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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
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Ven 13 Déc 2013 - 20:52
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Elaine
Lieutenant Randall
Lieutenant Randall

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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
Bonsoir, allez je me lance en espérant ne pas trop me ridiculiser tout en restant fidèle à l'esprit des aventures du capitaine...dans la limite de mes connaissances en la matière, bien sûr. J'ai du mal avec les noms de la série. Bonne lecture et merci pour votre compréhension ou vos conseils!

NB: cette histoire a été rédigée en janvier 2013, je l'ai rédigée sur un foruml allemand qui ferme.


New York, quartier général de la police interplanétaire, depuis 8h, dans le bureau du président Carthew plusieurs experts sont réunis ce vendredi 4 avril . Une journée magnifique que personne ne remarque, tous sont mobilisés depuis plus de 10 jours, les terriens sont inquiets, les violences se multiplient et politiquement le président n’a jamais été devant une telle pagaille. On veut sa tête.
Présentation complète du rapport. Les envoyés de la planète Cerès sont formels, les cultures ont été totalement ravagées et si le gouvernement interplanétaire ne leur envoie pas d’urgence des vaisseaux pour assurer les besoins de la population, non seulement les émeutes seront plus nombreuses mais la stabilité même de l’ensemble du système solaire est en jeu. Les migrations qui en résulteront risquent de mettre en danger d’autres colonies terriennes.
Selon le professeur Carthright ce qui arrive à Cérès est impossible : »personne n’a jamais vu des criquets de 6 m de haut !C’est impossible !Ce ne sont pas des insectes, mais de nouvelles créatures extraterrestres ! Il est nettement plus probable que ce soient l’inadaptation des plants, le mauvais choix des graines qui ait freiné les récoltes : le roi est sans doute entouré de gens peu scrupuleux qui lui font croire n’importe quoi ! »L’économiste est formel l’intérêt est financier et politique, il ne faut pas aider Cérès, mais censurer la presse et publier un éditorial rassurant, les habitant du système solaire n’ont rien à craindre.
« Comment expliquez vous dans ce cas ceci ? » demanda Carthew en montrant une patte mésothoracique, de plus d’1m aux experts. Le professeur Johnson, entomologiste réputé de Saturne se recroqueville sur son fauteuil, plus que gêné : « D’après nos analyses, cela correspondrait, excepté la taille, à nos criquets pélerins terriens, mais la structure renforcée en titane montre qu’il s’agit également de créatures intelligentes, jusque là inconnues dans notre système solaire. Ce qui ne veut pas dire impossible, mais si ce que disent les envoyés de Cérès est vrai, une invasion d’insectes, même de taille normale peut faire de tels ravages, alors s’ils ont 6 m de haut ! Je pense qu’en exagérant leur dimension le gouvernement de Cérès espère simplement obtenir le dédommagement d’une catastrophe naturelle aussi ancienne que la Bible en la faisant passer pour un danger interplanétaire. «
« A nous de ne pas être dupe, que ce roi assume sur sa caisse personnelle le paiement des approvisionnements, nous n’avons pas à être solidaires» invective le professeur Carthright.
« C’est scandaleux ! En acceptant l’entrée dans le gouvernement interplanétaire vous nous aviez assuré votre soutien ! Nous pouvons encore fermer l’accès aux mines dont vous tirez tant de profit ! » rappelèrent les envoyés de Cérès.
« Calmez-vous, rien n’est encore décidé….je propose l’envoi d’un premier convoi pour rassurer le roi Tangor, mais nous l’accompagnerons d’une mission diplomatique pour évaluer la situation et d’une escorte. Cette proposition vous convient-elle ? demanda Carthew aux envoyés de Cérès. »
Ils acquiescèrent avec méfiance : « à condition que vos représentants ne soient pas à la botte de vos lobbys ! » Carthright et Johnson sortirent offensés, les autres experts qui ne s’étaient pas prononcés ne voyaient pas comment Carthew allait s’en sortir diplomatiquement. Tout représentant d’un gouvernement allait forcément prendre parti et il n’existait encore aucune commission indépendante,…
Dès leur départ le président convoqua le marshall Ezzla Garnie et le général Henderson pour les modalités de l’escorte, mais qui allait-il envoyer en tant que diplomate ? Il avait une idée mais tous ses efforts depuis plus de 6 ans pour le convaincre d’intégrer le personnel diplomatique se sont avérés vains…. »Je suis un homme de terrain, président, pas un politique » Maudite indépendance, non qu’il n’en ai pas profité avantageusement, mais l’avoir à ses côtés surtout en ce moment serait une victoire personnelle. Ses ennemis doivent déjà jubiler de la panique alimentaire qu’ils ont su créer sur terre… Plus de 300 émeutes sans qu’on puisse vraiment punir les pilleurs et la police est débordée, occupée à surveiller les convois et les grandes surfaces…et aucun criquet pélerin sur Terre!
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2.« Qu’en pensez-vous ? Marshall Garnie, vous avez fait plusieurs missions avec lui, accepterait-il d’occuper ce type de poste pour notre gouvernement interplanétaire dans cette affaire?
- Il n’en verrait pas l’utilité, l’intérêt scientifique et personnel lui suffiront : ce n’est pas un homme qu’on flatte avec des postes ronflants !Il aime son indépendance.
- Il est pourtant essentiel que Cérès reste dans notre sphère d’influence. Je pense que leur envoyer une icône comme le capitaine Flam ne pourrait que faciliter la mission diplomatique.
A ce moment la secrétaire annonça Madame Carthew .Contrarié, le président congédia Henderson et Garnie : « ce n’est vraiment pas le moment !
- Tu m’as dit toi-même que je devais passer pour finaliser notre réception de ce soir !
- Je doute que les représentants de Cérès viennent encore…
- Tu sous estime le pouvoir féminin mon cher…dit-elle avec un air taquin, leurs épouses ont déjà confirmé leur venue.
- De toute façon cela ne règle pas le problème, le diplomate que je voudrais leur envoyer n’acceptera sans doute pas de venir ce soir,
- Tu ne penses tout de même pas encore à lui, tu as des dizaines de collaborateurs entièrement dévoués prêts à assumer ce genre de mission et parfaitement intégrés dans notre milieu, par exemple le fils d’une amie…
- Non, c’est lui qu’il me le faut au plus haut niveau, là-dessus même mes ennemis ne trouveraient rien à redire.
- Décidément quand tu as une idée fixe ! Il vit sur la lune et tant mieux. Il n’est pas humain. Grand scientifique, courageux et intègre mais pour représenter une population il faut comprendre ses problèmes, même les plus simples…
- Tu as fini ? A ma connaissance il a su se créer un cercle de fidèles et sans me vanter je crois en être, le marshall Ezzla Garnie et l’agent Randall par exemple ne jurent que par lui. Le résultat de ses missions est exemplaire , il est extrêmement populaire depuis ce film sur ses exploits. Il vaut mieux l’avoir avec nous dans cette affaire déjà largement médiatisée.
- S’il est aussi parfait que tu l’affirmes, chéri, ton chevalier blanc viendra par « fidélité » pour te sauver! ricana –t- elle.
A ces mots Carthew la regarda les yeux écarquillés, « mais oui, tu as raison !C’est cette carte qu’il faut jouer »
- C’était de l’ironie mon cher, je n’ai aucune envie d’inviter cet individu chez nous, mes amies ne le comprendraient pas,
- Tu ne l’as jamais rencontré, non ? Nous avons toujours eu un bon instinct en équipe, fit-il en la câlinant, fais moi confiance . Je m’occupe de le contacter !
- Dans ce cas c’est toi qui lui trouveras une cavalière et ne compte pas sur moi pour t’aider. « fit-elle d’un air renfrogné.


3.. Joan ne cachait pas sa déception en sortant du bureau , tant d’efforts pour être physiquement capable d’intégrer la police, les meilleures notes aux examens, et … servir d’escortgirl à un diplomate sans doute bedonnant ou libidineux au dîner en l’honneur des envoyés de Cérès. L’enjeu devait être important, Madame Carthew l’avait invitée pour se préparer chez elle où le couturier et divers personnels l’attendaient. D’habitude elle se débrouillait toute seule, elle appréhendait ce qu’on allait lui faire porter. Ezzla n’avait pas été mandaté pour la sécurité du dîner, c’était plutôt rare.

C’est alors qu’elle le vit dans le hall, sans son équipe : bonjour Capitaine, vous êtes seul ?
-Oui un petit service que je rends au président.
- une nouvelle mission alors ? demanda-t-elle avec un brin d’espoir dans la voix.
Il lui sourit, il comprenait si bien la curiosité d’une nouvelle enquête et ça Joann l’avait en commun avec lui.
- Je pense que nous partirons bientôt, mais j’ignore si vous nous accompagnerez cette fois, Joann, ce n’est pas une mission pour une femme et
- Elle le fusillait déjà du regard quand Ezzla vint à leur rencontre, taquin
- Une dispute d’amoureux ?
- Très drôle colonel, visiblement je suis la seule à me demander s’il est normal que la mission d’une femme puisse être autre chose que de mettre une robe !
Et elle les laissa tous les deux en plan, furieuse.
- Quelle mouche la piquée ? demanda Ezzla
- Toujours son histoire d’égalité, vous savez ? Curieux comme cela la rend susceptible.
Ezzla le regardait amusé, on ne savait jamais s’il plaisantait.

Lorsqu’il arriva devant le bureau du président, la secrétaire lui remit tous les rapports scientifiques. Carthew vint à sa rencontre, visiblement soulagé,
« merci pour votre soutien Capitaine Flam, comme vous me l’avez demandé je vous ai annoncé à l’institut d’entomologie de New York où le professeur Johnson et son équipe vous attendent cet après midi avec les exemplaires de ces criquets extraterrestres .Ils ont préparé des prélèvements que vous pourrez emporter et vous transmettrons tous leurs résultats d’analyse.
- Pourriez vous aussi transmettre ces données via le réseau à la base lunaire ?
- Ce sera fait. Je déjeune avec les spécialistes de Cérès, afin de ne pas commettre d’impair à la réception de ce soir, désirez vous vous joindre à nous ?
- Le capitaine accepta la proposition car sa curiosité autour des habitants de cette planète était forte. Il n’en connaissait pas grand-chose, tant ses habitants sont discrets et cultivent l’isolement sauf dans le domaine des savoirs , souvent il avait eu recours à un érudit cérésien. Il ne fut pas déçu le repas fut très instructif. Cérès était une colonie assez récente (150 ans) et cosmopolite, les premiers habitants étaient tous des Terriens d’origine qui développèrent une organisation politique oligarchique pour mieux se défendre contre les immigrés d’autres planètes. Seuls les descendants des 1ers terriens étaient des citoyens de pleins droits et pour éviter les mariages mixtes ils avaient exclus progressivement les femmes de la vie politique et sociale. Seuls 5 % des habitants étaient citoyens cérésiens (les purs ), en fonction du degré d’ancienneté il y avait des catégories qui déterminaient leurs devoirs et leurs fonctions. Ainsi arriver aujourd’hui à Cérès faisait de vous un étranger pendant 10 ans minimum, les étrangers n’avaient pas le droit de circuler où ils voulaient, de s’installer pour plus de 2 mois sans autorisation. Ils s’assuraient ainsi la docilité des employés des mines de tarconium, de gravium et de plomb.

4.« mais alors professeur comment mener un enquête dans ces conditions ? demanda le capitaine. Nous allons droit au clash !
-A priori seul le personnel diplomatique est immunisé, automatiquement assimilé à la citoyenneté de catégorie supérieure, répondit le professeur Meadow, sa garde personnelle est également intégrée à la garde des mélés, juste en dessous.
Le capitaine regarda le président, jusqu’à présent il s’était toujours gardé d’arborer les couleurs de la Terre ou des Etats Unis, son indépendance lui avait souvent permis de faire triompher la justice. Défendre l’éthique scientifique lui suffisait et les idéaux politiques ne le touchaient que de très loin. Là c’était différent, tout ce qu’il venait d’entendre le répugnait
, aider une société basée sur la discrimination à survivre.
Un malaise se créa progressivement autour de la table, les spécialistes passionnés par leurs études ne comprenaient pas l’oprobre dont était victime cette société cérésienne. Ils y trouvaient des explications économiques et culturelles , car par ailleurs le niveau de civilisation de Cérès était remarquable : académie des beaux arts réputée, des musées consacrés aux sciences, des universités spécialisées dans l’agronomie , les sciences expérimentales. L’Etat cérésien favorisait les savoirs, les recherches , les citoyens de première catégorie ne travaillaient pas , tout cela grâce à l’argent des mines nationalisées.
La sécurité régnait, pas de délinquance, juste du raffinement et de l’ordre.
Carthew était partagé, tout aussi choqué que le capitaine, il était aussi rassuré par son instinct qui lui avait mis en tête de contacter le capitaine pour cette mission.
Sur le chemin du retour dans la voiture présidentielle la conversation reprit ;
-Capitaine, nous avons déjà plusieurs fois évoqué votre statut et je respecte votre indépendance, ne pourriez vous pas pour une fois mettre de côté votre neutralité sous couvert scientifique et défendre la cause de la solidarité, de la démocratie et de l’égalité face à cette société ? Sous égide internationale, cela vous donne un pass d’entrée diplomatique, vous serez libre d’enquêter comme vous l’ entendez , en toute immunité.
Acceptez ce statut de diplomate, s’il vous plaît, je vous ai déjà parlé des primes, des avantages en nature, maison de fonction, salaire substantiel : je crois savoir que vous aviez un projet de créer une fondation pour financer des projets scientifiques ?
Le capitaine soupira, il avait l’impression d’avoir vieilli de 20 ans en entendant ce discours, surtout quand le président lui parla de stabilité, de vie familiale. Il en était bien loin !
-n’y-a-t-il aucune femme qui puisse trouver grâce à vos yeux ? demanda le président, ma femme aurait-elle donc raison en vous désignant comme un misogyne indécrottable ?
Curtis sourit bizarrement mais ne répondit pas, oui il y en avait une, c’était son secret, mais même à elle que pouvait-il offrir ? Il se connaissait trop bien pour savoir qu’il la rendrait forcément malheureuse, trop instable Curtis.
- N’oubliez pas que nous ignorons encore si cette menace risque de compromettre la sécurité alimentaire de tout le système solaire. Termina carthew pour « l’achever ».
- Je voudrais en parler avec mon équipe, ils n’ont pas vraiment le profil de la haute société !
- cela n’a pas d’importance, une fois le statut acquis personne ne le remet en cause. J’ai prévu une escorte du convoi alimentaire, Ezzla Garnie sera l’officier responsable
- Il m’en a touché un mot. Quand doivent-ils partir ?
- Dans deux jours. Ce soir j’organise un dîner en l’honneur des envoyés de Cérès, tous les experts et les représentants du gouvernement intersidéral seront présents : en étant des nôtres je pourrais vous présenter et nous gagnerions un temps précieux ! Viendrez-vous ?
Le capitaine n’avait jamais renoncé à une affaire pour une histoire d’égo personnel, l’intérêt général primait.
-Nous arrivons à l’institut, président, à ce soir ! s’éclipsa-t-il astucieusement




5. Résidence des Carthew en fin d’après midi, cela faisait plus d’une heure que Joan souffrait le martyr, l’équipe de coiffeur, esthéticiennes et couturiers ayant eu des consignes très précises. Le but était de faire honneur aux envoyés de Cérès en adoptant leur coutumes pour la soirée. Elle portait un chignon très compliqué, mais qui la transformait radicalement en dégageant une très jolie nuque que les boucles et les rubans bleus effleuraient.
La robe en elle-même était très moulante, longue et simple, dans un tissu ultraléger, une pure merveille. Elle dévoilait largement les jambes, les épaules, les bras, le décolleté, en fait pensait Joan ou voyait presque tout, elle espérait avoir des sous-vêtements appropriés. Elle imaginait très bien Ken en train d’essayer de se rincer l’œil en soulevant les pans de la robe. Malat aussi ferait des commentaires pour son capitaine. Tout l’art de la tenue tenait dans le drapé transparent qu’on portait par-dessus et les nuances des étoffes. Ensemble l’effet était très élégant mais aussi « prêt à consommer »…elle retiendrait l’idée pour un tête à tête avec Curtis si jamais elle y arrivait , se dit –elle dans un soupir.
Madame Carthew arrivait avec deux proches amies, épouses de diplomates également, auxquelles elle présenta Joan comme une collaboratrice de son mari. Elles furent unanimes pour complimenter Joan et s’éclipsèrent dans la pièce d’à côté pour finir de s’habiller. Joan ne voulait pas être indiscrète mais elle ne put s’empêcher de dresser l’oreille à travers l’embrasure de la porte, à peine rabattue.
Madame Carthew semblait désolée,
« j’ai été obligée d’inviter le capitaine Flam, c’est lui que mademoiselle Randall accompagnera.
A ces mots Joan tout rougissante en réalisant que le « libidineux » allait être Curtis avait le cœur qui s’emballait mais les deux autres femmes réagirent fortement. « m’en voulez –vous ?
-Non, au contraire tu as bien fait de nous prévenir , dit l’une, je saurais faire bonne figure.
- sur le moment cela fait un choc mais je saurai me tenir, tu oublies que je suis mariée maintenant et que j’ai deux enfants. J’ai beaucoup souffert à l’époque, tu es bien placée pour le savoir, mais c’est de l’histoire ancienne. Je crois que j’aurais été malheureuse toute ma vie avec lui, répondit l’autre en toute franchise.

Joan n’en perdait pas une miette, elle ne connaissait rien de la vie personnelle de son héros avant elle, elle pencha sa tête pour mieux entendre

- De toute façon je resterai avec elle, s’ils se rencontrent, affirma l’autre, mais je crois qu’on nous écoute en apercevant un petit ruban bleu qui dépassait.

Joan recula immédiatement, néanmoins le mal était fait,
- Joan ceci est vraiment très privé , tonna Eleonore Carthew en ouvrant brutalement la porte, vous ne pouvez pas un instant arrêter de jouer à l’agent secret ?
- ce n’est pas grave, Eleonore, je crois même important de l’ informer à qui elle aura affaire avec le capitaine !
- Comment le trouvez-vous, le connaissez-vous déjà ? demanda son amie
Joan sentit avec horreur qu’elle devenait toute rouge.
Les trois autres femmes éclatèrent de rire « toujours aussi beau et brillant, donc, ? Ce n’est pas juste ! », Marie poursuivit : il y a environ une 12ained’années , Curtis fréquentait régulièrement les soirées du milieu aisé newyorkais et pour faire simple il y cherchait « le repos du guerrier entre deux missions» . Nous y avons contribué...

« le capitaine ?! « s’exclama Joan avec un tel scepticisme , que Marie continua : sa tactique était simple, il passait à un cocktail faire du repérage, une fois trouvée la perle , il lui envoyait des roses magnifiques avec un collier et une robe, l’invitait au restaurant le plus chic, la raccompagnait et disparaissait à l’aube. A chaque fois il disait qu’il repartait en mission, qu’il était désolé et rappellerait. La fois d’après il changeait de club et de fille. Bien sûr à l’époque je l’avais déjà repéré mais j’avais décidé qu’il ne ferait pas avec moi comme avec les autres…j’ai réussi à le garder deux soirées, mais dès la troisième c’était perdu…
Joan n’en revenait pas, elle travaillait avec lui depuis 5 ans , il n’avait eu pour elle que des gestes amicaux et même lorsqu’elle avait compris qu’elle lui plaisait, il était toujours resté très réservé, fidèle à sa concentration dans une mission. Même sur Halley, où il lui avait promis qu’ils vivraient ensembles dans leur paradis. Même là, rien, sur la lune Curtis pensait -elle à l'époque et l'éloignement fit le reste, elle qui croyait qu’il était idéaliste, vaincre le mal et protéger son aimée. Un prince charmant, un vrai, pas un coureur de jupon !
Quand même s’il avait essayé, elle se sentirait un peu moins…naïve .Visiblement il s’était quand même entraîné, même dans ce domaine. Un peu vexée, Joan. Pourquoi les autres membres de l’équipe n’y avaient ils jamais fait allusion ?
Le trouble de Joan ne passait plus inaperçu, les trois complices la regardaient avec insistance puis Marie demanda : « si vous êtes amoureuse de lui , autant l’oublier, il n’est pas capable d’aimer car lui-même n’a été formaté que par des machines »
Joan les regarda d’un air songeur « Je vous remercie d’avoir été si prévenante, mais j’ai moi aussi quelques atouts » rétorqua-t-elle d’un air coquin. « J’ai juste une question, regrettez vous d’y avoir goûté ? » Ce fut cette fois Marie qui eu chaud, et son amie la regarda intéressée.
Cette question fit éclater de rire Madame Carthew, « Joan je crois que vous êtes de taille à accompagner le capitaine, avec vous il a forte affaire. »
Et c’est ainsi qu’elles terminèrent dans la bonne humeur leurs préparatifs. Marie regardait Joan, elle vit aussi combien elle était jolie cette blonde, un corps parfait, qui ne laisserait sans doute pas Curtis indifférent. Elle décida de tout lui raconter, on ne sait jamais.

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Ven 13 Déc 2013 - 20:52
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Sam 14 Déc 2013 - 15:49
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flamme
Marshall Gurney
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
Coucou Elaine!

Il est temps de faire découvrir tes histoires ici aussi! Good

En passant: peux-tu nous donner les deux derniers mots pour le défi? Il ne manque que les tiens pour donner lieu à de nouveaux délires.... Limeye avait dit qu'elle ferait une suite à son dernier défi, je suis curieuse de voir ça! Sans parler de tes propres délires, que je suis tout aussi impatiente de lire!

Alors pas de pression, nooooonnnnn, surtout paaaaaaasssss! Game

Bizz
Flamme
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Life begins at the end of your comfort zone
(Neale Donald Walsch)

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Sam 14 Déc 2013 - 16:08
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limeye
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
Hello Elaine,

je dis comme Flamme : kessk'tattends pour nous donner tes mots ? Very Happy

ça doit bien faire trois fois que je te le demande, non mais Laughing

bizz

Limeye
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L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile (A. Camus)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. (Gandalf le gris).

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Mar 25 Aoû 2015 - 20:25
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
6. Le  capitaine contacta Tycho  et informa   les membres de l’équipe de sa décision d’accepter le poste diplomatique, il chargea Crag et  Mallat de préparer le cyberlabe, tandis que le professeur  continuait  de rassemble les données , Curtis proposa également d’enquêter sur les moyens de destruction possible des nuisibles. Il faillit oublier l’heure du départ et maugréa contre les mondanités.
il se présenta à 20H à la résidence des Carthew, sans s’inquiéter de son retard, il avait connu  les soirées  et évitait ainsi  la presse people, les longueurs, il pourrait aller directement vers les personnes importantes à voire  avant de partir, fixer des rendez-vous. Pas question de s’attarder.
Il fut néanmoins surpris en entrant par le calme de la résidence, d’habitude les invités s’immiscaient un peu partout. Pas ce soir. Un maître d’hôtel  le dirigea immédiatement vers le salon de droite, il eu une hésitation car le bruit  d’une réception venait du salon d’en face.
«  à gauche c’est le salon des femmes, le cocktail  et le dîner sont pris séparément, c’est une tradition cérésienne, ce n’est qu’au moment de la fête, du bal si vous préférez que tout le monde se retrouve, vers 22h30. Vous remarquerez que les femmes caquètent bien !
-          Bien organisés les cérésiens ! ricanna  Curtis bien content de pouvoir s’éclipser aussi tôt !
Le président l’accueillit chaleureusement, visiblement soulagé,
-          vous arrivez à point, nous venons à peine de rentrer.
Curtis fut surpris par la rigueur de la réunion, la présentation de l’envoyé de Cérès, le professeur Charcos  avec  vidéo  à l’appui  fut claire et synthétique, très documentée. 
« Ces  « criquets » géants sont venus  l’année dernière peu de temps avant les récoltes, dans des vaisseaux contre lesquels nos armes sont totalement inoffensives. Leur technologie est très avancée, ils se sont retranchés dedans après leur attaque qui a duré plusieurs semaines et se sont construit un monde propre sur Cérès, protégé par une barrière climatique. Nous appréhendons la prochaine attaque,  s’ils reviennent aux mêmes périodes, ce qui est vraisemblable, le  dôme protecteur de notre capitale Laputa  risque de s’écrouler. Cérès n’est pas une planète viable pour les Terriens, notre colonie a dû se battre pour mettre en valeur le sol et la terre. Régulièrement  un criquet   survole et semble étudier notre ville et ses habitants. Ils semblent capables de prélever des informations car chaque fois une attaque essaie de percer un dôme.
Nos équipes de chercheurs se mobilisent et jouent contre la montre, personne ne sait pourquoi ils nous attaquent. D’autres planètes semblent de meilleurs candidates pour des affamés, la Terre notamment, et nous avons même constaté qu’ils s’acharnent sur uniquement 5 cités- Etats de la décapole : Laput, Wallisa, Nouvelle Comorre , Bagda, Uruk. Chiffres à l’appui le professeur continua. Les dégâts étaient impressionnants et les finances du royaume  ne tiendraient pas longtemps, Cérès devenait  dépendante des approvisionnements  extérieurs. Les insectes ne se contentant pas de consommer ce qu’ils attaquaient, ils détruisaient systématiquement toute implantation humaine qui n’était pas protégée par un dôme assez costaud. Ce sont donc d’abord les villages périurbains qui prenaient, les entrepôts, les voies de communication. Fait plus curieux, ils kidnappaient parfois  des femmes et des enfants ! Ce qui commençait à paniquer la population d’habitude très policée, et les gouvernants voyaient apparaître de réelles menaces  pour leur pouvoir ;
Nous nous trouvons  dans une échéance de trois mois face aux pires  fléaux, la guerre ,  voire la famine si la situation persistait et la maladie. Grâce aux dômes, aucune épidémie  a pu nous toucher, mais d’après nos analyses, ses insectes ont en eux un bacille inconnu.
L’ ambassadeur  gardait un air méprisant, fermé, Curtis au moment des questions demanda des précisions  sur le sol et les ressources des 5 villes concernées.
« Aucun point commun, les conditions géologiques, les cultures sont différentes  »
C’est le moment que le président choisit pour l’introniser comme ambassadeur sous égide interplanétaire, les représentants de chaque planète applaudirent, sauf  l’ambassadeur de Cérès, mais il n’émit aucune opposition franche.
 
7. De son côté Joan trouvait la soirée fille  beaucoup plus agréable que la réception qu’elle appréhendait .Les vins et le buffet étaient délicieux, le salon bleu avait été entièrement aménagé : poufs, fauteuils et canapés disposés  en cercles invitaient à la discussion, aux confidences.
Joan se mit un peu à l’écart, Marie l’y rejoignit discrètement.
« Vous vous sentez un peu  différente, n’est-ce pas ?
Oui, je dois avouer que je ne connais pas la vie de famille, même mes souvenirs d’enfant ne m’aident pas beaucoup… Elles prirent toutes les deux une nouvelle coupe de champagne sur le plateau, cela fait du bien les bulles.
-Vous êtes encore très jeune, 25 ans? Vous avez le temps, je n’ai eu mes enfants qu’à partir de 37 ans et j’en ai 3! Ce n’est pas  parce qu’on a  50 ans, qu’on a oublié sa jeunesse, dès que je vous ai vu  elle m’est revenue en pleine figure… Fit-elle avec nostalgie en vidant sa coupe.
Curtis devait l’avoir connu  vers 20 ans, elle en avait alors…35, Joan se dit qu’il fallait battre le fer quand il était chaud, elle but une gorgée.
- Curtis Newton fait partie de cette jeunesse ?
-  Oui, pas très longtemps à vrai dire, vous avez dû le comprendre, dit –elle en soupirant. Vous  même le connaissez depuis longtemps ? Vous travaillez avec lui, je crois ? Elle fit signe au serveur, et changea de coupe.
-          5 ans. Ezzra le connaît depuis plus longtemps encore, j’étais encore petite.  EN disant cela elle  réalisa qu’Ezzra non plus ne lui avait rien dit de sa vie  avant Mégara..comment avait elle pu être aussi naïve, un homme de 10 ans plus âgé qu’elle avait forcément vécu quelques expériences. Elle se rendait compte qu’en 5 ans elle ne savait rien…
 Marie la regarda sidérée,  but deux gorgées,  « Nous étions une petite bande, plutôt bien vivants, nous avons mis du temps à l’apprivoiser, malgré sa volonté de  fuir l’étouffement de  sa base. Il  n’avait que 20 ans. L ’avoir dans notre groupe s’était tentant, il attirerait les filles pour Tom et Ben, il nous donnait un alibi pour faire les jeunes, encore une fois.  Sophie et moi espérions bien qu’il ai envie de changer de catégorie de prétendantes… Il était vraiment beau, bien fait, intelligent et cultivé en plus, pas un jeunot brut de décoffrage. Quelqu’un de notre niveau social, c’était  parfait !C’est par nous  qu’il a connu les Carthew, qui venaient juste de se fiancer, mais eux ont toujours été très raisonnables.  
-          Je l’imagine mal s’amuser, il est toujours très pensif, sérieux, distant.
-          Curtis ? Au contraire,  quand il se lâche il est terrible ! Il n’a peur de rien ! Nous avons fait de ces trucs…dit elle en riant en terminant sa coupe de champagne.
-          Joan attendait la suite, la regardait comme une gamine, le menton appuyé sur la paume. Marie savait ce qu’elle voulait lui faire dire. Un serveur lui proposa un autre verre, elle savait qu’elle exagérait mais c’était si bon de ressentir cette période, sa vie était tellement fade aujourd’hui.
-          Par exemple, il nous arrivait de nous balader après être sortis, on emportait parfois encore quelques bouteilles, on se baignait à deux heures du matin, on parlait des heures en se racontant nos vies. Il nous réveillait au lever du soleil. Il était increvable, cela l’amusait  d’épuiser les garçons, de les défier. Quand ils étaient morts, il était à nous deux. Elle vida la coupe.
-Vous deux ? fit Joan estomaquée.
- A vrai dire, il est d’abord sorti avec Sophie  c’est comme cela qu’il a intégré le groupe. mais c’était ennuyeux pour moi.
Alors on a alterné le WE suivant, mais c’était pareil.
-vous avez dit que cela avait duré 3 semaines ?
- Marie la regarda gênée, repris une coupe, vous ne voyez pas quelle solution scientifique il a trouvée ? Nous n’étions pas si naïves et il avait ses exigences, nous étions bon complices, nous avions pas mal bu…Evidemment nous ne pouvions plus nous regarder vraiment après en face.  Curtis le gérait plutôt bien mais il a compris qu’en nous quittant il réglait les problèmes entre nous. Néanmoins, les vacances universitaires étaient finies, nous nous sommes séparés, je n’avais qu’une hâte, réussir mon diplôme, faire carrière, j’ai rencontré  mon mari, eu mes enfants. Elle vida sa coupe.
.oh mais j’ai du mal, moi. Fit-elle un peu nauséeuse, en gloussant, elle venait d’aperçevoir  Sophie. Aïe, la moralisatrice arrive, je ne vous ai rien  dit, moi  je n’en ai pas honte mais comme cela vous savez à qui vous avez affaire !
-Je t’ai cherchée partout, qu’est-ce que vous faites là toutes les deux ? Oh mon dieu , tu as de nouveau bu ? Joan aidez moi, nous allons l’allonger dans une chambre pour qu’elle cuve un peu avant  le bal…J’espère qu’elle n’a pas trop…enfin
-          Oh, non ne vous inquiétez pas , je sais être discrète, dit Joan en l’aidant à la monter au premier étage. Intérieurement elle avait très chaud, qui aurait cru que ces nanas rangées …C’était elle qui se sentait un peu coincée maintenant. Etait-ce pour cette raison, qu’il n’osait pas l’approcher, la croyait-il  trop jeune. Il était tellement protecteur, voire paternel, non, quand même !
-          Voilà, elle sera vite d’aplomb, combien de coupe a-t-elle bu ?
-          A ma connaissance 4, je crois,
-          Soyez honnête avec moi, elle est comme ma sœur, elle vous l’a joué femme émancipée , hein ? lui demanda  Sophie. Tout ce qu’elle vous a dit vous devez l’oublier, si cela devait se savoir, je m’arrange  pour détruire votre carrière, est-ce que je me fais bien comprendre ?
Joan hocha la tête, elle se doutait bien de ce qu’il  pouvait lui arriver.
-          Elle m’a parlé de Curtis Newton, des  quelques semaines que vous avez passées ensembles.
-          C’est ce que je craignais, contrairement à moi elle l’a aimé, malgré la différence d’âge.  Je suis sorti avec lui pour lui prouver qu’il allait la détruire, il s’amusait avec nous. Elle  a tout accepté et  il ne l’a même pas compris.
-          Joan ne pouvait pas dire le contraire, comprendre les sentiments des autres n’était pas sa spécialité.
-          Elle espérait à chaque retour  de mission qu’il revienne nous voir, cela a duré des mois, elle a du aller en hôpital psychiatrique.  Si elle n’avait pas changé de planète, cela l’aurait détruite, elle regardait sans cesse la lune.
 Joan la regarda  catastrophée, elle ne voyait que trop bien  ce que signifiait l’attendre. Elle  ne s’attendait pas à de telles révélations, pas étonnant que personne n’ai rien su. Elle avait l’impression de ne plus le connaître, elle se sentait blessée pour Marie. Elle toucha le bras de Sophie, «  Vous avez ma parole
8.      « Cette  réunion a été particulièrement enrichissante Messieurs, je vous remercie pour votre participation active et votre efficacité. Excellence, j’espère que vous êtes rassuré sur le soutien du gouvernement interplanétaire. Je vous invite à passer  profiter de notre buffet  avant de retrouver nos femmes ! clôtura le président Carthew en souriant
L’ambassadeur de Cérès  semblait plus détendu mais gardait un visage grave, il se leva et prit la parole,
Messieur le Président, je vous remercie au nom de  mon peuple d’avoir  mobilisé votre gouvernement et en particulier  son  excellence  d’avoir accepté de nous aider,  il salua Curtis d’un regard reconnaissant.
Le capitaine n’avait pas l’habitude des titres, mais il le salua d’un mouvement de tête  en retour. Pas dupe  pour autant, son instinct lui dictait de garder ses distances, ce type ne lui disait rien de bon, sacré hypocrite.
Curtis  sentit l’impatience le gagner quand  il comprit qu’il devrait attendre que chacun y aille de son petit discours.  Il se rendit  compte qu’il avait faim.  Il avait accepté la  mission presque à contre-cœur,  il n’avait pas eu une minute à lui de la journée  et rien n’était vraiment prêt. Il ne pouvait pas quitter la salle et devrait  sans doute aussi ajouter son petit mot….  En plus  il avait réussi à vexer Joan, qui visiblement était occupée ailleurs. Il ne savait pas quand il la reverait, excédé, Il n’avait même  pas envie de contacter  la base, il ne supporterait pas longtemps Mala et Crag. Le président lui donna un coup de coude,
« Ne vous inquiétez pas c’est bientôt fini, je vous épargne d’un discours,  chuchota-t-il, arrêtez de faire cette tête et enfilez ce que je vous ai mis dans la poche, je vous expliquerai  demain en détail, en attendant faites preuve d’adaptation et jouez le jeu de votre épouse. Vous n’aviez qu’à venir à l’heure prévue»
Curtis mis la main dans sa poche en même temps et regarda le président sidéré. Une alliance…Il eu des envies de meurtre.  Le président Carthew  s’esquiva adroitement et fit un signe.
Les portes s’ouvrirent sur le buffet aussitôt , les remerciements s’arrêtèrent  rapidement, aucun diplomate  ne demanda son reste.
 
