse que le reste de son discours.

Curtis ajouta :

- De même que lorsque nous étions sur le Météore, sachez que Kim, Grabo, Nékiri, le major Andrew, le colonel Gurney et moi-même sommes prêts à répondre à toutes vos questions et dans la mesure de nos possibilités, à vos inquiétudes. Je vous demande maintenant simplement d'être patients. Dans trois jours, comme le soulignait Kim, nous devrions pouvoir atterrir. D'ici à ce que nous abordions les anneaux de Saturne, la navigation devrait se dérouler sans incidents. Par contre, vous le savez tous, quand nous entrerons dans les anneaux et plus particulièrement quand nous approcherons de Tyrial, cela deviendra difficile. J'ai totalement confiance en Grag, il nous a sortis des turbulences de Kuiper, il en fera de même là-bas. Mais nous serons secoués.

Il n'ajouta rien d'autre.


Limeye
_________________
L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

Back to top
Aujourd’hui à 09:56
Auteur Message
Contenu Sponsorisé

Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Back to top
Page 2 sur 3
Aller à la page: <  1, 2, 3  >
Sauter vers:  
Montrer les messages depuis:
Back to top
Poster un nouveau sujet     Répondre au sujet
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure