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Captain Future Fans Forum Index du Forum Fan fictions [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
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Ven 13 Déc 2013 - 14:39
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Bonjour à toutes et tous !

Il était une fois une histoire née de l'imagination de Frégo 80 lors d'un mini-défi à 10 mots. Cette histoire ayant eu beaucoup de succès, il lui fut rapidement suggéré d'en écrire une suite. L'aventure a duré de longs mois sur Futurefans.de et se poursuivra désormais ici.

Pour une commodité de lecture, nous allons ouvrir trois posts, pour chacune des différentes parties de cette aventure. La première retrace la révolte à bord du Balkan et le séjour sur le Météore, la deuxième ce qui leur arrive une fois qu'ils sont parvenus à quitter le Météore, et la troisième... qui est en cours.

Bonne lecture à toutes et tous !

Limeye



Prologue

Joan était à son bureau, il était 22h. Sa lumière était éteinte et seul les néons de l’immeuble d’en face éclairaient son visage. Dans sa tête, ça tournait comme un moulin à eau. Elle songeait avec un mauvais pressentiment à cette nouvelle mission qu’Anders avait confiée à Ezra et à elle-même, presqu’en présentant ses condoléances. Dans 3 jours, ils devront, à bord du vaisseau Balkan, escorter une cargaison des pires criminels vers la planète-prison Cerberus.

Cette mission sentait tout sauf le parfum de rose. L’humeur d’Anders avait été sombre. Elle l’avait senti sous pression. Joan sentait qu’il aurait voulu attendre de renflouer ses effectifs avant d’organiser ce transfert. Il y avait une rumeur qui circulait que les prisonniers préparaient une mutinerie qui aurait lieu durant le voyage.

Mais garder ces prisonniers sur terre devenait dangereux. Le ministre de l’intérieur Swan le harcelait à ce propos tous les jours. La haine entre les deux hommes était palpable. Ezra ne portait pas Swan dans son cœur non plus. Quant à Joan, elle avait croisé le ministre à quelques reprises. Chaque fois il lui semblait qu’il l’avait dévisagée avec un mélange d’hostilité et concupiscence.

Joan avait consulté la liste des prisonniers. Kim Ivan, le redoutable pirate et plusieurs de ses comparses comme Molémos, Reluuq et Bora Boru seraient du voyage avec une centaine d’autres. Ça avait pris 4 ans au Capitaine Flam pour mettre fin aux activités de Kim Ivan. Cette affaire avait été un véritable bain de sang du côté des policiers comme celui des pirates. Il n’était pas difficile de s’imaginer la haine que ces prisonniers vouaient au Capitaine Flam. Celui-ci en ferait une syncope s’il n’était pas en mission à l’autre bout de la galaxie et s’il savait que c’était à elle et Ezra qu’on avait confié cette mission suicide d’escorter ces fauves.

Joan savait que tous pouvaient tuer gratuitement aussi facilement qu’écraser des moustiques. Ajouter la haine, le désespoir et la certitude de finir leurs jours sur la planète-tombeau, ça donne la certitude d’une sanglante tragédie. Si cette mutinerie avait lieu, elle y perdrait surement la vie ou elle souhaiterait la perdre. Elle savait pertinemment ce que les prisonniers feraient d’elle. Pourtant, Joan n’avait pas le choix. Elle ferait parti du voyage. Ezra est sa seule famille et elle était décidée à tout faire pour préserver sa vie. Et qui sait? S’ils arrivaient à mener ce voyage à son terme. Ils auront accompli les premiers devoirs du policier : Servir et protéger. Cela clouerait définitivement le bec du ministre et certaines méchantes langues de son entourage.

"Creusons-nous la cervelle. L’instigateur de cette mutinerie sera certainement Kim Ivan. Qu’est-ce je ferais si j’étais à sa place? » Elle échappa un petit rire nerveux. "Ce pirate en ferait une tête s’il savait que c’est moi, la petite fouine blonde, qui me prête à cet exercice !" Elle réfléchit à nouveau. "En tout cas, une chose est certaine. Je m’arrangerais pour connaître le vaisseau Balkan de fond en comble. Il me faut le les plans actuels du vaisseau mais aussi ceux du temps où ce vaisseau était un vaisseau de croisière et se nommait La Mésange Bleue."

"Qu’en est-il de la possibilité des prisonniers de passer quelque chose avec eux ? Ivan a beaucoup d’amis plus que désireux de l’aider. Hum…Ils n’auront que leurs uniformes faits de fibre synthétique traités avec un imperméabilisant. Dans une buanderie de prison, on peut trouver tous les produits chimiques requis pour « cuisiner un acide » et que cela passe inaperçu. Les prisonniers devront être fouillés juste avant de monter à bord. On leur fera enfiler des uniformes neufs par la même occasion pour plus de sureté."

Joan s’installa devant son ordinateur et utilisa Google pour accéder aux renseignements concernant Le Balkan-La Mésange bleue. Anders lui avait donnés tous les codes d’accès à tous les renseignements qui pouvaient l’aider de près ou de loin à la préparation de ce voyage. Anders voulait leur donner à elle et Ezra le maximum de chance d’échapper à la mort. Mais à sa surprise et à sa colère, aucun des codes d’accès ne lui permettaient d’accéder aux renseignements concernant les vaisseaux. Joan pu néanmoins traquer qui avait eu accès à ce site le dernier. Elle vu avec fureur le nom de Swan figurer plusieurs fois à la suite de l’autre. De toute évidence, il avait verrouillé le site. De toute évidence, il voulait l’envoyer à la mort avec Ezra. Elle savait que ni elle, Ezra ou Anders ne pourraient le confronter la dessus, il évoquerait hypocritement les mesures extraordinaires de sécurité.

Dans un accès de rage, elle balaya du revers de la main tout ce qui se trouvait sur sa table de travail. Elle fut interrompue par la voix d’adolescent du petit préposé à l’entretient ménager : "Lieutenant, si vous ne déplissez pas votre front, vous aurez des rides avant 30 ans !" Joan tourna la tête vers Jennings, un jeune homme maigrichon avec des lunettes de fond de bouteille qui rasait les mûres, invisible, insignifiant.

Après une longue respiration elle lui répondit : "Désolée pour le désordre Jennings, vous n’avez pas besoin de cette tâche supplémentaire de ma part après ce que mes supérieurs vous servent comme pensums." Il lui dit avec un clin d’œil : "Lieutenant, nous n’avez aucune idée de ce que j’ai en échange de ces pensums. Pendant qu’on ne me voit pas, moi, je vois tout et j’entends tout ici… Vous savez, il est bien imprudent Swan, quand il tape son nom d’utilisateur et ses codes d’accès. Je peux aussi vous donner de leçons de hacking si vous voulez."

Joan resta interdite un moment et commenta : "Excellent service d’entretient ménager ici! Que voulez-vous en échange ?" "Pas d’insultes Lieutenant." Rétorqua Jennings. "Je veux juste que mon bel ange gardien reste en vie longtemps. Il y a assez de pourris comme Swan ici. Je veux continuer à être invisible et travailler en paix. J’ai toute ma famille à nourrir. Le monde est moins sombre depuis que je sais que vous êtes là. Vous… et le Colonel Gurney aussi. C’est lui qui m’a trouvé cet emploi. Soyez discrète sur mon « passetemps", je n’en demande pas plus." "Marché conclu." Répondit Joan, plus émue qu’elle voulait le laisser paraître.

Au bout d’une heure, Joan eu tous les plans du Balkan et de La Mésange bleue avec des emplacements que Swan avait désignés pour que les prisonniers gagnent les ponts supérieurs. Joan décrypta une série de correspondances entre Swan et Bora Boru (Comment! Cet escroc avait accès à un ordinateur!) Concernant ces plans. Si Kim Ivan avait des plans de son côté, il ne faisait pas parti de celui-ci et il n’était pas prévu qu’il reste en vie.

Elle décrypta aussi ses correspondance avec d’autre membres de la Police interplanétaire (manque d’effectifs mon œil!) qui auraient interceptés et abordés le Balkan juste après la mutinerie au signal de Bora Boru qui croyait qu’il aurait eu la vie sauve. Swan avait prévu la récupérer, elle, pour un traitement spécial comme celui qu’il avait donné au capitaine William Randall (Son père!) Ensuite, Il aurait détruit le Balkan , officiellement pour empêcher des pirates de sévir. Swan aurait pu avoir les mains libres pour évincer Anders et en temps utile, se saisir du gouvernement interplanétaire.

Joan alerta Ezra et Anders en urgence pour démanteler cette conspiration et arrêter Swan et ses comparses. Ils allongèrent la liste des partants pour Cerberus, qui fut retardé de deux semaines; le temps d’ajuster le protocole préventif, prévu par Joan.

13 jours plus tard…dans une cellule du Balkan...

Joan est assise, silencieuse, les genoux remontés jusqu’au menton, le regard fixé sur Swan et 3 hauts gradés déchus de la police interplanétaire, Larson, Mac Nair et Kulikov; également assis appuyés au mûr face à elle. Cela fait 3 jours qu’elle été conduite à cette cellule par Molémos et Bora Boru. "Hé Swan, les Ripoux, on vous apporte la petite gâterie que je vous avais promise; parce que MOI je respecte toujours mes marchés !" Railla Bora Boru. "Profitez- bien d’elle… si vous pouvez dompter cette tigresse !" Et ils l’avaient jetée sans ménagement dans la cellule avec Swan et ses sbires. Les paroles de Bora Boru furent suivies d’un rire sadique de la part de Molémos et par un "Vous me paieraient ça !" fou furieux de la part du Capitaine Flam.

Joan est restée éveillée à observer ses 4 voisins de cellule sans bouger. Elle est sure qu’elle pourrait les tuer tous avant d’être blessée sérieusement mais elle refusait de s’abaisser au jeu bestial que voulait lui faire jouer Bora Boru. Quant à Swan et ses sbires, il n’étaient pas assez braves pour tenter quoi que ce soit.

Joan était alerte mais dans un état de mutisme. Elle tapait du morse sur le sol pour communiquer périodiquement avec Curtis qui était tout aussi malade de peur pour elle qu’il l’avait été il y a 3 jours.


Frégo80
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Ven 13 Déc 2013 - 14:39
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Ven 13 Déc 2013 - 16:36
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Ezra se tenait assis dans un coin de la cellule. Il avait été légèrement blessé à la tête et se la tenait entre les mains. Qu’allait-il arriver à Joan ? Il n’osait même pas l’imaginer… Comment la situation avait-elle pu se retourner ainsi ? Ils avaient pourtant tout prévu… Il repensa aux semaines qui avaient précédé leur départ, les inquiétudes d’Anders, les découvertes de Joan, les précautions supplémentaires qui avaient été prises… Il se revoyait encore surveillant l’embarquement.

Les prisonniers avaient comme convenu changé de vêtements juste avant d’embarquer. Des renforts en hommes avaient été prévus pour surveiller l’embarquement. Joan était occupée à faire le pointage.Quand Swan passa devant elle, il lui jeta un regard qui aurait pu la foudroyer sur place. Elle avait fait échouer son plan.Il avait réussi, autrefois, à se débarrasser de son père, qui avait mis à jour une de ses magouilles de blanchiment d’argent. Heureusement, personne n’avait jamais rien découvert de cette histoire et des lampistes avaient payé à sa place. Mais cette fois, il avait été pris la main dans le sac. Et il allait se retrouver, lui !, le général Swan, dégradé, enfermé avec la lie de la briganderie et de la piraterie interplanétaire, pour passer des années dans les geôles sordides de Cerberus.

Tout cela à cause d’une femme. A cause de Joan Randall.

Ezra se tenait à ses côtés, sérieux, concentré. Il ne regardait pas particulièrement ce que faisait Joan, mais s’intéressait plus au dispositif de surveillance. Un appel retentit sur son téléphone, c’était le signal de la Présidence. Il décrocha aussitôt, mais s’éloigna un peu pour ne pas être entendu des prisonniers, ni des policiers.

- Colonel Gurney ?
- Oui, monsieur le Président.
- Où en êtes-vous de l’embarquement ?
- Nous en avons encore pour une bonne demi-heure.
- Parfait. Vous attendrez avant de donner le signal du départ. Je vous adjoins une équipe en renfort pour le voyage. Ils sont prévenus, ils arrivent. Ils ne devraient pas tarder.
- Vous nous avez déjà octroyé des hommes supplémentaires… est-ce nécessaire de vous priver…
- Il s’agit de l’équipe du Capitaine Flam, colonel. Je lui ai fait part de toute cette affaire et il était tout à fait d’accord pour participer à votre voyage. L’attitude de Swan ne semble pas l’avoir surpris outre mesure. Ils ne seront pas de trop avec vous. Ce transport est presque plus dangereux que l’envoi de déchets nucléaires sur Anthée !
- Merci, monsieur le Président.
- Bonne chance, colonel.

Ezra raccrocha et regarda en direction de Joan. Il restait encore une file d’une vingtaine de prisonniers. Ils en auraient terminé d’ici un quart d’heure. A ce moment-là, une petite équipe de cinq personnes s’avança vers le vaisseau. A sa tête, une grande femme blonde marchait d’un pas décidé. Elle vint saluer Joan et regarda ensuite dans sa direction. Ezra s’approcha.

- Colonel Gurney ?
- Oui.
- Je suis Anasthasia Lou Jenkins. Je suis l’ingénieur en chef, responsable de l’équipe technique du vaisseau.
- Je suis au courant de votre venue.
- Pouvons-nous embarquer dès maintenant ?
- Pouvez-vous me montrer votre fiche d’embarquement, ainsi que celles de votre équipe ?
- Les voici. Avec les autorisations spéciales.
- Merci.

Ezra regarda avec attention les documents. Tout était en règle. Il avait entendu parler de Miss Jenkins. Elle était réputée pour sa compétence. C’était une bonne meneuse d’hommes aussi. Mais d’autres bruits couraient également sur elle. Ezra resta pensif : "pas seulement meneuse, croqueuse aussi ! Il faut dire qu’elle a de sacrés arguments…"

- Vous pouvez embarquer. Vous connaissez le vaisseau ?
- Personnellement, non, mais j’ai étudié les documents le concernant. Par contre, un de mes adjoints, George Mac Clinton, a déjà voyagé à son bord.

Un jeune homme aux cheveux blonds pâles, presque blancs, s’approcha.

- Bonjour colonel.
- Bonjour Monsieur Mac Clinton. Vous connaissez le Balkan ?
- Oui, j’ai déjà participé à deux voyages à son bord, sous les ordres du Capitaine Marlow et de l’ingénieur en chef Stewart.
- Bien, bien. Vous connaissez les quartiers de l’équipage, je suppose ?
- Oui, colonel.
- Vous pouvez y mener votre équipe ? Nous attendons des renforts en hommes, et quand l’embarquement sera terminé, nous vous rejoindrons.
- Merci, colonel, dit Miss Jenkins en lui décochant un ravissant sourire, mes amis m’appellent Lou, vous savez.

Ezra y resta totalement insensible. Elle n’était vraiment pas son genre. Il se détourna et rejoignit Joan.



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Ven 13 Déc 2013 - 16:40
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
- Joan…

Curtis tapait sur le sol en morse. Silence.

- Joan… Réponds-moi !!!

- Curtis… Personne n’a bougé. Je tiens bon.

- Moi, tiens plus le coup, Joan. Ton silence, pire qu’un cri.

- Le temps est pour nous. Jenkins, jamais sortie système solaire. Mazéra, long voyage. À qui ils demanderont aide penses-tu ? Pirates, attendre avant de me porter atteinte.

- Peur que cerveau des pirates, en bas de leur ceinture, Joan.

- Cerveaux en bas de la ceinture, histoire de cette mutinerie, tapa-t-elle.

- C’en est trop avec ce tapage !!!

Mac Nair se leva et bondit sur Joan. Elle s’esquiva, vive comme l’éclair et lui assena un coup violent à la racine du nez. Mac Nair tomba sur le sol, immobile, mort.

- Joan !!! Que se passe-t-il… Joan !!!!, cria Curtis.

**

10e Jour de voyage du Balkan

Anastasia Lou Jenkins était impatiente que ce foutu voyage se termine afin d’obtenir du Général Anders ce qu’elle n’a pu obtenir de l’ex. Ministre de l’intérieur Swan : un tremplin vers le pouvoir. Sortir de l’ombre pour exercer une véritable influence politique. Il ne s’agit pas qu’on découvre son ancienne connivence avec Swan ou ses ambitions partiraient en fumée.

Elle était le chef de l’équipe technique d’un des trois vaisseaux qui aurait dû détruire le Balkan il y a 3 semaines. Elle aurait certes eu un petit pincement au cœur pour le commandant du Balkan, Jethel Théron, son amour de jeunesse, du temps de la simplicité et de l’innocence. Ça ne lui aurait pas plu non plus que la lieutenant Joan Randall souffre indûment. Elle savait ce que ça signifiait d’être une femme dans une profession d’homme. Idéaliste Joan, mais pas idiote. Et territoriale la petite ! Concernant le capitaine Flam, si son regard avait parlé, il lui aurait dit : "Celui-là, Il est hors circuit ma vieille !" On semble lui vouer de l’admiration mais aussi de la haine… déjà.

Il faudra lui demander son truc pour décongeler un bloc de glace comme lui. Quel bellâtre de défenseur de la veuve et de l’orphelin, celui-là ! Que de choses ils auraient pu accomplir ensemble s’il l’avait voulu. Quelle perte de temps ! Quel imbécile ! Ezra Gurney… Bof. Son présent adjoint Mac Clinton, son côté agneau sacrificiel lui brise le cœur. Sa mort lui aurait fait pitié.

Bora Boru, son frère. Elle aurait voulu qu’il soit libre. C’est lui qui a payé à sa place dans une lointaine magouille. Elle sait que Swan l’avait trompée concernant son sauvetage promis. Bora Boru pourrait vendre la mèche la concernant. D’un autre côté, elle sait qu’il veut se dissocier de Swan. On n’aime pas les ripoux dans son milieu.

Anastasia Lou aurait passé outre toutes ces sensibleries si Swan était parvenu à ses fins. Ce n’est pas cela qui la mettait en fureur. Qu’il se soit fait prendre la mettait en fureur ! Et pourquoi ? Il s’est tellement laissé obnubiler par ses plans de vengeance sur la petite Randall, qu’il a surement oublié la prudence avec sa correspondance. Comment peut-on se laisser dominer par ses sentiments de jalousie si près du pouvoir ? Maintenant, elle souhaitait secrètement que ses codétenus lui fassent la peau. Elle en rêvait la nuit.

Elle devait parfois inspecter les dispositifs électroniques du quartier des détenus avec son équipe._ C’est la première fois qu’elle fait partie du voyage d’un convoi de détenus. Les remarques grossières de la part des détenus, elle si attendait, il y avait de l’animosité de la part des gardiens à son endroit, cela aussi elle s’y attendait ; mais les détenus lui disaient aussi : "Allons chérie, on veut juste sortir pour régler le compte des ripoux ! On rentrera sagement après c’est promis ! Une dernière faveur pour des pauvres forçats comme nous !" Elle doit avouer qu’elle était vraiment tentée. Non, elle n’allait pas perdre son sang froid si près du but. Elle doit quand même surveiller certains de ses adjoints, inexpérimentés et influençables.

Ce voyage était éprouvant. Elle réalisait que sa formation d’ingénieure ne lui avait jamais apportée la crédibilité, le prestige et le pouvoir auquel elle aspirait tant. Elle avait épuisé depuis un moment tout ce que ses relations dans ce milieu pouvaient lui apporter comme potentiel d’avancement personnel. Ce serait son dernier voyage avant d’aspirer à beaucoup mieux. Quelle aubaine d’avoir pu ferrer Anders !

Elle irait discrètement passer une dernière nuit avec Théron (Jet) en souvenir du bon vieux temps.

Dans les quartiers de l’équipe technique, Berenson, un mignon larbin naïf à la botte de Miss Jenkins en bavait furieusement de la voir se faire harceler de la sorte par les détenus et les gardiens. Miss Jenkins aime les beaux petits mecs. Miss Jenkins parle dans son sommeil lorsqu’elle le retrouve discrètement dans sa cabine. Dieu qu’elle en veut à ce Swan. Cette nuit, il va lui faire plaisir. Il s’est bricolé un brouilleur d’ondes qu’il pointera à distance vers les quartiers des détenus et le dispositif de déverrouillage des cellules. Il a bien calibré le dispositif, il n’ouvrira que les cellules. La porte d’entrée restera verrouillée. Si les gardes ont pour deux sous de cervelle, ils laisseront les prisonniers s’entretuer.

Cette nuit dans la section des détenus…

- Je vois pas comment on va pouvoir se sortir de ce trou à rats, Kim. Moi en tout cas, je vais finir ça en beauté en arrivant sur Cerbérus ! Il y en a qui crèveront avec moi je te le garantis ! Flam et sa petite copine feront partie du nombre. Dommage, la petite, j’en aurais fait autre chose !, vociféra Molémos.

- Garde ton sang froid espèce de tête brûlée !, intima Kim. On a bien cuisiné Miss Jenkins et son équipe d’ingénieurs ! Il y en a un qui va finir par craquer ! Les gardiens n’étaient pas en reste pour le harcèlement non plus ! Il faut être patient. Faudra garder notre cerveau au bon endroit concernant miss Jenkins et la Randall. Le voyage est long vers notre petit paradis.

- Et Jenkins ne sera pas de trop pour piloter, rétorqua Bora Boru.

- T’en fais pas vieux, on va bien prendre soin de ta frangine !, railla Molémos.

- Je vous préviens tous, il y a un gardien pour 3 détenus, il faut accepter le fait qu’il y en aura des nôtres qui vont se faire tuer, mais on n’a pas le choix. Et il nous faudra des otages jusqu’à ce qu’on sorte de ce foutu système. Il ne faut pas tuer les officiers, si possible, acheva Kim.

- Et les ripoux ?, chuchota Molémos à Bora Boru.
- Tu veux qu’on parie entre eux et la petite tigresse ?, jeta Bora Boru.

Molémos laissa échapper un ricanement.
Un clic se fit entendre et les cellules s’ouvrirent. Les détenus se mirent à crier et à rudoyer les ripoux pour attirer les gardiens.

Ezra était à son quart de garde ; les gardiens postés aux endroits prévus.

Il entendit les cris venant du quartier des cellules.

- Non ce n’est pas vrai !, fit Ezra. Suivez-moi vous tous !

Ils se précipitèrent vers le quartier des détenus, ouvrirent le sas d’entrée… et commirent l’erreur d’entrer à l’intérieur. Le combat s’engagea. Les gardiens furent tués et Ezra Gurney, blessé à la tête, pris en otage. Les ripoux furent reconduits à leur cellule et enfermés.


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Ven 13 Déc 2013 - 16:42
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Les prisonniers avaient désormais tout ce qu'il leur fallait pour se mutiner. Un otage, en la personne du colonel, des armes qu'ils avaient volées aux gardiens, et la porte du quartier des cellules ouverte.

- Bien, dit Kim. Maintenant, si nous ne faisons pas d'erreurs, nous avons la possibilité de nous rendre maîtres du vaisseau. Je vous le redis ! Ne tuez que si vous ne pouvez pas faire autrement ! Plus nous aurons d'otages, et mieux ce sera ! Et bien entendu, vous laissez la vie sauve aux filles...
- Bien, Kim. On commence par quoi ?
- On se divise en trois groupes. L'un va se rendre à la salle des machines, l'autre au poste de pilotage. Le troisième dans le quartier de l'équipage. Bora Boru, je te charge du poste de pilotage. Molemos, la salle des machines, je m'occupe de l'équipage. Bora, tu prends le colonel avec toi. Moi, j'essayerai de trouver un autre otage sur mon chemin.