9.       Xunk  finissait  d’inspecter le dôme, curieux comme ces  créatures misérables  s’adaptaient rapidement. Il était temps que cela finisse. Il le fallait pour la survie de la colonie.
Il bondit jusqu’à la base. L’attaque pourrait bientôt avoir lieu.
 
10.   Curtis crut qu’il n’entendait pas bien, cette voix remontait à plus de 10ans .Les tempes lui firent un peu mal. Décidément il y a un esprit malin qui jouait avec lui aujourd’hui.  Il se retourna et eut le choc de sa vie, mais  se ressaisit rapidement, Joan venait vers lui, enfin une bonne nouvelle. Elle était splendide.
-          Madame Newton je suis désolé pour mon retard » il s’attendait à ce qu’elle réponde sur le même ton mais quelque chose clochait.
-          Ce n’est pas toi ?lui chuchota-t-il en la tenant par la taille.
-          Si, mon pauvre » elle avait dit cela sur le ton de la plaisanterie, mais Curtis la connaissait suffisamment pour comprendre que l’alerte était sérieuse. . Il n’avait pourtant rien à se reprocher, ce n’est quand même pas sa remarque.
Elle se dégagea « je vais prendre un peu d’air » Il l’aurait bien suivi mais il y eu un murmure anormal dans l’assemblée, la délégation  de Cérès semblaient tout d’un coup pressée de partir. Carthew lui fit signe,
«  Il faut avancer le départ, une attaque  semble se préparer, Ils rentrent tous  dès cette nuit. Je peux vous remettre tous les codes, papiers officiels dès demain matin, 9h.  Pensez-vous être prêt  pour cette heure là ?  Curtis aquiesca.
Le vaisseau de Cérès est un peu plus lent que le votre et moins armé, vous pourriez leur prêter Assistance. Ce serait plus prudent. Prévenez  Rand …votre épouse. »
 
Décidément, comme toujours pas plus de deux minutes seul  avec Joan, lorsqu’il alla  sur la terrasse à sa recherche .Il se dit qu’il fallait vraiment choisir entre ses missions et sa vie privée. Il l’avait déjà fait une fois.
A son allure elle vit tout de suite qu’il n’allait pas lui parler de ses sentiments,
«  nous partons tout de suite, une attaque se prépare »
 
Marie se sentait mieux, comme sortie d’un mauvais cauchemar, elle avait exprimé plus de souvenirs avec cette inconnue que durant toute ces années.
Elle ouvrit son médaillon et le portrait de ses enfants se projeta sous forme d’hologramme, l’aînée avait de splendides cheveux blonds vénitiens et  de grands yeux gris , c’était la meilleure de sa classe, elle en était très fière.
 

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Mar 25 Aoû 2015 - 20:29
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
8.       Bureau du président  Carthew.  Toute l’équipe du capitaine était arrivée,  ils avaient travaillé toute la nuit pour être là dans les délais. Ezzra avait également  été mobilisé pour surveiller le chargement des vaisseaux cargo, convoquer les hommes d’escorte. Joan l’avait rejoint pour l’assister. 9h c’était l’heure du coup de barre après une nuit blanche,  il fallait juste passer le cap , ils étaient tous tendus, concentrés.
« Voici vos nouvelles cartes d’identification, les codes qui vous donnent accès à tous les dossiers , cela  n’a pas été facile de les obtenir dans un délai aussi court à cause  des systèmes de sécurité.
Le professeur nous ayant déjà envoyé vos coordonnées bancaires, nous verrons pour le logement de fonction plus tard, voici la tablette qui nous permettra d’être en relation malgré les distances, toutes les données juridiques concernant la mise en place d’accord en notre nom y sont stockées. Avez-vous des questions ?
-          Non, tout semble parfaitement en ordre.
-          Président, pourquoi dois –je accompagner le capitaine en tant qu’épouse, et non en tant qu’agent ? demanda Joan. Je ne vois pas en quoi le fait de rester enfermée dans un palais va faire progresser l’enquête.
Ezzra , Crag et Mala se regardèrent surpris, c’était bien la dernière chose qu’ils s’attendaient à entendre! Curtis lui-même fut surpris , le président répondit d’un ton assez autoritaire
-          Ce n’est pas le moment de parler de vos états d’âmes féministes, juridiquement ce statut vous protège. Trouvez vous que ce soit une mauvaise idée, capitaine ?
-          elle a  un peu raison,  pourquoi doit-elle venir sur Cérès, si la vie y est si risquée pour une femme, vous devriez nous affecter un agent masculin.  répondit Curtis. Elle le fusilla du regard, cela n’avait rien à voir, elle voulait qu’on la reconnaisse pour son job, rien d’autre.
-          L’agent  Sterling ferait bien mieux l’affaire commença-t-elle, elle a l’habitude de... Le président  commençait à la trouver énervante et regarda le capitaine et Ezzra d’un air exaspéré,
-          Vous êtes celle qui travaillez depuis le plus longtemps avec le capitaine, vous serez beaucoup plus crédible que n’importe quelle agent. Jusqu’à présent cette collaboration n’a jamais posé problème, mais qu’avez-vous donc, agent Randall ?
-          Oh, mais rien, on me demande de renoncer à  tous les principes pour lesquels je fais ce métier. Je vais devoir me montrer soumise dans une société qui me méprise totalement, et confier ma vie au  pire  misogyne qui soit sur Terre !
Le président la regarda, éclata de rire, regarda le capitaine :
«  bon courage capitaine, agent Randall  cette mission vous fera le plus grand bien, vous semblez avoir oublié ce qu’est un  ordre supérieur. Engagez vous dans la police municipale si vous trouvez ces exigences au dessus de vos compétences !
Elle baissa les yeux,elle était allée trop loin. 
« De plus, il se trouve que même inférieures en droit , les femmes sur Cérès ont des domaines réservés , en ce qui concerne notre mission  la presse, les relations publiques, l’éducation.  Je crois donc au contraire particulièrement pertinent que vous soyez présente, vous tiendrez le capitaine informé. Vous ne vous ennuierez pas, il faudra apprendre très rapidement leur langue, j’en ai informé le professeur.
 
-          Ils furent interrompus par la secrétaire : « l’attaque a déjà démarré,  la cité d’Uruk est tombée ! « 
L’équipe  avait déjà quitté le bureau en courant derrière le capitaine.
 
9.       « Quels sont les résultats Xunk ? a-ton trouvé les entrées sacrées ? « 
Le général Xunk se courba, il n’aimait ce qu’il devait lui dire.
« Non majesté, malgré la victoire totale, nous n’avons rien trouvé.
-          Dans ce cas  nous levons le camps, nous irons voir Bagda. Commencez par envoyer des éclaireurs. Il nous reste peu de temps Xunk.
-          Je sais, majesté. »
 
10.   Toute la cour étaient en deuil, Uruk était tombé.
 Ils devaient organiser  l’accueil des réfugiés, mais leur nombre important rendait leur dispersion sur les 4 villes restantes délicate, sans parler de leur sécurité face aux raids des criquets, il fallait assurer leur logement. Respecter l’ordre social devenait ingérable. . Les manifestations avaient cessé, tout le monde sentait la menace, avait peur. « Espérons que l’ambassade ne revienne pas bredouille où c’est la fin «  se dit  le roi Rangor. Il devait réflechir à un moyen d’évacuer les colonies si cela continuait ainsi.
 
11.   L’ambiance dans  le cyberlabe était tendue, chacun faisait son travail en silence, même Crag et Mala ne se chamaillaient pas. Le professeur proposa à Ezzra et Joan de rejoindre leur couchettes respectives, débrancha Crag pour le recharger après la nuit de travail acharné..
« qu’est-ce qui se passe avec Joan, Curtis ?lui demanda –t-il
-je n’en sais rien professeur, depuis hier soir elle ne m’adresse plus la parole ». Curtis était vraiment perplexe et même malheureux, pour la première fois de sa vie, un être qui lui était vraiment cher le méprisait. La voix d’hier soir  lui revenait en mémoire , une sueur froide le parcourut. Non, ce n’était pas possible.
Sur le chemin des couchettes Ezzra prit à part Joan,
« mais qu’est-ce qui t’as pris ?
-          Oh, laisse moi tranquille. Vous êtes pareils tous les deux
-          Ah, ben cela va être gai de voyager dans ces conditions. Personnellement je trouve que tu dépasses les bornes, je n’admettrai plus que tu remettes ainsi en cause le capitaine devant tout le monde, ce n’est pas professionnel, à moins que vous n’ayez…
-          Bonne nuit»fit-elle en claquant la porte. Elle s’effondra sur le lit et pleura, tout allait de travers.
 
Quelques heures plus tard c’était au tour de Curtis et de Mala  de se reposer, l’androïde s’inquiétait pour son chef, mais ils étaient fatigués et  les mots réconfortant ni les confidences  ne sortaient facilement.
A son réveil il passa voir le professeur qui testait son nouvel appareil sur Joan. C’était un translateur qui diffusait les connaissances linguistiques élémentaires des dialectes de Cérès par le biais d’électrodes  reliées aux tempes de Joan. La voir allongée et sereine  lui fit du bien, il aurait pu rester longtemps à la regarder.
« vous vous êtes expliqués ? demanda Simon Wright. Curtis fit non de la tête et soupira. Il sortit aussitôt, il n’avait pas envie non plus de lui en parler.
Joan se reveilla  avec un mal de tête affreux et la bouche pâteuse, des tas de mots encombraient  sa tête. Elle soupira, il n’y avait  pas que cela. Ces confidences l’avaient secouée plus qu’elle n’avait voulu se l’avouer. Elle se dirigea vers l’infirmerie pour y chercher des comprimés, alla vers la cuisine pour  boire un thé
Curtis était là, debout, tourné vers le hublot.  Il tenait un mug,  prenait  une gorgée de café. Grand silence, on entendait  la bouilloire chauffer.,
Elle regarda sa tasse « coffee= success », et  le regarda ,elle réalisait  à quel point elle l’avait idéalisé, mais même ainsi  elle l’aimait encore.
-          Joan… dites moi ce qui se passe ! murmura-t-il
-                       Une ancienne de vos amies m’a beaucoup parlé, hier soir.
Il était sidéré, impossible qu’elle ait eu connaissance de cette vieille histoire. . Il prit une gorgée de café, il aurait bien aimé un cognac.
-                       Je croyais que notre relation était basée sur la confiance Curtis, quel homme êtes-vous donc ? » Il baissa les yeux, difficile de  répondre franchement.
A l’époque il  voulait tout apprendre , il avait manqué de discernement çà c’était sûr. Il n’avait plus jamais recommencé pareille folie, fréquenté de clubs depuis : ce n’était pas son truc.
Il savait qu’il était allé très loin, plus par curiosité que par plaisir d’ailleurs. . Il voulait prouver au professeur qu’il savait évoluer parmi  ses semblables et ne s’était pas méfié, s’était laissé entraîner  facilement…
Lui qui s’était tellement retenu pour la respecter tant d’années !! ? Et maintenant, pourquoi ? Cette bêtise de jeunesse allait –elle lui pourrir la plus belle relation qu’il ait jamais eu ? Il avait passé toutes ses premières années à bosser, à s’entraîner dur , n’avait eu ni d’enfance normale  ni d’adolescence, le culte de la performance, tout le temps.
Etait-ce le prix à payer pour s’être autorisé quelques semaines à vivre comme un jeune homme de son âge ?
Curtis trouvait cela injuste.
-          Je n’ai rien à me reprocher Joan » lui répondit-il.
Elle n’en croyait pas ses oreilles.
 Il s’approcha d’elle et voulut la prendre dans ses bras, mais elle arrêta son geste. C’était la première fois qu’elle refusait qu’il s’approche d’elle, c’était la première fois qu’une femme lui refusait quoi que ce soit d’ailleurs.
«  Capitaine, nous avons rattrapé le vaisseau de l’ambassadeur ! coupa la voix de Mala dans l’interphone
-j’arrive. Nous en parlerons un peu plus tard, vous voulez bien ?
- bien sûr , plus tard. Je vous rejoins ». fit-elle d’un air las.
 

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Mar 25 Aoû 2015 - 20:37
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
8.       Xunk triait les  soldats selon leur ancienneté. Peu de pertes, c’est déjà çà. Heureusement que ces créatures n’avaient pas trouvé leur point faible. Il donna des consignes pour organiser des inspections plus rapides,  désormais quatre équipes inspecteraient les dômes des 4 dernières villes, leurs  armures en titane devraient être renforcées.
Les créatures prisonnières du vaisseau étaient peu efficaces mais ils n’avaient plus le choix, il leur fallait de la main d’œuvre pour  remplir  à nouveau les réservoirs de sérum, tisser les protections, nettoyer le vaisseau.
Ils avaient commencé par la plus ancienne ville , l’assaut avait été rapide mais  leur énergie était critique.
Une alerte retentit, 12  vaisseaux approchaient de Laputa. L’un était celui que les créatures utilisaient, facile à détruire,  les autres  venaient d’une autre civilisation il ne les avait jamais vus. 5 étaient identiques et  beaucoup plus grands, ils devaient transporter quelque chose. 5 autres plus petits étaient plus armés et plus rapides, sans doute l’escorte,  le dernier  semblait plus redoutable,  armé de canons périphériques:  il sonna l’alarme, il fallait empêcher leur entrée sous les dôme protecteurs. Il ne pouvait  mobiliser plus de deux escadrons, les autres étaient dans  les cellules de récupération.
A peine le premier escadron parti en observation, les 12 vaisseaux se séparèrent  entre les 4 villes ; Xunk  avait donné  l’ordre d’attaquer   les escortes avant les gros vaisseaux, le second escadron devrait se concentrer sur le long vaisseau blanc.
 
9.       Le convoi interplanétaire  entrait dans l’atmosphère de Cérès , les dômes étaient déjà visibles, magnifiques sous la lumière  mais l’équipage du cyberlabe voyait surtout la dévastation aux alentours. Les envoyés n’avaient pas exagérés, les clichés correspondaient à la réalité. Ils n’avaient jamais vu çà,  tout était déchiqueté. Quelles armes avaient pu obtenir ce résultat ?
Les sols étaient comme étrillés, mais de plus près les traits étaient des fossés d’au moins trois mètres de profondeurs. 
Oh, regardez là bas, » s’exclama Joan en désignant  une vague blanche de métal.
La barrière climatique était  un bel ouvrage, comparable à la muraille de Chine modernisée, on aurait dit un pont suspendu sans piliers,  àl’intérieur duquel  semblait exister des portes. Ces insectes  étaient intelligents comme il le redoutait. La planète était connue  pour ses températures froides et ses vents glacials, ils avaient su s’abriter efficacement.
« Quelle technologie est-ce là à ton avis, Curtis, demanda le professeur Simon
-aucune idée, il n’y a pas  pas de bases, c’est sans doute électro- magnétique, les nuages et les vents ne passent pas,
- il faudra aller la voir de plus près » Curtis était fasciné .
Au milieu de l’espace délimité par la barrière  il aperçu  leurs  vaisseaux énormes. Ils lui rappelaient celui  de ses sauveteurs  de la mer des Sargasses, qu’il avait réapprovisionné en  sang artificiel , ce n’était pas bon signe. Ils risquaient d’être plus rapides  qu’eux.
. Tout d’un coup à travers les portes  la vague de métal  apparut quelque chose de noir, c’étaient eux ! ! Ils observaient sans doute leur descente.
Curtis prit le micro,
« Appel à tous les vaisseaux, nous passons à la phase B  dans 5 secondes ! «
5, 4, 3, …Tout d’un coup ils furent violemment bousculés et  les indicateurs de charges hurlèrent, ils étaient dans le noir total, tous les instruments s’affolaient : Curtis comprit que les criquets leur étaient tombés dessus. Le cyberlabe  n’était plus manoeuvrable, ils allaient s’écraser !
« Que fait-on capitaine ?
Torpille et canon à proton pour dégager !
On risque de toucher les autres vaisseaux !
SI on ne le fait pas c’est nous qui sautons ! , vas-y Crag coordonnées 21’45 ‘’60 Est vise la barrière climatique. Le vaisseau vombrit comme jamais, ils avaient rarement subit une telle pression Joan, Ezzra , le capitaine et Mala perdirent connaissance.
 
