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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
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Sam 14 Déc 2013 - 13:08
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Hello !

Toute la première partie de ce récit est désormais transférée ici. Je vous propose maintenant le tout début de la deuxième partie. Autant pour l'aventure sur le Météore, nous nous étions bien inspirées du récit d'Hamilton et du dessin animé, autant pour le voyage retour à bord du Phénix, nous pouvions laisser cours à notre imagination... ce que je vous laisse relire ou découvrir !

N'hésitez pas à donner votre avis, pour celles et ceux qui découvriraient cette "relecture"

Limeye


En une minute, ils avaient quitté l’atmosphère du planétoïde. Il était maintenant question de s’en éloigner le plus vite possible avant l’explosion. S’il y avait une avarie, ils ne pourraient la réparer. Dans le poste de pilotage, Curtis, Mala, Crag, Simon, Ezra et Joan contemplèrent la planète qui devenait peu à peu une sphère de magma qui rapetissait à vue d’œil à mesure qu’ils s’en éloignaient.

Simon réfléchissait tout haut.

-Ça fait tout drôle de penser que dans quelques minutes, ce monde n’existera plus. Je repense à ce cactus qui se prenait pour le maître de la planète, aux cuboïdes, descendants des Antariens, qui ne vivaient que pour les autres et leur minerai et à la luxuriance de la végétation. Des gens, que tout opposait ont travaillé ensembles pour survivre. Tous nous revenons de cette expérience changés à jamais.

Le point orange qu’était devenu le planétoïde éclata finalement en un million d’éclats.

- Dieu merci, nous sommes partis à temps. Dit Curtis.

Ils restèrent tous silencieux pendant quelques minutes; hagards, comme en état de choc. Il est arrivé tellement de choses ces dernières heures seulement. Tout cela paraissait comme irréel.

-Ça me fait l’effet de sortir d’un trou noir. Dit Joan. Ce séjour a coûté cher en vies. Je me rends compte maintenant à quel point un seul choix, une seule décision peut nous précipiter dans un tourbillon qui nous emporte vers le côté sombre des choses. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si notre survie du planétoïde à été une chance ou non.

-Commençons par aller voir comment vont les autres. Dit Ezra. Cela nous permettra de mieux faire le point pour faire face à ce que nous aurons devant nous.

-Vous avez raison tous le deux. Dit Curtis. Crag, Mala, Je vous laisse les commandes. « Joan, il faudra trouver un moment pour se parler. Il y a beaucoup de choses à éclaircir, et pas seulement sur le complot dont tu as été la cible durant ce voyage. » Se dit-il intérieurement.


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Dernière édition par limeye le Sam 14 Déc 2013 - 16:15; édité 1 fois
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Sam 14 Déc 2013 - 13:08
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Sam 14 Déc 2013 - 13:08
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Ils entrèrent dans la section des passagers. Les ingénieurs sauf Bérenson, s’affairaient à la salle des machines. Curtis regarda les ex-mutins et les officiers et gardiens présents. Kim, Nekiri, Grabo, Barrett et Maëva les saluèrent avec un signe de tête rassurant. Maëva avait étendu Bérenson sur une peau. Il était conscient mais encore faible.

Les autres semblaient plus ou moins en état de choc. Ils avaient le regard fixe et hagard. Il y a à peine plus d’une heure au paravent, ils étaient survoltés par la rage et réclamaient la peau d’Anastasia. Maintenant elle n’était plus; et la peur d’une mort imminente sur le planétoïde et le décollage en catastrophe avait brutalement amorti les ardeurs de tous.

-Nous somme désormais loin du planétoïde qui vient d’exploser. Nous devrions atteindre notre système solaire dans 8 à 10 jours. Dit Curtis.

Chacun des hommes présents serra silencieusement la main de son voisin se félicitant d’être encore en vie.

-Chacun de nous vous doit beaucoup, capitaine ainsi qu’à vous Miss Randall, Miss Sanchez. Dit Kim Ivan. Nekiri, Grabo, Okapaï et Vadek hochèrent la tête en direction de Joan et Maëva qui firent de même.

Maëva s’approcha du Capitaine et de Joan :

- Ils sont tous plus ou moins en état de choc pour le moment. Ils seront ainsi pour un jour ou deux. Mais j’ai bien peur qu’après cela, le désœuvrement, l’angoisse et l’incertitude rendent certains d’entre eux de nouveau agressifs. Murmura-t-elle. Et il faut aussi penser à ce qui nous attend dans le système solaire. Bérenson nous a fait des révélations troublantes. Il faudra profiter de cette accalmie pour anticiper des débordements.

Ezra intervint à son tour.

-Il n’y pas que les hommes de Kim qui peuvent poser des problèmes. Maintenant que nous savons que le lieutenant Johnson, le Sergent Smith étaient de mèche avec Miss Jenkins, avec les gardiens Shultz, Durham, Phips, Davidson et Wolfe, Je soupçonne qu’il y a peut-être encore des ripoux parmi mes officiers et les gardiens qui restent. Ils n’ont fait que le stricte nécessaire durant notre séjour sur le planétoïde. Ça me fait tout drôle de dire que j’ai plus confiance aux pirates qu’à certains de mes hommes. Murmura-t-il.

Curtis fit un rapide recensement. Avec les morts du côté des pirates et des policiers, les pirates étaient maintenant à peu près 75 et les policiers 19. Avec lui et son équipe et Maëva, ça faisait 24. Les armes détenues par Féofar, Mérich et Ogarev ont été perdues. Kim, Grabo, Nekiri, Barrett et Ezra étaient en possession des armes qui restaient.

- Je crois qu’il faudra sérieusement discuter un accord acceptable pour tous avec les pirates. Admit Curtis. S’il est arrivé le pire et que des ripoux on saisit le contrôle du gouvernement, une remise de peine pour Kim et ses hommes sera le cadet de leurs soucis.

Curtis alla voir Bérenson.

-Comment ça va Bérenson?

-Capitaine…je m’en veux tellement. Murmura-t-il faiblement. C’est moi qui ai ouvert les cellules sur le Balkan. Voici l’émetteur d’ondes que j’ai utilisé. Je vous le donne. J’ai été aveuglé par mes sentiments envers Anastasia. Elle voulait effacer les traces de son association avec Swan. J’ai voulu lui faire plaisir, en croyant que les pirates ne feraient que s’entretuer et que personne n’interviendrait. Elle était la sœur de Bora Boru. Ils complotaient contre Joan avec Molémos depuis le début.

Curtis prit discrètement l’émetteur. Il souleva la tête de Bérenson.

- Bérenson, jetez un coup d’œil vers les officiers et gardiens. Reconnaissez vous parmi eux s’il y en a qui ont été avec Anastasia pendant le séjour sur le planétoïde?

-Non, s’il y en a qui étaient de mèche avec elle, ils se sont montrés plus discrets que les autres pauvre diables. Dit-il.

- Merci Bérenson, reposez-vous maintenant. L’appareil que vous m’avez donné sera plus utile que vous ne l’imaginez.

Curtis conseilla aux autres de prendre un repas et de se préparer à dormir. Joan, Okapaï et Vadek s’occupèrent de la distribution de l’eau et de la nourriture avec Andrew. Maëva resta auprès de Bérenson.

-Mangez et buvez tout, leur dit Joan. On ne peut pas s’encombrer de détritus.

Curtis et Ezra se rendirent à la salle des machines. MacClinton, Maynard et Scott s’affairaient.

- Tout va bien ici Capitaine. Dit MacClinton. Voici l’émetteur que Sabaru avait pris. On est vraiment chanceux qu’il ne se soit pas enfermé bêtement avec ça dans la salle des cyclotrons.

- En effet. Dit Curtis. Je doit vous féliciter pour avoir ramener vos collègues à la raison concernant Miss Jenkins aujourd’hui.

- Merci Capitaine. Cette femme était vraiment un cauchemar à gérer. Je regrette néanmoins qu’elle est eu une fin aussi horrible. Ajouta MacClinton.

- Je vais demander à Crag de couper les moteurs maintenant. La force d’inertie doit être suffisante maintenant. Il faut économiser le calcium même si on en a en surplus. On va vous apporter de l’eau et de la nourriture. Ezra passera son repos avec vous.

- Merci Capitaine. Bienvenu Colonel. Dit MacClinton.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:21
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Curtis revint dans le quartier des passagers. Dans sa tête, cela travaillait. En plus d’avoir un émetteur, ils auraient aussi un récepteur. Il était sûr de pouvoir convertir l’émetteur d’ondes de Bérenson en récepteur. Avec un peu d’habileté, ils seraient en mesure d’écouter les échanges radio entre les vaisseaux lorsqu’ils seraient suffisamment près du système solaire. Le tout était de rendre le dispositif assez sensible pour tout capter. Il devra garder l’existence de ce récepteur secret jusqu’au dernier instant.

Il demanda à Vadek et Okapaï de porter à manger au Colonel et aux ingénieurs. Ceux-ci étaient contents de pouvoir jeter un coup d’œil à la salle des machines. Curtis s’installa avec Joan, Barrett et Maëva pour manger.

Joan était songeuse. Elle mettait de nouveau à réfléchir sur ses découvertes au sujet de Swan à son bureau de New York et sur ce qu’elle a appris sur ses liens avec Anastasia et Bora Boru, son frère lorsqu’elle était prisonnière dans le vaisseau. Cela faisait 2 mois qu’elle n’avait pas eu l’occasion de réfléchir à cela. Elle frissonna. Elle se sentait de nouveau observée.

Elle utilisa sa vision périphérique pour observer se qui se passait autour d’elle. Son regard tomba sur le groupe d’officiers et gardiens. Elle connaissait les 4 officiers : Le Major Norton, 2e Bras droit de Théron, le Capitaine Murdoch, le lieutenant Ivanov et le Sergent Willis. Ils sont demeurés discrets et à l’écart durant tout le séjour sur le planétoïde. Ils obéissaient aux ordres mais sans plus.

Elle sentait que le Major Norton la regardait fixement. Elle avait presque oublié qu’il était du voyage, tellement il avait été discret à en raser les mûrs. Son regard lui donnait froid dans le dos. Elle avait croisé Norton quelques fois dans les bureaux de New York, à deux reprises en compagnie de Swan. Norton, lui avait fait des avances à quelques occasions. Lui disant qu’elle était trop bien pour pratiquer ce métier trop longtemps. Elle savait que les parents de Norton étaient fortunés.

Joan avait appris à mépriser ce milieu des gens fortunés. Sa mère faisait parti de la famille Guggenheim, une richissime famille de New York, ayant ses influences partout. Joan comprenait maintenant pourquoi le président Cartew était toujours si las. Ce n’est pas facile de vouloir veiller au bien commun avec tous ces rapaces cupides qui n’œuvrent que pour leurs intérêts

Les Guggenheim n’avaient jamais pardonné à sa mère son mariage d’amour avec William Randall, un jeune homme sans le sou. Après la mort de William, sa mère, Isabella, s’éloigna de New York pour enseigner l’Histoire de l’Amérique à l’Université Berkeley, à San Francisco et vivait modestement. Elle avait des idées bien arrêtées au sujet de ce qu’elle ferait de sa part d’héritage, au cas douteux où elle ne serait pas déshéritée. Et Joan penchait dans le même sens.

Soudain, la liste des effectifs à bord des 3 vaisseaux qui étaient sensés détruire le Balkan lui revint en mémoire pour la première fois depuis 2 mois. Le major Norton était de second du Comandant Larson, qui dirigeait un des vaisseaux, le Titan, le capitaine Murdoch était un des officiers de Mac Nair, Commandant du Perséus et le lieutenant Ivanov était un des officiers de Kulikov, le comandant du Cassiopée. Willis ne faisait pas parti des effectifs de ces vaisseaux. Le nom des 12 gardiens ne lui disait rien.

Joan ne peut certainement pas accuser ces hommes par le simple fait qu’ils étaient à bord de ces vaisseaux. Mais elle savait qu’elle devait se méfier. Elle jeta un coup d’œil à Curtis. Il hocha discrètement la tête. Le regard de Norton ne lui avait pas échappé non-plus, les autres officiers et gardiens qui s’étaient isolés depuis le début non-plus. Il faudra trouver un moment pour passer de nouveau en revu les informations qu’ils détenaient. Curtis les avait peut-être mis avec les mémoires de Crag. Joan trouvera un prétexte pour entrer dans le cockpit et Mala se métamorphosera en son double et prendra sa place pour donner le change auprès de autres passagers. Il veillerait sur le sommeil de Maëva.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:23
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
En contemplant Joan Randall, Avery Norton ressentait un pincement au cœur. C’était un mélange de sentiment de rejet, de convoitise et de haine. Ce voyage a définitivement anéanti ses illusions qu’elle pourrait se décider pour lui s’il lui montrait où se trouve son intérêt. Elle n’a d’yeux que pour le Capitaine Flam. Ça crève les yeux qu’ils ont une liaison! Elle tolère la compagnie de ces pirates, malgré ce que certains d’entre eux lui ont fait! Et ces gagnes-petits de Colonel Gurney et de Major Barrett qui laissent faire ça!

Il lui tardait de revenir dans le système solaire, de savoir si le coup d'état a eu lieu et que ceux qui tenait la vrai pouvoir étaient enfin à la tête du gouvernement intersidéral. Le vieux Richard Guggenheim a d’autres hommes de paille que Swan pour organiser son coup d’état. Et l'absence du Capitaine Flam lui aura surement facilité la tâche.

Étant le fils d’une cousine des Guggenheim. Richard l’avait chargé lui, Avery Norton, de libérer Swan, Larson, MacNair et Kulikov durant le voyage vers Cerbérus et de prendre le contrôle du Balkan avec les officiers et gardiens qu’il avait réussi à soudoyer et ceux qui ont déjà travaillé avec Swan. Swan était un imbécile mais aussi membre d'une famille fortunée que Richard ne pouvait se mettre à dos. Ils se seraient débarrassés des prisonniers. Les prétextes n’auraient pas manqué.

Richard lui avait aussi commandé le meurtre d’une héritière gênante, en la personne de Joan Randall et celui du commandant Gurney. Mais avec la présence de dernière minute du Capitaine Flam et son équipe, Norton avait judicieusement abandonné ses plans. La mère de Joan aurait été une cible également dans le futur, mais elle restait introuvable.

Il y a 2 mois, Norton avait pensé à faire un accord avec Richard Guggenheim. Au lieu de tuer Joan Randall, Avery Norton aurait proposé de l’épouser pour racheter la mésalliance commise par Isabella Randall, rétablir l’honneur des Guggenheim et l’établir, lui, comme héritier. Il était sûr que Joan aurait cédé à un chantage approprié.

Swan, lui-même au temps de sa jeunesse, avait été un prétendant pour la main d’Isabella Guggenheim qui l’avait cavalièrement éconduit pour épouser William Randall, un moins que rien mais dont l’intégrité faisait de lui un homme et un policier dangereux qui avait découvert une combine de blanchiment d’argent de Swan qui aurait pu l’amener à découvrir les entreprises illicites de Richard Guggenheim lui-même. Randall eu une mort affreuse.


La révolte des prisonniers a achevé de faire chambouler ses plans et lui a vraiment fait craindre pour sa vie. Tout cela à cause d’un larbin de cette pétasse d’Anastasia Jenkins, dont Swan s’était entiché. Norton lui-même avait cédé à ses charmes mais il restait conscient que des femmes comme celle-là, qui se prennent pour plus fortes et plus importantes qu’elles ne le sont, n’étaient bonnes que pour une chose. Il ne s’est pas impliqué dans ses combines qui se sont finalement avérées désastreuses. Norton s’était contenté de garder un profil bas. Ça aurait pu être une erreur fatale de sa part. La tentative de Jenkins de partir avec sa bande sans les autres l’avait fait voir la mort de près. Il avait eu chaud

Pour le moment, Norton ne voit rien d’autre à faire que se faire oublier et d’attendre que Flam puisse émettre un appel de détresse. Les chefs de mutins étaient armés, Gurney et Barrett aussi. Mais Flam avait vraiment réussi à embobiner les ex-mutins; Joan Randall aussi. Ils les convaincraient de se rendre en échange d’une remise de leur peine à toute cette racaille. Si le coup d’état s’est produit, et il était sûr qu’il s’était produit, Le vaisseau de patrouille qui répondrait à l’appel le sauverait lui et ses fidèles et éliminerait les autres sous un prétexte ou un autre.

Norton ne perdrait plus son temps pour Joan Randall. Elle était trop indépendante et trop dangereuse. Norton conserverait ses chances comme héritier des Guggenheim de toute façon. Guggenheim ne lui reprocherait pas la mort d'hommes de pailles déchus comme Swan et ses comparses. Joan Randall servira de lampiste face aux Swan et Richard Guggenheim sera débarrassé d'un complice dont la stupidité constituait une nuisance.


Norton ignorait qu’on le soupçonnait déjà d’avoir été associé à Swan. Il sous-estimait le danger que représentaient encore Kim Ivan et ses hommes. Il était aussi victime de cette mentalité des prévilégiés New Yorkais qui s'entêtent à vouloir que les choses fonctionnent comme elles fonctionnaient 300 ans plus tôt! New York n'est pas le centre du système solaire, encore moins celui de l'univers.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:24
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Après quelques heures de vol, les mutins s'étaient tous endormis, les uns après les autres, couchés un peu comme ils le pouvaient. La grande pièce "principale" du vaisseau était suffisamment large pour que tous puissent s'y installer, mais le confort était spartiate. Pour l'heure, ils étaient en vie, et c'était ce qui leur apparaissait comme le plus important. Epuisés aussi par les semaines de travail acharné et par les tensions des derniers jours, les ex-prisonniers étaient comme l'avait prévu Maëva plutôt hagards. Les heures qui allaient suivre, durant lesquelles tous allaient pouvoir se reposer sans être obligés de se lever tôt pour travailler sur le chantier allaient aussi leur être profitables. Ils avaient vraiment tous besoin de ce temps de repos.

Une petite cabine qui avait été aménagée pour les femmes par des mutins et ils avaient pris soin d'y installer des couchettes certes rudimentaires, mais qui au moins leur éviteraient de dormir par terre. Sans que personne ne le leur ait demandé, ils avaient aussi réalisé pour elles des sortes d'oreillers et de matelas en tissant des housses sommaires qu'ils avaient remplies de mousses. Quand elle découvrit cela, Maëva se sentit très émue et touchée. Elle se demanda qui elle devait remercier, ne sachant pas vraiment quels hommes avaient travaillé dans cette partie du vaisseau les derniers jours. Elle ressortit de la cabine, Andrew était à la porte et avait prévu d'assurer le premier tour de garde. Kim prendrait sa relève, puis Nekiri et enfin Mala. Curtis et Simon resteraient dans le poste de pilotage avec Grag, Simon ayant promis à Joan de veiller à ce que Curtis s'y repose.

- Ca va aller, Maëva ?, demanda Andrew oubliant de l'appeler "docteur" ou "miss Sanchez" comme il l'avait fait jusqu'à ces dernières heures.
- Oui, oui, dit-elle. Ils... enfin... Ils nous ont aménagé un vrai petit nid ! Il faudrait y installer Berenson. Sa blessure est grave, il a perdu beaucoup de sang. Je crains d'ailleurs qu'il n'ait besoin d'une transfusion dans les prochaines heures. J'espère qu'il n'a pas un groupe sanguin rare...
- Je vais demander à Kim de m'aider à l'amener ici. Vous aurez assez de place ?
- Ca ira. Il avait été prévu trois couchettes... puisque nous étions censées être trois femmes.
- C'est vrai.
- Andrew, avant d'amener Berenson ici, je voudrais parler un moment avec Joan. Peux-tu lui dire de venir ? Sous un prétexte quelconque d'organiser notre espace.
- Pas de soucis. Je te l'envoie. D'ailleurs... je ne sais pas trop où elle est passée.
- Dans le poste de pilotage, je crois.

Andrew gagna le cockpit, remontant l'allée que spontanément les hommes avaient laissé libre en se couchant sur les côtés. De nombreux ronflements se faisaient déjà entendre, mais il n'échappa pas à l’œil exercé du Major que quelques-uns ne dormaient pas encore, notamment Avery Norton qui regardait pensivement par un hublot, mais aussi Okapaï et Vadek qui s'entretenaient à voix basse dans un coin. Il ne put saisir ce qu'ils disaient, mais il commençait à se demander si c'était de mauvais augure pour eux. Il avait passé les dernières semaines à travailler avec Okapaï au campement et avait appris à connaître l'homme. Okapaï avait du courage, il était resté auprès de Joan quand elle avait été attaquée par Molemos et ses complices et il l'aurait défendue autant que possible, quitte à y perdre la vie, de cela Andrew en était certain. Okapaï avait aussi beaucoup aidé Maëva au dispensaire. C'était un homme simple, discret, mais efficace. "Un homme issu d'une famille rurale, très certainement", pensa-t-il. Il ne voyait pas Okapaï s'en prendre aux deux femmes, il aurait même tendance à penser que s'il le fallait, il les défendrait à nouveau. De même pour Vadek, qui avait montré beaucoup de respect pour l'une comme pour l'autre. "S'ils ne s'en prennent pas à elles, peut-on être certain pour autant qu'ils ne se tourneront pas contre nous quand viendra l'heure de les remettre aux autorités ?"

Il entra dans le cockpit, y trouva toute l'équipe des Futurmen et Joan. Le Capitaine et elle étaient concentrés sur des données qui s’affichaient sur un petit écran. Ils avaient le visage sérieux, fermé. Ils se tournèrent vers Andrew quand il entra.

- Joan, Maëva a besoin que tu passes la voir quelques minutes. Peux-tu la rejoindre ?
- J’y vais.
- Tout va bien à côté, Andrew ?, demanda Curtis.
- Oui. Tout le monde est en train de s’endormir. Je vais prendre le premier quart, Kim me relayera.
- Merci d’avoir organisé cela. Je vais rester ici avec Grag. Côté navigation, pour l’instant, tout se passe bien. Le vaisseau répond bien, et devant nous, il n’y pas de turbulences cosmiques pour les prochaines 24heures.
- Je vais voir Maëva, je reviens ensuite, dit Joan.
- Non, repose-toi. Je vais continuer à étudier nos données.

Elle le regarda avec sérieux, les sourcils froncés. Il ajouta avec un léger sourire :

- Promis, je me repose aussi…

Joan suivit alors Andrew jusqu’à la cabine réservée aux femmes. Okapaï et Vadek s’étaient tus, tout était calme. Kim Ivan et Grabo ne dormaient pas encore non plus, et le second avait aidé durant un moment les ingénieurs et le colonel dans la salle des machines. Ils saluèrent Joan et Andrew d'un signe quand ceux-ci passèrent devant eux.

- Joan, merci d’être venue.
- Qu’y a-t-il, Maëva ?
- J’ai proposé que Berenson soit installé ici, avec nous, du fait de ses blessures. Ca ne te dérange pas ?
- Non…
- Mais avant qu’Andrew et Kim ne l’amènent, je voulais te parler un peu. Nous n’en avons guère eu le temps et ici, nous sommes à peu près tranquilles pour le faire. Comment te sens-tu ?
- Ca va… Je fais comme beaucoup, je tiens sur les nerfs. Quand nous serons vraiment tirés d’affaire, je pense que toute la pression retombera et que nous apprécierons chacun de vraiment prendre du repos. Pour l’heure, les hommes sont calmes, mais…
- Mais ?

Joan secoua doucement la tête.

- Curt et moi étions en train d’étudier les données que l’on avait emportées au moment du départ, sur le complot, et qui ont été conservées dans la mémoire de Grag. Nous craignons d’autres ramifications, peut-être même parmi les officiers qui sont encore avec nous. Ne t’inquiète pas, Andrew ne fait pas partie de la liste de nos suspects, ajouta-t-elle très vite avec un petit sourire rassurant.
- Je n’en ai jamais douté, lui répondit la jeune femme en lui rendant son sourire.

Puis elle prit un air grave :

- Pour l’heure, tu vas me faire le plaisir de te reposer, et là, ce n’est plus Maëva qui parle, mais le médecin qui ordonne. Tu as fait face à beaucoup de moments difficiles, Joan, tu n’es plus seulement responsable de toi désormais, ne l’oublie pas.
- J’essaye de ne pas l’oublier.
- Alors, couche-toi. On va installer Berenson.


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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
La première nuit à bord du vaisseau se passa sans problèmes. Les hommes dormirent longtemps. Kim, relaya Andrew qui avant de se reposer passa quelques minutes avec Grag et le professeur Simon qui était resté auprès du robot dans le poste de pilotage. Le Capitaine était étendu au sol, dans un recoin du poste de pilotage. Il dormait profondément.

- Tout va bien de votre côté, professeur, Grag ?, demanda le major.
- Oui, sans soucis. Pour vous aussi, Major ?, demanda le professeur.
- Oui, je viens de passer le relais à Kim. Et tout le monde dort. J’ai juste entendu Berenson se plaindre un peu. Maëva pense qu’il aura besoin d’une transfusion.
- Peut-il tenir toute la nuit ?
- D’après ce qu’elle m’a dit, oui. Elle pensait s’en occuper demain, de voir aussi qui pouvait lui en donner.
- Connait-elle son groupe sanguin ?
- Il est A-.
- Un groupe assez rare. On demandera à tous, peut-être y a-t-il quelqu’un d’autre qui le soit.
- Sinon, on transfusera avec du O-. C’est plus courant.
- Je vais passer voir en salle des machines, professeur. Ils ont organisé un tour de garde. Je me reposerai après.
- Bonne nuit, Major.
- Merci, bonne veille à vous deux.

Et Andrew gagna en silence la salle des machines, où le colonel Gurney exerçait son tour de garde. Tout allait bien, les deux hommes parlèrent peu pour ne pas réveiller les ingénieurs qui dormaient là également. Et Andrew gagna la grande pièce, trouva un coin pour lui et s’endormit aussitôt.

Kim, puis Nekiri, qui assurèrent les deux gardes suivantes, firent comme le Major. Le professeur Simon apprécia la visite des deux pirates et s’entretint plus longuement avec Kim.

- Kim, pensez-vous que vos hommes vont supporter la promiscuité et le désoeuvrement après toutes ces journées que nous avons eues ?
- Il faudra bien qu’ils tiennent le coup. Ils sont habitués, pour beaucoup, à rester des jours sans rien faire quand nous montions des coups. Mais ce n’était pas vraiment sans rien faire. Dans nos repaires, il y a toujours de l’occupation. Ici…
- Nous n’avons hélas pas eu le temps de réfléchir à cela.
- Ne vous inquiétez pas, professeur. Je peux tenir mes hommes. D’autant que nous sommes débarrassés des pires. Et vous pourrez compter aussi sur Nekiri et Grabo, sans compter une bonne dizaine d’autres qui savent garder la tête sur les épaules. Je ne crains pas d’incidents particuliers. Il faut juste que je veille à ce que certains ne soient pas ensemble, car ils déclenchent facilement des bagarres. Mais je ne pense pas que ça aille au-delà de quelques coups de poings.
- Il faut les éviter le plus possible, Kim. Non seulement pour ne pas ajouter de tension parmi les hommes, mais en plus, pour éviter des blessures. Demain, nous aurons d’ailleurs un petit souci à régler : la docteur Sanchez pense qu’il faudra pratiquer une transfusion sur Berenson. Il est A-. Il faudra demander aux hommes si certains le sont.
- Hum, je vois. On s’occupera de cela après le déjeuner, ça les soudera un peu plus aussi.
- Merci, Kim, je vous laisse aller vous reposer à votre tour, vous l’avez bien mérité.
- Merci, professeur. En cas de soucis, réveillez-moi.
- Je n’hésiterai pas.

Au réveil, Joan et Maëva avalèrent rapidement un morceau, puis s’occupèrent de Berenson. Le blessé avait bien supporté la nuit et les premières heures de vol, mais il restait très faible. Maëva savait qu’en des circonstances normales, il aurait bénéficié d’une transfusion. Elle savait que cela serait sans doute nécessaire pour l’aider à survivre, car elle n’était pas sûre qu’il pourrait tenir tout le voyage. Il voulut cependant s’y opposer, arguant qu’il ne voulait pas affaiblir qui que ce soit, qu’il avait causé assez de drames et de tourments comme cela.

- Tous les hommes qui sont ici sont robustes. Celui ou ceux qui donneront un peu de leur sang pour vous récupèrerons très vite, ne vous inquiétez pas. Mon principal souci est de trouver un donneur compatible. Pas la peine de vous faire prendre de risques supplémentaires.
- Merci, docteur.

Maëva et Joan sortirent alors de leur cabine, Ezra, qui un temps avait quitté la salle des machines, s’avança vers elles avec Andrew.

- Colonel, pouvez-vous demander au professeur Simon de venir, s’il vous plaît ? Il va falloir organiser la transfusion pour Berenson. Sa présence peut m’aider à convaincre d’éventuels réticents.
- Je vais le chercher.

Simon arriva aussitôt, accompagné de Curtis, mais celui-ci resta appuyé contre la porte du cockpit. Kim avait rejoint le petit groupe et prit la parole le premier, devant tous les hommes désormais réveillés. Tous avaient également terminé leur repas.

- Bon, les gars ! J’ai quelque chose d’important à vous demander. Dans la petite pièce à côté, il y a un homme qui lutte pour rester en vie. Il a été gravement blessé comme vous le savez. La docteur Sanchez l’a opéré, mais il est très faible et va avoir besoin de sang. Par manque de chance, il a un groupe un peu rare. Certains parmi vous sont-ils A- et accepteraient-ils de donner un peu de leur sang pour le sauver ?

Les hommes restèrent silencieux, puis quelques regards furent échangés. Une main se leva, celle d’un ex-prisonnier, nommé Jefferson. Sur le planétoïde, il faisait partie du groupe des cueilleurs. Il n’était pas de forte constitution, mais était endurant.

- Moi, je le suis. Et je veux bien en donner.

Maëva poussa un soupir de soulagement. Elle préférait que le donneur soit directement compatible, ça simplifiait les choses.

Appuyé contre la paroi du vaisseau, Avery Norton n’avait pas bronché. Lui aussi était A-, mais ne voyait pas pourquoi il se serait dévoué pour un simple technicien. Il ne dit rien.

Maëva prit alors la parole.

- Merci, Jefferson. Si vous voulez bien me suivre. Avez-vous bien mangé ce matin ?
- Oui, docteur.
- Bien. Okapaï ?
- Oui, docteur ?
- Est-ce que vous pouvez cependant lui préparer quelque chose de consistant, et si possible de chaud. Jefferson pourrait en avoir besoin après le don.

Simon parla alors :

- Si cela ne suffisait pas, et que Jefferson est donc le seul donneur, nous pourrions être obligés de demander à d’autres d’entre nous de donner, des personnes ayant le groupe sanguin O-. Je pense que vous devez être plus nombreux.

En effet, quelques mains se levèrent spontanément, dont celle de Grabo.

- Merci à vous. Nous ne le ferons que si la docteur Sanchez et moi-même le jugeons absolument nécessaire. Jefferson, venez, nous allons aider le blessé dès maintenant.

Et ils entrèrent dans la petite cabine où Berenson reposait. La transfusion se déroula sans problème et Jefferson resta un moment à se reposer sur la couchette de Joan.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:29
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Après avoir pris son repas chaud et s’être reposé pendant une demie heure, Jefferson quitta la petite pièce et rejoignit les autres. Certains des autres ex-mutins comme Wilson, Vadek, Okapaï et Grabo, l’accueillirent avec un hochement de tête approbateur ou une main sur l’épaule. D’autres étaient restés perplexes.

- Pourquoi que t’as fais ça? Lui demanda Reluuk.

- Pour faire quelque chose, n’importe quoi, pour que ce soit vivable ici dedans. Répondit Jefferson.

Il y eu quelques murmures d’assentiment. Nekiri et Kim Ivan reconnaissaient bien son côté pragmatique.

Nekiri fût le seul à entendre Tolek, qui était toujours ligoté, ricaner tout bas dans son coin.

- Hé, hé, hé, hé, hé, hé! Tu l’as fait pour te faire chouchouter par la belle toubib et la petite tigresse, oui! Et regardez-moi le faciès du petit gars de riches, Norton. Il est jaloux! Il est jaloux! Il la voulait pour lui la petite Joan! Mais nous allons tous mourir! Ce vaisseau a reçu la malédiction de Lou!

« Tu forces vraiment ta chance là, Tolek. » Se dit Nekiri. Il tourna discrètement la tête vers Norton. La façon dont il regardait Joan Randall. « On peut vraiment dire qu’elle a une cible collée dans le dos en permanence! C’est donc si menaçant que ça quelqu’un qui a une conscience? Et le capitaine…Il a l’air sombre!


Joan, Ezra et Kim remarquaient aussi l’air sombre de Curtis.

Kim vint vers Joan et Ezra.

-Allez donc voir ce qui se passe avec lui, Colonel, Miss Randall. Grabo va vous relayer à la salle des machines, Colonel. Dit-il.

Curtis avait réintégré le poste de pilotage. Joan et Ezra vinrent le rejoindre.

-Alors Capitaine? Fit Ezra.

- Je suis sûr qu’il y a encore des ripoux parmi nous. Dit-il sombrement avec une pointe de colère. J’ai continué de passer en revue les données de Crag concernant la correspondance de Swan et la liste des effectifs du Titan, du Perséus et du Cassiopée, Joan. Tu avais raison, le Major Norton, le capitaine Murdoch et le Lieutenant Ivanov étaient officiers dans ces vaisseaux. Mais ce n’est pas tout…

Curtis marqua une pause et serra les poings.

-Qu’as-tu découvert de plus, Curtis? Demanda Joan, anxieuse. Elle posa doucement une main sur son épaule. Il prit sa main et la porta sur son cœur.

- Quelqu’un avait une correspondance anonyme avec Swan. Continua-t-il. Il n’était pas seul à souhaiter ta mort, Joan. Il y avait aussi quelqu’un derrière lui qui tirait les ficelles. Il y a une de ces correspondances qui disait :

« Assurez-vous que le 1er officier de Larson et ses complices viennent récupérer la fille à l’endroit que vous avez convenu avec ce Bora Boru sur le Balkan. Qu’ils se débarrassent de Boru sur le champ. Pour la fille, faites d’elle ce que vous avez prévu, mais je veux que le second de Larson puisse confirmer qu’elle est morte. Cette fille est encore plus dangereuse que son père. Ensuite, détruisez le Balkan.» Je me servirai de cette tentative ratée de mutinerie et de la mort de Randall, Gurney et des autres officiers et gardiens pour discréditer le gouvernement et forcer la démission de Cartew et Anders. Nous avons assez de forces policières et militaires de notre côté pour une intervention musclée si nécessaire.

- Nous savons donc qu’au moins Norton est impliqué dans le complot et qu’il devait s’assurer de la mort de Joan! S’exclama Ezra. Mais qui est celui qui tire les ficelles? Pourquoi considère-t-il Joan comme dangereuse?

Curtis continua.

-Les correspondances anonymes sont toutes signées par la même citation : « De toutes nos forces. » Swan utilise aussi cette citation dans plusieurs de ses correspondances.

En entendant cette citation « De toutes nos forces. », Joan frissonna.

Joan, cette citation te dit quelque chose? Demanda Curtis, qui redoublait d’inquiétude pour elle.

- Je reconnais cette citation. C’est une version tronquée d’un crédo familial : « De tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces. » Dit-elle sombrement.

- Le crédo des Guggenheim! S’exclama Ezra.

- La famille de ma mère, Curtis. Continua Joan. Cela doit vous en dire long à tous sur le grand-oncle Richard qu’il ne cite plus la partie du crédo qui parle du cœur et de l’âme. J’ai vraiment ouvert une boîte de Pandore avec la découverte des intentions de Swan et de ce qui est arrivé à mon père. J’aurais du me douter que même avec la collaboration d’Anastasia et de plusieurs officiers, Swan ne se serait pas risquer à vouloir renverser le gouvernement sans avoir quelqu’un derrière lui qui tire les ficelles. Tu as sûrement dû croiser Richard Guggenheim dans l’entourage du Président Cartew, Curtis.

- Cette bande de vampires! Je comprends pourquoi Cartew était toujours si las. Intervint Mala. Curtis hocha sombrement la tête sombrement.

Ezra était mortifié.

-Je savais depuis longtemps que le vieux ne voulait pas vous avoir ta mère et toi comme héritières. J’ai toujours su de quoi il était capable. J’ai voulu poursuivre l’enquête de William Randall mais Anders m’a empêché de le faire. C’est lui qui a suggéré de vous cacher ta mère et toi pour vous faire oublier quelques temps. Et voilà le résultat : on a laissé, j’ai laissé les choses pourrir au point où un coup d’état s’est probablement produit pendant notre absence. Le pire c’est tu t’es promenée avec une cible dans le dos depuis avant ton premier jour dans le service, Joan!

-Sans appui de la part des hauts gradés et des politiciens, vous n’auriez fait qu’un mort de plus, Colonel. Intervint Joan. Le plus ironique est que ni ma mère ni moi n’avions l’intention d’accepter un sous de cet héritage dans le cas douteux que nous n’aurions pas été déshéritées. Maintenant que je pense à tout cela, je me rends compte que nous avons été naïves.

Il est presqu’impossible de nos jours d’être déshérité, et nos intentions face à cette fortune sont exactement les raisons pour lesquelles le vieux Richard nous trouve dangereuses. Quoi qu’il en soit, le problème qui se pose maintenant est ce que devons- nous faire concernant Norton, Murdoch et Ivanov. Où pouvons nous tous trouver refuge si le coup d’état s’est produit? Il faudra conclure une entente avec Kim et ses hommes. Ajouta-t-elle

-Il faudra aborder ces questions avec un sang froid que je ne suis pas sûr d’avoir. Dit Curtis, en essayant de contenir sa colère. Je ne suis pas sûr de pouvoir m’empêcher de régler le compte de Norton, ici et maintenant. Je ne sais plus faire la part entre se défendre et se faire justice soi-même.

-S’il y a des exécutions qui doivent se faire parmi ceux qui sont sous mes ordres, c’est moi qui devrai les faire. Conclut Ezra. Ils auront leur chance d’avouer leur implication dans la conspiration et se rendre.

Joan était tout à coup devenue songeuse et Curtis s’en aperçut.

- Joan, murmura-t-il en lui prenant la main, il y a-t-il quelque chose que tu veux me dire?

Joan prit une longue inspiration.

-J’aurais préféré un meilleur moment pour te dire cela mais c’est impossible maintenant. Murmura-t-elle. Elle toucha la paume de Curtis avec son doigt pour former une série de lettres : Je-porte-ton-enfant-malgré-mon-contraceptif-Maëva-est-au-courant.

Curtis écrit à son tour dans la paume de Joan : Je-suis-là. Il la serra doucement dans ses bras.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:31
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
- Crag, Mala, maintenez le cap mais restez vigilants, il ne faudrait surtout pas retrouver un autre planétoïde sur notre route. Dit Curtis. Mala, si tu entends que ça tourne au vinaigre dans le quartier des passagers, vient nous rejoindre.

-Entendu Capitaine. Dirent-ils.

Curtis regagna la pièce des passagers avec Ezra et Joan.

Restés seuls, les deux compères s’interrogèrent.

-Qu’est-ce Joan a bien pu dire en secret au chef d’après toi, Boule de gomme? Demanda Crag.

- Si Joan commence à nous faire des cachoteries à nous, c’est qu’on va avoir un bébé, vieille poubelle. Rétorqua Mala.

Limeye et Frégo Marquèrent leur accord avec des jappements pour Limeye et des métarmorphoses en bébé Curtis et bébé Joan pour Frégo.

- C’est le chef qui sera encore plus inquiet pour elle maintenant. Dit Crag. Vivement qu’on règle le compte de ces ripoux au plus vite!

- S’ils se sont saisis du gouvernement, il faudra éviter de se faire repérer et trouver un refuge sûr pour tous. Notre alliance avec les pirates ne fait peut-être que commencer. Si un jour on m’avait dit je j’aurais plus confiance en des criminels qu’en les autorités, j’aurai traité cette personne de fou. Rétorqua Mala. Déjà qu’on ne riposte plus à nos insultes respectives…

- Boule de caoutchouc, tu ferais peut-être mieux d’aller tout de suite voir si tout va bien dans le quartier des passagers. Dit Crag

- Je pense que tu as raison Tas de ferraille. Dit Mala. Je vais voir discrètement.

Mala sortit à son tour.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:34
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Joan avait rejoint Maëva dans leur petite pièce, pour prendre des nouvelles de Berenson. Elle ressentait aussi le besoin de s’isoler un peu pour réfléchir aux nouvelles découvertes que Curtis avait faites concernant le complot. Ainsi, c’était Richard Guggenheim qui était derrière tout cela, et qui, quelque part, avait provoqué la mort de son père. La soif de pouvoir de cet homme ne l’étonnait guère. Mais se retrouver ainsi prise à partie, menacée directement, lui était insupportable. Elle voulait vivre, simplement.

Elle s’assit sur le bord de sa couchette, Berenson dormait. Maëva la rassura :

- Il a bien supporté la transfusion. Maintenant, il faut qu’il récupère. J’espère que nous arriverons sans trop tarder sur une planète où il pourra être hospitalisé.

Joan ne répondit rien. Ce silence fit lever les yeux de Maëva, qui voyant le visage fermé et la tête baissée de son amie s’inquiéta à nouveau. Elle s’approcha et demanda doucement :

- Qu’y a-t-il, Joan ?

En quelques mots, cette dernière lui expliqua la nouvelle situation dans laquelle ils se trouvaient, le rôle que Norton et ses deux complices devaient jouer.