Rapidement, les trois groupes se constituèrent et en moins d'une heure, les prisonniers étaient devenus les maîtres du vaisseau. Dès qu'ils étaient sortis du quartier des cellules, l'alerte avait été donnée, mais il était déjà trop tard. Menés par des hommes qui avaient eu accès au plan du vaisseau, les trois groupes eurent rapidement la maîtrise de leurs objectifs. Réveillés par l'alerte, Curtis et Joan s'étaient précipités dans le couloir, pour se trouver nez à nez avec Kim et une dizaine de prisonniers. Ils étaient parvenus à se replier vers l'étage inférieur où se trouvait les techniciens et les gardiens qui n'étaient pas de veille, ils y avaient retrouvés Grag, Otho et Simon.

- Où est Ezra ? Le Commandant Théron ? Combien sommes-nous ?, demanda rapidement Curtis.
- Le colonel a été pris en otage, lui répondit le Major Andrew Barett, le second. Quant au commandant..., il était au poste de pilotage. Nous n'avons aucune nouvelle des hommes qui s'y trouvaient.

Curtis évalua rapidement leur nombre, ils étaient une vingtaine. Aucun blessé. Tous armés.

- Ils ont certainement occupé le poste de pilotage. Nous allons nous replier vers la salle des machines, de là, nous pourrons nous isoler et contre-attaquer. En route ! Grag, tu ouvres la voie.
- A tes ordres, chef !

Mais avant même de pouvoir gagner la salle des machines, ils se heurtèrent aux hommes de Molemos qui avaient pris d'autres gardiens en otage et récupéré un nombre impressionnant d'armes. Ils tenaient l'accès à la salle des machines. Aucun des mutins n'hésita à tirer, et Curtis comprit très vite qu'il était la cible principale. Grag s'en rendit compte aussi immédiatemment et pendant qu'Otho assurait la protection de Joan, le robot parait les tirs destinés à son capitaine.

- Rendez-vous, Capitaine Flam ! Nous tenons le vaisseau !, lança Molemos avec une voix triomphale. Vous ne pouvez plus rien contre nous !

Une autre voix retentit, par le système de radio de bord. C'était Kim Ivan.

- Capitaine Flam ! Mes hommes tiennent le poste de commandes ! Nous tenons le colonel Gurney en otage, ainsi que tout l'équipage qui était aux commandes. Le commandant Théron est mort. Rendez-vous ! Je vous laisse trente secondes pour lâcher vos armes, sinon, j'abattrai le colonel Gurney !

Joan étouffa un cri d'horreur. Curtis rageait. Il ne comprenait pas ce qui s'était passé, et pourtant, ils avaient pris le maximum de précautions. Cependant, ce n'était pas le moment de comprendre comment la mutinerie s'était produite, mais de faire face. Son regard croisa celui d'Otho, puis celui de Joan. Ils étaient trop peu nombreux, et en face, les mutins avaient des otages. Et la vie d'Ezra était entre leurs mains.

Il jeta ses armes devant lui. Barrett, Otho, Grag, puis Joan firent de même. Les autres, les derniers hommes libres du Balkan les imitèrent. Ils ne pouvaient rien faire d'autre.


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Ven 13 Déc 2013 - 21:20
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Le capitaine Flam, Barrett, Otho, Grag, Simon et Joan avaient déposé les armes aux pieds de Molémos en face de la salle. Il savourait ce moment en riant méchamment. "Désactive ton robot, Flam avant que je décide de descendre ta petite amie." Curtis obtempéra. "Je suis désolé Grag", dit-il. Otho gronda comme un  chien  enragé.

Molémos donna des ordres : "Grabo, prends des hommes avec toi pour amener ce joli petit monde aux cellules. Reluuk et Mickey, restez ici, gardez les ingénieurs, surtout le petit Berenson." Il saisit Joan par le cou et l’amena à l’écart. "Toi ma petite, tu vas m’accompagner sagement au poste de pilotage, t’es invitée à une petite fête." Le regard de Molémos était avide.  

Curtis se mit à se débattre sauvagement pour se libérer des hommes qui le retenaient. "Non laissez-la tranquille !!! Ne la touchez pas avec vos mains sales !!!" Grabo le frappa à l’estomac. Un groupe d’ex-détenus l’entraina avec Grag, Otho et Simon vers les cellules. Joan essayait de donner le change. "Ne t’inquiète pas, capitaine, il n’aura rien de moi.", lui dit-elle. "C’est tellement touchant que je vais en pleurer !", railla Molémos. "Pas d’entourloupettes la tigresse, ou il en cuira à ton colonel et à Flam !", dit-il menaçant.

Joan s'efforçait de garder sa contenance malgré son désespoir pendant que Molémos l'entraînait vers le poste de pilotage. Ses pires craintes semblent se concrétiser. Sa découverte du complot de Swan n'aura servi qu'à offrir aux pirates une autre occasion de se mutiner. Joan était convaincue que l'événement déclencheur, quel qu'il soit, était l'erreur d'une ou plusieurs personnes.

Elle avait remarqué que la présence de l'ingénieure Anastasia Jenkins et son équipe à bord avait créé un malaise et même du ressentiment parmi plusieurs officiers. Théron était devenu blanc comme un linge. Curtis l'avait saluée avec indifférence mais semblait aussi la connaître. Son équipe incluait des éléments qui étaient inexpérimentés face à un voyage comme celui-ci. Joan avait pris soin de les instruire sur les consignes concernant les prisonniers.

Du poste de pilotage, elle pouvait déjà entendre des pirates en train de ripailler en chantant des chansons à boire. En entrant, elle fut accueillie par les sifflements et par les commentaires obscènes de la part des pirates qui s'y trouvaient. Anastasia Lou Jenkins était aux commandes du vaisseau. À part une ecchymose à un œil et une éraflure à une épaule, elle semblait indemne. Joan reprenait un peu espoir, Miss Jenkins n'avait jamais piloté en dehors du système. Elle allait avoir besoin d'une aide extérieure.

Surtout que Joan avait pris secrètement une ultime précaution concernant ce voyage. Elle avait programmé l'ordinateur pour faire silence complet sur les données de navigation s'il passait plus de 3 jours hors du système solaire. "Utiles, ces séances avec Jennings !" pensa-t-elle.

Elle fût rappelée à sa sombre situation en apercevant le Colonel Gurney, blessé à la tête et tenu en joue par les pirates. "Colonel !", dit-elle avec désespoir. 'Lieutenant, je vous ai tous laissé tomber... Je t'ai laissée tomber, Joan", dit-il, vaincu par le désespoir et l'angoisse. "Tu as toujours été forte, Joan", continua-t-il. "Essaie de rester en vie." Joan fût incapable de parler à partir de ce moment là.

"T'en fais pas, colonel de mon cœur ! On ne va pas la tuer, on veut juste en profiter un petit peu !", railla Bora Boru. Molémos s'esclaffa à son tour. "Allez vous autres, emmenez-le dans une cellule avec les autres", ordonna-t-il. "Que le diable vous emporte, ordures !", cria Ezra. "Ça mon petit colonel, ça pourrait peut-être m'amuser, mais pas tout de suite !", rétorqua Molémos.

Joan fit face à ses bourreaux, les yeux éteints. Anastasia lui dit : "Tu dois en passer par là tôt ou tard Joan. Crois-moi, plus tu attendras, plus tu résisteras, plus pénible ce sera pour toi." Joan lui jeta un regard méprisant. "Vous prenez vraiment votre exemple pour une règle Miss Jenkins !", pensa-t-elle. "Désolée Ezra, je suis une battante mais vivre à tout prix, je ne sais pas si je vais pouvoir."

"Choisis ma belle, c'est nous ou on te donne aux ripoux.", laissa tomber Bora Boru. Un autre des mutins, Stone, les interrompit et se saisit de Joan. "À quoi ça rime ça, nous on veut prendre du bon temps avec elle tout de suite !" Stone ne vit même pas le coup de Joan dans ses parties sensibles partir. Il se retrouva par terre plié en deux. Pris de colère, Molémos la gifla à toute volée. "Tu viens de faire une énorme bêtise la tigresse !" Il se jeta sur elle, serrant une main sur son cou.  

À ce moment là, deux mains desserrèrent la prise de Molémos et le poussèrent 2 mètres plus loin. "Non mais qu'est-ce que tu essaies de faire, abruti, l'achever toute suite ?", vociféra Kim Ivan. "J'avais pourtant donné des ordres pour enfermer TOUS les officiers et gardes dans les cellules. Je croyais aussi t'avoir assigné à la salle des machines, Molémos !"

"Bora, va avec Molémos. Vous mettez Miss Randall dans une cellule et vous allez tous les deux relever Reluuk et Mickey à la salle des machines et vous y restez jusqu'à nouvel ordre, j'espère que je me fais bien comprendre ! Refroidissez-vous la tête! Le chemin est long jusqu'à Mazera, on en a encore pour des semaines !"

"D'accord Kim, te fâche pas, on voulait juste s'amuser !", rétorqua Molémos.
Ils conduisirent Joan dans le quartier des détenus.
En chemin, ils dirent à Joan : "C'est toi qui l'as voulu ma jolie, on te souhaite bonne chance avec les Ripoux !", ricanèrent-ils.


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Ven 13 Déc 2013 - 21:23
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Alors qu’ils les emmenaient vers les cellules, Otho soutenant Curtis qui n’avait pas encore récupéré du coup qu’il avait pris dans l’estomac, Simon réfléchissait à toute vitesse. Grag était hors d’usage, les hommes ne pouvaient rien tenter sans risquer aussitôt d’être descendus. Il était le seul à pouvoir leur fausser compagnie. Alors qu’ils cheminaient le long des couloirs, il aperçut ce qui allait peut-être être une chance : une des petites armoires électriques du vaisseau avait été ouverte. En y entrant, il pouvait espérer se glisser rapidement dans un recoin hors de portée des mutins. Il pourrait ensuite circuler dans le vaisseau par les différents conduits d’aération ou d’entretien, sans risquer de tomber entre leurs mains. Il avait utilisé les premières journées du vol à étudier soigneusement toute l’architecture complexe du vaisseau, respectant l’adage qu’il valait mieux être trop prudent et que c’était en connaissant les lieux qu’on pouvait s’y retrouver. Curtis avait été occupé à consulter les documents que Joan avait découvert sur le complot, il avait aussi soigneusement passé en revue la composition de l’équipage et des équipes techniques. C’était donc sur Simon qu’avait reposé l’étude du vaisseau.

En arrivant à la hauteur de l’armoire électrique, Simon s’éleva un peu en l’air et en quelques secondes se trouva caché aux yeux des mutins. Il chemina le plus vite possible le long des câbles pour gagner un recoin où il allait être hors de portée. Il essaya de ne pas penser à ce qui se passait dans le couloir, du fait de sa fuite.

- Bon sang ! Le professeur s’est échappé !, rugit Grabo.

Un des mutins qui escortait le groupe tira vers l’armoire électrique, déclenchant un mini incendie et un court-circuit local. Mala, Barrett et Curtis tentèrent d’en profiter en se battant à mains nues contre leur escorte, mais un tir de Grabo mit fin à leur tentative.

- Attachez-les ! Ca suffit comme ça ! Capitaine Flam ! Je vous préviens qu’à la prochaine tentative de rébellion, nous exécuterons l’un d’entre vous ! Alors, tenez-vous tranquille !
- Le professeur a certainement été grillé par le court-circuit, dit Timarow, l’un des mutins. Bien fait pour lui !