17.                 La bataille n'était pas passée inaperçue au dessus de Laputa, Bagda, Nouvelle Commore et Wallisa mais les habitants étaient à l'abri sous leurs dômes.
Le tir du Cyberlabe avait détruit  l'équilibre climatique instauré par la barrière,  par chance  il avait réussi à toucher une porte. Les vents s'engouffrèrent dans la brêche ainsi  créée :  les criquets furent violemment arraché des vaisseaux cargo , mais les vaisseaux d'escortes plus légers subirent le même sort que leurs parasites et s'écrasèrent les uns sur les autres au pied des portes. Le vaisseau de l'ambassadeur était détruit, aucun survivant. Le cyberlabe, plus lourd s'était crashé aux pieds du dôme de  Laputa.  De l'autre côté ce n'était pas mieux, les insectes étaient plaqués au sol, immobiles, tremblants. Le froid les paralysait. Xunk , resté dans le vaisseau, activa la rampe pour les récupérer et donna l'ordre aux robots de les chercher.
L'urgence était de les sauver où leur espèce n'y survivrait pas.
18.                 Pendant ce temps le roi de Cérès convoqua sa noblesse: fallait-il porter assistance aux vaisseaux étrangers?  Il connaissait les risques, ouvrir le dôme pouvait causer leur perte à tous. La loi lui interdisait de mobiliser l'armée sans l'accord des meilleures familles de Laputa, la séance allait être agitée. Ils avaient déjà essayé d'empêcher l'envoi d'une ambassade et allait sans aucun doute  lui reprocher la disparition d'un descendant d'un des plus anciennes familles. Il fallait jouer serrer, il était persuadé que l'équipage du  vaisseau qui avait détruit la barrière, s'il avait survécu au choc, pourrait les aider.
 
19.                 Le cyberlabe était  hors service, le black out total, heureusement qu’il faisait jour et que leurs assaillants  n’étaient plus là. Les vents hurlaient autour du vaisseau.  Le professeur   et Crag étaient un peu sonnés mais conscient, ils se précipitèrent vers leurs amis.
« Non mais tas de ferraille, j’ai un corps fragile moi, pas une boîte de conserve : c’est délicat à manipuler, alors bas les pattes ! Sales bestioles, je vais  sortir leur arracher les pattes moi à ces cancrelats!
-          Ah, ouais, une boule de gomme comme toi  résisterait même pas 1mn, tu servirais de dîner !
« SILENCE !vous deux, au lieu de vous chamailler aidez nous  à réveiller et aider les autres »les coupa Curtis. Il alla auprès de Joan qui commençait à réagir et l’aidait à se relever,  il la blottit un peu contre lui pour la soutenir.  Elle le regarda ,  un peu chamboulée  et chuchota « je suis désolée « Il la serra un petit peu plus fort.
«Ah Ces bonnes femmes ! » grogna  Ezzra en levant les yeux au ciel .
Crag les regardait  ravi , « Rien ne vaut un bon crash pour vous remettre les pieds sur terre, pas vrai capitaine ? » Mala voulut lui envoyer un gros coup de coude mais ne réussit  qu’à se faire mal. Limeye et Fregolo  japaient  tout autour d’eux en mimant leurs maîtres.
Ce n’était pas vraiment le moment,  mais ils étaient contents d’en avoir réchappé, il n’y aurait  que des dégâts matériels. Tous réalisèrent alors combien le joyeux chaos de l’équipe  leur  avait  manqué.
Néanmoins ils reprirent vite leurs esprits, le calme des instruments du cyberlabe  était anormal, aucun autre vaisseau  n’avait cherché à les contacter. Et les habitants de Laputa ?
 « Ezzra  vous contactez l’escorte ou  ce qu’il en reste, professeur   et Joan  vous vérifiez les instruments de navigation et Crag tu sors inspecter le cyberlabe avec Mala.
« Et , toi Capitaine ?
-          Je vais  voir si mes nouveaux jouets  de diplomate me servent à quelque chose , les dômes ne se sont pas ouverts.  Il  y a quelque chose qui cloche. » Il sortit la tablette , rentra les codes  de Laputa et attendit que la connexion se fit. Le cyberlabe leur avait encore sauvé la vie mais  il avait sous estimé la dangerosité de la situation, il faudra mieux anticiper la prochaine fois et sortir inspecter la barrière avant qu’ils ne la réparent.
20.   L’Etre  était impatient, Xunk n’était pas revenu. Il sentait  que les siens s’affaiblissaient. L’indicateur d’énergie était désormais de 45/100 : que s’était –il passé ?
Lorsque la petite créature apporta le sérum pour le nourrir  il lut  dans sa tête la joie de la libération possible ; « NON !» Sanda  essaya de vider son esprit mais c’était trop tard. « des Terriens venaient les aider et avaient détruit la barrière climatique ». Il l’avait à sa merci. 
« des Terriens ? Quelles sont nos pertes ? »« Je l’ignore, Majesté. » L’Etre la libéra,  elle s’écroula toute tremblante par terre. » « Désirez –vous autre chose ? «  pensa–t-elle  terrifiée.
« Envoie moi Xunk, d’urgence » répondit- il  . Sanda  se retira le plus rapidement possible et courut vers les  cellules de récupération.
21.   Le haut conseil avait tenu ses promesses d’impuissance, les  22  pairs du royaume avaient exprimé leur  mécontentement. La séance avait duré 4 heures, 4 heures pour rien.
Rangor  et ses alliés étaient résignés, cela s’était joué  à une voix près. Il n’avait même pas obtenu qu’on cherche les corps  du vaisseau de  l’ambassadeur.  Il s’isola dans son bureau , son fidèle conseiller  Siar ne savait quoi dire, il ne voyait pas comment contourner la loi.  Le roi était encore jeune, une bonne partie des anciens  du royaume ne lui pardonnaient pas  d’avoir été évincés au profit  de la nouvelle génération.  Il  l’accusaient  de ne pas conserver la tradition fidèlement et de trop s’ouvrir aux idées extérieure, ils jugeaient sa femme trop influente.
Deux mains se posèrent sur ses épaules et lui massèrent la nuque, il tourna un peu la tête de chaque côté : « que vas-tu faire ? » Elle le regardait désormais droit dans les yeux, il soupira.
« Veux-tu que mon clan t’aide ?
-          C’est risqué, les anciens en ont déjà beaucoup après vous, à quoi penses-tu ?
-          J’ai mon idée, je t’en dirais plus  quand je saurais sur qui je peux compter.
Il  regarda intensément sa femme, inquiet ;  avant de la rencontrer  il  n’avait peur de rien et maintenant  il était terrifié pour elle et ses enfants, deux beaux garçons, ses trésors de 2 ans et 6 mois. Elle l’embrassa et sortit de la pièce, faisant signe à Siar de la suivre.
C’est à ce moment que sur son bureau le signal d’un message sonna, surpris , il sortit la tablette  que le président du gouvernement interplanétaire lui avait donnée. Il fallait qu’il affronte cela  aussi maintenant. Carthew  voulait certainement en savoir davantage sur l’arrivée du convoi de l’ambassadeur, il devait lui répondre et lui avouer qu’il ne pourrait se porter à leur secours. La situation était délicate, mais s’ils envoyaient de nouvelles troupes  le président devait connaître la situation.
 Il rentra ses codes ; l’appareil se mit en mode  visioconférence automatiquement mais au lieu du président Carthew, il vit un homme roux  au regard franc. Ils devaient avoir le même âge mais cet homme avait  de l’expérience, qui  transpirait même à l’écran.
« Roi Rangor ?
-Lui, même, qui êtes vous ?
- Curtis Newton, j’ai été délégué comme représentant du gouvernement intersidéral auprès de Cérès pour évaluer la situation et escorter le convoi. Nous sommes dans le vaisseau blanc qui s’est échoué devant le dôme de Laputa et nous demandons à rentrer dans la cité. Nous sommes en  train d’évaluer les pertes subies en contactant les autres vaisseaux  du convoi.  Quand pouvez –vous ouvrir ?
Le roi baissa les yeux, soupira,
«  à mon grand regret le haut conseil a refusé  que nous vous ouvrions, ils estiment que les risques  pour la population sont trop élevés. La famille de l’ambassadeur n’a même pas obtenu que nous cherchions leurs corps.
Curtis le regarda,  le roi était jeune, inspirait confiance,  mais il fallait trouver un moyen de rentrer et soigner les blessés,  s’ils en trouvaient.
«  Majesté, nous avons fait une brêche dans la barrière climatique, nous ne pourrons trouver des survivants  une fois qu’elle sera réparée. Mon équipe  va inspecter la zone, disons 24h.  Je m’engage à ramener les corps de votre ambassade, essayez d’obtenir l’ouverture du dôme 2 minutes à une heure précise.  Je vous recontacterai juste avant pour ne pas laisser le temps à ces bestioles de nous attaquer. Il faut profiter du froid et de leur affaiblissement. Puis-je compter sur vous ?
-          «  je vais essayer de convaincre le conseil. J’attends vos messages, mais n’est-ce pas suicidaire de s’approcher si près de la barrière ?
-          Curtis  le regarda étonné et amusé «  risqué, oui, suicidaire ce n’est pas mon genre. J’ai déjà connu plus désespéré.  A demain, majesté»
Rangor écarquilla les yeux, plus désespéré , est-ce possible ? Il avait hâte de le rencontrer car ce Curtis Newton en l’espace de 5 minutes lui avait redonné ce qu’il avait perdu ; l’espoir.
22.   « Non mais tu as vu ce roi fantoche, capitaine, je lui en donnerai du désolé, moi ! hurla Mala, ils venaient de rentrer.
« On ne peut pas juger tant  que nous ne sommes pas là bas, d’après ce que je sais le roi  est élu parmi les familles les plus anciennes et doit gouverner avec elles . Cela ne doit pas toujours être simple. Quelles nouvelles de votre côté ?
-La structure n’a pas été touchée, mais le vaisseau est dans un sale état, rayé, embouti, il faudra  des  semaines pour  lui rendre sa beauté. On a prélevé un drôle de liquide sur  certains endroits. » Crag montra un récipient où  la substance, verdâtre, avait une densité inégale,  visqueuse.
-Je m’occupe de l’analyser, suis moi au labo Crag . Passez au décontaminateur tout de suite .
- Quoi , un bain , maintenant, manquait plus que ca ! Je t’avais dit qu’il fallait une tenue spéciale,  espèce de machine idiote !
- Sans moi tu ne l’aurais même pas trouvé, « les disputes continuèrent dans le couloir….
-  Bon c’est bien gentil, mais ils en ont  de bonnes les membres du conseil ! maugréa Ezzra . Nous  sommes entrés en contact avec 2 vaisseaux d’escorte, le pilote du premier est  gravement blessé, en tout il y a 13 survivants,  dont 7  dans un état sérieux, 37 absents à l’appel. Les vaisseaux cargos  n’ont que des dégâts matériels, nous disposons donc de 25 membres d’équipage au complet.  Par contre le vaisseau d’ambassade a l’air totalement détruit, aucun signal.
-Comment allez-vous organiser l’inspection , capitaine ? demanda Joan avec ses beaux yeux bleus.Il  sentit tout de suit à son ton modeste et innocent, qu’elle espérait bien partir dans le cosmolem, il avait envie de lui donner une petite leçon.
- Voyons  Madame Newton, n’avez-vous pas une langue à apprendre ? Sans parler  de la préparation psychologique nécessaire  pour intégrer la loi de Cérès  et m’obéir comme une épouse fidèle et soumise, ma chère Joan,  vous oubliez le choix de la tenue, la coiffure. C’est un travail très important pour un agent de votre niveau.
Elle le fusilla du regard, Ezzra semblait savourer la scène et son regard la mit dans une fureur encore plus grande. Elle  leur tourna le dos et partit d’un pas énergique vers   sa cabine en marmonnant.
« Bien envoyé, Capitaine, mais je la connais, elle ne s’avouera pas battue ainsi. Vous vous souvenez du coup des usines Belvoir ? »
Curtis s’en souvenait très bien et ce n’était pas la seule foi avec cette tête de mule, « Oh, mais je sais  être très convaincant Ezzra, et là pour une foi j’ai la loi avec moi ,  fit-il ironique.
En attendant j’ai d’autres chats à fouetter qu’une féministe , même si c’est un bon agent, se dit Curtis. Il fallait préparer l’exploration de la zone sinistrée en  garantissant la sécurité de chacun,
« dès que la substance sera identifiée nous sortirons  Ezzra, j’ai besoin de vous  pour m’aider à organiser nos expéditions. »
23.   Les analyses du professeur révélèrent  un mélange de substances inconnues, a priori non corrosives pour le vaisseau mais il fallait encore l’étudier plus longtemps, sur le plan biologique notamment,  pour être fixé définitivement.  Le professeur  avait  isolé le produit dans un caisson hermétique pour éviter tout risque biochimique.
Le capitaine décida qu’ils ne pouvaient plus attendre pour chercher les survivants. Il s’était fixé 24 h , 8 h s’étaient déjà écoulées  et cela prendrait du temps de quadriller la zone, sans parler  de la réaction des criquets, mais était-ce vraiment des insectes ?
Lorsque le cyberlabe décolla, le paysage autour d’eux était sinistre, il faisait nuit noire, impossible de  voir à l’oeil nu.  Curtis passa le vaisseau  en mode infrarouge , ce qui  rendait la vue des vaisseaux encore plus épouvantable.
La répartition des tâches s’était faite sans discussion, chacun savait qu’il devait  çà aux morts.
 Les commandants des  cargos devaient attendre la fin de la mission pour se poster chacun devant un dôme.  Ils restèrent à terre, en alerte maximum, prêt à décoller. Ils avaient proposé leur aide mais le capitaine ne voulait pas prendre de risque supplémentaire en  dispersant les troupes. Il estimait la tâche faisable par son équipe.
Pendant que le cyberlabe  surveillait la porte, prêt à tirer, en vol stationnaire, le cosmolem piloté par Mala  faisait des allers retours avec les  quelques survivants. Joan et le professeur les réceptionnaient pour les examiner et trier les urgences.  Les agents étaient sonnés par  leur impuissance, la mort de leurs collègues.  Joan et Ezzra  les  connaissaient, parmi eux , des pères de famille, des amis , des fiancés, des hommes courageux et dévoués à leur travail qui ne rentreraient pas.. Le retour allait être difficile.  Ezzra ne pouvait s’empêcher de penser à  la mère de Joan, définitivement détruite à la mort de son mari, Joan elle –même en avait oublié ses sautes d’humeur,  ce genre d’épreuve remet les pieds sur terre.  Ils réalisaient  quelle chance ils avaient eu d’être dans le cyberlabe, les vaisseaux d’escorte  semblaient avoir été balayés comme des fétus de paille.
Dehors les sacs mortuaires s’accumulaient , Crag et  le capitaine n’en pouvaient plus , ils avaient rarement  executé une aussi sale besogne. Lorsqu’il pénétra dans le vaisseau de l’ambassadeur, après que Crag l’ait  désincarcéré, Curtis  vit son corps autour de celui de sa femme, cela le surprit que quelqu’un d’aussi méprisant  ait eu le réflexe de vouloir la  protéger. Ils étaient figés ensembles, comme ces corps de Pompei qu’il avait vu dans un livre ancien, les doigts encore enlacés. Il dut les séparer et ce ne fut pas facile, le froid avait accéléré la rigidité cadavérique.  Crag dut l’aider, Curtis n’avait eu que rarement un tâche aussi pénible. Il pensa à ses parents et regarda Crag, le robot n’avait jamais semblé aussi humain.
Ils récupérèrent les autres corps du vaisseau mais Curtis n’arrivait pas à quitter les lieux.  Il avait déjà tout inspecté, pourtant la sensation d’oublier une partie du vaisseau persistait. Il avait ce couple enlaçé devant les yeux, l’image ne le quittait pas.  Il se demanda s’il mourrait seul.
Crag l’avait déjà appelé deux fois, les sacs étaient presque tous montés dans le Cyberlabe et il était temps de quitter la zone. Il décida de fouiller encore une fois le vaisseau déchiqueté, il rappela Crag et lui demanda de percer le compartiment des bagages. Rien. Les bagages étaient sans dessus  dessous, il les poussa, les ouvrit les uns après les autres. Il vit alors une malle plus grande, plus précieuse aussi: à l’intérieur  des fourrures, des vêtements et puis enfin il trouva ce qu’il cherchait, un petit garçon, d’environ 4 ans , inconscient mais vivant.
Il le prit aussitôt dans ses bras, l’emmitouffla pour le protéger du froid et partit avec Crag.
24.   Curtis garda l’enfant dans les bras pendant le retour jusqu’au cyberlabe, jamais il ne s’était senti aussi vulnérable. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il essayait  de réfléchir pour chasser ses émotions : ce n’est pas la première fois qu’il voyait des cadavres et  il avait déjà connu le quotidien avec un enfant, Ken.
Il regarda son visage, son innocence  le transperçait, ce garçon n’aurait plus jamais la même vie après la mort de ses parents. Comment avait-il  fini dans cette malle ?   Comment allait-il réagir à son réveil ?  A qui allait-il être confié ? Curtis sentait une déchirure en lui si profonde qu’il comprit que lui-même ne l’avait jamais surmontée.
Il devait l’aider, il le devait à cet enfant , le mettre à l’abri pour qu’il puisse avoir une vie normale. Il lui caressa la joue, il n’avait ressenti autant de tendresse  que pour Ken, mais avec lui ce n’était pas la même tendresse, celle-ci était plus intime, remuait en lui  un instinct paternel  dont il se croyait préservé par sa préparation physique et mentale aux missions.  Que lui arrivait-il bon sang !
Une fois dans le cyberlabe,  il se dirigea rapidement  vers l’infirmerie, l’enfant était en hypothermie, Joan et le professeur lui mirent une couverture chauffante et une perfusion.
« Curtis, on s’occupe de lui, ne t’inquiète pas. Ca va ? demanda le professeur, il ne répondit pas et  par réflexe retourna dans la cabine de pilotage, il ne vit pas les blessés sur son chemin, s’assit automatiquement et actionna la tablette. Il fallait rentrer.
A ce moment il entendit un hurlement terrible, cela le réveilla et venait de l’infirmerie : il se précipita,  l’enfant était encore inconscient, c’était Joan qui se tenait  la tête et tremblait, elle était agenouillée par terre.  Elle parlait la langue cérésienne par bribes, comme en transe puis s’écroula.  Il se précipita, le professeur l’examinait en parallèle, Mala et Crag, tous s’étaient approchés, le verdict tomba : « elle est dans un état hypnotique  mais je n’en vois pas la cause. Quelqu’un parmi vous a –t-il senti quelque chose en lui ? » Personne d’autre n’était dans ce cas.
Elle était  endormie, mais son sommeil semblait cauchemardesque, si quelqu’un la manipulait à distance  il était puissant. Il pensa alors à la barrière climatique transpercée, il fallait s’en éloigner immédiatement. Il  ordonna à Crag de  surveiller Joan, de la désarmer et de l’attacher . Il se dépêcha  de retourner au poste de pilotage.
Le signal de la tablette retentit, Curtis vit à sa grande surprise une assemblée, le roi avait consigné le conseil à attendre son message, sa garde personnelle gardait les portes.
«  Nous avons récupéré les blessés et les morts,  je sollicite l’ouverture  pendant  1mn des portes du dôme de chaque ville pour permettre l’atterrissage de nos vaisseaux cargos pour approvisionner les habitants. Nos pertes concernent les escortes  et votre vaisseau d’ambassade. Mon propre vaisseau  se trouve actuellement devant  Laputa et je demande assistance selon les  articles 45 de la convention interplanétaire. Pouvez –vous me confirmer l’horaire  d’ouverture ?
Une femme âgée , dont le visage lui rappelait quelqu’un s’approcha alors du roi qui  lui fit signe de parler : «  qu’en est-il du vaisseau de mon fils, Monsieur Newton ? N’y a-t-il aucun survivant ?
-          Si, un enfant, le fils de l’ambassadeur je pense, mais je ne peux vous dire s’il survivra à son hypothermie, si nous ne pouvons le ramener.. « La nouvelle  fit du bruit dans l’assemblée et la vieille dame s’exprima avec  une autorité, qui le surprit :
«  J’exerce désormais  la régence sur  mon  petit fils pour le clan Tahar de Wallisa.  Je demande le  vote pour l’ouverture  du dôme» fit-elle en levant la main.
Le roi se tourna alors vers ses pairs et progressivement  15  mains se levèrent, c’était gagné »
25.   L’Etre  avait trouvé un moyen d’arriver jusqu’aux nouveaux arrivants, il  y avait une femme et    elle était vulnérable : elle aimait celui qui  dirigeait ce vaisseau. L’Etre l’avait vu dans  son esprit. Les créatures terriennes semblaient connaître le savoir,  le respect et l’amour,  pourquoi n’y avait-il pas plus d’enfants ?
Tout d’un coup les images s’interrompirent, la femme résistait à son intrusion, l’Etre dû se concentrer davantage, ce n’était pas habituel et lui demandait beaucoup d’énergie. Les images revinrent, le crash, les réflexes du pilote, le trou noir,  un regard aimant mais distant.
L’Etre soupira, elle vit qu’ils n’étaient pas accouplés, cela réduisait leurs chances de faire pression sur cet équipage. Nouvelle interruption des images. La femme  parlait sa langue, elle  voulait savoir pourquoi  elle était  persécutée ainsi :
« - Je  veux savoir ce que vous faites  ici , répondit l’Etre
-          Nous aidons les habitants des cités, que vous voulez détruire.  Pourquoi les attaquez –vous ? »
L’Etre était étonnée,  c’est la première fois qu’une petite créature aussi insignifiante lui répondait ainsi, mais toutes les deux  étaient épuisées. Il fallait être précise, faire  vite.
-          « Ils ont profané la terre de nos ancêtres. Nous voulons accéder aux entrées sacrées.
-          Qu’est-ce que..les entrées sacrées ? «  la liaison se coupa. 
La femme  et  l’Etre n’avaient pas tenu le coup, elle demanda du sérum, visiblement ces Terriens n’étaient pas beaucoup plus résistants, le vaisseau s’éloignait . »
L'Etre voulait continuer à chercher quelqu’un, il y avait du monde dans le vaisseau. Son impuissance la mit en colère. Elle se souvint alors des images de  cet homme roux, n’avait –il pas demandé l’ouverture des dômes ? Elle convoqua Xunk.
Xunk fidèle , comme toujours, avait veillé au rétablissement des  soldats.
« -devons nous  réparer la barrière, majesté ?
-          Non, il faut économiser de l’énergie, c’est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Dès qu’ils ouvriront les dômes pour  laisser passer les vaisseaux cargos vous attaquerez les villes les plus proches.
-          Comment savez –vous qu’ils vont ouvrir ? Nous n’avons plus  qu’ un  escadron disponible. C’est trop tôt pour attaquer !  L’attente dans le froid, les soldats n’y sont pas encore  assez résistants…
-          Silence. Ils n’attendront  pas , j’estime  à 15 mn l’ouverture. C'est une occasion qui ne représentera pas! Tenez vous prêt ! « 
Xunk s’exécuta, mais  il avait observé les humains de la terre, ils étaient différents des autres.  Ils respectaient les morts, ils devraient donc aussi respecter  les  autres formes de vie . L’Etre avait tort, l’attaque était une mauvaise tactique, cela les épuisait tous.
 Il attaquerait une ville mais pas celle où entrerait le vaisseau blanc. Xunk   y avait vu   un homme, un homme  bon qui n’oubliait pas un enfant sur une terre dévastée même au péril de sa vie. Il essaierait de le  contacter. 