- Que vont-ils décider ?
- Ezra a dit que s’il fallait les exécuter, c’était de sa responsabilité. Ils veulent les confronter aux données que nous avons recueillies et que Curtis a épluchées depuis hier. Mais Norton n’est pas homme à se laisser faire, je crains que ça ne tourne mal. Même s’ils ne sont que trois… et même si nous sommes dans une situation difficile, tant que nous ne sommes pas certains que le coup d’Etat a réussi… difficile de les supprimer. Et même si leur mort nous assurait une certaine sécurité, il faut que l’on trouve un endroit sûr où atterrir. Il faudrait que tu puisses mettre au courant Andrew discrètement. A moins qu’Ezra parvienne à le faire. Il va aussi informer Mac Clinton, mais pas les autres ingénieurs. Je pense que Curtis va se débrouiller pour parler avec Kim. Nous ne pouvons rien faire sans les pirates !
- Hier, c’était eux qui ne pouvaient rien faire sans nous…

Les deux jeunes femmes se regardèrent, un instant silencieuses. Toutes deux réfléchissaient à cette situation.

- Et puis, Maëva…

Finit par dire Joan.

- Oui ?
- Curt est maintenant au courant pour le bébé. Mais il est le seul à savoir.
- C’est bien qu’il le sache. Je me demandais quand tu te déciderais.
- J’aurais aimé le faire dans d’autres circonstances, mais nous n’avons guère de liberté…

La jeune femme opina. Elle comprenait.

Joan s’allongea, Maëva sortit et alla à la rencontre d’Okapaï. Avec Andrew, elle gagna la réserve où ils avaient entreposé la nourriture. En quelques mots, elle mit le Major au courant de la situation, tout en préparant un repas pour Joan, qui avait complètement oublié de se nourrir. En retournant dans la pièce principale, et alors que Maëva rentrait dans leur cabine, Andrew s’installa simplement auprès du Capitaine et lui posa des questions sur la navigation, questions et discussion des plus banales, mais qui permirent à Curtis d’observer les détenus.

"Il faut que je parle avec Kim, c’est certain. Il faut mettre Grabo et Nekiri au courant, j’ai totalement confiance en eux. Quelle planète peut-elle être encore sûre ?"

Tout en devisant tranquillement avec Andrew, son regard parcourait les hommes installés là. La plupart des visages étaient encore fatigués et marqués par le dur labeur des semaines passées et l’angoisse de la mort. Il ne regarda pas une seule fois en direction de Norton et des deux autres suspects. Parmi les ex-prisonniers, il y avait une bonne proportion de Terriens, mais d’autres étaient Martiens comme Kim, ou Jovien comme Nékiri. Mars était beaucoup trop loin, Jupiter aussi, car elle se trouvait à l’heure actuelle de l’autre côté du Soleil par rapport à eux. Pourtant, il se disait que si une planète parmi celles des Neuf Mondes tenait toujours, c’était bien Jupiter. Ses habitants n’avaient pas l’habitude de se laisser dicter une loi par l’extérieur, et souvent d’ailleurs, il avait fallu à James Carthew beaucoup de diplomatie pour avancer sur des projets avec eux. La flotte jovienne était aussi la plus importante après celle de la Terre, mais pour cela, il était assez serein également. Il ne voyait pas l’Amiral Taggart, un des hommes les plus honnêtes et les plus attachés à la démocratie, se compromettre avec Guggenheim.

"Il faut absolument avoir une idée de la situation dans le Système Solaire avant d’aller n’importe où. La planète la plus proche de nous sera Pluton et ses satellites. Qu’en est-il de Styx ? Za’an et les siens ont-ils été envahis ? Eux aussi sont sûrs… mais si pacifiques et leur situation pourrait devenir très précaire. Et nous n’avons que 5 pistolets, aucun canon… si au moins nous avions le Comète… Il faudrait se débrouiller pour le récupérer. Je suis assez serein, nul n’aura pu s’en emparer. Tycho est sûre, également, mais impossible d’y aller, les alentours doivent grouiller des patrouilles de la junte. Et de plus, nous n’avons pas de réserves d’eau suffisantes pour tenir des semaines, bien avant que ne se pose le problème de la nourriture, ce sera celui de l’eau qu’il faudra envisager…"

A cet instant, il rejeta un peu la tête en arrière, fit une simple remarque d’organisation à Andrew, puis les deux hommes se turent.

Il vit Maëva ouvrir la porte de la cabine, car Frégolo et Limeye grattaient et voulaient entrer. Cela le fit légèrement sourire. Les deux petits animaux étaient toujours aussi protecteurs avec les deux jeunes femmes. En effet, à peine entrés, ils sautèrent sur la couchette de Joan et se blottirent contre elle. Elle avait fini son repas et somnolait, couchée en chien de fusil. Ils se calèrent contre son ventre et lui firent un petit câlin.

Quand Mala entra dans la pièce, il vit que tout était plutôt calme. Il s’approcha de son Capitaine, lui murmura quelques mots à l’oreille.

- Je vais voir Grag, alors, dit-il simplement.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:36
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
- Ca va, chef ?, demanda Grag.
- Oui, Andrew est au courant, maintenant. Ezra se charge aussi d’informer Mac Clinton. Maintenant, reste à parler avec Kim. Il faut qu’il sache dans quel nouveau bourbier nous risquons de tomber. Il aura peut-être une suggestion intéressante à faire.
- Je garde quel cap ?
- Pour l’instant, ne change rien. Nous avons encore plusieurs jours de voyage avant d’arriver aux alentours de Kuiper.
- On va avoir quelques courants cosmiques à affronter d’ici 24h, tu sais.
- Oui. Normalement, ils ne sont pas trop violents, mais on sera secoué, c’est certain. On préviendra les hommes quand on s’en approchera. Si tu tiens bien le cap, en moins de deux heures, nous aurons traversé cette zone.
- Je tiendrai, chef.

Curtis sourit. Avoir Grag au pilotage était un atout. Il savait pertinemment que sans son équipe, il n’aurait pu réussir ce défi insensé de construire le vaisseau. Et dans les prochains jours, les prochaines semaines, il allait encore avoir sacrément besoin d’eux. Il se redressa un moment, observa le ciel et les étoiles qui défilaient devant eux.

- Grag, tu m’aideras à bricoler l’émetteur de Berenson. Mais il faudra le faire très discrètement, ici. Mala pilotera à ce moment-là.
- Bien, chef. Sais-tu où sont Limaille et Frégolo ?
- Avec Joan et Maëva.
- C’est bien. S’ils sont avec elles, on peut être tranquille. Ce sont de bons petits gardiens, ajouta le robot avec une confiance indéboulonnable.
- Tu as parfaitement raison.

Curtis se détourna un instant, alla s’appuyer, le bras tendu contre la cloison séparant le cockpit de la pièce principale. Le silence qui régnait ici lui faisait du bien. Dans sa tête, ses pensées s’entrechoquaient.

"Prochaine étape, parler avec Kim, et mettre Grabo et Nékiri dans la confidence. Prendre une décision concernant notre destination. Et s’occuper de Norton et des deux autres…"

Le visage de Joan se forma devant ses yeux. Elle était encore menacée. Il se disait qu’elle avait déjà eu tant de chance d’échapper au destin funeste que voulait lui préparer Guggenheim ! Comment pouvait-il la protéger ? Il ferma les yeux, pensa à ce qu’elle venait de lui annoncer. Un bébé. Il allait être père. Elle allait mettre au monde un enfant, leur enfant, dans un monde peut-être en pleine guerre, en pleine révolution. A cet instant, il sentit une présence près de lui. C’était Simon.

- Ca va, mon garçon ?
- Oui, Simon, ça va. Je réfléchis, comment nous organiser face à ces nouveaux défis…
- Il faut que tu parles avec Kim. C’est la priorité. Il aura peut-être une idée d’un endroit où nous pourrions aller. De là, il sera possible d’entrer en contact avec ceux qui luttent contre le coup d’Etat.
- Jupiter est certainement toujours du bon côté.
- Il y a des chances, oui, mais Jupiter est trop loin pour nous. Taggart ne rendra pas les armes comme cela. Si ça se trouve, il y a de violents combats entre l’armée jovienne et les hommes de Guggenheim.

Curtis opina.

- La planète la plus proche pour nous est Pluton. Mais pour l’heure, impossible de savoir de quel côté elle a penché… quant à ses satellites, on va éviter Cerberus. Je pensais à Styx, mais… rien ne peut nous garantir que ses habitants tiennent toujours. Ils ont si peu de moyens de défense ! Et si l’armée de Pluton est aux mains de Guggenheim, alors je ne donne pas cher de la peau du peuple de Za’an !
- Je suis inquiet pour eux aussi. Mais je pense que nous aurons encore beaucoup de sources d’inquiétude, et pour nombre de nos amis, dans les prochains jours.
- Oui, répondit Curtis d’un air sombre.

Simon l’observait. Son garçon lui cachait quelque chose. Quelque chose qui n’était pas dans les données de Grag que lui-même avait consultées. Quelque chose qui concernait Joan, cela Simon en était quasiment certain.

- Quelque chose t’inquiète, Curt. Qu’y a-t-il ?, demanda-t-il en le voyant toujours appuyé contre le mur, les yeux à nouveau fermés.

Curtis prit une profonde inspiration. Autant mettre rapidement Simon, Mala et Grag au courant. Ils protègeraient Joan en cas de besoin. Et encore plus… qu’avant.

- Simon… oui, il y a autre chose. Joan… Joan est enceinte.

Le cerveau volant émit un léger bourdonnement, mais ne dit rien pendant au moins une longue minute. Grag s’était retourné, abandonnant un instant la navigation.

A cet instant, Mala regagna le poste de pilotage, Limaille et Frégolo sur les talons. Grag fit les gros yeux à son chien :

- Tu dois veiller sur Joan, Limaille ! Retourne avec elle !
- Ils sont complètement énervés, dit Mala. Elle les a mis dehors, ils l'empêchent de se reposer. Limaille n'arrête pas de couiner ! J'ai l'impression qu'il veut te dire quelque chose, et moi et la télépathie...

Le petit chien sauta sur les genoux de son maître, qui tenait toujours les commandes du vaisseau. Il jappa, émit quelques bruits étranges.

- Oh, mais ce n'est pas une nouvelle, Limaille ! Nous le savions déjà.
- Qu'est-ce qu'on sait déjà, caisse à outils ?
- Que Joan va avoir un bébé, répondit Grag avec un grand sourire. Et toc.

Mala regarda le robot surpris, puis aussitôt son chef. Curtis ne put s'empêcher de sourire légèrement en hochant la tête.

- Comment ton chihuahua a-t-il deviné ?
- Il m'a dit qu'il avait entendu battre le coeur du bébé en faisant un petit câlin à Joan.
- Wahhh !, s'écria Mala avec un air béat.