Mala et Curtis se regardèrent désespérés. Eux aussi craignaient que Simon n’ait subi un tel sort. Et ce fut le cœur lourd qu’ils se retrouvèrent chacun enfermés dans une cellule, Curtis craignant le pire pour Joan et pour Simon.

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Ven 13 Déc 2013 - 21:26
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Trois jours plus tard...

Mac Nair tomba sur le sol, immobile, mort. "Joan !!! Que se passe-t-il… Joan !!!!", cria Curtis.
Swan, Larson et Kulikov s'avancèrent lentement vers Joan, menaçants.

"Faites vos adieux à la petite garce, Capitaine Flam, Colonel Gurney ! Elle va rejoindre son cher papa !", s'écria Swan.

Soudain, le professeur Simon sortit de la bouche de ventilation de la cellule et frappa Swan derrière le haut de sa colonne cervicale de ses rayons. Swan mourût sur le coup. Kulikov et Larson se retournèrent en même temps pour voir d'où venait le coup. Joan brisa le cou de Larson d'un coup avec le tranchant de la main pendant que Simon envoya de nouveau ses rayons et atteignit Kulikov dans les artères carotides. Celui-ci ne put reprendre sa respiration et Joan ne fera aucun effort pour le ranimer.

Des bruits de pas vers les cellules se firent entendre.

Simon retourna vite se cacher dans la bouche d'aération. Joan tapa rapidement : "Tous morts. Simon, caché."

Grabo et Timarow arrivèrent à la hauteur de la cellule de Joan. Ils contemplaient le tableau, incrédules. "Non mais pince-moi et dis-moi que je rêve !", s'exclama Timarow. "T'as vu le carton ?" "Molémos et Bora Boru vont en faire une jaunisse ça s'est sûr", jeta Grabo. "Viens, on a autre chose à faire en ce moment."

Ils arrivèrent à la cellule du Capitaine.

"Allez debout Flam, Kim Ivan t'attend au poste de pilotage." Ils le relevèrent et l'emmenèrent au poste de pilotage. Curtis tourna sa tête vers Joan. Il était soulagé qu'elle soit en vie, indemne. Son regard était redevenu clair malgré l'inquiétude qu'il y lisait. "Allez avance, capitaine de mon cœur !", lança Grabo. "Travis, Tolek et Sinqué, vous restez de garde et vous ne laissez personne entrer avant mon retour ! Personne !"

Ils atteignirent le poste de pilotage.

Kim Ivan les attendait. Molémos et Bora Boru n'étaient pas présents. Jenkins était toujours aux commandes.

Grabo chuchota quelques mots à Kim Ivan. Kim marmonna avec colère : "Tu les a laissés faire ? Et c'est maintenant que tu me préviens de leurs manigances ? Je règlerai ça plus tard à ma manière. Toi et Timarrow vous pouvez retourner à votre poste."

Kim Ivan s'adressa au capitaine sans détour : "Je déteste l'admettre, mais nous avons besoin de votre aide, Capitaine."

"Nous avons perdu tous nos repères dans l'espace et l'alarme vient de se déclencher pour une raison inconnue", reprit Anastasia Jenkins.

Curtis pensait intérieurement : "Joan, tes prédictions se vérifient vraiment souvent, je pense que c'est toi qui as programmé l'ordinateur pour ne plus donner de coordonnées de navigation. Mais ça, personne n'a besoin de le savoir ; surtout pas cette racaille. Allons, foutaise, time !"

"Les forces cosmiques et physiques en vigueur dans notre système solaire ne jouent plus quand on en sort. Sans les ajustements appropriés, l'ordinateur ne reconnaît plus les informations qu'il reçoit", répondit Curtis. "Tout ce qu'il reconnaît pour l'instant c'est que le vaisseau se dirige à toute allure sur un corps céleste assez gros pour se fracasser dessus."

Curtis ajouta avec une rage contenue : "Donnez-moi une bonne raison pour que j'empêche que cela ce produise !!!"

"Allons capitaine, je vous en prie, Grabo m'a appris ce qui s'est passé entre Miss Randall et Swan avec ses comparses. Vous voulez vraiment qu'elle ait survécu pour rien ?"

Curtis ferma les yeux. Joan avait effectivement beaucoup payé de sa personne durant ce voyage. Et sa vie continuait d'être menacée.

Curtis s'adressa à Anastasia Jenkins. "Virez lentement à 45 degrés". Anastasia eut à peine le temps de faire la manœuvre que soudain, un énorme planétoïde apparût à l'écran.

- Non ! Ne touchez pas aux rétrofusées !, cria Curtis.


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Ven 13 Déc 2013 - 21:29
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Mais il était trop tard : Anastasia Lou Jenkins avait déjà tiré sur la manette et le choc fut brutal. Tout le vaisseau fut secoué violemment, les hommes tombèrent, certains se blessèrent. Les objets volèrent en tout sens. Curtis eut le réflexe de s’agripper aux pieds du fauteuil de pilote dans lequel Miss Jenkins était littéralement scotchée par le choc. Les mutins étaient tous tombés au sol, certains avaient roulé dans le fond de la pièce. Il parvint à se redresser et sans ménagements, il sortit la jeune femme de son fauteuil pour s’installer à sa place et tenter de reprendre le contrôle du vaisseau. Il lui fallut moins d’une minute pour prendre la mesure des dégâts et du défi qui s’annonçait : d’ici peu, ils allaient entrer dans l’atmosphère de la petite planète et un des moteurs avait explosé.

Il contacta aussitôt la salle des machines, ordonna à Molemos de la faire évacuer.

- Depuis quand je reçois des ordres de toi, Capitaine de mon cœur !, vociféra-t-il.
- Depuis qu’il est le seul à pouvoir nous sortir de là, imbécile !, cria Kim Ivan qui s’était relevé lui aussi et se tenait aux côtés du Capitaine.
- Bon, bon… ça a sauté ici, il y a plusieurs morts et des blessés, répondit le mutin en grognant.
- Evacuez tout le monde, et verrouillez la porte, reprit Curtis fermement. Pas la peine de risquer qu’un incendie ne se propage à tout le vaisseau.

Il ouvrit la radio de bord :

- On va devoir se poser en catastrophe, que tout le monde s’accroche comme il peut. Il faudra certainement évacuer le vaisseau dès que nous serons posés.

Dans sa cellule, Joan avait vacillé et roulé comme les autres lorsque le moteur principal avait explosé. Elle poussa un soupir de soulagement ; un moment, elle avait craint que les mutins n’emmènent Curtis pour s’en prendre à lui. S’il était aux commandes, il était bien le seul à pouvoir les sortir de ce pétrin, Grag n’étant pas opérationnel. Elle rampa sur le sol de la cellule et s’accrocha aux barreaux. A cet instant, le professeur Simon ressortit de sa cachette et s’approcha d’elle. Elle l’agrippa, le coinça entre ses bras et se remit en position de survie, attendant le choc de l’atterrissage.

- Merci, professeur, sans vous…
- De rien, Joan, mais nous ne sommes pas encore sortis d’affaire, loin de là… tenons bon déjà pour l’atterrissage, le Balkan n’est pas le Comète.
- Hélas !

Lors des exercices réguliers de la police, elle et Ezra avaient déjà eu droit à des simulations d’atterrissages en urgence, mais aucune n’avait la violence de celui-ci. Elle glissa d’un bord, de l’autre, tentant de toujours bloquer Simon entre ses bras, sans lâcher prise. Les corps des ripoux roulaient dans la cellule, l’un se retrouva même bloqué contre ses jambes et le contact la fit trembler violemment.

Dans le poste de pilotage, la peur était palpable. Tous s’étaient redressés, Miss Jenkins se frottait le coude, elle n’avait guère apprécié de se faire jeter hors de son siège. Mais elle n’y pensait guère plus : elle regardait avec angoisse le sol de la planète se rapprocher dangereusement.

- Mais faites quelque chose, Capitaine !, dit Grabo.
- Tais-toi !, dit Kim, laisse-le faire. Il n’y a que lui à être capable de nous sortir d’ici !
- Que faites-vous, Capitaine ?, demanda Anastasia Lou, inquiète. Pourquoi restez-vous au-dessus de ce volcan ?
- Vous avez oublié tous vos cours de physique, Miss Jenkins ?, dit-il d’un ton sec. J’utilise la chaleur qui se dégage pour garder le vaisseau un peu plus en hauteur. Je n’ai pas d’autres solutions pour économiser les moteurs restants.

Puis son esprit se ferma à tout ce qui se passait autour de lui, se concentrant avec précision sur les appareils devant lui. Ses yeux cherchaient une zone où poser le vaisseau, si possible assez loin des volcans. Mais ils survolaient une grande forêt et à moins de s’écraser dans les arbres, il n’eut finalement pas d’autres solutions que de le poser non loin d’une rivière de lave.

Puis soudain, ce fut le calme. Curtis était parvenu à poser le vaisseau.

Tous, mutins comme prisonniers commencèrent alors à se relever, regardant autour d’eux, les blessés gémissant. Ils reprenaient leurs esprits lorsque la voix de Curtis résonna à nouveau :

- Evacuez le vaisseau ! Nous sommes posés sur une plaque de lave non solidifiée ! Le vaisseau va s’enfoncer. Dépêchez-vous !

Et il actionna l’ouverture de toutes les portes, y compris celles des cellules.

Otho sortit le premier, courut vers Grag qui avait été jeté dans un coin sans ménagement, le remit en marche.

- Mon vieux tas de ferraille ! Ne reste pas à terre, il faut évacuer ! Vite ! Occupe-toi d’aider Ezra, il est blessé.

Barrett, Mac Clinton et tous les autres prisonniers s’engageaient déjà dans le couloir, Joan se redressa et demanda au professeur :

- Tout va bien, professeur ?
- J’ai vu bien pire, Joan. Allons, ne traînons pas.

Alors qu’ils se dirigeaient vers la sortie, ils virent Curtis s’avancer vers eux. Sans plus se soucier des mutins, il était venu rejoindre ses amis, pour être certain qu’aucun d’entre eux ne resterait à bord. Il prit brièvement Joan dans ses bras, soulagés qu’ils étaient l’un comme l’autre de se retrouver vivants.

- Sortez vite ! Otho, avec moi ! On file à la salle des machines ! Je veux essayer de récupérer quelque chose avant de descendre… je pense qu’on en a le temps. Ne traînez pas et surtout… Ne remontez pas à bord !

Leurs amis s’engagèrent vers la sortie, les mutins étaient sortis en désordre, paniqués à l’idée de se retrouver noyés dans la lave.

Alors que le vaisseau commençait à basculer, la croûte de lave cédant sous son pont, ils virent enfin arriver Otho et le Capitaine, qui portaient chacun deux boîtiers.

- Eloignez-vous le plus possible !

Kim ordonnait le repli. Il avait bien compris les risques à rester trop près du vaisseau. Tous gagnèrent un promontoire à quelques centaines de mètres de là, courant, trébuchant, soutenant les blessés. Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’ils purent enfin souffler et se remettre de leurs émotions et de ce sauvetage désespéré.
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Ven 13 Déc 2013 - 21:33
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Molemos et Bora Boru regardaient autour d’eux, le second dit :

- Finalement, elle n’a pas l’air si mal que cela cette planète ! En s’éloignant un peu des volcans, on devrait pouvoir s’y installer comme si on était sur un vrai petit paradis !
- Ouais, répondit le premier. On va donc s’occuper directement de prendre nos aises. On zigouille les otages, on n’a plus besoin d’eux maintenant…, ajouta-t-il avec un regard mauvais en direction du petit groupe d’agents et d’ingénieurs qui, instinctivement, s’étaient tous regroupés autour de l’équipe des Futurmen.

Simon observait aussi les lieux, pendant que ses amis récupéraient de leur fuite.