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Mar 25 Aoû 2015 - 20:40
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
17.   Curtis trouvait curieux qu'il n'y ait pas eu d'attaque pendant le sauvetage des vaisseaux, ils s'y étaient préparés.
 Le capitaine confia le pilotage jusqu'à Laputa  à Crag et Mala, le temps d’aller à l’infirmerie s’enquérir des blessés. Il  rassura ceux qui attendaient dans les cabines.
L’Etat de Joan était plus paisible. Le professeur étudiait ses constantes, elle s’était beaucoup affaibli, comme si quelque chose lui avait pris de l’énergie vitale . Curieux, de l’hypnose , elle était passée désormais  dans un coma léger.  L’enfant était dans le même état. L’hypothermie n’expliquait pas tout. Le professeur leur avait transfusé des minéraux, des nutriments et des vitamines pour les stabiliser.
«  Comment as-tu su qu’il fallait que tu le cherches ? demanda le professeur.
-          Je ne peux l’expliquer, quelque chose m’y poussait » répondit Curtis, il regardait Joan et cet enfant, deux êtres qui l’avaient bouleversé à leur manière, étaient tous deux en danger. Il secoua la tête, il ne croyait pas  aux superstitions, il devait y avoir un point commun, une explication rationnelle.
La barrière était ouverte,  Curtis  avait vu leur énorme vaisseau armé  et ils n'avaient pas bougé. A la place deux personnes dans le coma, vidée de leur énergie vitale. 
Une sueur froide perla tout à coup à son front, il venait de comprendre : une force  était entrée en eux, Joan et l’enfant  avaient dû les héberger  c’est  ce qui l’avait poussé à agir. Cette force  les avait épuisés mais n’avait pas voulu les exterminer. Ils devaient savoir pour les dômes !
Il  se précipita vers le poste de pilotage, les pairs de Cérès  avaient raison d’avoir peur,  mais c’était trop tard :
« Capitaine, ça y est , ils ouvrent les dômes ! Regarde ! « cria Crag. Le robot mit en marche le cyberlabe pour le faire rentrer « Arrête, Crag, ils vont attaquer , regarde ! »
En effet  ils virent au loin un  nuage géant s’engouffrer dans le dôme le plus proche, Nouvelle Comore,  en même temps que les vaisseaux cargo à une vitesse incroyable.
« Que faisons nous ? Les aider ?
-c’est trop tard, rentrons, nous ne pouvons plus rien faire » Le soulagement avait laissé la place à la colère,  il aurait dû le prévoir ! C’était la deuxième fois qu’il se faisait avoir, mais il savait maintenant pourquoi ils avaient toujours une longueur d’avance.
27. Curtis avait hésité, il n’aurait pas eu le vaisseau plein de blessés et de cadavres, , il serait allé prêter main forte à la ville voisine.
Lorsque le dôme se ferma derrière eux, il avait une sensation amère, et il n’était pas le seul, le professeur  vola jusqu’à lui : «  tu n’as rien à te reprocher, nous ne sommes pas en état de nous battre. « 
L’évacuation   des morts  fut discrète et efficace dès l’arrivée du cyberlabe. Les services médicaux  prirent en charge les blessés; il eut du mal à leur confier Joan et l’enfant mais il n’avait pas le choix. Le professeur ne pouvait plus rien faire, une main se posa sur lui « faites leur confiance, ils connaissent un moyen de les ramener dans notre monde« Il se retourna, étonné et vit  la grand-mère du petit garçon. Malgré son deuil elle était venue reconnaître l’enfant , son regard droit  l’impressionnait, il sentait que ce n’était pas n’importe qui. «  vous avez sauvé notre lignée, mon fils n’est pas mort pour  rien. » Elle lui mis  un collier dans la main «  pour protéger votre femme « . Il était resté un peu sceptique,  remercia pour le geste et le mit dans sa poche.
L’accueil au palais avait été  grave, vu les circonstances. Ils lui avaient exprimé leur reconnaissance pour la famille de l’ambassadeur. Les pairs  avaient parlé de l’attaque de la ville voisine comme une fatalité, ils attendaient des nouvelles. La plupart semblaient  soulagés de ne pas y être. Curtis au fond de lui même plaignait le roi de gouverner  avec une telle équipe. 
Curtis lui pouvait compter sur les siens, ils  attendaient tous désormais dans l’antichambre du service de réanimation de l'hôpital de Laputa depuis plus d'une heure.  Ils avaient refusé de s’installer  à la cour avant d’en savoir davantage. Personne n’avait insisté.  Il  regardait le collier, il n’avait pas remarqué la qualité du travail d’orfèvre sur le médaillon, on aurait dit de la dentelle très fine, scintillante, souple  et pourtant c’était du métal très solide.
«  Monsieur Newton ? Il  se leva.
-          Vous pouvez aller la voir ! Elle s’est réveillée.   Vous ne pourrez pas rester longtemps, nous désirons encore la mettre dans  le revitaliseur. »
Lorsque toute son équipe voulut le suivre, le médecin les arrêta «  seul son mari, ou un membre de sa famille peut la voir en réanimation.
-          Nous sommes de sa famille ! » affirmèrent- ils tous à l’unisson, Curtis les adorait quand ils faisaient tous bloc, mais cette fois le règlement de l’hôpital l’arrangeait presque.
-          « De toute façon vous êtes trop nombreux, il vaut mieux attendre qu’elle soit transférée dans une chambre privée, ce sera fait demain matin.
-          Vous avez raison cher collègue, le principal est qu’elle soit tiré d’affaire, Curtis nous te chargeons d’établir un bilan complet, d’accord ? demanda le professeur.
 Curtis ne put s’empêcher de le regarder avec une infinie reconnaissance et savait que les petits embouts métalliques le couvaient tendrement.
« C’est pas sûr qu’il ait envie d’y aller  professeur, vous savez en ce moment Joan   le bat plutôt froid !
-c’est toi qui n’as pas  plus de cœur  et de cervelle qu’une méduse échouée  ! lui rétorqua Crag
- Tu n’as pas compris que c’était de l’ironie, tête de piston ? Je te préviens si tu me traites encore de méduse, … 
« dehors messieurs, vous êtes beaucoup trop bruyant de toute façon !  dit l’infirmière cadre en les poussant  vers la sortie.
Curtis suivit le médecin, il  trouvait la situation inhabituelle , passer pour son époux lui donnait  un privilège appréciable pour  la voir et se tenir au courant. Le médecin lui expliqua que ce n'était pas le premier cas depuis le début des attaques, ils avaient trouvé un protocole bien rôdé pour rétablir ces femmes et ces enfants en deux jours et fustigeait les superstitions d'un autre âge qui empêchaient la médecine de progresser. « Certaines familles ont gardé leur malades chez eux, estimant qu'il valait mieux prier les anciens dieux de Cérès: comme si nous  descendions des gardiens des entrées sacrées! Résultat : 20 morts » Le discours du médecin l'énervait plutôt qu'autre chose, il avait hâte de la voir. 
Le service de réanimation n'était pas fait pour les visites, aucune intimité possible à travers les vitres transparentes, mais sa qualité d'ambassadeur avait là aussi quelques avantages, un rideau avait été tiré autour de Joan. Le médecin le laissa.
Elle était allongée, les yeux fermés mais respirait paisiblement, il n'osait pas parler.
Il s'approcha doucement, pensif, beaucoup de choses qu'il croyaient définitivement réglées dans sa vie avaient été bousculées ces derniers jours. Il ne pourrait pas toujours éviter d'y penser, surtout pas face à elle.  Sa vie était beaucoup plus simple avant, mais il ne pouvait revenir en arrière.
Elle avait dû sentir une présence et ouvrit les yeux, il lui sourit tendrement sans y réfléchir parce que lui même était bouleversé d'avoir failli la perdre.  Elle ouvrit sa main, il en caressa l'intérieur, et leurs regards se croisèrent: jamais ils n'avaient été si proches, si intimes, sans un mot.
Lorsque l'infirmière entra parce qu'elle croyait qu'il était déjà parti , elle ressortit aussitôt, elle était émue.
28.   Nouvelle Comore allait être dévastée,  rare étaient les habitants qui résistaient et restaient, des femmes  et des enfants s'effondraient, leurs maris et leurs pères étaient  en pleine panique. La population se dépêchait de sortir, elle savait ce qui l'attendait, mais les bouchons bloquaient tout le monde. Le froid s'infiltrait partout,comme les criquets, il rentrait violemment  par l'ouverture du dôme, cela n'avait pas duré 5 mn jusqu'à ce que le dôme se referme derrière le vaisseau. Le prince de Nouvelle Comore avait pris cette  décision depuis longtemps, si déjà la colonie devait être détruite  qu'une partie de ces criquets y crèvent aussi.
Une 100 aine de criquets étaient donc prisonniers de la cité, le prince actionna l'ouverture des souterrains pour permettre à la population de s'y réfugier. Il savait que cela ne suffirait pas, dehors les hurlements et les bruits des insectes étaient insupportables, il ouvrit les vannes de gaz.
30 mn plus tard tout était fini. Le dôme était resté fermé. Aucun des nouveaucomorien  qui était resté dans la ville n'avait survécu, aucun criquet non plus. L'équipage du vaisseau cargo avait assisté aux pires scènes et était sous le choc.  Ils n'auraient jamais imaginé cela. Ils ignoraient que  ceux qui avaient pu atteindre les caves priaient les anciens dieux, que les entrées sacrées les avaient sauvés.
29.   Le niveau d’énergie était brutalement descendu à  20, Xunk comprit qu’il avait perdu tout  son escadron. Ces créatures acculées étaient donc prêtes au sacrifice ultime. Il n’aurait jamais cru cela. L’Etre  aussi l’avait compris, elle voulait le voir, il sentait sa rage.  
Pendant ce temps les  commandants des  2 vaisseaux cargos de Nouvelle  Comore essayaient de prévenir les autres, mais les dômes ne laissaient plus passer les ondes, le personnel avait certainement eu comme instruction de tout saboter en cas d’alerte générale pour protéger l’accès aux autres cités . Le commandant Johnson décida d’envoyer trois  équipes en exploration , deux  pour chercher des survivants, la troisième pour établir un contact avec la capitale. Ils avaient 6 heures, jusqu’à la nuit , après on verrait.
A  l’hôpital  de Laputa Le temps ne s’écoulait plus de la même manière:  Joan  avait laissé sa main dans la sienne et sentait encore la douceur de son baiser. Il lui avait dit qu’elle devrait encore rester  le lendemain pour une journée d’observation et de récupération.  Elle ne revivait pas seulement parce qu’elle était allée dans cette machine, mais parce qu’ il la chercherait pour la ramener  dans leur appartement de fonction, s’il vous plaît.  Il l’avait encore appelé Madame Newton pour plaisanter sur son obéissance et elle  trouva cela ambigü en  pensant qu’ils partageraient peut-être enfin le même lit. Elle commençait à visualiser les choses . Son cœur s’emballait tellement que le médecin s’inquiéta et les dérangea, ils en rirent  ensemble. Que cela faisait du bien de rire de cela après…après cette douleur indescriptible, des images revenaient dans sa tête, comme des flash back. Elle se souvint alors qu’il fallait lui dire quelque chose : «  Curtis, excuses moi de ne pas te l’avoir dit plus tôt, cela vient seulement de me revenir,  mais  la reine de ces insectes m’a parlée, j’ai pu communiquer avec elle.  Elle voyait dans ma tête,  c’était une douleur atroce mais elle me possédait entièrement.
-          Tu t’en souviens ? Une reine dis-tu ? As-tu vu quelque chose ? «  ce qu’elle disait ne faisait que renforcer sa théorie.
-          Je lui ai demandé pourquoi  ils attaquaient,  elle m’a répondu qu’ils voulaient accéder aux entrées sacrées, qu’elles étaient profanées par les habitants. Je me suis évanouie juste après ».
Les entrées sacrées, le médecin l’avait évoqué, cela devait être une  de ces anciennes légendes que le médecin fustigeait. Instinctivement il sortit le médaillon et le montra à Joan : »La grand-mère du petit garçon m’a donné ceci pour  te protéger, cela te dit-il quelque chose ? « 
« Non, c’est joli en tout cas, on dirait une aile » Il  regarda  et effectivement il n’y avait pas pensé, cela pourrait être  un bout d’une aile d’insecte. Un hasard ? Il n’y croyait pas.
« Tu veux bien m’aider à le mettre ? « 
 L’infirmière cadre entra à ce moment là, elle fit comprendre que la visite était terminée mais lorsqu’elle vit le médaillon, elle fit un signe curieux et s’inclina. » Excusez moi maîtresse, je ne savais pas. Le médecin  veut  que vous passiez au revitaliseur encore une fois avant la nuit. Il vaudrait mieux enlever la relique des gardiens »
Curtis et Joan étaient sidérés. Joan eut le réflexe d’ôter le collier et le confia de nouveau à Curtis. L’infirmière l’aida à se lever, mais elle gardait les yeux baissés.  Joan regarda Curtis d’un air entendu, elle poserait toutes les questions, il pouvait compter sur elle. Ils   savaient  enfin dans quelle direction chercher. Il l’embrassa encore une fois rapidement, la regarda sérieusement  et avec insistance. Joan grogna, elle savait qu’il avait compris ce qu’elle avait dans la tête  et elle eut la bizarre impression qu’elle avait rêvé trop vite.
30.   A la cour du roi , 3 heures s’étaient écoulées depuis l’ouverture et la fermeture des dômes  et personne n’avait de nouvelles. S’il y avait des réfugiés ils devraient arriver dans la  journée mais personne n’avait vu les criquets sortir de Nouvelle Comorre. Rangor  savait ce que le prince avait prévu, il devait au moins attendre 24 h  avant de réactiver  le dôme lui-même depuis Laputa. Un serviteur lui signala que l’ambassadeur  interplanétaire désirait le voir, il le fit entrer :
-          « Que se passe-t-il Monsieur  Newton ?
-          Nous n’arrivons pas à contacter nos autres vaisseaux, savez-vous  pourquoi ? Quelle  action de sauvetage avez –vous prévue ?
-          Ce n’est pas la peine, il n’y a aucun survivant, ils ont hermétiquement fermé le dôme en enfermant les insectes pour larguer des gaz toxiques. Nous devons attendre 24 h, le temps que les gaz en partie vivants, se résorbent. Il n’y a plus aucune communication non plus.  L’équipage de vos vaisseaux cargos a normalement de quoi tenir ce laps de temps, non ? »
Curtis ne savait pas si c’était le ton indifférent  avec lequel il disait cela qui le choquait ou la fatalité que ce roi acceptait . Il  était dépassé par ce sacrifice, ce gâchis. Il  espérait que les cargos tiendraient, mais visiblement il ne pouvait compter sur ce roi.  Ce serait surprenant que le commandant Johnson reste là à attendre sans rien faire, comment les prévenir ? Cette mission devenait une boucherie.  
-          « Comment va votre épouse ?