Simon devinant que la conversation entre les deux amis allaient très vite dévier sur une pente hasardeuse, s'empressa de dire :

- Vigilance renforcée pour veiller sur elle, tous les deux, hein ? Et surtout, gardez vos réflexions pour vos heures de veille ! Pas la peine que tout le monde le sache...
- On sera muet comme des carpes, professeur !, promirent-ils en choeur.


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Sam 14 Déc 2013 - 16:40
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Peu à peu, certains mutins commençaient à sortir de leur torpeur initiale. Ils commençaient à s’interroger sur ce qu’ils allaient devenir. Okapaï, Vadek, Wilson, Jefferson et Timarrow abordèrent calmement et courageusement la question avec Kim Ivan. Ils ne voulaient pas être pris dans une folie de masse qui les ferait agir contre leur volonté.

Okapaï parla le premier.

- Kim, moi je pense beaucoup à Thomas et à Mickey. La piraterie, on peut en vivre si on n’a pas le choix mais en général on n’en vit pas vieux ni particulièrement riche. J’aimerais vraiment me refaire mais je ne sais vraiment pas non plus sur quoi ou qui on va tomber en rentrant dans le système solaire.

- Kim, ça fait un sacré bout de temps qu’on se connaît. Dit Timarrow. Je m’en tiendrai à ce que tu décideras mais j’avoue ne pas être tenté par un possible retour sur Cerbérus. Je sais que Flam, Gurney, Barret , Miss Randall et la Dr. Sanchez diraient un bon mot pour nous concernant une réhabilitation ou une remise de peine parce qu’on a collaboré avec eux, mais je doute que les autres flics et les ronds de cuirs à New York les écouteraient. Je suis de l’avis d’Okapaï concernant ce qui nous attend dans le système solaire. Ça sent encore les ripoux à plein nez.

- Moi aussi je veux me refaire Kim. Ajouta Vadek. On a vraiment trimé dur sur le météore mais c’était simple. C’est la première fois que j’avais l’impression d’avoir une place et que ça valait quelque chose. Je regretterais de perdre tout ça en revenant dans le système. Surtout que l’idée de départ de tout ce merdier, et c’était la tienne, Kim, c’était d’aller vers une vie nouvelle. Et c’est vrai que ça sent le ripou à plein nez. Flam, Gurney, Barrett et Miss Randall sont inquiets aussi, ça se voit.

- Wilson et moi on est d’accord avec ce qu’ont dit Okapaï, Timarrow et Vadek. Ajouta Jefferson. Mais j’en ai vu d’autres. Faut d’abord faire ce qu’on peut pour rester en vie et que ça soit vivable, comme je l’ai dit avant. Pour l’instant, tous sans exception on dépend les uns des autres. Wilson opina.

- Les gars, en ce moment, je voudrais pas être ailleurs qu’avec vous. Peu importe ce qui arrivera, souvenez-vous de ça. J’ai la ferme intention qu’on s’en sorte avec au moins ce qu’on a comme dignité, n’en déplaise à ceux qui pensent qu’on n’en a pas ! C’est vrai qu’on dépend les uns des autres. Je vous assure qu’en tant que tel, on aura notre mot à dire sur où se posera cette appareil. Il est temps que j’aie une conversation avec le Capitaine Flam.

Kim alla s’entretenir un instant avec Nekiri.

- Alors Neki, j’espère que tes oreilles de Jovien n’ont pas trop bourdonné aujourd’hui. Dit Kim.

- Oh tu sais, Kim, j’en ai assez entendu durant ce voyage pour tenir un salon de la commère en permanence. Je pense que je pourrais te laisser la direction du salon funéraire. Dit Nekiri avec une pointe d’ironie.

Kim pouffa de rire.

- Ne ris pas, j’ai aussi de bons yeux tu sais. Et mes bons yeux ont vu le manège des bestioles autour de Joan Randall. Elle semble de nouveau porter l’univers entier sur ses épaules. Flam, son équipe, Gurney, Barrett et Dr. Sanchez semblent aussi inquiets. Et regarde discrètement ce trio de vautours près du hublot. Nekiri dirigea les yeux vers Norton, Murdoch et Ivanov. Ils semblent avoir Joan Randall dans leur collimateur. Et il faudra aussi faire attention à Tolek. Il marmonne des insanités comme c’est pas possible.

- Hum, je sais que Gurney, Flam et Barrett n’iront pas tuer des hommes qui n’ont encore rien fait mais il faudra peut-être leur rappeler que Miss Randall a été menacée plusieurs fois déjà et que nous ne sommes pas en démocratie ici. Miss Randall a souvent été prise à partie, et ça je trouve ça révoltant. Dit Kim.

- Je continue d’ouvrir l’œil Kim. Mon instinct me dit que notre collaboration de raison avec Flam et ses amis va encore durer pour un bout de temps. Dit Nékiri.

Sur ce, Kim Ivan alla au poste de pilotage pour parler au Capitaine Flam.

Kim frappa à la porte du poste et entra.

- Ah Kim, vous tombez bien, je voulais justement vous parler. Dit Curtis.

- J’avais aussi certaines choses à discuter avec vous, Capitaine. Je vais vous laisser parler d’abord. Dit Kim.

- Kim, mon équipe, le Colonel Gurney, Miss Randall et moi-même avons scruté la correspondance entre Swan, ses complices et quelqu’un d’autre qui tirait les ficelles. Nous avions sauvegardé ces données avec Crag avant la mutinerie. Nous pensons que des ripoux ont renversé le gouvernement interplanétaire pendant notre absence. Si c’est le cas, nous rendre aux autorités signifierait une mort certaine pour nous tous, y compris ceux, parmi nous, que nous soupçonnons être des complices. Dit Curtis.

- C’est Miss Randall qui a initialement découvert les combines de Swan, n’est-ce pas Capitaine.

- Oui Kim, elle a aussi identifié celui qui est derrière tout cela. Quelqu’un qui a des raisons personnelles de vouloir la tuer. Il y a aussi à notre bord, 3 officiers qui faisaient partie de l’équipage de Larson, Mac Nair et Kulikov, les complices de Swan. Un d’entre eux, le major Norton, a été indirectement cité dans une correspondance entre Swan et la tête pensante. Norton aurait eu pour tâche de s’assurer de la mort de Miss Randall. Ajouta Curtis sombrement.

- Qui est cette tête pensante, Capitaine? Demanda Kim.

- Un richissime homme d’affaire véreux de New York. Son nom est Guggenheim. Dit Curtis

- Ouais, je vois le genre. Dit Kim. Y a beaucoup de mes gars qui sont devenus pirates à cause de gens de son espèce qui s’accaparent de toutes les ressources et qui enlèvent aux autres leurs moyens de subsistance. Personnellement, j’assume tous les choix que j’ai faits, mais pour d’autres c’est une spirale difficile à arrêter, la piraterie.

- Kim, nous devons prévoir un endroit neutre où nous poser en sans se faire repérer par les forces de Guggenheim. Je me demandais si vous aviez un endroit à me suggérer qui soit accessible. S’il nous est possible d’être secourus par la suite, on pourrait respectivement s’accorder un temps d’immunité et aller chacun de notre côté. Sinon, on pourrait s’organiser pour combattre un ennemi commun. Dit Curtis. Il faut espérer que Guggenheim ait rencontré de l’opposition et qu’il n’ait pas pu renverser tout le système.

- Il y a bien une de nos planques sur Tyrial, un satellite de l’anneau de Saturne. Peu de pilotes sont assez habiles pour naviguer là. Il y a bien là le vieux Major Kriegler et une petite garnison de dix hommes de la police saturnienne, mais ils n’aiment pas les ronds de cuir de New York et ne font pas de zèle vu leur petit nombre. On a pris un arrangement informel avec eux pour qu’on se foute mutuellement la paix. Dit Kim.

- Saturne pourrait être une possibilité viable en effet. Elle est dans notre trajectoire. Kim, je vais fabriquer un émetteur et un récepteur pour pouvoir écouter la plupart des communications radio pour pouvoir s’adapter aux circonstances. Dit Curtis. Mais je veux garder l’existence de ce récepteur secret jusqu’au dernier instant pour ne pas exciter les convoitises, mais en temps voulu ce serait juste que vous ou un homme de confiance puissiez écouter aussi.

- Il y a bien Timarrow qui est un crack des communications qui pourrait aider à bricoler le récepteur pour capter toutes les communications qu’on peut imaginer. J’ai confiance en lui. Dit Kim.

- Merci Kim. Dit Curtis.

- Il y a encore une chose Capitaine. Dit Kim. Nekiri a bien remarqué 3 officiers près d’un hublot qui lui faisaient l’effet de 3 vautours. Je suppose que ce sont eux que vous soupçonnez. Eux vont surement s’opposer à ce que nous projetons de faire. Ils pourraient nous trahir aux autorités et pourraient aussi s’en prendre encore à Miss Randall. Dit Kim. Il faudra les confronter bientôt. Dit Kim.

- En effet Kim. Dit Curtis.

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Sam 14 Déc 2013 - 16:41
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
- Kim, je vous avoue que je me sens pris entre 2 feux par rapport à Norton, Murdoch et Ivanov, dit Curtis. D’un côté c’est dangereux de laisser pourrir les choses mais d’un autre côté la révélation d’une conspiration pour un possible coup d’état va frapper durement le Sergent Willis et les autres gardiens qui ont certainement des familles restées sur terre. Norton a peut-être déjà fait chanter certains d’entre eux. Ils pourraient paniquer. Ça pourrait mal finir. Il y a aussi autre chose. Ajouta Curtis. Dans quelques heures, nous allons entrer dans des courants spatiaux. Nous allons être quelque peu secoués. Nous devons avertir les autres, y compris les ingénieurs à la salle des machines.

Simon intervint.

- Mon garçon, je crois que c’est pour cela qu’il faut agir maintenant. Si Norton exerce un chantage, cela veut dire que les autres officiers et gardiens sont déjà au courant de la possibilité du coup d’état. Leur anxiété représente déjà un danger pour nous, en particulier pour Joan.

- Je suis d’accord avec le professeur Simon. Dit Kim.

- Très bien, allons rejoindre les autres. Nous auront besoin du Major Barrett et du Colonel Gurney. Dit Curtis. Maintenez le cap, Crag et Mala.


De la pièce des passagers, ils pouvaient entendre la voix de Joan :

- Vous savez Major Norton, vous avez absolument raison, les gens devraient savoir rester à leur place. Pour me faire pardonner, je vous ai apporté deux rations. Une pour chacune de vos faces! Il y eut un bruit indistinct. Maintenant…Il y a-t-il encore un d’entre vous qui a un problème avec moi? Continua-t-elle. Moi, je n’ai aucun problème à aérer tout ça maintenant!