- L’activité sismique et volcanique est importante. C’est étrange. Curtis, qu’as-tu lu comme données quand tu étais au poste de pilotage ?

Le jeune homme ferma les yeux, se remémorant à voix haute les coordonnées qu’il avait eu le temps de lire, machinalement, mais auxquelles il n’avait sur le coup pas porté plus d’attention que cela, trop préoccupé par l’atterrissage. Il se figea soudain et regarda Simon :

- Simon…
- Oui, mon garçon… j’arrive aux mêmes conclusions que toi…
- Cette planète sera détruite d’ici deux mois… bon sang…

Il se dirigea alors vers Kim Ivan. Il savait que les mutins n’obéiraient qu’à Kim. Il était celui qui pouvait servir d’intermédiaires entre eux tous.

- Kim, il faut que je vous parle. La situation est difficile : nous n’avons plus de vaisseau et…
- Ca, c’est plus un problème pour nous, Capitaine de mon cœur !, intervint Molemos.
- Tais-toi !, lança Kim. Qu’est-ce qu’il y a, Capitaine Flam ?

Curtis comprit que Kim avait mené le même raisonnement que lui concernant ses hommes et le fait qu’il lui adresse la parole avec un certain respect était encourageant. Il reprit :

- D’après nos calculs à Simon et à moi-même, cette planète sera détruite dans deux mois environ. Nous devons nous débrouiller pour nous sortir d’ici, et le seul moyen, c’est de construire un vaisseau. Il faut faire le tour de ce que nous avons comme matériel et outils. Otho et moi avons embarqué un mini émetteur et deux boîtes à outils, et une mallette de secours, mais avec cela, nous n’irons pas loin.
- Construire un vaisseau ?, Kim le regardait comme s’il était fou.
- Oui, je sais que cela peut paraître insensé, mais nous sommes sortis du système solaire depuis plusieurs jours, personne ne sait où nous nous trouvons et le temps que des recherches s’engagent, il sera trop tard.
- Et votre émetteur ?
- Pas assez puissant. Je vais le bricoler, mais rien n’assure qu’il fonctionnera. Nous ne pouvons espérer nous en servir qu’en dehors de l’atmosphère de cette planète. Le champ magnétique est important qui plus est.
- Je ne comprends pas grand-chose à toutes vos explications techniques, mais je vous crois. Je ne vois pas pourquoi vous nous raconteriez des mensonges, ce n’est pas votre genre. Que faisons-nous ?
- D’abord, l’inventaire de ce que nous avons tous, les uns et les autres, sorti du vaisseau. Y compris les armes. Ensuite, trouver un endroit où nous installer et prendre du repos, je crois que tout le monde en a besoin, soigner les blessés et organiser l’approvisionnement. En gagnant la forêt plus proche, nous devrions trouver un endroit où nous abriter et de la nourriture.
- Bien. Vous avez entendu, vous autres, lança Kim en se tournant vers les anciens prisonniers. On va s’installer plus loin, près des arbres. Se reposer et trouver à manger. Ensuite, on verra. Mais on ne va pas avoir le choix si on veut rester vivant !
- Je crois pas à son histoire, moi !, dit Reluuk.
- Moi non plus, dit Bora Boru. Pourquoi une planète exploserait-elle ?

Curtis tenta une explication la plus simple possible, il voyait le doute s’insinuer dans l’esprit de certains mutins, mais d’autres le regardaient toujours avec circonspection et avec haine.

- Malheureusement, le Capitaine a raison, dit alors Anastasia Lou Jenkins. Moi aussi, j’ai lu les données sur lesquelles il se base, et cette planète n’existera en effet plus dans quelques semaines. Nous n’avons pas d’autres choix.

Elle avait dit cela en fixant son frère droit dans les yeux, puis Molemos. Elle savait que si elle parvenait à convaincre Bora, sans pour autant révéler quoique ce soit de leurs liens familiaux, ils auraient gagné. Molemos était un imbécile, mais son frère avait de la jugeote et il la croirait.

Tout le petit groupe se mit en marche vers la forêt proche, un petit groupe s’engagea sous les arbres, deux hommes revinrent rapidement, ils avaient trouvé une vaste clairière qui pourrait faire un bon abri. La lumière commençait à décliner, c’était la fin de l’après-midi, mais avec les lumières rougeoyantes des volcans et de la lave en fusion à proximité, il ne faisait jamais totalement nuit. Ils avaient encore plusieurs heures de jour devant eux pour trouver de la nourriture et s’occuper des blessés.

Ces derniers furent installés le plus confortablement possible sur des tapis de mousse. Kim ordonna à Nekiri, un de ses hommes en lesquels il avait le plus confiance, de mener une expédition pour trouver de l’eau et de la nourriture. Grag partit avec eux. Ils emmenèrent des armes, mais n’en donnèrent pas au robot. Mais d’autres mutins refusèrent d’abandonner les leurs. Kim se dit qu’il règlerait cette question plus tard. Joan, Simon et Curtis s’activèrent autour des blessés. Le médecin du bord, une jeune femme répondant au nom de Maeva Sanchez était avec eux. Elle ne ménagea pas sa peine et allait être une des dernières à prendre du repos une fois le groupe parti à la recherche de nourriture revenu.

Très vite, Simon explora les alentours. Il observait notamment les plantes, cherchant celles qui pourraient être utiles pour des soins. Les blessures étaient variés : coupures, foulures, fractures, dents cassées. Il fallait aussi trouver de quoi faire des bandages. Il ordonna à Otho de rechercher des fibres et des feuilles qui pourraient en faire office. Il partit avec Reluuk et deux autres mutins.

Après un repas simple, mais qui fit du bien à tous, le calme revint dans la clairière. Même les gémissements des blessés s’étaient éteints. Le groupe des agents et de l’équipage s’était installé dans un coin, mais était soigneusement surveillé par les mutins. Curtis savait qu’ils ne lui faisaient pas encore confiance. Ce qui l’inquiétait était surtout qu’ils étaient armés, et au moindre souci, ils tireraient, il en était sûr. Il fallait trouver le moyen de mettre ces armes hors d’usage ou du moins, les confier à des hommes qui ne s’en serviraient pas contre eux. Il devrait en priorité s’occuper de cela demain avec Kim. Ensuite, ils exploreraient les alentours pour faire l’inventaire des minerais disponibles.

Curtis regarda le groupe disparate autour de lui. Il effectua un rapide décompte des forces en présence : les mutins étaient plus de 80, en comptant les blessés. Eux n’étaient que 27. "Un pour 3 à peine", se dit-il. "Pas terrible comme ratio." Les mutins s’endormaient les uns après les autres, de leur côté, ce n’était guère mieux : Barrett somnolait déjà, Anastasia Lou Jenkins dormait, la tête posée sur les genoux de Berenson. "Tiens, tiens… intéressant, cela", se dit-il. Il chercha Joan des yeux, elle avait pris un rapide repas et était retournée auprès des blessés avec Maeva. Enfin, il la vit se relever et revenir vers eux.

- Ca va ?, lui demanda-t-il doucement.
- Oui. On est en vie, c’est déjà ça, n’est-ce pas ?

Il sourit pour la première fois de la journée. Il appréciait son optimisme dans les situations désespérées. Il savait qu’il pourrait toujours compter dessus. Et cela lui donnerait les quelques grammes d’énergie nécessaires à tenir le coup.

- Repose-toi. Grag veille. Et Simon aussi. De ce côté, nous sommes tranquilles et nous pouvons compter sur eux.
- A une condition.
- Laquelle ?
- Que tu te reposes aussi.
- A tes ordres, dit-il avec un clin d’œil malicieux en s’appuyant contre le tronc d’un arbre derrière lui.

Elle se coucha sur le côté, les bras repliés sous la tête. Elle n’était pas comme cette idiote d’Anastasia. Pas la peine de manifester ne serait-ce que le moindre signe de tendresse devant ces hommes qui, elle le savait, retrouveraient bien vite leurs instincts de fauves et chercheraient aussi à leur porter atteinte, à elles, les trois seules femmes encore en vie.

Quelque chose réveilla Curtis. Quelque chose qui n’était pas le sentiment de danger, ni même un bruit inconnu. Non, c’était plutôt quelque chose qu’il n’avait pas encore ressenti et qui allait se manifester plus d’une fois au cours des semaines à venir. L’instinct du mâle. Il entrouvrit très légèrement les paupières, ne fit pas le moindre geste. L’aube était encore loin, mais les volcans diffusaient une lumière suffisante pour voir. Imperceptiblement, il tourna la tête vers Joan ; elle dormait toujours, n’avait pas bougé. Elle était à moins de deux mètres de lui. Il scruta les ombres, devinant les formes endormies de ses compagnons. Enfin son regard se posa sur une petite silhouette, appuyée comme lui-même contre un arbre. George Mac Clinton, le jeune ingénieur, tout aussi capable que Miss Jenkins, débrouillard et discret. Un garçon qui était loin d’être un imbécile. Il était réveillé et il regardait Joan avec beaucoup de douceur.
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Ven 13 Déc 2013 - 21:35
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Le lendemain de l'atterrissage en catastrophe, les travaux pour la construction du camp allaient bon train. Pour l'heure, les mutins, les gardiens et officiers, l'équipe du Capitaine Flam et l'équipe technique étaient occupés par un objectif commun : la survie.

Première bonne nouvelle de cette 2e journée : Kim Ivan avait réussi à redistribuer les armes aux rares mutins qui savaient garder la tête froide. ("Quand il me prendra l'envie qu'on s’entretue ou de tuer les chances de nous sortir vivants de ce planétoïde, alors là je te laisserai une arme, Molémos pas avant !"). Maëva avait pensé : "Vraiment, ça aide d'avoir la plus grande gueule de la bande et d'avoir emporté le plus gros pistolet (à protons !) avec soi."

Maëva avait obtenu de pouvoir construire le dispensaire-cuisine au pied d'un grand rocher où on pouvait faire face et voir tout le reste du camp. "Là où on va pouvoir voir arriver ce tas de braillards de loin !", avait-elle dit à Joan qui avait hoché de la tête. Elle aménageait aussi des couchettes pour elle, Joan... et Anastasia... si elle se décidait de se greffer de la jugeote et de descendre de ses grands chevaux.

Les mutins Grabo et Timarrow avaient construits le dispensaire aidés d'Ezra Gurney et du Major Barrett qui aidèrent aussi à l'aménager. Grabo avait une arme qu'il gardait rengainée. Les quatre y amenèrent les blessés.

Joan était morose et songeuse. Maëva l'emmena un peu à l'écart. Ezra resta à portée de voix.

- Joan, tu as l'air de porter le monde sur tes épaules. Est-ce que tu veux m'en parler ?, demanda-t-elle.
- J'ai la drôle de sensation qu'on nous observe, murmura Joan. Et je ne te parle pas des mutins qui ne sont évidemment pas en reste.
- Oui, j'ai aussi cette impression. Et la variété et la luxuriance des végétaux ici est impressionnante. Elle me fait un drôle d'effet. Ce sont les espèces animales, qui sont banales sur ce planétoïde., dit Maëva. J'ai la certitude que notre séjour ici va faire les pieds de plusieurs et ce n'est pas pour me déplaire !, continua-t-elle.
- Ça pourrait être aussi le théâtre d'un magistral règlement de comptes, c'est ce qui me fait peur. Et avec ce qui nous pend au bout du nez, nous les femmes, je ne serai pas en position de faire quoi que ce soit. Je me sens isolée et menacée de toutes parts et pourtant, il faut se concentrer à se sortir d'ici. Je ne peux pas passer mon temps cachée dans un coin !, murmura-t-elle d'une voix rauque.
- Il va certainement se passer quelque chose quand le vaisseau sera terminé, murmura Ezra.
- Joan, murmura Maëva. Je sais que tu en as vraiment bavé. Donne-toi quand-même le mérite d'avoir fait les paris que t'avais des chances de gagner. Et tu as tenu bon. Tu as survécu. Moi aussi c'est ce que j'essaie de faire : faire ce qui est possible pour vivre et maintenir mon intégrité. Personne ne devrait être tenu de faire plus que cela. Tout ce que nous pouvons faire c'est continuer dans ce même ordre d'idée : s'en tenir à nos positions de manière sans équivoque.