-          Mieux, beaucoup mieux , elle sort demain. » répondit-il avec un temps de retard, surpris par la question. « Avez-vous des nouvelles du fils de l’ ambassadeur ? 
-          Il est auprès de sa grand-mère, elle prétend le soigner elle-même. Elle s’imagine que sa religion va le sauver parce qu’elle est prêtresse du culte de Cérès.
-          J’aimerai aller le voir, pouvez-vous m’indiquer où ils demeurent à Laputa ?
-          Ici , au palais, dans l’aile Ouest, c’est aussi  ma belle –mère. .. je vous préviens  elle n’est pas commode et très diplomate. « 
Curtis le regarda, ébahi , des milliers de personnes étaient en train d’agoniser et il se préoccupait de sa susceptibilité !
« Cela tombe bien, moi non plus, Majesté, à l’heure où non parlons il y a d’autres urgences que les mondanités. Quand vous vous déciderez à agir, je serai à vos côtés car pour l’instant vous creusez votre propre tombe. En attendant j’agis au nom de mon gouvernement, que cela vous plaise ou non. J’en ai informé Carthew, qui me soutient, vous pouvez vérifier.  Lorsque je vous le demanderai vous ouvrirez les portes du dôme. J’ai l’intention d’aller à Nouvelle Comore, j’attends juste de récolter davantage d’informations sur cette croyance, qui me semble liée à votre invasion. » Le roi le regardait étonné, un homme tel que lui , croire à ces histoires de bonne femme ? Il n’aimait pas  se faire remettre à sa place par un inconnu, fut-il ambassadeur mais il comprit que son fidèle conseiller  Siar n’allait pas le défendre cette foi. Sa femme le regardait aussi  avec beaucoup de dureté.  Que pouvait-il donc faire avec les pairs qui n’attendaient qu’une occasion pour le mettre en difficulté ? Comment cet homme faisait-il pour que tous l’admirent ?
L’ambiance était tendue autour de lui, le roi décida de suivre Newton qui venait de sortir. Il voulait  comprendre.
De leur côté  pendant qu’ Ezzra récupérait,  le professeur continuait les analyses de la substance ramassée par Crag et Mala, les deux accolytes réparant et nettoyant le vaisseau .  Tel qu’ils connaissaient le capitaine, même si Joan lui tenait à cœur, il n’oublierait pas Nouvelle Comore,  ils se doutaient  qu’il fallait être rapidement  en état de repartir.
La substance verte  était composée de substances  vivantes, on dirait des bacilles se dit-il. Ce n’était pas bon signe, s’il s’agissait d’une maladie, les  exemples de  la peste et de  la tuberculose étaient connus pour leur potentiel épidémique. Il rappela  Mala d’urgence, il voulait avoir  des prélèvements biologiques  de veille, savoir si le cyberlabe avait infecté la zone d’atterrissage et  lui fit une prise de liquide lymphatique, car en tant qu’androïde, Mala ne saignait pas. Cela pouvait aussi signifier que les criquets étaient malades, mais il ignorait s’ils étaient contagieux, car ce n’était pas des criquets ordinaires. Il trouvait ce cas scientifique passionnant autant qu’effrayant, que des criquets aient une maladie apparentée à celle des humains  il ne l’aurait jamais cru possible. Dès que Mala sortit il plana à toute vitesse vers son labo, il fallait qu’il cherche.
31.   Le vieille dame  lisait une histoire à son petit fils, il était encore fatigué mais il avait déjà  retrouvé la majorité de ses forces grâce au sérum qu’elle lui avait préparé. Il avait envie  de sortir, c’était bon signe pour un enfant de 4 ans. Quand Curtis le vit il trouva que les soins de la grand-mère étaient au moins aussi efficaces que ceux du médecin.
« Que lui avez-vous donné ? Sa récupération est impressionnante !
-le sérum de vie  des gardiens , si vous préférez une préparation biochimique dont la recette est très ancienne «  lui répondit-elle en souriant.
- tout comme le médaillon ?
-vous comprenez vite jeune homme, oui  le médaillon est aussi ancien que le sérum : ils viennent tous deux du tombeau sacré de Cérès, un sanctuaire de plus de 5000  ans.
- Pourriez vous m’expliquer ? « Elle le regarda droit dans les yeux, sceptique
- « Vous êtes de la génération de mon gendre, en quoi ces « superstitions « vous intéresseraient-elles ?
-  J’aimerai connaître cette histoire ancienne, il me semble que votre invasion y est liée.
-J’en suis persuadée mais mon gendre ne me croit pas.« A ce moment le gendre entra, Curtis  espérait qu’il n’allait pas lui compliquer la vie.
- Bonjour mère, Monsieur Newton j’ai décidé de vous accompagner sur Nouvelle Comore, je peux vous être utile pour les codes. Nos manières de faire ne sont pas les mêmes sur Cérès et la Terre mais je crois qu’ensemble nous avons plus de chances.
- C’est possible, mais si vous montez à bord de mon vaisseau, c’est moi qui décide..
- …tout comme si vous êtes dans Nouvelle Comore où j’exerce l’autorité de fait. » Compléta le roi. Ils se toisèrent. Curtis n’était pas franchement enchanté.
- bon  alors, tu la raconte la légende, grand-mère  ? Le petit garçon s’était redressé du lit, les bras croisés.
- SI ces messieurs sont disposés à s’asseoir et à ne pas m’interrompre à nouveau » fit-elle en jetant un regard cinglant à son gendre.
- « Il y a très longtemps, on estime à 5000 ans,  vivaient sur Cérès une civilisation bien plus évoluée que la nôtre car la planète  était alors un paradis. A l’époque il n’y avait pas de dôme et les habitants n’étaient pas d’origine  terrienne comme nous. Les dieux avaient apprivoisé  le soleil. Ses rayons rendaient les récoltes abondantes, il y en avait jusqu’à 3 par an !  « Le roi leva les yeux au ciel et soupira-« nous n’avons trouvé aucun signe de civilisation avant nous ! ». L’enfant, Curtis et la grand-mère le regardèrent excédés. Il se tut. Décidément.
« - malheureusement cette civilisation était victime de son succès, les enfants étaient devenus si nombreux qu’ils menaçaient de famine leurs parents et toute la colonie malgré sa prospérité. Leur roi  décida alors d’utiliser les savants pour sauver son peuple ,  ils placèrent les enfants dans un grand sommeil  et  interdirent également aux femmes de transmettre la vie pour limiter les naissances.
Les dieux mécontents de ce sacrilège,  les punirent ; ils envoyèrent des  boules de feu de plus en plus grandes sur la planète.  La famine était de plus en plus certaine et le peuple tomba malade.  Le roi   prépara   7 vaisseaux  conduits par sa femme  dans l’espace mais  ils n’eurent pas le temps d’embarquer  toutes les personnes saines . Ils  décidèrent d’enterrer dans les catacombes souterraines les autres enfants placés en sommeil  pour les protéger. 10 gardiens devaient surveiller les entrées de ces grottes souterraines, ce sont les entrées sacrées, ils détenaient les savoirs  pour les ramener à la vie et  chacun possédait une partie de la clé des catacombes. Ils devaient se  réveiller  100 ans après la catastrophe .  Toute la vie disparut sur Cérès, les gardiens aussi . Il ne nous reste que les entrées sacrées. Personne ne sait exactement  où elles sont  car Cérès  a de nombreuses  grottes dans son sol.
-          Forcément elles n’ont jamais existé ! Une telle évolution est absurde ! « s’exclamait le roi.
-          Je ne suis pas d’accord, les légendes ont souvent un fonds de vérité, certains indices sont troublants :  Joan  a communiqué  par télépathie avec leur reine, qui lui  a parlé des « entrées sacrées » et ils sont venus dans un vaisseau. Bizarrement  les seules victimes  de cette télépathie sont les enfants et les femmes. Imaginons que ces insectes soient ces premiers habitants ? «  
32.   Joan  allait beaucoup mieux le lendemain,  faire parler l’infirmière avait été plus délicat, qu’elle ne le pensait. Le médaillon l’avait rendue incohérente, superstitieuse.  Cette relique permettait apparemment d’apaiser les dieux, sans doute  Curtis avait-il de meilleurs informations. 
Elle voulut  remettre son uniforme quand elle constata qu’il n’était plus là. Un domestique de la Cour avait apporté des vêtements « plus convenables pour une femme sur Cérès et offerts par la reine  », elle marmonna mais dû admettre que le tissu était magnifique, souple , chaud et léger. La couleur  grise  était changeante, intéressante ; elle lui allait comme un gant. Son esprit se détacha alors  facilement  vers une soirée qu’elle imaginait très agréable.   
Le domestique l’attendait dehors, elle comprit que Curtis ne viendrait pas la chercher. D’habitude il honorait ses promesses, il avait dû être retenu par cette affaire, si cela se trouvait il était déjà en route pour Nouvelle Comore. Elle ne pourrait participer cette fois et soupira.  
On la conduisit au palais,  la reine vint à sa rencontre lorsqu’elle entra dans son appartement : 
« Mon mari a réuni les pairs pour  organiser l’expédition vers Nouvelle Comore, ils sont partis ce matin. Je me suis engagée à vous remettre ceci » dit-elle en lui donnant  le médaillon et une lettre. Joan mit le collier et remercia pour la lettre. Elle la lirait seule. 
 La reine dut penser qu’elle était triste de ne pas avoir vu  son époux , la prit par le bras et lui présenta ses amies les plus proches. En fait Joan était totalement frustrée mais elle n’avait pas le choix.  Son rôle étant d’apprendre le plus possible, elle lui répondit donc dans sa langue maternelle qu’elle  était très honorée de sa sollicitude. Elle  lui sourit , ce fut  à ce moment qu’ arrivèrent tous les enfants. Joan soupira intérieurement, non pas qu’elle n’aima  pas les enfants, mais  la vision  de toutes ces mères dont le centre du monde babillait de manière bruyante,  mouvante et odorante ne la touchait pas.  Joan n’avait jamais été à l’aise lorsqu’il n’y avait que des femmes et des enfants,  elle s’isola un peu.  
Elle pensait à l’équipe, elle regrettait l’adrénaline du départ, elle regrettait de ne pas l’avoir vu. Elle voulut lire la lettre mais elle sentit une présence derrière elle, «  Vous n’aimez pas les enfants  ? «  demanda une voix âgée. C’était la grand-mère du petit garçon. 
«  Non, mais je ne suis pas très à l’aise quand ils sont nombreux avec leur mères, je me sens un peu à part, je n’ai pas vraiment cette vie là, je travaille moi , je n’ai pas le temps. A New York  quand on a mes diplômes et ma carrière on envisage un enfant à 35 ans. » 
-          Quel âge avez-vous ? Entre  25  et 29 ans, pas plus? C’est çà ? »Elle acquiesça. La vieille dame rit de bon cœur. «  c’est que vous  n’avez encore rien compris, un enfant vaut tous les sacrifices du monde si on aime l’homme avec lequel on le  fabrique, je peux vous le dire.« Joan rougit jusqu’aux oreilles, si elle savait. 
-           « Ce n’est pas cela .  
-            Ce n’est que cela qui vous retiens ? «   
-            Mais c’est toute ma vie, à l’heure actuelle je devrais être dans le vaisseau et être prête à les aider, pas avec des sourires, des cafés,  une robe longue de luxe mais avec mes tripes ! « dit-elle d’un air passionné.  
La vieille dame l’examina sérieusement, elle ne s’était pas trompé en lui donnant le médaillon, elle lui prit les mains «  Je vous attendais depuis si longtemps »Joan la regarda étonnée, la vieille dame la prit énergiquement par la main. «  Suivez moi, vous allez pouvoir les aider comme vous le désirez » . La vigueur de la vieille dame était surprenante car elles marchèrent presque une heure à un rythme rapide. Elle l’emmena à travers un dédale de couloirs, puis elles descendirent des dizaines d’escaliers, reprirent des couloirs souterrains en terre cette fois jusqu’ à une salle humide mais éclairée par des torches. Au centre un autel, richement sculpté, sur les murs des fresques , Joanne lisait la légende comme une bande dessinée.  Elle réalisa alors qu’il pouvait y avoir tout une population sous terre.  
«  Nous sommes ici à  l’entrée sacrée de Laputa, derrière il ya le tombeau de Cérès, la légende dit que seule une jeune femme est digne d’entrer et de porter  les reliques des gardiens. «  Elle sortit alors une parure, dont venait son médaillon : il y avait une sorte de serre-tête, un plastron auquel il manquait son  aile , une ceinture et des bracelets. La finesse du motif, l’aspect du métal lumineux en faisait quelque chose de magnifique. Joan les enfila, remit son médaillon dans le plastron : « C’est fait pour vous, vous êtes grandiose, dire que j’ai attendu toute ma vie ce moment 
-          Vous ne l’avez jamais mis ?  
-          Vous savez chez nous les femmes sont mariées très jeunes, je n’ai pu terminer mes études d’archéologie qu’après la naissance de mon troisième enfant et seulement avec l’autorisation de mon mari. Il est mort il y a 2 ans, j’ai enfin pu découvrir le souterrain. Lorsque j’ai mis la parure, je ne l’ai pas supportée, j’ai ressenti une douleur affreuse dans mon ventre. Vous ne sentez rien, n’est-ce pas ? 
-          Non. Vous ne croyez pas à cette religion alors ?  
-          Non, bien sûr que non, même si en lisant bien les textes, je me suis rendu compte qu’il fallait les respecter à la lettre. C’est ce que j’ai fait avec mon petit fils pour le sérum. C’est une civilisation fascinante, je ne m’attendais pas à cette forme de vie. Ces êtres ressentent les choses comme des humains, je ne pensais pas qu’il pouvait s’agir d’un type d’insecte.   Lorsque vous passerez cette porte, derrière laquelle je ne peux vous suivre sans souffrir ce que vous avez souffert avec la reine, il devrait y avoir un couloir qui aboutit à ce que le livre appelle » le cœur de Cérès », sans doute le centre névralgique de ce peuple en léthargie et vous devriez pouvoir aller jusqu’aux autres entrées, car tout communique. Je pense qu’il faut vous contenter d’observer, ne touchez à rien et revenez. On se fixe 1 heure, je vous attends ici. Comme je vous envie, savoir enfin ce qu’il y a la derrière ! » 
 Joan la regardait pendant qu’elle parlait, cette femme avait sacrifié sa vie pour sa famille, elle se demanda si elle le ferait pour vivre avec lui. Le lui demanderait-il ? Elle réalisa qu’ils avaient beaucoup de choses à discuter tous les deux, elle qui croyait le connaître   mais aussi se connaître elle même.  Décidément, cette mission allait changer sa vision des choses, ses choix.  
« Au-delà d’une heure je retourne au palais, je préviens votre époux dès qu’il rentre et nous verrons comment vous sortir de là, vous m’écoutez ? «  Joan acquiesça. Elle était prête, l’adrénaline montait, elle adorait çà. C’était pour cela qu’elle faisait ce métier.  