Curtis écarquilla les yeux.

-Je me disais bien aussi que ça faisait longtemps qu’elle ne m’avait pas fait un coup comme celui-là! S’écria Curtis. Il se précipita. Simon et Kim à sa suite.

- La dernière fois, c’était sur la Balkan avec Swan et ses comparses. Dit stoïquement Simon.

« Miss Randall en a vraiment ras le bol. N’importe qui l’aurait été bien avant. » Pensa Kim.

Quelques minutes plus tôt…

C’était le moment de prendre un autre repas. Joan, Maëva, Okapaï, Vadek et Wilson s’occupaient de distribuer les vivres.

Cette attente devenait insupportable pour le Sergent Logan Willis. Il était malade de peur pour sa jeune épouse et sa petite fille. C’est la seule raison pour laquelle il a cédé au chantage de collaborer avec un ripou comme Norton. Gare à lui si le coup d’état n’a pas eu lieu! Willis était aussi miné par la honte. S’il est sauvé ce sera aux dépens de ses compagnons d’infortune. Il n’avait rien contre Joan Randall. De toute façon, s’en prendre à elle maintenant serait suicidaire. Mais vraiment cette attente le rendait fou. Et ce Tolek qui n’arrête pas de ricaner!

Avery Norton sentait aussi la tension monter en lui. Sa carrière parsemée de passe-droits l’a très peu préparé pour la situation présente. Mais il ne pouvait rien tenter d’actif contre Joan Randall. Gurney, Barrett, Ivan et ses chiens de pieds étaient trop vigilants.

« Il se passe pourtant quelque chose avec elle. Se dit-il. Elle semble vulnérable. Ces bestioles du Robot et de l’Androïde qui sont toujours à ses trousses, ces petits conciliabules avec Flam et le colonel, la Dr. Sanchez qui la chouchoute tout le temps. Et ces pirates qui font ses quatre volontés. C’est peut-être le moment de lui suggérer où se trouve sa place et de mettre discrètement le couvert sur elle. »

Joan s’était réveillée avec un regain d’énergie et avec la ferme intention de n’accepter aucune espèce d’intimidation.

Bérenson était aussi réveillé et semblait reprendre des forces. Il était plus alerte. Elle le salua avec encouragement et alla rejoindre Maëva.

- Merci Maëva, de prendre soin de moi et de Bérenson. Dit Joan.

- Tu le ferais pour moi et tu le fais encore pour tous les autres Joan. Dit Maëva. Prends soin aussi de toi.

- Promis Docteur! Répliqua Joan avec un petit salut militaire.

Elles commencèrent à distribuer les rations de nourriture. En retournant chercher des rations à la réserve, Joan croisa le Major Norton qui l’arrêta. Joan esquiva subtilement son geste et recula un peu pour marquer une distance. « Si vous n’êtes pas stupide Major, vous allez garder vos distances! » Pensa-t-elle. Elle le regarda, impassible, mais elle bouillait intérieurement.

- Major Norton, fit-elle avec un signe de tête, que puis-je faire pour vous?

- Seulement écouter mon conseil, Joan. Fit Norton. Ne vous fatiguez pas pour ces gens là; car rien de tous ces efforts ne comptera quand nous serons revenus dans le système solaire. Et là nous verrons bien s’ils seront aussi gentils avec vous quand ils seront confrontés à la perspective de retourner en prison. On pourrait aussi très mal interpréter au gouvernement votre collaboration avec ces pirates. Comment prendront-ils la mort d’Hudson, celle de Miss Jenkins, de Johnson, de Smith, celle du commandant Théron et de tous les autres. Cela vaut aussi pour les positions prises par le Capitaine Flam, le Colonel Gurney, le Major Barrett et la Dr. Sanchez. Des gens meurent, Joan parce ce que certains oublient leur place. Pensez à votre mère, doit-elle vous perdre comme elle a perdu votre Père?

« Espèce de petit hypocrite, de salopard, de cafard répugnant! Je suppose que c’est comme ça que tu t’y est pris pour en embobiner d’autres et les faire chanter!» Pensa-t-elle. Elle remarqua l’attitude de Willis et celle des 12 gardiens. Ils avaient le regard angoissé des opprimés. Murdoch et Ivanov étaient des copies conformes de Norton dans l’expression de leurs visages. Des vrais vautours! Joan maîtrisa cependant ses émotions.

- Votre sollicitude me touche vraiment beaucoup, AVERY. Dit-elle avec une pointe d’ironie que Norton ne détecta pas mais qui n’échappait à Nékiri qui entendait tout et qui fit signe à Grabo et à d’autres de ne pas intervenir pour l’instant.

Joan continua.

- Mais vraiment, est-ce à moi, un lieutenant, que vous devez exprimer vos inquiétudes? Que faites vous de la chaîne de commandement?

- Joan, il y a la chaîne de commandement… et la chaîne de commandement, je suis sûr que vous voyez ce que je veux dire. Dit, Norton.

- Merci de vouloir me le faire comprendre, AVERY. Dit-elle. Mais vos inquiétudes pour moi ne doivent pas vous empêcher de recevoir vous aussi votre ration de nourriture, que je suis négligente, excusez-moi, je vais remédier à tout cela immédiatement. « Mon coco, tu ignores à quel point, je vois ce que tu veux dire! » Pensa-t-elle

Joan retourna à la réserve tout en maîtrisant sa furie qui la faisait légèrement trembler, et prit 2 rations de nourriture.

Joan, un ennui? Demanda Maëva.

Maëva, dit à Andrew et Ezra de venir me rejoindre auprès de Norton. Murdoch et Ivanov. On a des salauds à confronter. Dit Joan


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Sam 14 Déc 2013 - 21:35
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Maëva mit une main sur l’épaule de Joan.

- Joan, ma chérie, fait attention à ce que tu vas faire, s’il te plaît ! Attends au moins qu’Andrew et Ezra soient avec toi. Dit-elle.

Joan prit une longue respiration.

- Eh, bon sang ! Tu as raison Maëva. Mais qu’ils ne tardent pas trop s’il te plaît. Norton vient vraiment de franchir une limite mortelle avec moi et je l’ai pas l’intention de le laisser continuer ! Dit Joan.

Joan se détourna et se dirigea ensuite vers Norton avec les deux rations dans les mains en mesurant ses pas. Maëva fit un signe au Colonel Gurney qui venait de sortir de la salle des machines et au Major Barrett qui était venu saluer Bérenson. D’un signe de tête, elle porta leur attention vers Joan qui marchait vers Norton, Murdoch et Ivanov.

Ezra se hâta d’aller rejoindre Joan. Il avait assez tergiversé comme cela ! Pensa-t-il. Andrew prit la même direction. Pour une fois, lui aussi avait de la difficulté à garder son sang froid. Que des gens se liguent comme cela contre une personne, une femme, le révoltait lui aussi. Il ne faut plus laisser les choses pourrir comme ça !

Joan arriva à la hauteur de Norton et ses comparses avec les deux rations.

- Voilà qui est beaucoup plus sensé de votre part Joan. Dit-il. Vous savez… à notre retour sur terre, il n’en tiendrait qu’à vous de plus avoir à lever le petit doigt pour faire quoi que se soit, mais il faudra vous dissocier formellement des actions de Flam, du colonel Gurney et du Major Barrett. Dit-il en touchant son bras.

Joan dut combattre une envie de vomir. Elle répliqua :

- Vous savez Major Norton, vous avez absolument raison, les gens devraient savoir rester à leur place. Et pour me faire pardonner, je vous ai apporté deux rations. Une pour chacune de vos faces! Elle lui envoya les 2 rations à la figure et le frappa aussi à l’estomac. Norton était K.O. Murdoch et Ivanov furent abasourdis quelques secondes par ce qu’elle venait de faire.

- Maintenant… reprit-elle. Il y a-t-il encore un d’entre vous qui a un problème avec moi ? Continua-t-elle. Moi, je n’ai aucun problème à aérer tout ça maintenant ! J’ai même quelques conseils pour vous concernant le vampire à la tête de votre « chaîne de commandement », que Norton a surement oublié de mentionner ! Il vous prendra, Il vous videra et il vous jettera lorsque vous ne lui serez plus utile ! Aucun de vous ne fera exception à la règle !

Murdoch et Ivanov se ruèrent menaçants vers Joan mais furent stoppés par Ezra et Andrew qui braquèrent leurs pistolets sur leurs tempes. Willis et les 12 gardiens ne bougèrent pas d’un pouce. Norton repris connaissance. Ses yeux brillaient d’une rage meurtrière.

- Vous allez me payer ça très cher, Joan Randall. Dit-il. Gardes, Willis qu’est-ce vous attendez pour les maîtriser?! Avez-vous oublié ce qui pourrait arriver à vos parents, vos femmes, vos enfants si vous LUI désobéissez ? Et vous les pirates, votre vie et une récompense vous attendent, si vous livrez Joan Randall au nouveau gouvernement !

- Avery Norton, vous allez vous la fermer! Cria Logan Willis. Vous n’êtes plus en position de menacer qui que ce soit ici, pauvre fou ! Vous ne pouvez même pas garantir votre propre survie, surtout pas en ce moment!

- Et ne vous avisez même pas de penser à écouter les suggestions de ce ripou, vous autres, sinon vous aurez affaire à moi! Vociféra Kim Ivan qui entrait avec Curtis. Grabo et Nekiri Vinrent se tenir aux côtés de leur chef. Curtis vint aux côtés de Joan.

- Eh bien, ces 2 mois sur le planétoïde ont abêti tout le monde ma parole! Dit Ezra, jamais on ne m’a donné des aveux aussi facilement que ça. Norton, si vous croyez que votre « chef », vous savez de qui je parle, va lever le petit doigt pour vous récupérer avant de nous pulvériser, c’est que vous vous croyez plus important que vous ne l’êtes. Pour le vieux, nous ne sommes que des pions, tous autant que nous sommes! Il vaudrait mieux pour vous qu’il n’ait pas réussi son coup.

- Dans ce cas, que comptez-vous faire de nous, Colonel Gurney. Allez-vous oser vous servir de votre arme? Il y a déjà beaucoup de morts dans cette histoire. Il vous faudra de meilleures preuves que mes soit disant aveux pour justifier légalement votre action à votre cher président. Dit Norton.

- Moi je parlerai, dit Willis.

- Nous aussi dirent les gardes.