Joan hocha la tête.

- Je suis d'accord, murmura Ezra. C'est le genre de choses que je rentrerais bien dans la tête de nos gars, entre autre concernant notre croqueuse d'hommes. Elle et son équipe sont vraiment la fausse note de tout ce voyage, sans vouloir tout leur mettre sur le dos non plus. Dans le poste de pilotage, Miss Jenkins semblait vraiment être copain comme cochon avec Bora Boru et Molémos.
- Oui je l'ai aussi constaté !, murmura Joan, avec une pointe de fureur. Et les choses étaient déjà pourries avec Swan dans le portrait. Une chose est sûre avec les croqueuses d'hommes, Colonel. Quand elles ont fini de les croquer, elles les recrachent ! Il faudra vous préparer à en ramasser quelques-uns à la petite cuillère.
- Je vais faire ce que je peux pour leur donner du "Réveille-toi mon petit vieux !", dit Ezra. Après cela, ils se démerderont. Je vais aussi essayer de parler à ceux qui se prennent la tête pour d'autres raisons.

Maëva pensait intérieurement :"Je vois ce que vous voulez dire, Colonel. Berenson ne semble vraiment pas en mener large, et ce n'est pas encore à cause de la croqueuse d'hommes. Et Joan, il n'y a pas seulement ceux qui te veulent du mal qui te regardent, il y en au moins deux qui te veulent du bien et pourraient faire des bêtises à se prendre la tête à ton sujet. Mac Clinton te regarde depuis quelque temps, discrètement, mais rien ne m'échappe. Pour ce qui est du Capitaine Flam, ça crève les yeux. Un des deux pourrait nous faire le coup du martyr... et Joan... tu ignores à quel point tu as raison, tu ne seras pas en position de faire quoi que ce soit. Quant à moi, je vais faire ce que je peux discrètement mais je ne garantis rien. Il faut avant tout savoir si on va se tirer de ce planétoïde."

La voix de Grabo la ramena à la réalité.

- Qu'est-ce que vous murmurez en cachette tous les trois ?
- On discutait coiffure, manucure et pédicure. Ça vous intéresse ?, fit Maëva.

Grabo lui adressa un sourire en coin. Timarrow éclata de rire. Barrett eut un sourire complice.

- Joan, tu as encore les traits tirés à faire peur. Tu dois encore récupérer de tes 3 jours avec les ripoux, vas te reposer. Il ne faut pas nous faire la martyre, lui dit Maëva.
- Entendu, lui dit Joan. N'en fais pas trop non plus.

**


3 nuits plus tard...

Un peu en retrait du camp, le maître ressent de plus en plus une menace pour sa survie. Il a beau appeler avec toute la puissance de sa pensée, aucun animal ne vient vers lui pour être consommé depuis 5 nuits. Le désespoir commence à s'installer. De nouveaux esprits sont soudainement apparus à sa connaissance... depuis 5 nuits. Ils sont la cause de la présente situation du maître.

Le maître continue de scruter ces esprits. Il en a détecté parmi eux qui sont très forts et complexes en passions, tourments, cupidité, ambitions déçues, corruption, violence, courage, sacrifice, amour, vulnérabilité et force d'âme.

Il y a un des esprits, celui qu'il a ressenti dès la première nuit. Son âme est si forte. Mais il est si délicieusement tourmenté, courageux, amoureux et si délicieusement épuisé, vulnérable.

Beaucoup d'esprits mauvais lui veulent du mal. 3 esprits en particulier viennent à sa conscience : un esprit de la corruption et de la cupidité, un esprit de la corruption, de la cupidité et d'ambitions déçues et un esprit plein de violence et de cupidité. Un esprit miné et pourri par la culpabilité est avec eux ; le maître n'y touchera pas.

D'autres lui veulent du bien. 3 esprits de force d'âme, de tourment, de passion, de courage et de sacrifice sont alliés avec lui, avec 5 autres esprits insondables. Un l'aime avec une passion contenue, depuis longtemps. Un éprouve une affection filiale. Un commence tout juste à découvrir ses sentiments.

Il y a aussi un autre esprit ; insondable, impénétrable par son pragmatisme qui gouverne toutes ses émotions. Impossible de l'atteindre.

Il y a des millénaires qu'il n'a pas été en contact avec des esprits avec des pensées aussi intenses ; qu'il n'a pas ressenti une telle langueur pour la fraternité. Il ressent une profonde tristesse qui se mélange à sa faim. Mais il faut survivre, il faut consommer.

Heureusement, il y a des dizaines d'esprits faibles, prêts à être consommés. Il commencera par ceux-là. Il lui faudra des forces pour s'attaquer aux esprits forts. L'esprit qui est vulnérable pourrait servir d'appât, mais pas tout de suite.

C'est à partir de cette nuit-là que les disparitions commencèrent.


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Ven 13 Déc 2013 - 21:37
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limeye
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Ces premières disparitions intriguèrent plus qu’elles n’inquiétèrent vraiment. Il s’agissait de trois mutins, pas très finauds, serviles, mais qui auraient été incapables de mener la moindre attaque, de prendre la moindre décision. De simples hommes de main. Kim ne signala même pas ces disparitions au Capitaine Flam, il pensa simplement - et c’est avec ces mots qu’il rassura ses hommes - que ces idiots s’étaient trop enfoncés dans la forêt, qu’ils avaient perdu leur chemin, le retrouveraient peut-être, ou alors avaient été emportés par des bêtes sauvages. Pour l’un d’entre eux, il se dit même que cet abruti avait été capable de tomber dans la lave en fusion.

Le campement de base était maintenant terminé, Simon et Otho avaient exploré les alentours à la recherche des minerais. Très vite, il s’était avéré que le sous-sol de la petite planète regorgeait des plus utiles à la construction du vaisseau. Curtis et Kim organisèrent alors les hommes en deux équipes. La première, la plus petite, se chargeait de l’intendance et de la nourriture, sous les ordres de Nekiri ; la seconde, plus importante devait ramener les minerais et construire le premier haut-fourneau. Cette équipe était menée par Curtis et Ezra, les ingénieurs en faisaient partie. Les premiers temps, Joan resta avec Maëva. Barrett était également avec elles, il avait la charge de la surveillance du campement.

Face à tous les défis qu’ils avaient à relever et aux nombreuses préoccupations qui étaient les leurs, la sécurité des trois femmes étaient l’une d’entre elles. Curtis appréciait Barrett, l’homme était efficace, il avait été un excellent second pour Théron, et avait réagi comme il le fallait lors de la mutinerie. Agé d’une bonne trentaine d’années, Curtis pouvait autant lui faire confiance qu’à Ezra, ce qui n’était pas peu dire, et lui enlevait une sacrée épine du pied. Le fait que Kim se soit aussi chargé des armes était plutôt une bonne chose, même s’il savait que le moindre faux-pas était toujours possible.

Les blessés les plus légers avaient quitté le dispensaire, et alors que le campement était désormais terminé, il n’y restait plus que 4 hommes. Trois mutins et un agent qui avait été sérieusement blessé par un tir lors de la mutinerie et que Maëva n’était toujours pas certaine de pouvoir sauver. L’aide que Simon lui avait apportée allait peut-être permettre un miracle pour cet homme, mais elle était encore très réservée quant à son diagnostic. Les blessés leur prenant maintenant moins de temps, elles participaient à l’intendance, et la partie cuisine de leur abri s’était agrandie au fur et à mesure que les blessés quittaient le dispensaire. Elles avaient reçu une aide improbable, celle d’un des plus jeunes des mutins, un garçon légèrement attardé, Thomas, au doux sourire et au regard toujours un peu vague. Il s’était révélé excellent cuisinier, trouvait des idées pour améliorer l’ordinaire et se révéla être un compagnon des plus agréables pour les jeunes femmes et ceux qui restaient avec elles. Même Barrett qui en avait vu d’autres au cours de sa carrière était surpris par le jeune homme. Très vite, il devint un peu comme la "mascotte" de la petite équipe qui restait au campement toute la journée.

Curtis avait réalisé les premiers plans sur un petit espace de terre fine qu'Otho avait dégagé, près de la cabane où ils dormaient et dans laquelle ils avaient rangés les outils et le petit émetteur. Le voyant ce matin-là agenouillé devant alors qu’elle venait leur signaler que le petit déjeuner était prêt, Joan se dit qu’il fallait trouver autre chose que de la terre pour faire des plans. Il releva la tête, heureux de la voir, mais elle devina qu’il était contrarié.

- Ca va ? Bien dormi ?
- Oui, et toi ? Tu as récupéré ?
- Oui, ça va mieux. Quelque chose ne va pas ?
- J’aurais besoin de pouvoir garder certains croquis, mais dans le sable, le moindre vent les efface. Et il va falloir que j’en donne des "copies" aux ingénieurs pour les premiers blocs d’acier. Je ne sais pas comment faire. Sans papier…

Il soupira. Les difficultés les plus imprévues se présentaient devant lui.

- Hum, j’ai peut-être quelques idées. Je vais m’en occuper dans la journée et je te montrerai ça ce soir. Il va me falloir un peu de temps pour le faire.
- A quoi penses-tu ?
- Tu verras. Si c’est une mauvaise idée… c’est l’heure de manger, de toute façon. Tu réfléchiras mieux le ventre plein, dit-elle avec un sourire pour changer de conversation.
- Ok, vaincu par mon estomac !, lui répondit-il.

Et il la suivit jusqu’au dispensaire.

Le matin, le déjeuner de tous était un des moments les plus calmes de la journée. Les hommes étaient reposés, prêts à se lancer dans une nouvelle journée. Ceux qui souffraient le plus étaient ceux qui étaient chargés d’extraire les minerais et les ramener vers le vaste espace de travail qu’ils avaient choisi pour le chantier, en dehors de la forêt, à quelques centaines de mètres du campement. Très vite, Maëva manqua de pansements, et Joan eut l’idée d’utiliser les peaux des petits animaux qu’ils chassaient, en les tannant avec des galets pour en faire des protections pour les mains. Dès qu’ils avaient commencé l’extraction des minerais, les blessures aux mains étaient devenues nombreuses.

C’est en pensant à ces peaux qu’elle travaillait une partie de la journée, que Joan avait repensé à la façon dont étaient fabriqués autrefois les parchemins, avant l’invention du papier. Elle avait mis de côté les plus fines, celles qui ne pouvaient servir que pour des pansements et non pour des protections. En les assemblant, elle parvint à réaliser une sorte de grande toile. Resterait à Curtis de trouver le moyen de graver dessus ses plans. Cela ne lui avait pas pris beaucoup de temps, et elle aida ensuite Thomas. Le garçon lui racontait des plaisanteries de cours d’école, des blagues ne dépassant pas le stade de la maternelle, mais cela la faisait rire. Avec Thomas, elle perdait conscience de la tension constante avec laquelle elle vivait depuis des semaines, depuis qu’Anders leur avait confié la préparation de cette escorte.

Alors qu’elle riait avec le jeune homme, George Mac Clinton entra dans la pièce. Il les salua gentiment, Joan lui répondit avec un grand sourire qui fit battre un peu plus fort le cœur du jeune homme.

- On va avoir besoin d’aiguiser de longues lames, pour couper des lianes pour ramener plus facilement des gros blocs qu’on a trouvés ce matin. Je crois que vous avez quelque chose qui pourrait m’aider, non ?