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Mar 25 Aoû 2015 - 20:59
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Elaine
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
-          33. Dès que le dôme de Nouvelle Comorre s’ouvrit Johnson obtint la liaison avec le cyberlabe  et rappela ses équipes pour faire un premier bilan. La vue était terrible, des insectes géants couchés, morts  dont la putréfaction semblait très rapide mais  les dizaines d’habitants morts n’étaient finalement pas si nombreux en comparaison avec la population totale de la cité. Où étaient –il allés ?  
Lorsque Curtis prit connaissance de la situation, il fut soulagé ;  ce ne serait peut-être pas le carnage tant redouté,  il pensait à la légende de la population souterraine, mais où chercher ? Ce fut  le professeur qui évoqua tout autre chose au moment de l’atterrissage « contacte les autres vaisseaux, dis leur de  mettre des combinaisons anti –épidémiques, nous avons un autre ennemi, Curtis : yersinia pestis.  Les insectes sont infectés, le liquide verdâtre est rempli de bacilles, c’est du pus du bubon pesteux. Il faut commander de la streptomycine en masse aux industries pharmaceutiques, car  l’incubation dure de 3 à 6 jours et cela fait  2 jours que nous sommes ici. Il va falloir contrôler chaque participant à cette mission,  se protéger et traiter  la zone. » 
EN entendant ces mots il fut décidé de conserver les équipes de Johnson, peut-être déjà contaminées et du cyberlabe pour trouver les habitants survivants dans un délai de  4 heures. Pendant ce temps les autres vaisseaux prendraient les mesures prophylactiques nécessaires, une alerte sanitaire avait été proclamée, les industriels pharmaceutiques et les instituts mobilisés. Carthew fut prévenu, il proposa des livraisons d’antibiotiques. Curtis fut surpris de l’efficacité logistique du roi . 
Les équipes se répartirent des secteurs, Curtis sentit de nouveau quelque chose qui l’attirait, comme pour le petit garçon.  Il suivit son intuition, le reste des futurmen  dans ses talons. Le roi demanda où il allait, « Il ne sait pas encore majesté, mais Curtis a toujours été très télépathe ». Arrivés  dans une cave encombrée du palais, il trouva  un bas relief ancien, l’explora jusqu’à ce que le mur se soulève : à sa grande surprise un couloir. Il semblait interminable mais aussi bruyant. Une demi-heure plus tard ils avaient trouvés environ 200 personnes prostrées, hommes, femmes et enfants dans une salle . Leur joie fut immense quand ils comprirent qu’ils pourraient sortir, mais la crainte de l’épidémie vint jeter un voile sur la libération.  
Tous étaient capables de remonter  avec Crag et Mala et le firent sans demander leur reste. La sensation ne le quittant toujours  pas, Curtis resta, se concentrant, il regarda alors à ses pieds, de la terre battue irrégulière. Il gratta du pied, en dessous le sol n’était pas irrégulier mais sculpté. 
«  Tu dois suivre le fils, «  entendit-il, son pieds suivit donc le creux du relief ,butta sur un anneau,  il y avait une trappe, une grande trappe ; il la dégagea entièrement .Il tira sur l’anneau qui déclencha un mécanisme , faisant glisser le sol latéralement pour dégager un couloir assez large, en fait non, plutôt un toboggan, il s’élança sans réfléchir.  
« Capitaine !  
-          Restez où vous êtes, si je ne suis pas revenu dans une heure, vous viendrez me chercher ! puis la voix se perdit ;  
Xunk était soulagé, la créature avait trouvé l’entrée sacrée, il s’écroula, mort. 
28.   Joan s’approcha de la porte, la toucha, la surface  en contact s’illumina et  celle-ci s’ouvrit automatiquement . Ce fut ainsi pour toutes les autres, même ses pas dans les couloirs  étaient lumineux et sur les côtés progressivement tout s’éclaircissait. C’était splendide,  de drôles de gouttes  nacrées, pendaient  le long des couloirs, elle voulut s’approcher mais une vitre l’en empêchait. Cependant elle vit que ces grappes remplissaient un espace énorme. Elle continua d’avancer, les « gouttes » laissèrent la place à des murs de plusieurs mètres où il y avait des portes rondes. L’équipement semblait très avancé. Chaque porte ayant une poignée, elle en prit une, tira et  tout un tube se déroula, ébahie , elle vit  un criquet mais d’une autre taille, d’une autre couleur, noir avec de belles tâches jaunes orangées .  Elle comprit que c’était un jeune.
Sa découverte ne passait pas inaperçue, l’Etre voyait les témoins lumineux de son vaisseau se rallumer « incroyable, quelqu’un est entré «  Joan sentit sa présence immédiatement et pensa  «  Oui, je suis dans votre sanctuaire, je ne veux pas vous faire de mal.
-Que veux-tu alors ?
-comprendre, pour que ce gâchis s’arrête, mon espèce est menacée par la vôtre, 
-la nôtre aussi ! Vous nous avez exterminés ;si les vôtres  découvrent  cet endroit ils pourraient tous nous faire disparaître. C’est trop tard ! La guerre ira jusqu’au bout, dans l’honneur ! Ce secret disparaîtra avec vous ! « 
Joan sentit alors que la reine essayait de nouveau de la faire souffrir, mais elle était faible. La douleur était supportable, Joan se demanda si  la parure la protégeait.
« Pourquoi faites vous cela si je suis prête à vous aider? Dites moi ce que vous vouliez en arrivant ici ! « La douleur stoppa.
L’Être était à bout de force , 7/100, elle n’arrivait pas à croire ce  que cette créature disait. Elle pensa à Xunk, il lui avait dit que ces créatures n’étaient pas comme les autres, était-ce possible ? Elle sentit alors la présence  de quelqu’un d’autre, mais ne pouvait rien faire, c’était un homme. Peut-être pouvait-elle dire la vérité :
«  Nous sommes le 7ème  vaisseau qui était parti lorsque cette planète devait disparaître sous une pluie de météorites. Nous avons cherché puis  trouvé une autre planète habitable, dans un autre système solaire à des millions d’années lumières, deux de nos vaisseaux y sont restés. Le trajet  retour  nous a décimés, nous sommes les derniers survivants .Nous revenons chercher les nôtres pour fortifier  cette nouvelle colonie mais la maladie nous ronge, l’énergie nous manque et les vôtres  nous empêchent d’accéder à notre peuple.  Le « sanctuaire » comme tu le désignes,  est   un vaisseau, le plus grand et le dernier qui n’a pas réussi à décoller. Nous l’avons enterré pour le protéger. Voici l’histoire, elle se termine, je n’ai plus l’energie suffisante pour réactiver cette cité.
-          Nous l’avons peut-être, si vous nous laissez vous approcher » répondit l’homme, qui se précipitait vers la femme. Il la protégeait. L’Etre se souvint  alors que son autre Être était là aussi.
-          Tu peux communiquer avec moi ?
-          Oui, Xunk m’a montré comment faire et  vous n’êtes pas les premières créatures télépathes que je rencontre. Dites  moi ce qu’il faut faire pour vous sauver
-          Pourquoi veux –tu le faire ?
-          Toute créature a le droit de vivre, toute civilisation  est digne de survivre quelque soit ses actes. Si vous nous garantissez que vous n’attaquez plus les cités et les hommes, que vous quittez notre système solaire,  nous vous aiderons.
-          Quel est ton nom ?
-          Curtis Newton.
-          Alors Curtis Newton, rends toi au cœur de notre vaisseau, suis la femme car elle seule peut l’activer grâce à son armure. Réveilles d’abord l’Etre, il t’expliquera. ..je m’épuise. «
29.   Ils coururent dans la rampe qui descendait , seuls les pas de Joan illuminaient le sol et les murs continuaient d’aligner des caissons, des milliers de caissons, combien pouvaient-ils être ? Quelle taille avait donc ce vaisseau ?
«  Comment as-tu fait pour te trouver ici ? demanda Curtis tout en courant,
-          C’est  la grand-mère du petit, elle m’y  a conduite. Elle est archéologue, elle m’a mise la parure et j’ai continué. ..
-          On en parlera plus tard «  dit-il en grognant.
Il en avait gros sur le cœur, après ce qu’il lui avait écrit  mais ce n’était pas le moment. Il devait se concentrer et  arrêter de voir en elle  sa vulnérabilité, la reine risquait de le comprendre. Ils s’arrêtèrent devant  une porte, encore une,  Joan  la manipula comme les autres. Ils étaient arrivés au cœur. Devant eux  un avant corps  gigantesque de criquet  dressé à la vertical et les surplombant d’environ 4 mètres, derrière une paroi vitrée, il était relié  à la pièce. Il portait une structure en diamant et dans ce métal inconnu qui luisait comme du titane. Le roi, ils en étaient persuadés. Joan s’approcha d’une sorte de pupitre, Curtis la retint, elle vit qu’il avait peur pour elle. Elle le regarda « Laisse moi faire, je le veux, si cela se passe mal, ne te reproche rien . En ce moment Diane contacte sans doute notre équipe, ils viendront et cela risque d’être trop tard. Nous devons éviter ce carnage, tu le sais aussi bien que moi. » Il baissa les yeux. Elle monta sur l’estrade , qui s’éblouit et déclencha la mise en route de nombreux circuits. Le verre se souleva, ils virent le criquet se réveiller progressivement.
«  Qui êtes vous ? « demanda le roi mais cette fois seul Curtis l’entendit. Il sentit  l’ordre impérieux et  une douleur sourde l’envahir, en même temps qu’une ponction de son énergie. Il fallait faire vite. Joan comprit avec horreur qu’il vivait ce qu’elle avait subit, elle pensa très fort à la reine.
« Des humains,  nous voulons vous aider à repartir vers une autre planète…la reine nous a envoyés….
-          La reine est revenue ?
-          Oui, je suis là, je  n’ai plus d’énergie et une maladie me ronge, laisse les nous aider…donne lui l’armure …
Curtis fut immédiatement lâché, il s’écroula, Joan se précipita vers lui , une énorme patte  appuya sur un clavier : un plateau s’avança. Curtis était vidé, il n’arrivait plus à se lever, les jambes coupées. Ce fut Joanne qui prit  la parure et la lui mit. Aussitôt  la communication et l’énergie revenaient, il se demandait quelle science ces insectes utilisaient pour obtenir de telles réactions.
Très vite il sut comment agir, instinctivement, comme s’il avait toujours piloté ce vaisseau, des données envahissaient son cerveau et le faisaient agir. Il restait  conscient. Joan aussi semblait l’assister.
Dehors  les vaisseaux de Laputa  avaient commencé à redécoller pour rapatrier les habitants, et le cyberlabe attendait, il restait 10 mn.  Mala n’en pouvait plus,  les disputes avec Crag commençaient à s’envenimer, même Ezzra  n’y tenait plus. Quand tout d’un coup ils sentirent le sol trembler, trembler de plus en plus fort, ils se regardèrent d’un air livide. Comment leur capitaine allait-il survivre sous terre, était-ce lui qui avait tout déclenché ?
Le sol commençait à se fissurer, les bâtiments s’écroulaient les uns après les autres : le professeur donna l’ordre de décoller et l’équipe le cœur serré regardait la ville de Nouvelle Comorre se détruire toute seule. Les cadavres disparaissaient dans les crevasses, glissaient lentement. C’était la fin, mais progressivement ils virent monter une énorme colline. Une colline très longue, qui montait, montait, la terre tombait de cette colline et tout d’un coup ils comprirent que c’était un vaisseau, un vaisseau d’une taille inimaginable. Ils reçurent un signal, Curtis apparut avec Joan sur l’écran, Mala et Crag hurlèrent de joie.
30.   Lorsqu’ils sortirent du vaisseau encadrés par  une dizaine de géants , l’équipe du cyberlabe n’était pas trop confiante, mais en l’espace de deux  jours les insectes avaient démontré leurs bonnes intentions et leur efficacité. La reine et les derniers survivants avaient été revitalisés , le vaisseau mère  comportait un centre de soin. Les criquets  déblayaient leurs cadavres et les brulaient pour tuer la peste.
Seul le corps de Xunk fut laissé en place, vitrifié  dans une obélisque  transparente  à la mémoire des premiers habitants de Cérès, les Acridiens .  Curtis voulait laisser un témoignage de leur passage sur Cérès, le roi et la reine avaient choisi comme symbole leur fidèle conseiller, mort pour avoir cru en la réconciliation. Les noms des combattants tombés à  la guerre contre les cités furent gravés sur une face latérale, sur l’autre face  la liste des victimes des cités. L’épitaphe centrale racontait leur histoire, le périple des Acridiens.  Le roi de laputa se déplaça avec sa cour pour sceller la paix, Curtis et Joan servaient d’intermédiaires. Le gouvernement interplanétaire respirait, le système solaire ne risquait plus d’invasion, la mission était un succès total. Les nouvelles de Laputa étaient plutôt bonnes, l’épidémie était circonscrite, la prise d’antibiotique anticipée avait été salutaire. Le roi  de la cité attendait leur retour, Carthew  les avait félicités , l’heure était aux festivités.
Loin de ces mondanités  Joan et Curtis supervisaient  les  dernières manœuvres sans relâche.  L’équipe s’inquiétait, ils ne s’étaient pas reposés depuis plus de 48 heures et lorsque les deux vaisseaux décollèrent pour quitter définitivement Cérès, le professeur décréta le repos obligatoire. Crag se chargea de les maîtriser et de les placer en sommeil  forcé, ils ne se réveillèrent pas quand le personnel  du palais prit  le relais et  les coucha côte à côte dans leur suite. Ils n’entendirent pas les plaisanteries d’Ezzra et Mala, ni le soulagement général qui régnait.
Quand Curtis ouvrit les yeux, c’était parce que quelque chose lui chatouillait le nez. Encore dans le brouillard, il sentit contre lui un corps très doux, qui le complétait parfaitement, celui de Joan. C’était ses cheveux qui le caressaient, elle était entièrement lovée contre lui, il la trouvait magnifique et ne put résister. Ses mains parcouraient son corps. Elle commençait à se réveiller en marmonnant, son corps remuait doucement, ses yeux bleus embrouillés le regardèrent étonnés, il l’embrassa gentiment, puis de plus en plus intimement. Elle répondait à son attente plus qu’il ne l’avait rêvé, c’était l’entente parfaite. Elle était faite pour lui. Ils se découvraient avec délice,  au petit matin, dans le silence du palais. Les jeux de lumière de l’aube rendaient leurs échanges plus mystérieux, plus délicieux ; Elle n’avait jamais connu un homme aussi aimant, aussi doux et en même temps aussi présent. Elle avait envie de lui appartenir, il la prit. Joan se rappela alors les mots de Diane, pour la première fois de sa vie, elle avait envie d’un enfant. Curtis la regarda  et comprit qu’il ne pourrait plus vivre sans elle.