- Nous avons conservés les correspondances de Swan, Norton. Dit Ezra. Votre rôle est mentionné dans l’une d’elle et nous y avons aussi identifié votre « Chef ». De plus, moi, j’assumerai la responsabilité de tout ce qui s’est passé depuis la mutinerie. Vous êtes stupide ne pas l’avoir déjà compris, Norton. Je vous donne une dernière chance de vous rendre.

- Alors tuez-moi, Colonel, dit-il

Sans un mot, Norton sorti un poignard en pierre de sa manche et voulut s’en prendre à Joan. Curtis s’interposa pour la protéger et retint le bras de Norton et Ezra prit son arme et un rayon de proton traversa la tête de Norton, l’abattant à bout portant en prenant soin de contrôler la puissance du rayon de son arme. Norton tomba par terre, mort.

Ezra se tourna alors vers Murdoch et Ivanov.

- Et vous deux, demanda-t-il en pointant son arme vers eux, ça vous tente aussi de jouer les martyrs de 4 sous?

En signe de réponse, Murdoch et Ivanov mirent leurs mains derrière la tête en signe de soumission. - Nous aussi, nous avons des familles, Dirent-ils.

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Sam 14 Déc 2013 - 21:37
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Ezra et Curtis évacuèrent le corps de Norton dans la salle des cyclotrons. Curtis allait demander à Crag de les mettre en marche après avoir franchi la zone de courants cosmiques.

- Ezra, rappelle-moi de ne jamais vous pousser à bout, toi et Joan. Dit Curtis.

- Je peux te dire que déjà, ça faisait longtemps que j’avais le meurtre de William Randall sur le cœur, Curtis, dit Ezra; mais là, il était vraiment temps que j’empêche des ripoux de menacer sa fille. Pour ce qui est de la réaction de Joan, il n’est pas difficile de me figurer que Norton lui a dit un mot de trop qui l’a fait sortir de ses gonds. Au quartier général, elle m’a déjà confié que Norton lui avait fait des avances et avait fait des allusions concernant ses parents. Et avec la menace qui plane constamment sur elle, qui peut la blâmer de la réaction qu’elle a eue aujourd’hui ?

À ces mots, Curtis dut à nouveau contrôler un sentiment de rage.

- Je sais Ezra. Dit Curtis. Les demies vérités qu’il a proférées et le chantage qu’il semble avoir infligé aux autres officiers et gardiens ici concernant leurs familles me fait craindre le pire pour les autres officiers de la police et de l’armée du système qui ont surement subi le même genre de chantage. Tout le monde va craindre ce qui pourrait arriver à leurs familles et leurs amis s’ils se rebellent contre Guggenheim. Vos subordonnés sont morts d’inquiétude, c’est flagrant; et Joan doit aussi s’inquiéter à mort pour sa mère. Ça va être difficile de leur inspirer du courage face à cela. Moi-même je suis inquiet pour nos amis; les Stasians, entre autres.

- Il faudra rappeler à tout le monde ce que Joan a dit concernant Guggenheim : Il vous prend, il vous vide et il vous jette. La seule voie qui changera les choses c’est la rébellion, et elle va coûter cher. Dit Ezra.

- Il faudra donc plus que protéger Joan, dit Curtis. Il faudra être de son côté et l’aider à se battre. C’est une chose que je n’avais jamais compris avant quand, sous prétexte de la protéger, je l’isolais et l’empêchais d’agir sur la réalité.

- Est-ce que Joan protège aussi quelque chose hormis toi, Curtis ? Demanda Ezra.

Curtis soupira.

- Toujours aussi perspicace Ezra. Murmura-t-il. Joan et moi allons avoir un enfant. Je n’ai jamais été aussi heureux, aussi effrayé. C’est un terrible mélange.

- Au moins comme ça je sais qu’aucun de vous deux ne voudra nous faire le coup du martyr, marmonna Ezra.

Ils entrèrent dans la salle des machines.

- Capitaine, Colonel, que s’est-il encore passé ? Demanda MacClinton, catastrophé à la vue d’un nouveau cadavre. Maynard et Scott l’étaient tout autant.

- Encore un ripou, MacClinton. Dit Ezra. On va le mettre dans la salle des cyclotrons. J’ai bien peur que cette pratique devienne la mauvaise blague de notre périple. Je vous rassure qu’il ne devrait pas y en avoir d’autre après celui-ci.

- C’est à espérer Colonel. Mais ce qui me préoccupe le plus c’est ce qui nous attend à notre retour. Dit Mac Clinton. Miss Randall est toujours en danger n’est-ce pas?

- En effet, dit Curtis, refoulant à nouveau ce pincement de jalousie. Je voulais vous aussi prévenir que nous allons traverser très bientôt une zone de courants spatiaux. Tenez-vous prêts prendre une position de sécurité. Après nous ferons marcher les cyclotrons quelques minutes.
- Compris Capitaine Dit MacClinton.

Curtis et Ezra regagnèrent le compartiment des passagers.

Ils constatèrent que Joan, Andrew, Kim, Grabo, Nekiri, Maëva et Simon s’efforçaient de calmer les inquiétudes de tout le monde face à ce qui les attendaient à leur retour dans le système et concernant leurs familles et leur amis à tous. Les pirates n’étaient pas en reste concernant les familles. Nékiri a finit par assommer Tolek qui avait fait une crise de folie. Simon songea à fabriquer un calmant pour Tolek qui semblait perdre la raison.

- Nous avons déjà prévu un endroit neutre où nous poser, le capitaine et moi. Dit Kim Ivan. Mais d’autres suggestions d’endroits ne seraient pas de trop. On va s’efforcer de ne pas nous faire repérer par nos ennemis communs pour ne pas mettre nos familles à tous en danger, ce sera déjà ça.

- En attendant, que tous prennent leur repas maintenant. Dit Curtis. Nous allons bientôt affronter des courants spatiaux. Nous allons être secoués.

À ces mots plusieurs eurent un rire nerveux. Les menaces intérieures étaient beaucoup plus préoccupantes.

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Sam 14 Déc 2013 - 21:39
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (deuxième partie)
Dix semaines plus tôt. Au quartier général du Gouvernement interplanétaire. Anne Bonnell, la secrétaire générale du gouvernement interplanétaire et la plus proche collaboratrice du président Carthew regarda le vaisseau Balkan s’éloigner avec un terrible pressentiment pour le destin du Capitaine Flam, de son équipe, de Joan Randall, d’Ezra Gurney, du Commandant Théron et des membres de son équipage.

Le complot découvert par la Lieutenant Randall, impliquant le sous ministre Swan et les généraux Larson, MacNair et Kulicov n’étaient que la pointe de l’iceberg, pour elle c’était une évidence. Elle avait fortement conseillé le président et Anders de remplacer Joan Randall et Ezra Gurney comme escortes du ce convoi de fauves. Ils avaient été tous les deux promis à la mort, d’après les correspondances entre les comploteurs. Pourquoi risquer de les exposer à nouveau?

Ses discussions avec Carthew et Anders furent vaines. Pour eux, que Joan Randall fut celle qui ait découvert le complot était ce qui les rendaient elle et le Colonel Gurney indispensables comme escortes de ce convoi. Le fait que le président ait fait appel au capitaine Flam en renfort ne l’avait guerre rassurée. En son absence, on pourrait avoir les mains libres pour une autre tentative de se saisir du gouvernement.

Guggenheim et son groupE de lobbyistes de « capitalistes du 19e siècle » avaient fini par devenir de véritables sangsues économiques. Ils étaient de plus en plus présents au bureau présidentiel. Elle voyait le président devenir de plus en plus las, timoré même, cédant de plus en plus de privilèges aux lobbyistes en matière d’exploitation des ressources dans tous les secteurs économiques du système et ses planètes. Entre autre, Guggenheim est à la tête de la plus grosse multinationale agro-alimentaire du système. On retrouve ses produits partout.

Carthew a récemment aussi commencé à privatiser des infrastructures et des services qui avaient toujours été considérés comme d’intérêts publics jusqu’ici : la santé, l’éducation, l’assistance sociale. Il avait même été question de privatiser le système carcéral, mais cela a provoqué des émeutes et des grèves de la faim de la part des détenus. Ces grèves de la faim avaient aussi eu pour but de boycotter les produits alimentaires venant des entreprises Guggenheim. Certains détenus s’étaient tournés vers la criminalité par désespoir parce qu’ils ont perdu leur gagne pain à cause de la concurrence déloyale de Guggenheim. Plusieurs hauts gradés de la police et des membres des services correctionnels s’étaient aussi insurgés contre ce projet. Le projet de privatisation du système carcéral fut abandonné.
On se tourna vers d’autres entreprises que celles de Guggenheim pour les vêtements et les vivres.

Tout ce que Guggenheim donne d’une main aux services collectifs de santé, d’éducation et d’assistance social, il le récupère en contrôle économique et en pouvoir politique de l’autre. Pour Anne, ces changements s’étaient produits de manière si insidieuse qu’elle-même a mis du temps à prendre conscience de se qui se passait. L’atmosphère était lourde au siège de la police et du gouvernement. Les visages étaient fermés, les gens semblaient oppressés. Peu de gens avaient conservé leur dynamisme. Maintenant, Anne craignait le pire.

Sous le couvert de ses fonctions, de ses prérogatives et de sa marge discrétionnaire, Anne s’était arrangée pour recruter certains éléments au sein de la police interplanétaire, de l’armée et de l’appareil gouvernemental de chacun des 9 mondes. Parmi ces élément se trouvait le chef des services internes de la police interplanétaire : Le général Otis Grant; La colonel Emma Watson : chef de la section des crimes économiques et la générale Héléna Bennett : chef des gardes du corps du président. L’Amiral Tam Taggart, à la tête de l’armée Jovienne connaît tous les officiers de l’armée gouvernementale. Il saura à qui ils peuvent faire confiance dans les rangs de l’Armée pour défendre la démocratie.

Il y avait aussi deux trouvailles. Isabella Randall avait accepté l’offre de la Colonel Watson de travailler comme analyste à la section des crimes économiques. Isabella avait accepté une offre comme professeure d’histoire de l’Amérique à l’Université Columbia et était discrètement revenue à New York sous un nom d’emprunt : Beth Harris. Anne a aussi découvert les véritables capacités de Jennings, lorsque, comme Joan, elle était restée tard au bureau pour réfléchir à des jours sombres.

Leur missions à tous est d’observer les activités économiques et politiques de Guggenheim, qui sont ses complices et qui sont sous son emprise et établir un plan de sauvetage et de résistance. Le mot d’ordre pour l’instant, observer sans être découvert. Anne ne pourrait peut-être pas empêcher un coup d’état mais elle s’assurerait de mettre le président et sa famille à l’abri, regrouper les forces fidèles à la démocratie dans un endroit sur et organiser une résistance.


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