Thomas fouilla dans les affaires qu’il rangeait soigneusement le long du rocher contre lequel ils avaient appuyé la structure du dispensaire-cuisine, et en sortit deux grandes pierres plates.

- Tiens, Georggio, dit-il avec sa drôle de manière de prononcer les prénoms, voilà. Deux pierres. Bonnes pour les couteaux. Pas les perdre, surtout !

George sourit doucement au jeune homme, contrairement à d’autres, il ne se moquait pas de sa manière de parler. Thomas s’exprimait uniquement par de courtes phrases, simples, mais il se faisait très bien comprendre, et les expressions de son visage révélaient aussi beaucoup de ce qu’il voulait dire ou ressentait. Il ressortit, non sans avoir adressé un grand sourire à Joan, et ce faisant, il croisa Bora Boru qui venait demander beaucoup moins aimablement des peaux pour les mains.

- Dire bonjour, d’abord, lui lança Thomas.
- Oh, hé, le débile, ça va ! J’veux des peaux, on en a b’soin ! J’ai à faire, moi ! J’fais pas le joli-cœur avec les filles !
- Dire bonjour, d’abord, recommença Thomas.
- Bon, bon, bonjour. Allez, donne-moi des peaux.

Joan lui ramena des peaux épaisses, en les prenant, Bora Boru se permit de lui serrer le poignet et de lui caresser la joue. Elle se dégagea d’un mouvement rapide, mais Thomas fut plus rapide encore. Il tapa de son poing sur la main de Bora, juste sur le poignet pour le forcer à lâcher la jeune femme. Le mutin s’écarta avec un sourire mauvais, ramassa les peaux qui étaient tombées à terre et sortit en crachant.

Joan frissonna, remercia Thomas sans le regarder, et retourna à ce qu’elle voulait entreprendre. Les quelques instants de détente étaient passés. La tension lui nouait à nouveau les épaules.

Outre les petites peaux fines, elle avait aussi pensé aux larges feuilles de certains arbres, qui ressemblaient à des bananiers et dont les fruits ronds à la chair savoureuse, au goût qui ressemblait à celui de la mangue et de l’abricot, étaient une de leurs principales ressources alimentaires.

Tanner les peaux lui prendrait du temps. Si les larges feuilles pouvaient servir pour les copies des plans, ou pour des indications sommaires, ce serait toujours des heures gagnées qu’elle pourrait consacrer à autre chose. Elle aussi savait qu’elle devait économiser ses heures, ne pas les perdre en choses futiles ou peu urgentes.

Elle sortit, chercha Barrett qui assurait la surveillance du campement quand les équipes étaient parties et lui indiqua qu’elle allait cueillir quelques feuilles un peu plus loin. Grag et Otho avaient décidé de laisser Oog et Eek au campement, et les deux petits animaux suivirent Joan. Eux aussi veillaient sur elle, et sur Maëva. Mais comme il n’était pas question de la laisser aller seule, Barrett ordonna à l’un des hommes de troupe qu’il avait eu sous ses ordres à bord du Balkan de l’accompagner. Ils revinrent rapidement, et elle s’installa devant le dispensaire. A l’intérieur, Maëva, Thomas, Berenson et deux autres mutins s’activaient à préparer le repas. Le midi, les équipes ne faisaient qu’une courte pause, certains emmenaient même avec eux de quoi manger sur place, pour ne pas perdre de temps à revenir au campement. C’était le cas pour les équipes qui se chargeaient des minerais et de la fonderie.

Mais ce midi-là, une partie d’entre eux rentra. Curtis menait la petite troupe, Anastasia Lou Jenkins marchait à ses côtés. Il avait laissé Grag et Simon sur place. Ils étaient en pleine discussion. Berenson sortit à ce moment-là pour disposer près du grand foyer de larges planches sur lesquelles ils posaient la nourriture à cuire. Il avait rallumé le foyer peu auparavant. Il fit une drôle de tête en voyant Anastasia, qui ne lui jeta même pas un regard. Cela faisait deux nuits qu’elle ne dormait plus avec lui. Elle dormait avec quelqu’un d’autre, mais il ne savait pas qui. Il n’avait pas réussi à trouver où elle passait la nuit. Pas avec les deux autres femmes, c’était certain. Mais où ? Et avec qui ?


Limeye
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Sam 14 Déc 2013 - 06:23
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O-tho
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Le repas fut pris rapidement, et l'équipe des "mineurs" repartit très vite. Joan n'eut pas le temps de montrer ses idées à Curtis pour les plans. Ils regagnèrent ce qu'ils avaient appelé la "carrière" et qui était en fait une large faille qui s'était ouverte lors d'un récent tremblement de terre. Simon avait fait la remarque qu'au moins cette forte activité volcanique, liée au fait que la petite planète subissait la force d'attraction de la plus grosse, avait un avantage : les minerais remontaient à la surface et ils trouvaient aisément ce dont ils avaient besoin. Néanmoins, Simon poursuivait ses explorations avec Mala car il manquait encore plus éléments.

Dans la carrière, les hommes se relayaient pour ramasser les blocs grossiers, les porter. Plus d'une fois Curtis eut une pensée pour sa mère qui avait suggéré à son père et à Simon de placer des outils dans les doigts du robot. Ceux-ci leur étaient très utiles, Grag découpait facilement les roches pour les rendre plus facilement transportables, enlevant parfois des arêtes trop acérées qui auraient blessé inutilement celui qui les portait. Tant qu'ils ne possédaient pas plus d'outils, ils ne pouvaient guère faire mieux. Il estimait que d'ici deux jours, ils auraient assez de minerais de fer et de carbone pour tenter de fabriquer leur premier acier. Le va-et-vient des hommes était incessant entre la carrière et l'emplacement du chantier. C'était la partie la plus épuisante du travail qu'ils menaient à l'heure actuelle, Curtis en était bien conscient. Il ne cessait de réfléchir au moyen de soulager les porteurs, et ils avaient fabriqué des sortes de civières avec des branches et des lianes tressées qui permettaient à deux hommes de porter une quantité plus importante de blocs.

" Si nous pouvions les faire rouler, ce serait moins fatigant", se disait-il. "Ou alors, construire des civières plus grandes, pour 4 porteurs..."

Il passait ses journées à surveiller l'extraction, donnant un coup de main ici et là, remplaçant un homme blessé ou épuisé, organisant les choses pour rendre le travail le plus rationnel et le plus efficace possible. Anastasia vérifiait la qualité des minerais, évitant ainsi des transports inutiles. Kim houspillait ses troupes quand ceux-ci commençaient à râler et à baisser le rythme, leur rappelant ce qui les attendait s'ils faisaient les fainéants.

- Ils vont nous tuer à la tâche, disait Molemos. C'est du grand n'importe quoi ! Et Kim qui participe à cette mascarade, je ne le comprends vraiment pas... On devrait prendre du bon temps, lutiner les filles, vivre comme des coqs en pâte, et on se retrouve à trier des cailloux ! On se croirait déjà sur Cerbérus...
- Ma frangine est d'accord avec Flam, lui répondait Bora Boru. Et je la crois en ce qui concerne la destruction de cette planète.
- Ta frangine, elle est sous le charme du Capitaine, ouais ! Il pourrait raconter n'importe quoi qu'elle le croirait quand même ! Vivement qu'il lui saute dessus et qu'elle passe à un autre...
- Hé, manque pas de respect à ma soeur, toi !
- Arrête de te voiler la face, Bora. Ta soeur, c'est pas une farouche ! C'est pas comme les deux autres qui minaudent en cuisine et font les délicates. Mais celles-là, quand on les passera à la casserole, on s'amusera sacrément avec ! D'autant qu'elles sont bien roulées. Quant à ta soeur, elle ne dira pas non !
- T'as pas intérêt à toucher à ma frangine ! Sinon...

Et le regard du mutin fut suffisamment menaçant pour que Molemos change de sujet.

Ils étaient entre 60 et 70 à travailler ainsi. Le reste des hommes, dont quelques agents, avaient la responsabilité de trouver la nourriture. Mais cela était tout aussi fatigant. Ils avaient rapidement épuisé les ressources à proximité du campement, et devaient aller de plus en plus loin pour ramener des fruits. Avec intelligence, ils évitaient une certaine zone de la forêt dans laquelle ils installaient des pièges pour attraper des animaux sans les effaroucher. Ils fabriquaient aussi des armes simples, avec des branches ou des lianes : des arcs, des pièges à disposer devant les terriers, des épieus.

Au campement, les 2 ou 3 hommes qui restaient sous les ordres d'Andrew Barrett pour assurer la surveillance - c'est à dire plus simplement pour veiller à la sécurité des femmes - ne restaient pas oisifs. Dans cette petite équipe, on trouvait aussi des blessés ou des hommes trop fatigués pour faire les mineurs. Ils tressaient des paniers, réparaient les armes de chasse, apportaient du bois. Ils avaient aussi creusé un puits pour s'approvisionner facilement en eau. Nourrir une centaine de personnes représentait un défi tout aussi important et quotidien que d'extraire les minerais, puis, plus tard de les fondre. Les premières nuits, les couchages furent sommaires, mais il s'avérait plus que nécessaire d'améliorer aussi le confort de ceux qui revenaient épuisés le soir, au campement. Ils fabriquèrent alors des sortes de paillasses, qu'ils garnissaient d'herbes et de mousse.

Simon et Maëva avaient aussi très vite soulevé le problème de l'hygiène. Il fallait à tout prix éviter des maladies. Une grande fosse servait de décharge à ciel ouvert pour tout ce qu'ils mettaient au rebut, immondices, déchets alimentaires qu'ils recouvraient chaque jour de cendres et de terre. Ils obligèrent aussi les hommes à se baigner chacun tous les trois jours et Maëva tenait un compte précis des séances à la rivière pour chacun, en gravant de petites plaques de bois. Pas question qu'il y en ait un qui y échappe sous prétexte de fatigue. Pour Joan, Anastasia et elle-même, la question de la toilette était vite devenue délicate. Mais Simon avait suggéré que Grag les accompagne à la rivière, avec Oog et Eek, dans un endroit éloigné de celui où les hommes se lavaient. Lors d'une expédition pour ramener des fruits, Joan avait découvert avec joie des saponaires et en ramenait chaque jour. Les bulbes s'écrasaient facilement et formaient une sorte de mousse lavante.

Ce fut lors d'un de ces bains que Joan découvrit l'endroit où dormait Anastasia. Elle décida de l'éviter soigneusement.

Quand ils rentraient le soir de la carrière, les hommes étaient épuisés, facilement irritables, et les disputes étaient fréquentes. Il fallait toute l'autorité naturelle de Kim Ivan et parfois les interventions musclées d'Andrew, Ezra ou Curtis pour séparer des hommes qui en venaient aux mains pour des broutilles. Curtis savait qu'en avançant dans la fabrication des pièces du vaisseau, ce genre d'incidents devrait devenir plus rare : pour l'heure, il devait chaque heure lutter contre le doute qui s'insinuait dans ces esprits faibles ou malveillants, et qui se demandaient s'il ne les menait pas en bateau.

Les repas du soir reflétaient bien cet état d'esprit, entre fatigue, incompréhension, haine larvée. Le désespoir n'apparaissait pas encore, mais commencerait à gagner les coeurs quand d'autres disparitions furent signalées. Et cette fois, Curtis en fut averti.

Limeye

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Sam 14 Déc 2013 - 06:24
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Mais ce soir-là, autre chose les attendaient. Pendant que Thomas et quelques autres, dont Mala, s'activaient à ranger les restes du repas et que la plupart des hommes, épuisés, allaient s'écrouler sur leurs lits sommaires, Curtis, Kim, Nekiri, Anastasia et Simon, en général avec Ezra ou Andrew, organisaient la journée du lendemain. Cela ne leur prenait que peu de temps, la manière directe et efficace de Curtis d'organiser les choses permettaient à tous d'aller rapidement prendre du repos.