Lorsque Joan se réveilla, le soleil était beaucoup plus lumineux,  il n’y avait plus personne à côté d’elle. Juste le bruit de la douche.  Elle était bien, s’étira et décida de se lever , elle vit ses vêtements  par terre et les ramassa. Un papier en tomba. La lettre. Elle l’avait complètement oubliée. Elle enfila  son peignoir et la mit dans sa poche. C’était la première fois qu’il lui avait écrit, sans doute pour la mission, ce serait un souvenir de l’endroit de leur première fois. Elle se rendit dans le salon, elle avait senti l’odeur du café et effectivement tout était sur la table. Elle se posa sur une chaise les jambes repliées avec sa tasse, la lettre retomba et s’ouvrit cette fois.  Elle la lut, l’émotion la submergea, elle ne s’attendait pas à cela
A vous regarder sourire, à vous aimer sans rien dire, c’est là que j’ai compris..
Elle courut jusqu’ à la chambre
Elle fut longue la route , mais je l’ai faite la route, celle là qui menait jusqu’à vous
Elle le vit , beau comme Apollon, juste vêtu d’une serviette nouée sur la taille
Qu’importe ce qu’on peut en dire, ma plus belle histoire d’amour c’est vous
Tant pis il serait en retard.
Quand ils rejoignirent l’équipe deux heures plus tard, ils  firent comme si de rien n’était mais personne n’était dupe et évidemment Mal et Crag n’étaient pas  en reste avec leurs regards taquins. » Bien dormi, capitaine ?  Pas trop fatiguée, Joan ? «  Curtis et Joan se sourirent, ils trouvaient leur côté entremetteur  très mignon et touchant au début, le problème c’est qu’ils n’arrivaient pas à s’arrêter. Le cyberlabe devait subir une révision complète et à force de plaisanter, ils perdaient tous du temps  pour dresser le premier bilan et planifier les réparations. Curtis sentait l’exaspération l’envahir, il regarda Joan,  puis son équipe,  il la prit par la main et la tira rapidement vers lui. Elle eut à peine le temps d’être surprise qu’il l’embrassa passionnément devant tout le monde. Lorsqu’il  la relâcha face à son équipe ébahie. «  Bon, c’est clair pour tout le monde ? On peut travailler maintenant ? S’il y a encore une quelconque plaisanterie je vous assomme. » Joan était sans voix, il assumait leur histoire beaucoup plus naturellement qu’elle même.
28.   Trois mois intenses, ils avaient pu vivre ensemble  trois mois, c’était inespéré, Joan  avait d’abord pensé qu’ils partiraient au bout de 8 jours, juste le temps de remettre en état les parois extérieures du cyberlabe mais le roi  leur avait demandé de rester pour les assister auprès de la population. L’épidémie avait fait quelques victime  parmi les personnes agées , mais l’antibiothérapie avait fonctionné. La surpopulation de Laputa  due aux réfugiés posait d’autres enjeux, l’approvisionnement, le logement, l’hygiène et surtout la sécurité. Leur expérience avait été utile pour canaliser les débordements au moment des distributions de nourriture. La hiérarchie sociale ne pouvait plus être respectée, les émeutes se multipliaient. Les événements et la promiscuité  avaient fait se rencontrer des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer dans la société inégalitaire de Cérès. Curtis avait demandé au roi de faire adopter une réforme pour calmer la population ; son aura et le soutien de Diane de Tahar permirent de convaincre les pairs, qui avaient peur de perdre le pouvoir par la violence.
Désormais l’égalité de droit régnait, il fallait encore qu’elle rentre dans les mœurs. Joan s’y était consacrée durant ces quelques semaines en organisant des réunions civiques. Le débat citoyen était lançé, elle était fière de ce qu’ils avaient initiés. Le royaume n’était pas encore démocratique, mais les sujets étaient devenus citoyens.
Cela faisait maintenant deux jours qu’elle n’était pas bien, l’angoisse  l’empêchait de dormir, quatre heures du matin. Elle le regardait , écoutait son souffle. Ils reprendraient la route demain et elle n’avait pas parlé avec Curtis, quel était leur avenir ? Elle savait qu’il l’aimait et il était l’homme de sa vie, mais ce n’est pas avec des idéaux qu’on organise sa vie. Ezzra lui avait déjà demandé si elle continuerait de travailler à New York, Mala et Crag avaient déjà dit qu’ils lui feraient de la place sur Tycho et elle,  elle ne savait pas ce qu’elle voulait et surtout ce qu’il voulait. Rien que d’y penser elle était nauséeuse. Si  seulement ils étaient partis plus tôt, elle aurait pu prendre davantage de distance. Elle avait toujours pensé qu’une relation souffrait du quotidien,  elle avait longtemps imaginé, lorsqu’ils n’étaient pas ensembles, qu’ils ne se verraient que ponctuellement et donc forcément passionnément. Cela faisait trois mois qu’ils vivaient ensemble et elle était bien embêtée de s’être si bien habituée à lui, leur intimité avait renforcé leur relation, ce n’était pas seulement passionné, mais aussi très agréable, très doux.
Elle se leva, alla dans le salon, elle eu le tourni.
« !joan ! Joan » deux yeux gris inquiets  la fixaient, il la soutenait, elle était par terre.
«  Qu’est-ce qui t’arrive ?
-          J’ai dû faire une crise de spasmophilie comme lorsque j’étais étudiante, tu peux m’aider à  retourner me coucher, j’ai la tête qui tourne encore. » dit-elle d’une voix peu assurée.
Il la porta et la posa doucement sur le lit, il l’observait «  de la spasmophilie, hein ? Tu n’aurais rien d’autre à me dire ? «  Elle avait une grosse boule dans la gorge mais ne dit rien.
«  Non, je ne te dis rien, parce que toi non plus tu ne me dis rien. On fait l’amour, on dort , on s’occupe de nos petites affaires, on se retrouve, on fait l’amour, mais as-tu seulement pensé  à la suite , je veux dire à New York? Sur la lune ? Quelle place es-tu prêt à me donner ? Dois-je sacrifier mon travail  comme Diane pour obtenir  d’être à tes côtés ? «  Il la regardait  très tendrement , elle le défia du regard et  il anticipa son geste d’impatience en l’enlaçant, elle voulut se dégager.. Il la regarda alors si intensément, si chaleureusement, qu’elle se sentit faiblir, elle détourna le regard, il lui prit le menton très doucement et déposa un baiser sur ses lèvres.
« -muffle ! Ce n’est pas loyal. Dit-elle en se dégageant un peu et en baissant les yeux en boudant.
-Au contraire, c’est la chose la plus honnête que j’ai  faite de ma vie,  Joan, t’aimer.
-  je te déteste, tu sais combien je te déteste quand tu me parles comme çà ?  On a l’impression que tu réponds, mais en fait tu  es toujours dans les rêves, je veux plus que des rêves Curtis. Il faut que je sache  à quoi m’en tenir.
- je ne suis pas seul à décider, quelle vie veux-tu , Joan ?
- Tu ne t’en tireras pas comme çà, c’est à toi de t’engager en premier.
-pourquoi , parce que je suis un mec ? Je trouve ton raisonnement très macho, Joan,  «  fit –il avec ironie.  Elle n’en pouvait plus, il la baladait, il ne comprenait pas, les larmes montèrent plus vite qu’elle ne le voulait. Elle lui tourna le dos.  Elle l’entendit sortir de la chambre , s’habiller et sortir de l’appartement. Elle pleura franchement et eu envie de vomir.
5h 30 du matin, Curtis regardait Joan, qui s’était rendormie, elle avait pleuré, il le voyait. Il ne voulait pas qu’elle pleure, il lui avait donc dit ce qu’il n’avait jamais dit à personne d’autre, ne le comprenait-elle pas ? Il l’embrassa sur la joue et  la réveilla doucement, elle avait  les yeux tristes ; «  Je suis désolé Joan de t’avoir blessée, je suis juste allé chercher ceci. « dit-il en montrant un écrin assez grand. Elle se redressa, le regarda, il le lui remit et elle l’ouvrit. A l’intérieur un  médaillon assez grand, avec une chaîne  finement travaillée , qui ressemblait à sa montre et au centre une bague ancienne.  «  C’est la bague de fiançailles de ma mère et son collier. Lorsque je t’ai rencontrée  j’ai tout de suite pensé à elle, je savais que  je te les proposerai un jour. Je ne veux plus te quitter, j’ai besoin de toi et pour moi il n’y a pas de marche arrière possible. Peu importe où nous vivrons et ce que tu veux faire toi de ta vie, je ne te lâcherai pas si tu acceptes de les porter pour moi. Je  serai là. Ma famille  sait  que je resterai à tes côtés, Carthew le sait aussi puisque je lui ai demandé de surseoir à l’annulation de notre mariage. C’est toi qui choisis, je m’organiserai en conséquence. Il faut juste que tu saches que je ne divorcerai jamais. Ce collier s’activera avec ton ADN, si tu te décides pour moi, ce sera  jusqu’à ce que la mort nous sépare. » Elle n’avait jamais connu une telle montée d’adrénaline, elle souffla fort, le regarda droit dans les yeux. Ma grande c’est maintenant qu’il faut se décider, tu l’as voulu. Elle avança la main un peu tremblante «  jusqu’à ce que la mort nous sépare, mon amour », il lui mit la bague et prit le médaillon avec lequel il lui piqua le doigt. Une goutte de sang perla et rentra à l’intérieur. Aussitôt le médaillon s’illumina et elle vit une petite planète apparaître, entourée d’anneaux. «  J’attends un bébé Curtis » et ils firent l’amour comme si c’était la première fois.
37. Un peu plus de  six mois plus tard, salle d’accouchement  de l’hôpital de New York, Joan avait fait un dernier effort. Elle entendit un cri, il lui serra la main : c’est alors que la sage femme lui posa sur la poitrine un petit être tout chaud, tout petit mais curieusement très vivant. L’adrénaline  remonta à son maximum, son cœur battait la chamade,   elle se plongea  dans ses yeux gris reconnaissant .
Dans la salle d’attente toute l’équipe tournait en rond, Mala et Crag étaient insupportables, le professeur planait d’un bout à l’autre lorsque Ken, Ezzra et un jeune agent en uniforme rouge arrivèrent : « Alors ça y est ?
-          Pas encore, cela fait 5 heures maintenant. On aurait dû l’emmener chez nous. « 
A ce moment  la sage femme leur fit signe de rentrer dans la chambre 227, tout c’était bien passé. Curtis était assis sur le lit en tenant dans ses bras sa femme, qui portait leur  bébé ,  William Simon Newton.  Toute la famille était là, apaisée. Ken était tellement heureux pour eux qu’il mit du temps à réaliser que sa petite amie n’avait pas osé le suivre. Il voulait la présenter à son père et sa mère, même si ce n’était pas les vrais, en fait si , c’étaient ses parents, il avait eu le privilège de les choisir. Et il était bien tombé. Il la chercha dans la salle d’attente ; Hélène  le regarda , timide « Viens, je voudrais te montrer  le plus beau moment  d’une vie », il la prit par la main et  l’enlaça  affectueusement ;  ses beaux yeux gris  le regardèrent avec tendresse. Lorsqu’ils rentrèrent Ken fit les présentations, « Je voudrais vous présenter ma fiancée, tout jeune agent comme moi, Hélène Sinclair », Hélène félicita les jeunes parents  comme c’était la tradition mais Joan  et Curtis eurent une drôle de sensation en croisant son regard. Il avait quelque chose de connu, de familier. «  Votre visage me dit quelque chose, Melle Sinclair,
-          Je ressemble à  ma mère, capitaine, elle m’a dit qu’elle vous avait rencontré  il y a quelques années avec ses amis,
-          Comment s’appelait-elle ?
-          à l’époque elle s’appelait Marie  Smith. « Fit-elle en souriant  au bébé, elle ne vit pas le visage livide de Curtis sous  le regard inquisiteur de Joan.
Lorsque tout le monde fut sorti, Curtis n’osait pas regarder  sa femme. Il sentait que cette fois elle n’allait pas le lâcher, il fit une tentative d’au revoir .
« Oh, non mon cher, maintenant tu  vas cracher le morceau ! As-tu oui ou non eu une liaison avec  cette Marie Sinclair / Smith et Sophie ?
-          est-ce que c’est si important, c’était bien avant nous » fit-il en essayant de la câliner. Elle le regardait droit dans les yeux.
-          « Si  cette Hélène est  ta fille, cela a des conséquences encore aujourd’hui sur notre enfant.
-          C’est possible, mais je n’en ai pas de confirmation, ni eu d’annonce. Si Marie était enceinte de moi je l’ignorais, je ne l’aimais pas,  j’ai tout fait à vrai dire pour couper les ponts.
-          Racontes moi pourquoi.
-          Décidément quand tu as une idée en tête ! Cela va faire 10 fois que tu remets cette histoire sur le tapis. Si je ne t’aimais pas je me poserai des questions sur ton équilibre hormonal !
-          Tu le fais de toute façon, allez cela ne peut pas être pire que ce que je t’ai avoué, non ?
-          C’est vrai cette histoire de pervers qui organise des parties à trois, fallait la trouver. «  Il soupira. «  Bon, à l’époque comme tu le sais je découvrais la vie nocturne, j’avais envie de sortir de ma préparation militaire et d’échapper au professeur.  Lorsque cette bande de 4 copains plus âgés m’ont proposé de les rejoindre,  j’avais besoin  de comprendre l’amitié  et j’ai sauté sur l’occasion : c’est le cas de le dire,  j’ai d’abord mis Sophie dans mon lit puis Marie la semaine suivante.  Les garçons me sont tombés dessus, j’ai compris que je mettais en péril leur petit groupe, j’ai donc trouvé une astuce pour tout remettre en place. Lorsque nous sommes allés jouer au casino, j’ai proposé de mettre en jeu les filles. Personne ne s’est dégonflé, puisque Marie  était persuadée que je m’arrangerais pour la gagner. Or  j’ai triché pour être le perdant, j’avais même déjà contacté Tycho pour qu’ils viennent me chercher.  Marie m’en a beaucoup voulu, elle m’a fait les poches , dénoncé auprès du directeur du casino. Résultat : je me suis battu avec ses gardes et la police nous a arrêtés, j’ai passé 48h  en garde à vue. Autant  te dire que je n’étais pas fier quand Simon est venu  payer la caution, il n’a rien dit, tu le connais. Je ne suis plus jamais allé les voir, tu t’en doute, mais à cause de cette histoire j’ai un casier judiciaire qui m’a empêché d’intégrer la police et même l’armée. 
C’est tout ? « Joan était ébahie par la simplicité de l’histoire. Elle se mit à rire de bon cœur et l’embrassa , il la regarda en fronçant les sourcils, les femmes sont quand même des êtres à part

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Mar 25 Aoû 2015 - 21:49
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Frégo 80
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
Coucou Élaine!

Merci de nous faire redécouvrir cette histoire! Good Master Master Master

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La Liberté est celle de dire deux plus deux égale quatre. Si cela est acquis, tout le reste suit. (George Orwell dans 1984).

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Mer 26 Aoû 2015 - 00:49
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flamme
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Sujet du message: [fan fiction] Les trois fléaux de Cérès
Décidément, Elaine, tu nous gâtes... Good Best Master

J'aimerais bien être comme Mala, et même Crag: ne pas avoir besoin de dormir! Ça me donnerait le temps de tout lire en une nuit... Very Happy Unbelievable

Il y a vraiment longtemps que je l'ai lue, celle-là, ça me fera faire un agréable voyage dans le passé... Best

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