Pour lui, la journée n'était pas encore terminée, et alors que ses amis prenaient un repos bien mérité, il s'installait avec Simon devant une table pour faire des calculs, dresser des plans. Ses nuits étaient beaucoup plus courtes que celles des autres. Joan attendit que le "briefing" du lendemain soit passé pour le rejoindre et lui apporter les parchemins et feuilles qu'elle pensait pouvoir utiliser pour remplacer du papier.

Le campement était silencieux, le grand feu s'éteignait tout doucement. Elle vit deux ombres s'éloigner, en direction de la rivière. Elle reconnut Anastasia, mais l'autre l'étonna un peu. Il lui semblait qu'il s'agissait d'un des agents de Barrett, mais elle n'en était pas sûre. Joan haussa simplement les épaules, se disant que pour l'heure, cela ne la regardait pas. Elle espérait simplement que cela ne réveillerait pas les plus bas instincts des hommes présents, elle sentait bien que leur situation à toutes les trois restait toujours très précaire. Elle se demandait si Anastasia en avait vraiment conscience. Heureusement, Grag veillait sur elles, quand elles allaient à la rivière pour se laver, mais aussi la nuit, dans le dispensaire. Le fait que le grand robot n'ait pas besoin de sommeil était un avantage précieux, et elle savait que cela rassurait Curtis et lui évitait une inquiétude supplémentaire. Durant ces premiers jours sur le météore, elle s'efforçait de lui retirer le maximum de soucis, en particulier en ce qui les concernait, elles, les trois femmes, mais sur d'autres petites choses du quotidien. Cette idée du parchemin en faisait partie.

Elle entra dans leur abri, qui avait été divisé en deux : une pièce plus grande, sur l'arrière, où ils dormaient, et une petite qui faisait office de bureau. Deux grandes torches éclairaient la petite pièce. Curtis était assis, réfléchissant devant deux grandes planches de bois sur lesquelles il avait gravé ses premiers plans, une fois ses esquisses réalisées dans le sable. Simon était posé sur la table, mais s'était mis en veille. Le professeur devina cependant que quelqu'un entrait, comme un chien, il ne "dormait" jamais que d'un oeil. Quand il comprit que c'était Joan, il retourna à sa veille, se disant que c'était la première fois que tous deux pouvaient s'offrir un petit moment ensemble, loin des regards, de la présence et de la promiscuité des autres.

- Ca va ?, demanda Joan en s'asseyant sur le banc à côté de Curtis.

Il avait les traits tirés, la fatigue irradiait tous ses muscles. Sur ses joues se devinait une barbe naissante. Il se frotta le menton avant de répondre :

- J'avance... Tu m'avais parlé d'une solution pour mes plans ce matin, qu'est-ce que c'est ?
- Ceci, lui répondit-elle en lui tendant les feuilles de bananier et le parchemin qu'elle avait réalisé.
- Génial ! Comment y as-tu pensé ?
- Avec Maëva, on récupère toutes les peaux des lapins qu'on mange. On s'en sert pour faire des bandages, des pansements, et pour les plus épaisses, des protections pour les mains des mineurs. Les plus fines ne peuvent pas servir à cela, et j'ai pensé qu'en les tannant, je pouvais les assouplir et les rendre plus fines, un peu comme les parchemins d'avant la découverte du papier. Quant aux feuilles, elles sont épaisses, elles vont finir par s'abîmer, se casser, mais tu me disais que tu avais besoin de quelque chose pour faire des copies des plans. Je me suis dit que même s'il fallait les renouveler souvent, c'était facile à ramasser, ça ne demandait pas beaucoup de temps, et surtout, la ressource est inépuisable...
- Tu sais que je t'adore !, lui dit-il en la serrant doucement contre lui. Ca va m'aider considérablement... Je garderai les parchemins pour les plans définitifs, les calculs importants. Les feuilles ou la terre serviront au reste. Mais ce sera beaucoup plus pratique que les planches de bois... Merci, mon amour.

Elle se blottit contre lui. Ils ne s'étaient pas autorisés le moindre geste de tendresse depuis... depuis leur fuite du vaisseau. Et encore, cela avait été si fugace, que l'un comme l'autre apprécièrent ce petit moment rien que pour eux. Il déposa un baiser dans ses cheveux, puis très vite, chercha ses lèvres et l'embrassa longuement. Puis il s'écarta et lui demanda :

- Veux-tu que nous nous isolions un peu ? Pas toute la nuit, mais deux ou trois heures ?
- Est-ce prudent ?
- Tout le monde dort, à part Grag. Viens.

Ils sortirent discrètement et s'éloignèrent, non vers la rivière, Joan prenant bien soin d'éviter de suivre le même chemin qu'Anastasia, mais vers une autre zone en bordure de la forêt où ils trouvaient des céréales dont ils utilisaient les graines pour fabriquer une farine pour du pain. Curtis n'était encore jamais venu par ici, et Joan le guida vers un recoin sous les arbres, près d'une petite source. Un lit de mousse semblait les y attendre. Ils s'aimèrent avec beaucoup de tendresse, se donnant tout, ne sachant pas quand ils pourraient s'offrir à nouveau un tel partage, peut-être même n'y aurait-il pas d'autre opportunité.

L'air était toujours chaud, même la nuit, pourtant Joan frissonna un instant, en entendant un cri d'oiseau étrange. Curtis la serra plus étroitement contre lui.

- Tu as froid ?
- Non, ça va.
- Ca se passe bien dans la journée ? Pas de soucis ?

Elle le devinait anxieux.

- Non, non. Andrew veille bien sur nous, il ne laisse jamais l'une d'entre nous seule. Et puis Ook et Eek ne me lâchent pas d'une semelle. Avec ces deux petits zouaves, je n'ai aucun moment d'intimité, dit-elle en riant légèrement.

Il sourit :

- En cas de soucis, Eek pour prévenir Grag par télépathie, ne l'oublie pas.
- Je ne l'oublie pas. Et Thomas est très gentil, tu sais. Je me demande comment il a fait pour se retrouver avec ces brigands...
- Il est simplet, il s'est fait entraîné dans une bande...
- Il n'aurait jamais dû être condamné à une peine sur Cerberus.
- Tu oublies un peu vite qu'il a été condamné pour meurtre.
- Je ne l'oublie pas, mais j'ai du mal à l'imaginer faire du mal à une mouche.
- Il faut toujours se méfier de l'eau qui dort, ma belle. Soit prudente quand même, même si avec vous deux, il est en effet très gentil et je ne pense pas qu'il vous fera du mal car il vous aime bien, j'ai pu m'en rendre compte.
- Je te promets de rester sur mes gardes, ne t'inquiète pas.

Elle resserra son étreinte.

- Crois-tu qu'on va s'en sortir ?
- Oui. Nous n'avons pas le choix. Ou alors, nous mourrons tous ici, sur cette planète désolée. Nous subirons le même sort qu'elle. Nous exploserons dans l'espace.
- Curt...
- Oui ?
- Même... Même si cela devait arriver... je veux dire, si nous n'arrivions pas à fabriquer ce vaisseau, alors, tu sais...

Elle hésita un moment à continuer.

- Et bien ?, demanda-t-il doucement.
- Au moins, nous mourrons ensemble.

Il s'écarta et la regarda gravement.

- Je ne pense pas à la mort, Joan, je pense à la vie. Je veux que tu vives.
- Je ne pourrais pas vivre sans toi.
- Si. Tu vivras. Je t'en fais le serment.

Elle ne répondit rien, mais elle accrocha son regard sombre. Il n'ajouta rien. Mais ils refirent l'amour une dernière fois, avant de regagner le campement.

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Sam 14 Déc 2013 - 06:25
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Sans bruit, en faisant simplement un clin d'oeil à Grag assis devant l'espèce de rideau de lianes qu'elles avaient installé devant le petit recoin où elles dormaient, Maëva et elle, Joan regagna son lit. Elle entendit le soupir de soulagement de Maëva.

- Je me demandais où tu étais passée, Joan. Grag ne semblait pas inquiet, mais quand même...
- J'étais avec Curtis, chuchota Joan. Excuse-moi de t'avoir inquiétée, dors, je vais bien.

Maëva sourit dans le noir.

- Tu as bien fait. J'espère que personne ne vous a vus.
- J'espère aussi. Mais nous avons pris ce risque.
- Repose-toi. Les journées sont longues et les nuits courtes. C'est beau l'amour, mais le sommeil, c'est important. Bonne nuit.
- Bonne nuit.

S'ils avaient regagné le campement ne serait-ce qu'un quart d'heure plus tôt, ils auraient pu éviter un drame et surtout se prémunir contre un stress et une angoisse permanente qui allaient embraser tous les hommes. Deux nouvelles disparitions eurent lieu cette nuit-là, et cette fois, Kim Ivan en parla à Curtis.

Mais il n'y eut pas que ces deux disparitions. Une paire d'yeux avait d'abord vu s'éloigner Anastasia et son amant du moment, puis, de manière plus inattendue, mais qui firent ricaner l'homme, le Capitaine et sa blonde. "Trop facile de jouer au chef et à l'intello de service, pensa-t-il. Elle fait la sainte-nitouche, la Joan, mais tu parles ! Il y aura bien un moment où on pourra se venger... et là, elle aura intérêt à se montrer moins farouche que dans le vaisseau."

Limeye

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Sam 14 Déc 2013 - 06:25
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O-tho
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Sujet du message: [cadavre exquis] Les visages de mon ennemie (1ère partie)
Cette nuit là le sommeil de Joan était troublé par la peur et l'angoisse. Elle se revoyait dans la Balkan. Des visages passaient devant elle. Molémos, Bora Boru, Stone, Swan, les ripoux, Anastasia Lou Jenkins et ce qu'elle lui avais dit («Il faut en passer par là Joan.»); puis l'écrasement sur le planétoïde, la présence qu'elle a ressentie, les yeux avides qu'elle sent en permanence, et l'ombre du complot qui est omniprésent. Et puis le regard sombre, amoureux et inquiet de Curtis. La peur de le perdre la tenaillait.

Puis, des pensées glaciales vinrent la tourmenter :

-Je connais des peurs, je connais tes tourments et tes souffrances, tout cela pourrait se terminer en un instant. Viens à moi, je le veux.

Joan se réveilla en sursaut, le front en sueur. Dehors, c'était la commotion. On cherchait Thomas et Mickey. Ils avaient disparus.

Deux heures plus tôt, Thomas dormait profondément après une longue journée aux cuisines à aider Joan et Maëva. Il adorait surtout aider Joan, entendre son rire, le son de sa voix. Ça faisait une éternité que quelqu'un ne s'était montré gentil avec lui.

La journée avait été longue mais paisible jusqu'au moment où les hommes rentraient de leurs travaux de prospection. Ils devenaient de plus en plus méchants envers Joan et Maëva. Ils se bagaraient parfois. Le rouquin, Ezra, oncle Kim et «Neki» devais toujours les séparer. Et puis, il y avait toujours les moqueries de Boru, Molemos et Stone qui lui demandaient de leur amener ses nouvelles petites copines. Thomas s'était endormi avec des larmes de rage.

Sans qu'il se réveille, des pensées glaciales lui commandèrent de se lever et de sortir. Le grincement de sa couchette réveillèrent son frère aîné Mickey qui le suivit, tenta de le réveiller et de le reconduire à sa couchette. En vain, Thomas était fort, il entraînait son frère. Lorsqu'ils se retrouvèrent à 5 mètres du cactus, il était déjà trop tard pour Mickey de résister.Les pensées du maître l'envahissait lui aussi. Le cactus ouvrit un orifice de son tronc, une lumière en jaillit et les deux fûrent consommés dans des cris d'oiseaux effrayés.

Je cogite encore le reste. j'espère pouvoir poster plus tard aujourd'hui.

A+

Frégo.

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